EDITO

Nouveaux éclairages sur des réalités en mouvement

 

Chers amis lecteurs,

L’équipe de Témoins est heureuse de vous présenter sa nouvelle TémoinsNews !

Dans la rubrique « Recherches et innovations » nous nous interrogeons avec Fritz Lienhard sur l’avenir des Eglises protestantes dans le contexte d’une nouvelle culture, puis avec Georg Lämmling, nous réfléchissons sur l’obsolescence d’une pratique d’église protestante en Allemagne. Nous vous proposons également une réflexion de Marie-Françoise Baslez concernant l’Eglise à la maison.

Dans la rubrique « Culture et société » nous découvrons la nouvelle Formation MasterClass proposée par l’Association A9, présentée par son fondateur, Rodolphe Gozegba. Puis David Gonzalez nous parle de la théologie de l’animal et il nous présente le manifeste de Cynthia Fleury et Antoine Fenoglio sur ce qui est essentiel pour notre vie aujourd’hui. Nous terminons par un article de Diane de Souza sur une initiative d’agriculture bio.

Pour finir, la rubrique « Vie et Spiritualité » nous propose deux articles : un article de Frédéric De Coninck : « Le bonheur des larmes ou la spiritualité des Psaumes », et un éclairage sur « Les paraboles de Jésus ».

Bonne lecture à tous !

C.J.

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 WEBINAIRE EN LIGNE

Voir ou revoir la vidéo du dernier webinaire

Une action associative pour l’agriculture urbaine et la compréhension interreligieuse en Centre-Afrique

De retour en Centre-Afrique après un doctorat autour de la théologie de l’espérance de Jürgen Moltmann, Rodolphe Gozegba anime l’association A9.

Dans un pays vulnérable confronté au défi de la pauvreté, du dérèglement climatique, des conflits politico-religieux, A9 entreprend une action pacifiante selon deux axes particulièrement innovants : le développement d’une agriculture urbaine visant à l’autonomie alimentaire sous forme de jardins potagers dans une grande ville africaine, et la mise en œuvre d’une formation  en vue de la compréhension interreligieuse et interculturelle en partenariat avec l’université de Bangui.

Les bienfaits et les fruits d’une spiritualité plus ouverte et inclusive des pratiques traditionnelles

Suite à l’intérêt qu’a suscité au cours de l’été l’article de Pierre LeBel sur la théologie autochtone au Canada et les déplacements qu’elle propose, Témoins a décidé d’offrir un webinaire sur ce thème avec Pierre LeBel et ses deux invités.

La chrétienté ayant participé à la colonisation des territoires et des peuples dans les Amériques, l’Afrique, en Asie et en Océanie, il s’ensuit que la postchrétienté participe à la décolonisation des territoires et des peuples autochtones au Canada et ailleurs dans le monde. Que nous proposent les théologiens et les croyants autochtones afin que la foi chrétienne soit véritablement libératrice ? Notre webinaire portera sur le Québec afin de voir comment ses enjeux se réalisent sur le terrain.

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Une action associative pour l’agriculture urbaine et la compréhension interreligieuse en Centre-Afrique

De retour en Centre-Afrique après un doctorat autour de la théologie de l’espérance de Jürgen Moltmann, Rodolphe Gozegba anime l’association A9.

Dans un pays vulnérable confronté au défi de la pauvreté, du dérèglement climatique, des conflits politico-religieux, A9 entreprend une action pacifiante selon deux axes particulièrement innovants : le développement d’une agriculture urbaine visant à l’autonomie alimentaire sous forme de jardins potagers dans une grande ville africaine, et la mise en œuvre d’une formation  en vue de la compréhension interreligieuse et interculturelle en partenariat avec l’université de Bangui.

 

Les bienfaits et les fruits d’une spiritualité plus ouverte et inclusive des pratiques traditionnelles

Suite à l’intérêt qu’a suscité au cours de l’été l’article de Pierre LeBel sur la théologie autochtone au Canada et les déplacements qu’elle propose, Témoins a décidé d’offrir un webinaire sur ce thème avec Pierre LeBel et ses deux invités.

La chrétienté ayant participé à la colonisation des territoires et des peuples dans les Amériques, l’Afrique, en Asie et en Océanie, il s’ensuit que la postchrétienté participe à la décolonisation des territoires et des peuples autochtones au Canada et ailleurs dans le monde. Que nous proposent les théologiens et les croyants autochtones afin que la foi chrétienne soit véritablement libératrice ? Notre webinaire portera sur le Québec afin de voir comment ses enjeux se réalisent sur le terrain.

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Rubriques

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Dans le contexte d’une nouvelle culture, quel avenir pour les Églises protestantes ?

Selon Fritz Lienhard

Après un ministère pastoral en Alsace et un doctorat au sujet de la diaconie, Fritz Lienhard enseigne la théologie pratique d’abord à la Faculté de théologie protestante à Montpellier et depuis 2006, à celle de l’Université de Heidelberg. Il vient de publier un livre : « L’avenir des Eglises protestantes. Évolution religieuse et communication de l’Évangile » (1). C’est un ouvrage considérable de près de 400 pages et bien référencé selon la méthode universitaire. Cette œuvre s’inscrit dans l’univers du protestantisme européen, de fait principalement dans le contexte franco-allemand. L’auteur est ancré dans cette double culture et cet ouvrage lui permet de procéder à des comparaisons originales. Si l’auteur décrit le recul de la pratique dans les Églises protestantes (p 113-119), il ne s’y attarde pas. Regarder vers l’avenir, c’est s’interroger sur l’évolution de la sécularisation. En regard des pertes, c’est également percevoir et mettre en évidence « des indices d’un retour du religieux ». L’auteur se tourne vers sa culture théologique pour esquisser des réponses. « La crise des Églises a des causes précises et ne relève pas de la fatalité. Certains indices montrent plutôt que la spiritualité prend des formes plus individuelles liées à l’expérience intérieure. Cette situation ambivalente représente un défi pour la théologie et les Églises. Dans la tradition chrétienne, c’est le Saint-Esprit qui suscite l’expérience religieuse, tout en renvoyant à la parole instituée par le Christ… De même, les Églises n’ont rien perdu de leur potentiel missionnaire. Elles se transforment en collectivités plurielles et flexibles, sans renoncer à leur colonne vertébrale spirituelle et théologique. Leur pratique est à façonner en conséquence » (page de couverture).

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De la dynamique de l’Église première

« L’Eglise à la maison » de Marie-Françoise Baslez

En regard d’institutions hiérarchisées et codifiées, quand des chrétiens découvrent le Nouveau Testament et la dynamique qui s’y manifeste, ils trouvent dans leurs rencontres, la présence du Christ et le souffle de l’Esprit. Alors apparaissent de petits groupes croyants, des assemblées de prière. Et de même que l’imprimerie a répandu l’accès à la Parole biblique et favorisé le partage qui s’en est suivi, la révolution numérique, internet, a changé la donne de la communication et permet une interconnection en réseaux. Cependant, si l’osmose entre l’Église et l’empire romain, intervenue au IVe siècle a suscité la confusion et engendré une institution religieuse hiérarchisée de haut en bas, nous sortons aujourd’hui de cette situation en entrant en post-chrétienté. Aussi, des théologiens s’inspirent à nouveau de l’exemple de l’Église première dans une vision nouvelle de l’ecclésiologie. Cela avait déjà été le cas au moment de la Réforme. Ainsi aujourd’hui, désirons-nous mieux connaître la vie des premières communautés chrétiennes dans leur environnement, et la manière dont elles ont grandi et communiqué. C’est nous tourner vers la recherche historique. A cet égard, le tout récent livre de Marie- Françoise Baslez sur « l’histoire des premières communautés chrétiennes Ier-IIIe siècle » (1) est particulièrement bienvenu. Et le titre d’entrée : « L’Église à la maison » est significatif dans le contexte d’un renouveau.

« Et si c’est par là que tout avait commencé ? Les Églises domestiques » ou de « maisonnées » (en d’autres termes, « l’Eglise à la maison ») ne sont-elles pas à l’origine de l’essaimage et de la croissance du christianisme durant les trois premiers siècles de notre ère ? Ne constituent-elles pas le vecteur d’une foi qui va se répandre sans rester cantonnée à quelques communautés isolées ? » (page de couverture). « A partir de leurs modes de vie et d’action, mieux perçus désormais par l’évolution générale de l’histoire antique, Marie-Françoise Baslez rejoint au plus concret la condition des chrétiens de cette période. Ni cachés, ni confinés, ceux-ci portent des questions qui sont parfois aussi les nôtres : l’émergence de l’individu, la place des femmes, la condition d’immigré ou d’esclave, la synodalité, le sens de la mission…) (page de couverture).

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Obsolescence d’une pratique d’église : la chaire et la prédication dans l’Église protestante allemande.

Une observation un peu instruite par les sciences sociales, par l’expérience et par l’histoire nous amène à poser des questions sur les pratiques d’église. En l’occurrence, un bon exemple nous est donné dans un article paru dans Réforme (13octobre 2022) : « Il faut descendre de la chaire ». « Face à la baisse du nombre de fidèles, Georg Lämmling, directeur de l’Institut des sciences sociales de l’Église protestante d’Allemagne appelle à réformer le service dominical, à le rendre plus participatif ».

Georg Lämmling constate que beaucoup de jeunes entre 25 et 35 ans « quittent les rangs de l’Eglise. Un fort processus de distanciation se met en place entre l’adolescence et l’âge adulte durant lequel on n’arrive pas à passer de la foi enfantine à la foi réfléchie. Il faut dire que les jeunes n’ont pas l’impression que l’Eglise réponde aux questions qui leur importent au quotidien. Nous devons donc réfléchir à la manière dont nous pouvons combler ce fossé de communication, notamment lors des services religieux ». Le chercheur rappelle que « le sermon en chaire n’a pas toujours été de mise, développé par les ordres mendiants à la fin du Moyen Age ». On doit, nous dit-il, « se départir de la division entre un discours d’un côté et la réception passive de l’autre. Il faut développer des formes de réception active, rendre le sermon et le service plus interactif ». Il appelle donc à l’expérimentation. Et de plus, « il faut développer une nouvelle forme de discours religieux… Le langage actuel n’est pas celui du quotidien… Cela ne prend pas dans la vie des gens… ».

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Vers l’implosion ?

Entretiens sur le présent et l’avenir du catholicisme

Le catholicisme a été omniprésent dans la culture française, et si il commence aujourd’hui à « s’exculturer » pour reprendre un terme de la sociologue Danièle Hervieu-Léger, il est encore très présent dans nos parcours spirituels. Pour l’immense majorité d’entre nous, nous avons croisé le catholicisme à des moments différents de notre vie et dans différentes conjonctures. En regard de cette réalité très complexe, nos perceptions sont inévitablement variables et nos réactions s’inscrivent dans une gamme extrêmement diversifiée de la participation affirmée, l’adhésion active, la soumission à la distanciation, au rejet et à l’hostilité.

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Une formation et une initiative pour le dialogue interreligieux et interculturel en Centre-Afrique

Présentation par Rodolphe Gozegba (1)

Sur ce site, nous avons à plusieurs reprises présenté les initiatives d’A9, une association centre-africaine présidée par Rodolphe Gozegba, en particulier le développement de jardins potagers à Bangui (2). Aujourd’hui, Rodolphe nous fait part d’une initiative tout aussi pionnière :

En juin 2022, A9 a lancé sa deuxième action. Il s’agit d’un travail sur la cohésion sociale pour le retour au “vivre-ensemble” dans la paix et le respect mutuel entre toutes les communautés et religions. Cette action se décline en trois volets : 1) la mise en place d’une formation en MasterClass donnant lieu à l’attribution d’un certificat de compétence avancée en dialogue interculturel et interreligieux, 2) l’instauration d’un café d’interreligiosité permettant à nos étudiants issus de religions diverses de se côtoyer, de discuter et de dialoguer entre eux pour mieux découvrir l’autre, 3) l’instauration d’un colloque annuel permettant aux intervenants extérieurs de venir nous partager leurs expériences et d’apporter un regard neuf qui pourraient nous aider à trouver des solutions plus adaptées à nos problèmes.

Ces trois volets visent concrètement à participer au retour de la cohésion sociale, à permettre aux centrafricains de comprendre qu’ils font tous partie d’une même nation, qu’ils doivent tous vivre ensemble dans l’acceptation et le respect de l’autre, quelle que soit sa culture, sa religion, son origine et son sexe, pour retrouver une paix durable.

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En avant vers la révolution théologique

La théologie de l’animal reste à faire. Pour sa bénédiction, venez car tout est prêt.

Dimanche 9 octobre 2022 au temple de Surennes près de Paris, le pasteur luthérien va bénir ses paroissiens et leurs animaux de compagnie. Tous seront accueillis au cours de la liturgie présidée par Frédéric Fournier*. Le temple inaugure cette activité qui vise le bien être spirituel. « Il s’agit d’un moment de rassemblement de la communauté autour de la Parole, pour remercier Dieu pour nos « frères et sœurs » les animaux. Et pour prier (…), pour nous engager à agir à la manière de saint François qui a bien compris le désir de Dieu vers sa création, en protégeant la nature, les animaux »**.

« Pour l’heure, la souffrance infligée à l’animal nous ouvre le mystère béant de la souffrance divine. Avec la sixième extinction, quelque chose comme une apocalypse animale survient. Etymologiquement, en grec, c’est une révélation, un dévoilement. L’animal qui console l’homme depuis sa tendre enfance jusqu’au soir de sa vie connaît aujourd’hui un sort qui nous désole »***.

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Un été avec…

Cynthia Fleury, directrice de la chaire de philosophie à l’Hôpital Saint Anne à Paris

« Pour réarmer les désirs de chacun alors que nous sommes dans des situations à la fois d’effondrement, de fatigue, de déplacement, de découragement, il fallait dire: « Mais ça suffit, ça suffit. » Le silence, l’horizon, la santé physique et psychique sont autant de biens à défendre. Ce qu’on ne peut voler est une clé du bonheur.

Le silence, le temps long ou encore la vue…: https://youtu.be/EJpkyrsk9IU

« Ce qui ne s’achète pas : la définition du bonheur selon Cynthia Fleurye : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-grande-table-idees/ce-qui-ne-s-achete-pas-la-definition-du-bonheur-selon-cynthia-fleury-7074646

« En vacances, on essaie de reprendre la main sur le temps »: https://youtu.be/NJfsXBOoTpA

« Je donne un exemple, préserver une vue. C’est-à-dire, tous les jours, avoir la possibilité dans sa vie la plus quotidienne d’avoir accès à l’horizon, d’être porté par cela. Un paysage, que ce paysage soit rural, urbain, tout ce que vous voulez, la jungle, etc. mais tout à coup dire : « mon Dieu, ce milieu autours de moi, il doit être « phorique ». Phorique – au sens grec, « phorein » c’est-à-dire « porter » -, c’est-à-dire tout d’un coup, je peux, de manière politique, me ressaisir, me reconstituer, me restaurer dans ma santé parce que je regarde au loin et que, de manière existentielle, je me nourris de cela.

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L’autonomie alimentaire, ici aussi – Nos néo-ruraux

Il s’appelle David. Il fait partie de ces «néo-ruraux» qui retournent à la terre, malgré des diplômes assez brillants et variés. Ils n’y connaissent rien, ils n’ont souvent pas de parents dans le milieu, et ils se lancent avec bonheur dans cette nouvelle vie, où ils vont se salir les mains.

Ils le font d’abord par idéalisme: on compte dix départs à la retraite pour un nouvel arrivant en agriculture, et malheureusement un suicide d’agriculteur par jour en France, voire deux. Il va donc falloir s’y mettre, si l’on veut nourrir une partie de la population. Car l’autonomie alimentaire est bien le premier besoin de l’homme, n’est-ce pas, ici aussi ? Et la France semble l’avoir oublié, depuis des décennies.

On a promu une agriculture basée sur le pétrole, les grands espaces, les tracteurs démesurés qui tassent les sols et les détruisent, les produits phytosanitaires, les semences hybrides F1 dégénérescentes à racheter tous les ans: l’autonomie est mise à mal, et c’est préoccupant. Il faut réapprendre à cultiver son champ (ou son jardin), et il faudra des éclaireurs… qui se préparent.

Ces jeunes-là ont souvent bien mûri leur projet, ils se sont formés, et se forment en continu sur Internet. Ils cherchent les produits résistants, ceux qui fabriquent de la biomasse, ils plantent à la main des centaines d’arbres pour protéger les cultures (l’agroforesterie). Dire que c’est facile ? Loin de là. Les canicules, sécheresses, tempêtes, inondations, sont particulièrement éprouvantes pour ces jeunes qui s’accrochent. Ils sont passionnés, aiment cette vie de liberté en plein air, où les seuls ordres qu’ils reçoivent sont ceux de la Nature.

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Articles du moment

Un été avec Cynthia Fleury

Cynthia Fleury, directrice de la chaire de philosophie à l’Hopital Saint Anne à Paris

« Pour réarmer les désirs de chacun alors que nous sommes dans des situations à la fois d’effondrement, de fatigue, de déplacement, de découragement, il fallait dire: « Mais ça suffit, ça suffit. » Le silence, l’horizon, la santé physique et psychique sont autant de bien à défendre. Ce qu’on ne peut voler est une clé du bonheur.

Le silence, le temps long ou encore la vue…: https://youtu.be/EJpkyrsk9IU

Une terre promise


Barack Obama vient de publier le premier volume de ses mémoires : « Une Terre Promise » (1). La présentation qui en est donnée en page de couverture, mérite d’être rappelée ici : «Dans le premier volume de ses mémoires présidentielles, Barack Obama raconte l’histoire passionnante de son incroyable odyssée, celle d’un jeune homme en quête d’identité devenu dirigeant du monde libre, retraçant de manière personnelle son éducation politique et les moments emblématiques du premier mandat de sa présidence.

Obama nous invite à le suivre dans son incroyable voyage et ses premiers pas sur la scène politique à sa victoire décisive aux primaires de l’Iowa qui démontre le pouvoir de l’engagement citoyen, et jusqu’à la soirée historique du 4 novembre 2008 lorsqu’il fut élu quarante quatrième président des Etats-Unis devenant ainsi le premier afro-américain à accéder à la fonction suprême.

Parcours de foi

A revoir, durant l’été, une expression de Témoins à travers les vidéos de deux grandes manifestations :

Chrétiens dans un nouveau monde. Quelle foi pour le XXe siècle ?

Parcours de foi aux marges des cadres institutionnels. 26 novembre 2016

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Le bonheur et les larmes

La spiritualité des Psaumes.

La deuxième béatitude (la troisième dans certains manuscrits) pousse la tension du genre à son maximum : « heureux ceux qui pleurent (ou les affligés) car ils seront consolés ! » Jésus va loin dans le paradoxe.
Il y a, par ailleurs, une particularité : à la différence des autres béatitudes, elle ne désigne pas des personnes qui ont fait un choix de vie particulier. Les affligés, ou ceux qui pleurent, sont plutôt les victimes de choix faits par d’autres.
Ces deux remarques lancent deux défis à la compréhension, à l’appropriation et à l’actualisation de ce texte. A qui, à quoi, pensait Jésus ?

C’est l’occasion de dire que l’on perçoit mieux le sens des Béatitudes, si on considère qu’elles ouvrent, certes, une histoire (on entame, ici, une série de béatitudes au futur), mais qu’elles s’inscrivent, également, dans une histoire.

La tradition prophétique, à l’arrière-plan de cette béatitude

Le premier point de repère historique auquel on pense, dans le cas présent, est la lignée des prophètes qui ont porté la voix des affligés. Une référence encore plus précise est la prophétie d’Esaïe 61. La béatitude emprunte, en effet, les mots mêmes  d’un extrait de ce texte (dans la version grecque de la Septante), qui, en effet, éclaire la portée de la parole de Jésus : « l’Esprit du Seigneur est sur moi, car il m’a conféré l’onction pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres, pour panser ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs l’affranchissement et aux prisonniers la libération, pour proclamer une année de faveur du Seigneur et un jour de vengeance, pour consoler tous ceux qui pleurent [les affligés], mettre à ceux qui pleurent [les affligés] en Sion un diadème, oui leur donner un diadème et non pas de la cendre, une huile de joie au lieu des pleurs [de l’affliction], un vêtement de louange, au lieu d’un esprit abattu. On les appellera térébinthes de la justice, plantation du Seigneur, destinés à manifester sa splendeur » (Es 61.1-3).

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Les paraboles de Jésus

Des enseignements de sagesse (1)

Dans son site : Center for action and méditation, Richard Rohr nous offre une réflexion sur les paraboles pour nous aider à mieux en comprendre le sens et la portée au delà de que nous est parfois communiqué. Dans cette intention, il fait appel à Cynthia Bourgeault, prêtre dans l’Église anglicane et auteure spirituelle.

« Les paraboles s’inscrivent dans le genre de la sagesse. Elles appartiennent au « mashal », la branche juive d’une tradition universelle qui comprend de la poésie sacrée, des histoires, des proverbes, des énigmes et des dialogues à travers laquelle la sagesse se transmet.

Nous pouvons voir l’éclat de l’enseignement de Jésus, qui, au fil du rasoir, emmène le monde familier du « mashal », loin au-delà de la zone de sécurité traditionnelle d’une moralité conventionnelle dans un monde de renversement radical et de paradoxe. Il transforme les proverbes en paraboles – et incidemment, une parabole n’est pas la même chose qu’un aphorisme ou une leçon morale. La plus proche cousine est en fait le « koan » bouddhiste, un paradoxe délibérément subversif visant à tourner de haut en bas notre manière de voir habituelle… Leur but n’est pas de confirmer, mais de déraciner. Vous pouvez imaginer l’effet que cela produit sur un auditoire. Au travers des évangiles, nous entendons les gens dire sans cesse : « Qu’est-ce que cela qu’il enseigne ? Personne n’a jamais parlé comme cela avant. D’où tient-il cela, d’où vient-il ? ».

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« Le poème à venir »

Interview de Jean Lavoué, écrivain et poète

En réponse à notre quête spirituelle, un livre vient de paraitre : « Le poème à venir. Pour une spiritualité des lisières » (1). Si, au premier abord, le titre peut paraître insolite, il convient au départ d’entendre la voix qui s’y exprime, le parcours de l’auteur. Celui-ci, Jean Lavoué, est un écrivain, éditeur et poète breton. On peut en lire ici et là la biographie. Mais la meilleure entrée nous paraît une interview de Magali Michel parue dans La Vie : « De l’absence jaillit la présence » (2).

Très tôt porté à l’écriture, Jean Lavoué s’engage dans une expression poétique. C’est un atout pour faire face aux embuches de la vie et approfondir un chemin de libération spirituelle où il sera aidé par un prêtre atypique, Jean Sulivan. Son parcours professionnel s’exerce dans l’éducation surveillée et dans la sauvegarde de l’enfance.

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Séries The Chosen

Une leçon de care, un petit miracle grand public

« Tu dois voir The Chosen. C’est incroyable, hyper moderne et fidèle à l’évangile ! » Deux semaines plus tard je pleurais à chaque épisode. « Le jeu des acteurs, la narration… c’est crédible et c’est excellement fait », dit l’un. « C’est une série qui m’a fait voir le Christ comme jamais », dit l’autre. Jésus charmant, intelligent, profond? Et vous, avez-vous vu « The Chosen »?

C’est l’Évangile selon « This is us (https://youtu.be/FRmqKqjAVlM Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/This_Is_Us), « notre vie », c’est-à-dire une leçon de care*, une prise en compte de nos sanglots et des voix étouffées au cœur de la société:
Un pêcheur charismatique – Pierre – qui croule sous les dettes. Une femme hantée par ses démons, Marie, une autre par ses ex – la Samaritaine. Le jeune collecteur d’impôts Matthieu – au symptôme d’Aspergen – mis au ban de la société. Le chef religieux Nicodème qui remet en question les traditions de sa foi, mais pas son mode de vie si facilement».
C’est Jésus à travers les yeux de ceux qui l’ont connu.
Le réalisme de This Is Us est là, dans ce rapport individuel à la réalité sociale. Avec son puissant effet de consolation.
Conclusion du créateur: « La série montre un Jésus humain qui n’a jamais été vu auparavant : chaleureux, humouristique, invitant. Et si irrésistiblement divin qu’on comprend pourquoi les gens abandonnent tout pour le suivre ».

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Temoins – Qui sommes-nous ?

Un positionnement original

Témoins est connu aujourd’hui pour sa culture chrétienne interconfessionnelle, un christianisme de conviction et d’ouverture, son engagement en faveur d’un renouvellement des pratiques d’église. Témoins est une organisation modeste quant à ses ressources et ses effectifs immédiats ; mais, par son positionnement, sa culture et ses réseaux, il joue un rôle substantiel d’incitation et de stimulation pour un témoignage chrétien à la mesure de la mutation culturelle d’aujourd’hui.

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Il se fait tout proche

“Oui mes enfants, cette paix surpasse toute intelligence. Et c’est une paix que personne ne saurait vous ravir. Aucun homme n’a le pouvoir d’y toucher. Mais vous pouvez, vous, ouvrir la porte au monde et le laisser entrer avec ses soucis et ses distractions. Oui, vous pouvez ouvrir votre porte à la crainte et au découragement. Vous pouvez l’ouvrir au voleur qui se jette sur votre paix pour l’emporter.
Prenez donc une bonne fois la ferme résolution de ne permettre à rien ni personne de troubler votre paix : le repos que trouve votre cœur en Moi.

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Dans le contexte d’une nouvelle culture, quel avenir pour les Églises protestantes ?

Selon Fritz Lienhard

Après un ministère pastoral en Alsace et un doctorat au sujet de la diaconie, Fritz Lienhard enseigne la théologie pratique d’abord à la Faculté de théologie protestante à Montpellier et depuis 2006, à celle de l’Université de Heidelberg. Il vient de publier un livre : « L’avenir des Eglises protestantes. Évolution religieuse et communication de l’Évangile » (1). C’est un ouvrage considérable de près de 400 pages et bien référencé selon la méthode universitaire. Cette œuvre s’inscrit dans l’univers du protestantisme européen, de fait principalement dans le contexte franco-allemand. L’auteur est ancré dans cette double culture et cet ouvrage lui permet de procéder à des comparaisons originales. Si l’auteur décrit le recul de la pratique dans les Églises protestantes (p 113-119), il ne s’y attarde pas. Regarder vers l’avenir, c’est s’interroger sur l’évolution de la sécularisation. En regard des pertes, c’est également percevoir et mettre en évidence « des indices d’un retour du religieux ». L’auteur se tourne vers sa culture théologique pour esquisser des réponses. « La crise des Églises a des causes précises et ne relève pas de la fatalité. Certains indices montrent plutôt que la spiritualité prend des formes plus individuelles liées à l’expérience intérieure. Cette situation ambivalente représente un défi pour la théologie et les Églises. Dans la tradition chrétienne, c’est le Saint-Esprit qui suscite l’expérience religieuse, tout en renvoyant à la parole instituée par le Christ… De même, les Églises n’ont rien perdu de leur potentiel missionnaire. Elles se transforment en collectivités plurielles et flexibles, sans renoncer à leur colonne vertébrale spirituelle et théologique. Leur pratique est à façonner en conséquence » (page de couverture).

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De la dynamique de l’Église première

« L’Eglise à la maison » de Marie-Françoise Baslez

En regard d’institutions hiérarchisées et codifiées, quand des chrétiens découvrent le Nouveau Testament et la dynamique qui s’y manifeste, ils trouvent dans leurs rencontres, la présence du Christ et le souffle de l’Esprit. Alors apparaissent de petits groupes croyants, des assemblées de prière. Et de même que l’imprimerie a répandu l’accès à la Parole biblique et favorisé le partage qui s’en est suivi, la révolution numérique, internet, a changé la donne de la communication et permet une interconnection en réseaux. Cependant, si l’osmose entre l’Église et l’empire romain, intervenue au IVe siècle a suscité la confusion et engendré une institution religieuse hiérarchisée de haut en bas, nous sortons aujourd’hui de cette situation en entrant en post-chrétienté. Aussi, des théologiens s’inspirent à nouveau de l’exemple de l’Église première dans une vision nouvelle de l’ecclésiologie. Cela avait déjà été le cas au moment de la Réforme. Ainsi aujourd’hui, désirons-nous mieux connaître la vie des premières communautés chrétiennes dans leur environnement, et la manière dont elles ont grandi et communiqué. C’est nous tourner vers la recherche historique. A cet égard, le tout récent livre de Marie- Françoise Baslez sur « l’histoire des premières communautés chrétiennes Ier-IIIe siècle » (1) est particulièrement bienvenu. Et le titre d’entrée : « L’Église à la maison » est significatif dans le contexte d’un renouveau.

« Et si c’est par là que tout avait commencé ? Les Églises domestiques » ou de « maisonnées » (en d’autres termes, « l’Eglise à la maison ») ne sont-elles pas à l’origine de l’essaimage et de la croissance du christianisme durant les trois premiers siècles de notre ère ? Ne constituent-elles pas le vecteur d’une foi qui va se répandre sans rester cantonnée à quelques communautés isolées ? » (page de couverture). « A partir de leurs modes de vie et d’action, mieux perçus désormais par l’évolution générale de l’histoire antique, Marie-Françoise Baslez rejoint au plus concret la condition des chrétiens de cette période. Ni cachés, ni confinés, ceux-ci portent des questions qui sont parfois aussi les nôtres : l’émergence de l’individu, la place des femmes, la condition d’immigré ou d’esclave, la synodalité, le sens de la mission…) (page de couverture).

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Obsolescence d’une pratique d’église : la chaire et la prédication dans l’Église protestante allemande.

Une observation un peu instruite par les sciences sociales, par l’expérience et par l’histoire nous amène à poser des questions sur les pratiques d’église. En l’occurrence, un bon exemple nous est donné dans un article paru dans Réforme (13octobre 2022) : « Il faut descendre de la chaire ». « Face à la baisse du nombre de fidèles, Georg Lämmling, directeur de l’Institut des sciences sociales de l’Église protestante d’Allemagne appelle à réformer le service dominical, à le rendre plus participatif ».

Georg Lämmling constate que beaucoup de jeunes entre 25 et 35 ans « quittent les rangs de l’Eglise. Un fort processus de distanciation se met en place entre l’adolescence et l’âge adulte durant lequel on n’arrive pas à passer de la foi enfantine à la foi réfléchie. Il faut dire que les jeunes n’ont pas l’impression que l’Eglise réponde aux questions qui leur importent au quotidien. Nous devons donc réfléchir à la manière dont nous pouvons combler ce fossé de communication, notamment lors des services religieux ». Le chercheur rappelle que « le sermon en chaire n’a pas toujours été de mise, développé par les ordres mendiants à la fin du Moyen Age ». On doit, nous dit-il, « se départir de la division entre un discours d’un côté et la réception passive de l’autre. Il faut développer des formes de réception active, rendre le sermon et le service plus interactif ». Il appelle donc à l’expérimentation. Et de plus, « il faut développer une nouvelle forme de discours religieux… Le langage actuel n’est pas celui du quotidien… Cela ne prend pas dans la vie des gens… ».

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Une formation et une initiative pour le dialogue interreligieux et interculturel en Centre-Afrique

Présentation par Rodolphe Gozegba (1)

Sur ce site, nous avons à plusieurs reprises présenté les initiatives d’A9, une association centre-africaine présidée par Rodolphe Gozegba, en particulier le développement de jardins potagers à Bangui (2). Aujourd’hui, Rodolphe nous fait part d’une initiative tout aussi pionnière :

En juin 2022, A9 a lancé sa deuxième action. Il s’agit d’un travail sur la cohésion sociale pour le retour au “vivre-ensemble” dans la paix et le respect mutuel entre toutes les communautés et religions. Cette action se décline en trois volets : 1) la mise en place d’une formation en MasterClass donnant lieu à l’attribution d’un certificat de compétence avancée en dialogue interculturel et interreligieux, 2) l’instauration d’un café d’interreligiosité permettant à nos étudiants issus de religions diverses de se côtoyer, de discuter et de dialoguer entre eux pour mieux découvrir l’autre, 3) l’instauration d’un colloque annuel permettant aux intervenants extérieurs de venir nous partager leurs expériences et d’apporter un regard neuf qui pourraient nous aider à trouver des solutions plus adaptées à nos problèmes.

Ces trois volets visent concrètement à participer au retour de la cohésion sociale, à permettre aux centrafricains de comprendre qu’ils font tous partie d’une même nation, qu’ils doivent tous vivre ensemble dans l’acceptation et le respect de l’autre, quelle que soit sa culture, sa religion, son origine et son sexe, pour retrouver une paix durable.

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En avant vers la révolution théologique

La théologie de l’animal reste à faire. Pour sa bénédiction, venez car tout est prêt.

Dimanche 9 octobre 2022 au temple de Surennes près de Paris, le pasteur luthérien va bénir ses paroissiens et leurs animaux de compagnie. Tous seront accueillis au cours de la liturgie présidée par Frédéric Fournier*. Le temple inaugure cette activité qui vise le bien être spirituel. « Il s’agit d’un moment de rassemblement de la communauté autour de la Parole, pour remercier Dieu pour nos « frères et sœurs » les animaux. Et pour prier (…), pour nous engager à agir à la manière de saint François qui a bien compris le désir de Dieu vers sa création, en protégeant la nature, les animaux »**.

« Pour l’heure, la souffrance infligée à l’animal nous ouvre le mystère béant de la souffrance divine. Avec la sixième extinction, quelque chose comme une apocalypse animale survient. Etymologiquement, en grec, c’est une révélation, un dévoilement. L’animal qui console l’homme depuis sa tendre enfance jusqu’au soir de sa vie connaît aujourd’hui un sort qui nous désole »***.

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Un été avec…

Cynthia Fleury, directrice de la chaire de philosophie à l’Hôpital Saint Anne à Paris

« Pour réarmer les désirs de chacun alors que nous sommes dans des situations à la fois d’effondrement, de fatigue, de déplacement, de découragement, il fallait dire: « Mais ça suffit, ça suffit. » Le silence, l’horizon, la santé physique et psychique sont autant de biens à défendre. Ce qu’on ne peut voler est une clé du bonheur.

Le silence, le temps long ou encore la vue…: https://youtu.be/EJpkyrsk9IU

« Ce qui ne s’achète pas : la définition du bonheur selon Cynthia Fleurye : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-grande-table-idees/ce-qui-ne-s-achete-pas-la-definition-du-bonheur-selon-cynthia-fleury-7074646

« En vacances, on essaie de reprendre la main sur le temps »: https://youtu.be/NJfsXBOoTpA

« Je donne un exemple, préserver une vue. C’est-à-dire, tous les jours, avoir la possibilité dans sa vie la plus quotidienne d’avoir accès à l’horizon, d’être porté par cela. Un paysage, que ce paysage soit rural, urbain, tout ce que vous voulez, la jungle, etc. mais tout à coup dire : « mon Dieu, ce milieu autours de moi, il doit être « phorique ». Phorique – au sens grec, « phorein » c’est-à-dire « porter » -, c’est-à-dire tout d’un coup, je peux, de manière politique, me ressaisir, me reconstituer, me restaurer dans ma santé parce que je regarde au loin et que, de manière existentielle, je me nourris de cela.

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L’autonomie alimentaire, ici aussi – Nos néo-ruraux

Il s’appelle David. Il fait partie de ces «néo-ruraux» qui retournent à la terre, malgré des diplômes assez brillants et variés. Ils n’y connaissent rien, ils n’ont souvent pas de parents dans le milieu, et ils se lancent avec bonheur dans cette nouvelle vie, où ils vont se salir les mains.

Ils le font d’abord par idéalisme: on compte dix départs à la retraite pour un nouvel arrivant en agriculture, et malheureusement un suicide d’agriculteur par jour en France, voire deux. Il va donc falloir s’y mettre, si l’on veut nourrir une partie de la population. Car l’autonomie alimentaire est bien le premier besoin de l’homme, n’est-ce pas, ici aussi ? Et la France semble l’avoir oublié, depuis des décennies.

On a promu une agriculture basée sur le pétrole, les grands espaces, les tracteurs démesurés qui tassent les sols et les détruisent, les produits phytosanitaires, les semences hybrides F1 dégénérescentes à racheter tous les ans: l’autonomie est mise à mal, et c’est préoccupant. Il faut réapprendre à cultiver son champ (ou son jardin), et il faudra des éclaireurs… qui se préparent.

Ces jeunes-là ont souvent bien mûri leur projet, ils se sont formés, et se forment en continu sur Internet. Ils cherchent les produits résistants, ceux qui fabriquent de la biomasse, ils plantent à la main des centaines d’arbres pour protéger les cultures (l’agroforesterie). Dire que c’est facile ? Loin de là. Les canicules, sécheresses, tempêtes, inondations, sont particulièrement éprouvantes pour ces jeunes qui s’accrochent. Ils sont passionnés, aiment cette vie de liberté en plein air, où les seuls ordres qu’ils reçoivent sont ceux de la Nature.

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Le bonheur et les larmes

La spiritualité des Psaumes.

La deuxième béatitude (la troisième dans certains manuscrits) pousse la tension du genre à son maximum : « heureux ceux qui pleurent (ou les affligés) car ils seront consolés ! » Jésus va loin dans le paradoxe.
Il y a, par ailleurs, une particularité : à la différence des autres béatitudes, elle ne désigne pas des personnes qui ont fait un choix de vie particulier. Les affligés, ou ceux qui pleurent, sont plutôt les victimes de choix faits par d’autres.
Ces deux remarques lancent deux défis à la compréhension, à l’appropriation et à l’actualisation de ce texte. A qui, à quoi, pensait Jésus ?

C’est l’occasion de dire que l’on perçoit mieux le sens des Béatitudes, si on considère qu’elles ouvrent, certes, une histoire (on entame, ici, une série de béatitudes au futur), mais qu’elles s’inscrivent, également, dans une histoire.

La tradition prophétique, à l’arrière-plan de cette béatitude

Le premier point de repère historique auquel on pense, dans le cas présent, est la lignée des prophètes qui ont porté la voix des affligés. Une référence encore plus précise est la prophétie d’Esaïe 61. La béatitude emprunte, en effet, les mots mêmes  d’un extrait de ce texte (dans la version grecque de la Septante), qui, en effet, éclaire la portée de la parole de Jésus : « l’Esprit du Seigneur est sur moi, car il m’a conféré l’onction pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres, pour panser ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs l’affranchissement et aux prisonniers la libération, pour proclamer une année de faveur du Seigneur et un jour de vengeance, pour consoler tous ceux qui pleurent [les affligés], mettre à ceux qui pleurent [les affligés] en Sion un diadème, oui leur donner un diadème et non pas de la cendre, une huile de joie au lieu des pleurs [de l’affliction], un vêtement de louange, au lieu d’un esprit abattu. On les appellera térébinthes de la justice, plantation du Seigneur, destinés à manifester sa splendeur » (Es 61.1-3).

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Les paraboles de Jésus

Des enseignements de sagesse (1)

Dans son site : Center for action and méditation, Richard Rohr nous offre une réflexion sur les paraboles pour nous aider à mieux en comprendre le sens et la portée au delà de que nous est parfois communiqué. Dans cette intention, il fait appel à Cynthia Bourgeault, prêtre dans l’Église anglicane et auteure spirituelle.

« Les paraboles s’inscrivent dans le genre de la sagesse. Elles appartiennent au « mashal », la branche juive d’une tradition universelle qui comprend de la poésie sacrée, des histoires, des proverbes, des énigmes et des dialogues à travers laquelle la sagesse se transmet.

Nous pouvons voir l’éclat de l’enseignement de Jésus, qui, au fil du rasoir, emmène le monde familier du « mashal », loin au-delà de la zone de sécurité traditionnelle d’une moralité conventionnelle dans un monde de renversement radical et de paradoxe. Il transforme les proverbes en paraboles – et incidemment, une parabole n’est pas la même chose qu’un aphorisme ou une leçon morale. La plus proche cousine est en fait le « koan » bouddhiste, un paradoxe délibérément subversif visant à tourner de haut en bas notre manière de voir habituelle… Leur but n’est pas de confirmer, mais de déraciner. Vous pouvez imaginer l’effet que cela produit sur un auditoire. Au travers des évangiles, nous entendons les gens dire sans cesse : « Qu’est-ce que cela qu’il enseigne ? Personne n’a jamais parlé comme cela avant. D’où tient-il cela, d’où vient-il ? ».

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« Le poème à venir »

Interview de Jean Lavoué, écrivain et poète

En réponse à notre quête spirituelle, un livre vient de paraitre : « Le poème à venir. Pour une spiritualité des lisières » (1). Si, au premier abord, le titre peut paraître insolite, il convient au départ d’entendre la voix qui s’y exprime, le parcours de l’auteur. Celui-ci, Jean Lavoué, est un écrivain, éditeur et poète breton. On peut en lire ici et là la biographie. Mais la meilleure entrée nous paraît une interview de Magali Michel parue dans La Vie : « De l’absence jaillit la présence » (2).

Très tôt porté à l’écriture, Jean Lavoué s’engage dans une expression poétique. C’est un atout pour faire face aux embuches de la vie et approfondir un chemin de libération spirituelle où il sera aidé par un prêtre atypique, Jean Sulivan. Son parcours professionnel s’exerce dans l’éducation surveillée et dans la sauvegarde de l’enfance.

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Séries The Chosen

Une leçon de care, un petit miracle grand public

« Tu dois voir The Chosen. C’est incroyable, hyper moderne et fidèle à l’évangile ! » Deux semaines plus tard je pleurais à chaque épisode. « Le jeu des acteurs, la narration… c’est crédible et c’est excellement fait », dit l’un. « C’est une série qui m’a fait voir le Christ comme jamais », dit l’autre. Jésus charmant, intelligent, profond? Et vous, avez-vous vu « The Chosen »?

C’est l’Évangile selon « This is us (https://youtu.be/FRmqKqjAVlM Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/This_Is_Us), « notre vie », c’est-à-dire une leçon de care*, une prise en compte de nos sanglots et des voix étouffées au cœur de la société:
Un pêcheur charismatique – Pierre – qui croule sous les dettes. Une femme hantée par ses démons, Marie, une autre par ses ex – la Samaritaine. Le jeune collecteur d’impôts Matthieu – au symptôme d’Aspergen – mis au ban de la société. Le chef religieux Nicodème qui remet en question les traditions de sa foi, mais pas son mode de vie si facilement».
C’est Jésus à travers les yeux de ceux qui l’ont connu.
Le réalisme de This Is Us est là, dans ce rapport individuel à la réalité sociale. Avec son puissant effet de consolation.
Conclusion du créateur: « La série montre un Jésus humain qui n’a jamais été vu auparavant : chaleureux, humouristique, invitant. Et si irrésistiblement divin qu’on comprend pourquoi les gens abandonnent tout pour le suivre ».

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Des arbres qui marchent

Des arbres qui marchent

En dialogue face à la menace d’effondrement écologique et pour un monde meilleur Face à la menace d’effondrement écologique, comment, en dialogue les uns avec les autres, recevons nous cette interpellation ? Quelles prises de conscience ? Quelles pistes d’action ? Un...

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Un été avec Cynthia Fleury

Cynthia Fleury, directrice de la chaire de philosophie à l’Hopital Saint Anne à Paris

« Pour réarmer les désirs de chacun alors que nous sommes dans des situations à la fois d’effondrement, de fatigue, de déplacement, de découragement, il fallait dire: « Mais ça suffit, ça suffit. » Le silence, l’horizon, la santé physique et psychique sont autant de bien à défendre. Ce qu’on ne peut voler est une clé du bonheur.

Le silence, le temps long ou encore la vue…: https://youtu.be/EJpkyrsk9IU

Parcours de foi

A revoir, durant l’été, une expression de Témoins à travers les vidéos de deux grandes manifestations :

Chrétiens dans un nouveau monde. Quelle foi pour le XXe siècle ?

Parcours de foi aux marges des cadres institutionnels. 26 novembre 2016

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Il se fait tout proche

“Oui mes enfants, cette paix surpasse toute intelligence. Et c’est une paix que personne ne saurait vous ravir. Aucun homme n’a le pouvoir d’y toucher. Mais vous pouvez, vous, ouvrir la porte au monde et le laisser entrer avec ses soucis et ses distractions. Oui, vous pouvez ouvrir votre porte à la crainte et au découragement. Vous pouvez l’ouvrir au voleur qui se jette sur votre paix pour l’emporter.
Prenez donc une bonne fois la ferme résolution de ne permettre à rien ni personne de troubler votre paix : le repos que trouve votre cœur en Moi.

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Temoins – Qui sommes-nous ?

Un positionnement original

Témoins est connu aujourd’hui pour sa culture chrétienne interconfessionnelle, un christianisme de conviction et d’ouverture, son engagement en faveur d’un renouvellement des pratiques d’église. Témoins est une organisation modeste quant à ses ressources et ses effectifs immédiats ; mais, par son positionnement, sa culture et ses réseaux, il joue un rôle substantiel d’incitation et de stimulation pour un témoignage chrétien à la mesure de la mutation culturelle d’aujourd’hui.

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