EDITO
Le souffle de l’Esprit
Si nous avons bien conscience des ombres et des obscurités qui affectent certains milieux religieux et si, en regard, nous savons les dangers qui menacent notre humanité et notre biosphère, lesquels appellent une mobilisation des consciences dans une puissance d’amour et de fraternité, la dynamique nécessaire requiert un élan vital qui s’inscrit dans le souffle de l’Esprit. Alors il est bon d’apprendre à constater que ce souffle est déjà là et que nous pouvons nous inscrire dans sa dynamique. C’est là que nous pouvons apprécier le podcast : « L’Esprit du temps et le souffle de l’Esprit », réalisé par Jean-Christophe Emery dans le cadre de l’Église réformée du canton de Vaud. En effet, c’est bien dans un regard inspiré par l’Esprit que Jean-Christophe Emery examine les éveils actuels, non seulement les grands mouvements pentecôtistes et charismatiques, mais aussi les nombreuses initiatives en train de germer dans des formes plus discrètes. L’approche de Témoins telle qu’elle s’est développée au long des années s’inscrit dans le même regard. Dans la même série de podcasts, le sociologue, Philippe Gonzalez retrace la dynamique pentecôtiste et charismatique, de rebonds en rebonds, depuis le début du XXe siècle.
Tout récemment, un évènement douloureux, le brusque décès de Carlos Payan nous appelle à évoquer cette grande figure dans sa pratique de la guérison divine et dans son œuvre œcuménique. C’est confirmer la force et l’actualité de la dimension charismatique.
Cette revue de presse se trouve être particulièrement éclairante à travers une grande diversité de situations. N’est-ce pas le cas lorsqu’on apprend qu’au Forum chrétien d’Accra, on partage expériences et témoignages en petits groupes de chrétiens aux cheminements très divers. C’est bien dans ce même esprit interconfessionnel que Témoins a grandi.
Reconnaitre la place et l’apport des femmes dans les ministères pastoraux, voilà une question à l’ordre du jour dans certaines Églises qui renâclent en dressant des barrières. Le témoignage d’Emmanuelle Seyboldt, présidente du Conseil national de l’Église protestante Unie est d’autant plus précieux.
En envisageant avec un peu de recul la réussite des Jeux Olympique 2024 à Paris, il est bon de mesurer à travers ces derniers échos combien la présence chrétienne a pu s’y manifester. L’écoute des témoignages dans le respect est une avancée de civilisation. Des membres de Témoins ont participé à cette expérience et on pourra en reparler.
Enfin, c’est avec émerveillement que l’on peut entendre le cheminement d’Annick de Souzenelle. N’y a-t-il pas là, à travers un parcours singulier, l’émergence d’une connaissance et d’une vision de la richesse incommensurable de la Parole biblique. Le philosophe Bertrand Vergely ne vient pas seulement garantir la solidité de cet apport, mais, dans un mouvement conjoint du cœur et de la raison, il nous en montre la dimension vivifiante. Oui, L’Esprit souffle aujourd’hui.
La rédaction de Témoins
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Panorama de presse – Hiver 2024
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Taizé, village du monde
« Taizé, village monde », c’est le titre d’un film documentaire récent sorti...
Le Groupe des Dombes publie un nouvel ouvrage aux éditions du Cerf
« De toutes les nations… ». Pour la catholicité des Églises ». Or le Groupe...
Rencontre entre deux hommes d’église en commune ouverture
Samuel Amedro et Jean-Paul Vesco Suscité par l’éditrice des éditions Labor et...
Une nouvelle étape du synode de l’Église catholique
« Synode… une révolution en marche… lente ? ». Lorsque nous cherchons à nous...
Le synode vu par Christoph Theobald
L’avancée d’une culture du dialogue Christoph Theobald, théologien jésuite, a...
Un point de vue de la sociologue Danièle Hervieu-Léger
« François, l’utopie d’une Église universelle au risque d’un schisme ». Dans...
Le discours du pape François face à la mer Méditerranée en hommage aux migrants
Face à la mer Méditerranée et en présence de personnalités civiles et...
Laudate Deum. Louez Dieu.
Adresse à toutes les personnes de bonne volonté sur la crise climatique...
L’E-église, faire communauté sur le Web
Depuis le début du siècle, particulièrement dans les pays anglophones, des...
Rubriques
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EDITO
Appelés à voir en avant
Dans ce monde en plein bouleversement, nous sommes saisis par les cris des victimes d’une fureur guerrière, inquiets face à l’ampleur des dégâts que l’humanité a provoqué dans les équilibres naturels, déconcertés par un manque croissant de repères. En d’autres temps, bien d’autre maux ont affligé l’humanité. Et c‘est pourquoi les visions d’espérance qui sont apparues alors, continuent à nous éclairer aujourd’hui.
Ainsi le message biblique s’adresse à nous aujourd’hui avec une particulière pertinence. Nous sommes appelés à prendre conscience du rapport entre nos actes et leurs effets et à écouter l’inspiration divine pour changer nos comportements et entrer dans une dynamique d’espérance. Appelés à regarder autrement, à regarder en avant.
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Pour une renaissance de la recherche théologique en Afrique francophone

Dr Rodolphe Gozegba de Bombémbé, dirigeant fondateur de l’Association A9
La recherche théologique en Afrique francophone est une préoccupation qui me tient profondément à cœur. En tant que théologien africain, je suis conscient des défis auxquels sont confrontés nos chercheurs dans ce domaine. Il est temps de mettre en lumière ces difficultés et d’appeler à une action concertée pour les surmonter.
L’un des problèmes majeurs que rencontrent les théologiens africains est le manque de ressources, en particulier en ce qui concerne l’accès aux bibliothèques bien fournies et aux ouvrages de référence. Les institutions académiques en Afrique francophone font face à un déficit de livres et de fonds de recherche. Les bibliothèques existantes sont souvent sous-équipées, ce qui limite considérablement la portée des recherches théologiques. Cette situation englobe le développement des étudiants et le potentiel des jeunes chercheurs.
Richard Rohr et le Centre pour l’action et la contemplation
« L’un des charismes fondateurs de saint François d’Assise était la manière dont il intégrait la contemplation et l’action. »
Voilà ce qu’écrit le prêtre franciscain américain, Richard Rohr, dans sa méditation quotidienne du 12 juin 2022[1] à laquelle 80 000 personnes étaient déjà abonnées en 2013[2]. Rohr a fondé le Center for Action and Contemplation (CAC)[3] à Albuquerque, au Nouveau-Mexique, en 1987. Le centre a comme mission « d’introduire la sagesse et les pratiques contemplatives chrétiennes qui soutiennent la transformation et inspirent l’action aimante ». Le CAC offre des programmes d’études comme la Living School for Action and Contemplation, des cours en ligne, et des conférences ponctuelles. Dans un article de 2020 dans le prestigieux magazine The New Yorker, Eliza Griswold note « [qu’] au cours des quatre dernières décennies, il [Rohr] a acquis une foule de sympathisants dévouée pour sa vision provocatrice du christianisme ». Le titre de son article est évocateur : Richard Rohr Reorders the universe[4]. En 2011, le réseau de télévision américain, PBS, l’a qualifié de « l’un des auteurs et conférenciers de spiritualité les plus populaires au monde[5] ». Alors, qui est-il cet homme dont le profil dépasse les cadres traditionnels de la religion ?
Un mouvement d’éloignement de l’Église catholique
Une caractéristique majeure de l’évolution du paysage religieux en France est la chute de l’appartenance à l’Eglise catholique. « C’est bien en terme de chute que l’on peut caractériser l’évolution du catholicisme en France depuis 40 ans. Durant cette période, la population se déclarant catholique est passée de 70% à 32% dans la répartition suivante : catholiques pratiquants réguliers (au moins une fois par mois) : de 17% à 7% ; catholiques pratiquants irréguliers : de 12 à 6% : catholiques non pratiquants : de 41% à 19%… On assiste à une contraction d’ensemble du catholicisme français. Cette baisse du nombre des catholiques est le résultat du départ d’une fraction des fidèles et d’un remplacement générationnel très insuffisant. En 2018, seulement 3% des 18-39 ans sont des pratiquants réguliers alors qu’on dépasse encore 16% chez les 70 ans et plus. Si le déclin est général, la pratique catholique résiste mieux dans les grandes villes et les couches sociales les plus cultivées » (1). Les données sociologiques analysant ce déclin n’ont pas manqué jusqu’au dernier livre de Danièle Hervieu-Léger et Jean-Louis Schlegel : « Vers l’implosion » (2). Nous en avons fait part sur ce site en y joignant les avertissements correspondants aux autorités catholiques. Le trouble latent en milieu catholique s’est manifesté à travers des résurgences traditionalistes, mais il a suscité également des mobilisations pour une réforme profonde de l’institution. Ces mobilisations se sont heurtées à la surdité des autorités catholiques. La révélation des abus sexuels, rapportée dans le rapport de la CIASE a cependant retenti comme un coup de gong et suscité des remises en cause.
La diversité religieuse en France
La diversité religieuse en France : transmissions intergénérationnelles et pratiques selon les origines
Le 30 mars 2023, l’Institut national de la statistique et des études économiques a publié une étude sur la diversité religieuse en France en portant particulièrement son attention sur les transmissions intergénérationnelles et pratiques selon les origines (1).
Comme nous le savons, le paysage religieux en France profondément changé au cours des quarante dernières années. Le programme d’enquêtes international sur les valeurs des européens a permis de suivre ces évolutions. A cet égard, un livre est paru en 2019 : « La France des valeurs. Quarante ans d’évolution » (2). Nous pouvons donc inscrire l’étude de l’INSEE dans le cadre plus vaste de l’évolution du paysage religieux en France.
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Marina Silva : Une figure évangélique, ministre de l’environnement au Brésil
Marina Silva a grandi dans une famille pauvre et nombreuse au sein d’une communauté de récoltants de caoutchouc en Amazonie. Elle parvient à faire des études et elle devient enseignante. Femme politique, elle sera candidate aux élections présidentielles du Brésil en...
Lytta Basset, pionnière de l’accompagnement spirituel
On sait combien il y a aujourd’hui une prise de conscience de besoins de transformation dans un registre psychologique. Et, par ailleurs, certains demandent à être conseillés dans leurs choix de vie. Sur le plan religieux, il y a eu dans le passé des requêtes de...
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Pionnières
“L’avenir de l’homme est la femme. Elle est la couleur de son âme”.
Louis Aragon
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L’intelligence des machines et les acteurs humains
Un documentaire très pédagogique diffusé par Arte : Autopsie d’une intelligence artificielle montre assez bien où en est arrivée, et où n’en est pas arrivée, aujourd’hui, l’intelligence artificielle, et les questions que son usage soulève dans les interfaces avec les acteurs humains.
On retrouve, au passage, des questions très anciennes que la sociologie du travail a posées pratiquement dès ses débuts.
Des performances supérieures à l’intelligence humaine dans beaucoup de domaines
Le propos n’est pas de dire que les machines sont inefficaces. Depuis longtemps on sait que, dans beaucoup de domaines, les algorithmes sont plus performants que les humains. Il nous paraît naturel, par exemple, d’utiliser une calculette ou de laisser une machine faire l’addition dans les magasins, car nous savons que tout un chacun commet de nombreuses erreurs de calcul, en faisant une simple addition (ne parlons pas de la soustraction et, pire encore, de la multiplication ou, le pire du pire, la division).
On laisse des algorithmes gérer les ascenseurs depuis très longtemps. On utilise les GPS avec circonspection, mais ils trouvent des itinéraires auxquels nous n’avons pas pensé et, dans des zones que nous ne connaissons pas, ils sont beaucoup efficaces que la plupart des personnes essayant de se repérer sur une carte routière. Dans tout ce qui est calcul et combinatoire nous sommes complètement dépassés par les machines.
Composer un monde en commun
Une théologie politique de l’anthropocène
Selon Gaël Giraud
Economiste et prêtre jésuite, directeur de recherche au CNRS, Gaël Giraud vient de publier une thèse de doctorat en théologie sous forme d’un livre de plus de 800 pages : « Composer un monde en commun. Une théologie politique de l’anthropocène » (1). Cet ouvrage aborde les problèmes majeurs de notre temps, et tout particulièrement la question écologique, en conjuguant des approches diverses : économique, politique, théologique, dans une abondance et une variété de sources. La présentation en page de couverture résume bien le projet de cet ouvrage.
« Comment relever les extraordinaires défis que nous lancent les crises induites par la destruction de notre habitat planétaire ? Faut-il réviser le concept même de propriété privée ? Remettre en cause la souveraineté des états-nations ? Comment construire des institutions internationales qui permettraient de prendre soin de nos communs : le climat, mais aussi la diversité, la santé, les cultures et jusqu’à la démocratie ? Car c’est elle qui, aujourd’hui, est menacée par notre refus d’inscrire des limites à la toute-puissance de la personnalité juridique, des techniques extractives et de la marchandisation du monde. Où trouverons-nous les ressources politiques, culturelles et spirituelles pour inventer ces limites et en faire une chance plutôt qu’une insupportable privation de liberté ».
Choisir la vie ! : c’est aussi un choix de société
Inscrite en nous, résonne la parole biblique : « J’ai mis devant toi la vie et la mort… Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité » (Deutéronome 15-19). Souvent, nous avons reçu cette parole à titre personnel, mais, en réalité, elle s’adresse à tous. Elle nous appelle à un choix. Aujourd’hui, comme hier, ce choix est aussi un choix de société. Cette interpellation peut être entendue dans maintes situations, par exemple face au dérèglement de la nature dont nous sommes responsables. Aujourd’hui, elle vient résonner lorsque nous apprenons que la Convention citoyenne sur la fin de vie vient de se prononcer en faveur d’une « aide active à mourir » (1). Cette orientation nous paraît déplorable non seulement parce qu’elle envoie un signal contraire au respect de la vie, mais aussi parce qu’elle ouvre la voie à un contagion sociale et à des pressions insidieuses. Comment a-t-on pu en arriver là ? On sait que l’opinion dérivait peu à peu en ce sens. Alors pourquoi ? Essayer de répondre à cette question nous aidera également à y voir plus clair.
Certes, on peut voir là pour une part un effet d’un certain discrédit de l’institution religieuse dominante. Mais on peut imputer l’orientation en faveur de l’« aide active à mourir » à deux grandes évolutions sociales. La première serait le dévoiement de l’autonomie après un développement fructueux. La seconde serait l’affaiblissement du lien social, la progression de l’isolement et de la solitude dans une société « froide », marquée par une polarisation sur la réussite matérielle et le consumérisme.
Une formation et une initiative pour le dialogue interreligieux et interculturel en Centre-Afrique
Présentation par Rodolphe Gozegba (1)
Sur ce site, nous avons à plusieurs reprises présenté les initiatives d’A9, une association centre-africaine présidée par Rodolphe Gozegba, en particulier le développement de jardins potagers à Bangui (2). Aujourd’hui, Rodolphe nous fait part d’une initiative tout aussi pionnière :
En juin 2022, A9 a lancé sa deuxième action. Il s’agit d’un travail sur la cohésion sociale pour le retour au “vivre-ensemble” dans la paix et le respect mutuel entre toutes les communautés et religions. Cette action se décline en trois volets : 1) la mise en place d’une formation en MasterClass donnant lieu à l’attribution d’un certificat de compétence avancée en dialogue interculturel et interreligieux, 2) l’instauration d’un café d’interreligiosité permettant à nos étudiants issus de religions diverses de se côtoyer, de discuter et de dialoguer entre eux pour mieux découvrir l’autre, 3) l’instauration d’un colloque annuel permettant aux intervenants extérieurs de venir nous partager leurs expériences et d’apporter un regard neuf qui pourraient nous aider à trouver des solutions plus adaptées à nos problèmes.
Ces trois volets visent concrètement à participer au retour de la cohésion sociale, à permettre aux centrafricains de comprendre qu’ils font tous partie d’une même nation, qu’ils doivent tous vivre ensemble dans l’acceptation et le respect de l’autre, quelle que soit sa culture, sa religion, son origine et son sexe, pour retrouver une paix durable.
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Anne Soupa : le renouveau de l’Église passe aussi par les femmes
Anne Soupa est bien connue pour son action militante en vue d’une réforme de l’Eglise catholique. Diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris, elle poursuivra ensuite des études à l’Institut de pastorale et d’études religieuses de Lyon où elle obtient une...
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Le bonheur et les larmes
La spiritualité des Psaumes.
La deuxième béatitude (la troisième dans certains manuscrits) pousse la tension du genre à son maximum : « heureux ceux qui pleurent (ou les affligés) car ils seront consolés ! » Jésus va loin dans le paradoxe.
Il y a, par ailleurs, une particularité : à la différence des autres béatitudes, elle ne désigne pas des personnes qui ont fait un choix de vie particulier. Les affligés, ou ceux qui pleurent, sont plutôt les victimes de choix faits par d’autres.
Ces deux remarques lancent deux défis à la compréhension, à l’appropriation et à l’actualisation de ce texte. A qui, à quoi, pensait Jésus ?
C’est l’occasion de dire que l’on perçoit mieux le sens des Béatitudes, si on considère qu’elles ouvrent, certes, une histoire (on entame, ici, une série de béatitudes au futur), mais qu’elles s’inscrivent, également, dans une histoire.
La tradition prophétique, à l’arrière-plan de cette béatitude
Le premier point de repère historique auquel on pense, dans le cas présent, est la lignée des prophètes qui ont porté la voix des affligés. Une référence encore plus précise est la prophétie d’Esaïe 61. La béatitude emprunte, en effet, les mots mêmes d’un extrait de ce texte (dans la version grecque de la Septante), qui, en effet, éclaire la portée de la parole de Jésus : « l’Esprit du Seigneur est sur moi, car il m’a conféré l’onction pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres, pour panser ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs l’affranchissement et aux prisonniers la libération, pour proclamer une année de faveur du Seigneur et un jour de vengeance, pour consoler tous ceux qui pleurent [les affligés], mettre à ceux qui pleurent [les affligés] en Sion un diadème, oui leur donner un diadème et non pas de la cendre, une huile de joie au lieu des pleurs [de l’affliction], un vêtement de louange, au lieu d’un esprit abattu. On les appellera térébinthes de la justice, plantation du Seigneur, destinés à manifester sa splendeur » (Es 61.1-3).
Les paraboles de Jésus
Des enseignements de sagesse (1)
Dans son site : Center for action and méditation, Richard Rohr nous offre une réflexion sur les paraboles pour nous aider à mieux en comprendre le sens et la portée au delà de que nous est parfois communiqué. Dans cette intention, il fait appel à Cynthia Bourgeault, prêtre dans l’Église anglicane et auteure spirituelle.
« Les paraboles s’inscrivent dans le genre de la sagesse. Elles appartiennent au « mashal », la branche juive d’une tradition universelle qui comprend de la poésie sacrée, des histoires, des proverbes, des énigmes et des dialogues à travers laquelle la sagesse se transmet.
Nous pouvons voir l’éclat de l’enseignement de Jésus, qui, au fil du rasoir, emmène le monde familier du « mashal », loin au-delà de la zone de sécurité traditionnelle d’une moralité conventionnelle dans un monde de renversement radical et de paradoxe. Il transforme les proverbes en paraboles – et incidemment, une parabole n’est pas la même chose qu’un aphorisme ou une leçon morale. La plus proche cousine est en fait le « koan » bouddhiste, un paradoxe délibérément subversif visant à tourner de haut en bas notre manière de voir habituelle… Leur but n’est pas de confirmer, mais de déraciner. Vous pouvez imaginer l’effet que cela produit sur un auditoire. Au travers des évangiles, nous entendons les gens dire sans cesse : « Qu’est-ce que cela qu’il enseigne ? Personne n’a jamais parlé comme cela avant. D’où tient-il cela, d’où vient-il ? ».
« Le poème à venir »
Interview de Jean Lavoué, écrivain et poète
En réponse à notre quête spirituelle, un livre vient de paraitre : « Le poème à venir. Pour une spiritualité des lisières » (1). Si, au premier abord, le titre peut paraître insolite, il convient au départ d’entendre la voix qui s’y exprime, le parcours de l’auteur. Celui-ci, Jean Lavoué, est un écrivain, éditeur et poète breton. On peut en lire ici et là la biographie. Mais la meilleure entrée nous paraît une interview de Magali Michel parue dans La Vie : « De l’absence jaillit la présence » (2).
Très tôt porté à l’écriture, Jean Lavoué s’engage dans une expression poétique. C’est un atout pour faire face aux embuches de la vie et approfondir un chemin de libération spirituelle où il sera aidé par un prêtre atypique, Jean Sulivan. Son parcours professionnel s’exerce dans l’éducation surveillée et dans la sauvegarde de l’enfance.
Méditation plurielle
Je m’en vais au Père
Jean 14 : 1 à 4, et fin 12
« Je m’en vais au Père. Que votre cœur ne se trouble pas. Croyez en moi… Dans la maison de mon Père je vais vous préparer une place… Lorsque je m’en serai allé et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis, vous y soyez aussi… »
Jésus prépare ses disciples à son départ, Il en parle souvent. Le Berger va préparer une place pour ses brebis. Pour cela, Il doit partir et les quitter. Mais Il promet de revenir pour les chercher ; Il ne les abandonnera pas.
Non seulement Il doit partir vers le Père, dans ce royaume des cieux qu’Il a si souvent évoqué, et d’où Il est venu, en naissant dans une étable, mais Il fait la promesse de les prendre avec Lui pour qu’ils ne soient plus séparés. Quelle douceur et prévenance extrêmes.
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Pour une renaissance de la recherche théologique en Afrique francophone

Dr Rodolphe Gozegba de Bombémbé, dirigeant fondateur de l’Association A9
La recherche théologique en Afrique francophone est une préoccupation qui me tient profondément à cœur. En tant que théologien africain, je suis conscient des défis auxquels sont confrontés nos chercheurs dans ce domaine. Il est temps de mettre en lumière ces difficultés et d’appeler à une action concertée pour les surmonter.
L’un des problèmes majeurs que rencontrent les théologiens africains est le manque de ressources, en particulier en ce qui concerne l’accès aux bibliothèques bien fournies et aux ouvrages de référence. Les institutions académiques en Afrique francophone font face à un déficit de livres et de fonds de recherche. Les bibliothèques existantes sont souvent sous-équipées, ce qui limite considérablement la portée des recherches théologiques. Cette situation englobe le développement des étudiants et le potentiel des jeunes chercheurs.
Richard Rohr et le Centre pour l’action et la contemplation
« L’un des charismes fondateurs de saint François d’Assise était la manière dont il intégrait la contemplation et l’action. »
Voilà ce qu’écrit le prêtre franciscain américain, Richard Rohr, dans sa méditation quotidienne du 12 juin 2022[1] à laquelle 80 000 personnes étaient déjà abonnées en 2013[2]. Rohr a fondé le Center for Action and Contemplation (CAC)[3] à Albuquerque, au Nouveau-Mexique, en 1987. Le centre a comme mission « d’introduire la sagesse et les pratiques contemplatives chrétiennes qui soutiennent la transformation et inspirent l’action aimante ». Le CAC offre des programmes d’études comme la Living School for Action and Contemplation, des cours en ligne, et des conférences ponctuelles. Dans un article de 2020 dans le prestigieux magazine The New Yorker, Eliza Griswold note « [qu’] au cours des quatre dernières décennies, il [Rohr] a acquis une foule de sympathisants dévouée pour sa vision provocatrice du christianisme ». Le titre de son article est évocateur : Richard Rohr Reorders the universe[4]. En 2011, le réseau de télévision américain, PBS, l’a qualifié de « l’un des auteurs et conférenciers de spiritualité les plus populaires au monde[5] ». Alors, qui est-il cet homme dont le profil dépasse les cadres traditionnels de la religion ?
Un mouvement d’éloignement de l’Église catholique
Une caractéristique majeure de l’évolution du paysage religieux en France est la chute de l’appartenance à l’Eglise catholique. « C’est bien en terme de chute que l’on peut caractériser l’évolution du catholicisme en France depuis 40 ans. Durant cette période, la population se déclarant catholique est passée de 70% à 32% dans la répartition suivante : catholiques pratiquants réguliers (au moins une fois par mois) : de 17% à 7% ; catholiques pratiquants irréguliers : de 12 à 6% : catholiques non pratiquants : de 41% à 19%… On assiste à une contraction d’ensemble du catholicisme français. Cette baisse du nombre des catholiques est le résultat du départ d’une fraction des fidèles et d’un remplacement générationnel très insuffisant. En 2018, seulement 3% des 18-39 ans sont des pratiquants réguliers alors qu’on dépasse encore 16% chez les 70 ans et plus. Si le déclin est général, la pratique catholique résiste mieux dans les grandes villes et les couches sociales les plus cultivées » (1). Les données sociologiques analysant ce déclin n’ont pas manqué jusqu’au dernier livre de Danièle Hervieu-Léger et Jean-Louis Schlegel : « Vers l’implosion » (2). Nous en avons fait part sur ce site en y joignant les avertissements correspondants aux autorités catholiques. Le trouble latent en milieu catholique s’est manifesté à travers des résurgences traditionalistes, mais il a suscité également des mobilisations pour une réforme profonde de l’institution. Ces mobilisations se sont heurtées à la surdité des autorités catholiques. La révélation des abus sexuels, rapportée dans le rapport de la CIASE a cependant retenti comme un coup de gong et suscité des remises en cause.
La diversité religieuse en France
La diversité religieuse en France : transmissions intergénérationnelles et pratiques selon les origines
Le 30 mars 2023, l’Institut national de la statistique et des études économiques a publié une étude sur la diversité religieuse en France en portant particulièrement son attention sur les transmissions intergénérationnelles et pratiques selon les origines (1).
Comme nous le savons, le paysage religieux en France profondément changé au cours des quarante dernières années. Le programme d’enquêtes international sur les valeurs des européens a permis de suivre ces évolutions. A cet égard, un livre est paru en 2019 : « La France des valeurs. Quarante ans d’évolution » (2). Nous pouvons donc inscrire l’étude de l’INSEE dans le cadre plus vaste de l’évolution du paysage religieux en France.
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L’intelligence des machines et les acteurs humains
Un documentaire très pédagogique diffusé par Arte : Autopsie d’une intelligence artificielle montre assez bien où en est arrivée, et où n’en est pas arrivée, aujourd’hui, l’intelligence artificielle, et les questions que son usage soulève dans les interfaces avec les acteurs humains.
On retrouve, au passage, des questions très anciennes que la sociologie du travail a posées pratiquement dès ses débuts.
Des performances supérieures à l’intelligence humaine dans beaucoup de domaines
Le propos n’est pas de dire que les machines sont inefficaces. Depuis longtemps on sait que, dans beaucoup de domaines, les algorithmes sont plus performants que les humains. Il nous paraît naturel, par exemple, d’utiliser une calculette ou de laisser une machine faire l’addition dans les magasins, car nous savons que tout un chacun commet de nombreuses erreurs de calcul, en faisant une simple addition (ne parlons pas de la soustraction et, pire encore, de la multiplication ou, le pire du pire, la division).
On laisse des algorithmes gérer les ascenseurs depuis très longtemps. On utilise les GPS avec circonspection, mais ils trouvent des itinéraires auxquels nous n’avons pas pensé et, dans des zones que nous ne connaissons pas, ils sont beaucoup efficaces que la plupart des personnes essayant de se repérer sur une carte routière. Dans tout ce qui est calcul et combinatoire nous sommes complètement dépassés par les machines.
Composer un monde en commun
Une théologie politique de l’anthropocène
Selon Gaël Giraud
Economiste et prêtre jésuite, directeur de recherche au CNRS, Gaël Giraud vient de publier une thèse de doctorat en théologie sous forme d’un livre de plus de 800 pages : « Composer un monde en commun. Une théologie politique de l’anthropocène » (1). Cet ouvrage aborde les problèmes majeurs de notre temps, et tout particulièrement la question écologique, en conjuguant des approches diverses : économique, politique, théologique, dans une abondance et une variété de sources. La présentation en page de couverture résume bien le projet de cet ouvrage.
« Comment relever les extraordinaires défis que nous lancent les crises induites par la destruction de notre habitat planétaire ? Faut-il réviser le concept même de propriété privée ? Remettre en cause la souveraineté des états-nations ? Comment construire des institutions internationales qui permettraient de prendre soin de nos communs : le climat, mais aussi la diversité, la santé, les cultures et jusqu’à la démocratie ? Car c’est elle qui, aujourd’hui, est menacée par notre refus d’inscrire des limites à la toute-puissance de la personnalité juridique, des techniques extractives et de la marchandisation du monde. Où trouverons-nous les ressources politiques, culturelles et spirituelles pour inventer ces limites et en faire une chance plutôt qu’une insupportable privation de liberté ».
Choisir la vie ! : c’est aussi un choix de société
Inscrite en nous, résonne la parole biblique : « J’ai mis devant toi la vie et la mort… Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité » (Deutéronome 15-19). Souvent, nous avons reçu cette parole à titre personnel, mais, en réalité, elle s’adresse à tous. Elle nous appelle à un choix. Aujourd’hui, comme hier, ce choix est aussi un choix de société. Cette interpellation peut être entendue dans maintes situations, par exemple face au dérèglement de la nature dont nous sommes responsables. Aujourd’hui, elle vient résonner lorsque nous apprenons que la Convention citoyenne sur la fin de vie vient de se prononcer en faveur d’une « aide active à mourir » (1). Cette orientation nous paraît déplorable non seulement parce qu’elle envoie un signal contraire au respect de la vie, mais aussi parce qu’elle ouvre la voie à un contagion sociale et à des pressions insidieuses. Comment a-t-on pu en arriver là ? On sait que l’opinion dérivait peu à peu en ce sens. Alors pourquoi ? Essayer de répondre à cette question nous aidera également à y voir plus clair.
Certes, on peut voir là pour une part un effet d’un certain discrédit de l’institution religieuse dominante. Mais on peut imputer l’orientation en faveur de l’« aide active à mourir » à deux grandes évolutions sociales. La première serait le dévoiement de l’autonomie après un développement fructueux. La seconde serait l’affaiblissement du lien social, la progression de l’isolement et de la solitude dans une société « froide », marquée par une polarisation sur la réussite matérielle et le consumérisme.
Une formation et une initiative pour le dialogue interreligieux et interculturel en Centre-Afrique
Présentation par Rodolphe Gozegba (1)
Sur ce site, nous avons à plusieurs reprises présenté les initiatives d’A9, une association centre-africaine présidée par Rodolphe Gozegba, en particulier le développement de jardins potagers à Bangui (2). Aujourd’hui, Rodolphe nous fait part d’une initiative tout aussi pionnière :
En juin 2022, A9 a lancé sa deuxième action. Il s’agit d’un travail sur la cohésion sociale pour le retour au “vivre-ensemble” dans la paix et le respect mutuel entre toutes les communautés et religions. Cette action se décline en trois volets : 1) la mise en place d’une formation en MasterClass donnant lieu à l’attribution d’un certificat de compétence avancée en dialogue interculturel et interreligieux, 2) l’instauration d’un café d’interreligiosité permettant à nos étudiants issus de religions diverses de se côtoyer, de discuter et de dialoguer entre eux pour mieux découvrir l’autre, 3) l’instauration d’un colloque annuel permettant aux intervenants extérieurs de venir nous partager leurs expériences et d’apporter un regard neuf qui pourraient nous aider à trouver des solutions plus adaptées à nos problèmes.
Ces trois volets visent concrètement à participer au retour de la cohésion sociale, à permettre aux centrafricains de comprendre qu’ils font tous partie d’une même nation, qu’ils doivent tous vivre ensemble dans l’acceptation et le respect de l’autre, quelle que soit sa culture, sa religion, son origine et son sexe, pour retrouver une paix durable.
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Le bonheur et les larmes
La spiritualité des Psaumes.
La deuxième béatitude (la troisième dans certains manuscrits) pousse la tension du genre à son maximum : « heureux ceux qui pleurent (ou les affligés) car ils seront consolés ! » Jésus va loin dans le paradoxe.
Il y a, par ailleurs, une particularité : à la différence des autres béatitudes, elle ne désigne pas des personnes qui ont fait un choix de vie particulier. Les affligés, ou ceux qui pleurent, sont plutôt les victimes de choix faits par d’autres.
Ces deux remarques lancent deux défis à la compréhension, à l’appropriation et à l’actualisation de ce texte. A qui, à quoi, pensait Jésus ?
C’est l’occasion de dire que l’on perçoit mieux le sens des Béatitudes, si on considère qu’elles ouvrent, certes, une histoire (on entame, ici, une série de béatitudes au futur), mais qu’elles s’inscrivent, également, dans une histoire.
La tradition prophétique, à l’arrière-plan de cette béatitude
Le premier point de repère historique auquel on pense, dans le cas présent, est la lignée des prophètes qui ont porté la voix des affligés. Une référence encore plus précise est la prophétie d’Esaïe 61. La béatitude emprunte, en effet, les mots mêmes d’un extrait de ce texte (dans la version grecque de la Septante), qui, en effet, éclaire la portée de la parole de Jésus : « l’Esprit du Seigneur est sur moi, car il m’a conféré l’onction pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres, pour panser ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs l’affranchissement et aux prisonniers la libération, pour proclamer une année de faveur du Seigneur et un jour de vengeance, pour consoler tous ceux qui pleurent [les affligés], mettre à ceux qui pleurent [les affligés] en Sion un diadème, oui leur donner un diadème et non pas de la cendre, une huile de joie au lieu des pleurs [de l’affliction], un vêtement de louange, au lieu d’un esprit abattu. On les appellera térébinthes de la justice, plantation du Seigneur, destinés à manifester sa splendeur » (Es 61.1-3).
Les paraboles de Jésus
Des enseignements de sagesse (1)
Dans son site : Center for action and méditation, Richard Rohr nous offre une réflexion sur les paraboles pour nous aider à mieux en comprendre le sens et la portée au delà de que nous est parfois communiqué. Dans cette intention, il fait appel à Cynthia Bourgeault, prêtre dans l’Église anglicane et auteure spirituelle.
« Les paraboles s’inscrivent dans le genre de la sagesse. Elles appartiennent au « mashal », la branche juive d’une tradition universelle qui comprend de la poésie sacrée, des histoires, des proverbes, des énigmes et des dialogues à travers laquelle la sagesse se transmet.
Nous pouvons voir l’éclat de l’enseignement de Jésus, qui, au fil du rasoir, emmène le monde familier du « mashal », loin au-delà de la zone de sécurité traditionnelle d’une moralité conventionnelle dans un monde de renversement radical et de paradoxe. Il transforme les proverbes en paraboles – et incidemment, une parabole n’est pas la même chose qu’un aphorisme ou une leçon morale. La plus proche cousine est en fait le « koan » bouddhiste, un paradoxe délibérément subversif visant à tourner de haut en bas notre manière de voir habituelle… Leur but n’est pas de confirmer, mais de déraciner. Vous pouvez imaginer l’effet que cela produit sur un auditoire. Au travers des évangiles, nous entendons les gens dire sans cesse : « Qu’est-ce que cela qu’il enseigne ? Personne n’a jamais parlé comme cela avant. D’où tient-il cela, d’où vient-il ? ».
« Le poème à venir »
Interview de Jean Lavoué, écrivain et poète
En réponse à notre quête spirituelle, un livre vient de paraitre : « Le poème à venir. Pour une spiritualité des lisières » (1). Si, au premier abord, le titre peut paraître insolite, il convient au départ d’entendre la voix qui s’y exprime, le parcours de l’auteur. Celui-ci, Jean Lavoué, est un écrivain, éditeur et poète breton. On peut en lire ici et là la biographie. Mais la meilleure entrée nous paraît une interview de Magali Michel parue dans La Vie : « De l’absence jaillit la présence » (2).
Très tôt porté à l’écriture, Jean Lavoué s’engage dans une expression poétique. C’est un atout pour faire face aux embuches de la vie et approfondir un chemin de libération spirituelle où il sera aidé par un prêtre atypique, Jean Sulivan. Son parcours professionnel s’exerce dans l’éducation surveillée et dans la sauvegarde de l’enfance.
Méditation plurielle
Je m’en vais au Père
Jean 14 : 1 à 4, et fin 12
« Je m’en vais au Père. Que votre cœur ne se trouble pas. Croyez en moi… Dans la maison de mon Père je vais vous préparer une place… Lorsque je m’en serai allé et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis, vous y soyez aussi… »
Jésus prépare ses disciples à son départ, Il en parle souvent. Le Berger va préparer une place pour ses brebis. Pour cela, Il doit partir et les quitter. Mais Il promet de revenir pour les chercher ; Il ne les abandonnera pas.
Non seulement Il doit partir vers le Père, dans ce royaume des cieux qu’Il a si souvent évoqué, et d’où Il est venu, en naissant dans une étable, mais Il fait la promesse de les prendre avec Lui pour qu’ils ne soient plus séparés. Quelle douceur et prévenance extrêmes.
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Les défis de Christian Krieger, nouveau président de la Fédération protestante
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Pionnières
“L’avenir de l’homme est la femme. Elle est la couleur de son âme”.
Louis Aragon
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De retour en Centre-Afrique après un doctorat autour de la théologie de l’espérance de Jürgen Moltmann, Rodolphe Gozegba anime l’association A9.
Dans un pays vulnérable confronté au défi de la pauvreté, du dérèglement climatique, des conflits politico-religieux, A9 entreprend une action pacifiante selon deux axes particulièrement innovants : le développement d’une agriculture urbaine visant à l’autonomie alimentaire sous forme de jardins potagers dans une grande ville africaine, et la mise en œuvre d’une formation en vue de la compréhension interreligieuse et interculturelle en partenariat avec l’université de Bangui.
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Suite à l’intérêt qu’a suscité au cours de l’été l’article de Pierre LeBel sur la théologie autochtone au Canada et les déplacements qu’elle propose, Témoins a décidé d’offrir un webinaire sur ce thème avec Pierre LeBel et ses deux invités.
La chrétienté ayant participé à la colonisation des territoires et des peuples dans les Amériques, l’Afrique, en Asie et en Océanie, il s’ensuit que la postchrétienté participe à la décolonisation des territoires et des peuples autochtones au Canada et ailleurs dans le monde. Que nous proposent les théologiens et les croyants autochtones afin que la foi chrétienne soit véritablement libératrice ? Notre webinaire portera sur le Québec afin de voir comment ses enjeux se réalisent sur le terrain.
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