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2018 après Jésus Christ – Une émission de télévision qui parle à tous

2018 après Jésus-Chirst2018 après Jésus-Christ : ce titre un peu énigmatique a été donné à une émission bimestrielle de télévision de Présence protestante. Comment le message de l’Évangile est-il reçu aujourd’hui dans un univers culturel qui a considérablement changé pendant 2000 ans ? Nous avons regardé et nous avons été conquis par cette émission originale à travers la mise en œuvre d’un dialogue cordial et authentique.

L’animatrice de cette émission, la théologienne Marion Muller-Colard a ainsi défini cette émission lors de ses débuts en 2017.
« l’Evangile est modelé de tout en tout par des rencontres insolites. Un dialogue incessant entre des sujets supposés savoir et des errants, un dialogue qui élargit sans cesse le sens et le désir de Dieu.
L’émission se propose de reconstituer, 2017 ans après Jésus-Christ, ces rencontres insolites qui jalonnent la Parole de Dieu qui n’a pas le sens des frontières. Partir à la recherche de la Samaritaine d’aujourd’hui, des Nicodème contemporains, des Zacchée, de ceux qui pêchent au bord du lac jusqu’à ce qu’un homme les hèle et les entraine dans une aventure qui déborde tout ce qu’ils comprenaient de la vie. C’est pourquoi notre choix se porte sur trois archétypes d’invités : un spécialiste de la Bible (pasteur, enseignant, prédicateur, etc), un candide (sans culture biblique), et enfin une personne dont la profession, la passion ou l’histoire de vie a un lien avec un thème fort qui se dégage du texte.
Avec ces trois invités qui entreront chacun dans le texte par une porte différente, nous voulons être témoins de la surprise, du décontenancement, des convictions, des doutes, de l’écoute, du déplacement. Fouiller ensemble, se délester de nos à priori, que nous soyons familiers du texte ou supposé lointain. Repartir en offrant une phrase qui éclôt à la fin du chemin, une invitation au téléspectateur à trouver pour lui-même comment résonne ce texte après avoir fait le chemin avec nous ».

Cette année, au début de 2018, Marion Muller-Colard s’exprime à nouveau (1).
« Mon expérience, depuis maintenant plus d’un an et après sept tournages, pourrait se résumer à cet extrait d’Evangile : « Il vous précède en Galilée »… Ma conviction que c’est le Christ qui est l’invitant me permet de clore le temps de la préparation, d’essayer de me rendre disponible à l’inattendu, de me replacer dans ma foi comme invitée parmi les autres. Sur chaque tournage, je refais l’expérience du surcroit de grâce que permet l’inattendu. Je suis émerveillé par ce constat. Jamais personne n’est resté indifférent à la saveur et à la profondeur du texte biblique. Parfois dès la première lecture, parfois après le temps de méditation personnelle creusée ensuite par l’échange avec les autres. Souvent l’invité non chrétien est celui qui s’avère le plus enthousiaste…. Pour moi, le principe de l’émission est au cœur du message de l’Evangile. Comme dans l’Evangile, ce sont souvent les ingénus, les distants, les non-connaisseurs qui révèlent au mieux la richesse de la rencontre. Ils tendent la main au téléspectateur qui se retrouvent dans cette distance, dans leurs questionnements, dans leur esprit critique, et, en même temps, ils témoignent que ce texte vient les saisir ».

Pourquoi cette émission nous paraît aussi attirante, une émission à ne pas manquer, une émission qu’on aime faire connaître à des amis ?
C’est sans doute d’abord parce que l’expérience présentée correspond à notre attente : Dans leurs cheminements, les participants éveillent la sympathie et l’expression de leur ressenti éveille en nous des échos.
Nous nous retrouvons dans la méthode. Ici, pas de pression doctrinaire, pas de schémas rebattus. On s’enrichit de la diversité des interprétations. On chemine, on discerne, on apprend à partir de cette diversité. Et donc, chacun peut trouver là ce qui lui correspond. Ce dispositif encourage l’authenticité telle que l’historien, Charles Taylor (2) en exprime la requête : « La vie ou la pratique religieuse auxquelles je prend part, doivent me parler, doivent avoir du sens par rapport à mon développement personnel tel que je le conçois ».
Cette découverte spirituelle ne se fait pas dans l’ascèse d’une règle imposée, mais dans un moment heureux dans le très beau cadre d’une nature méditerranéenne qui appelle l’émerveillement. C’est un moment heureux dans le temps d’une rencontre conviviale qui éveille la confiance. C’est un moment heureux parce que ce climat de bon accueil permet à chacun de se sentir reconnu. Cette bienveillance (3) ouvre le chemin. Dans cette ambiance de liberté et de fraternité, l’Esprit saint peut se mouvoir et inspirer chacun. Et on peut entrevoir son œuvre dans les intuitions qui jaillissent, les découvertes qui s’expriment. C’est particulièrement le cas chez ceux qui viennent sans aucun prérequis et qui nous comblent parfois par l’originalité de leur regard.
Et donc, la parole de Jésus peut à nouveau se révéler libératrice et ouvrir une relation.

Entre amis, ces émissions suscitent souvent un enthousiasme partagé. On se dit qu’elles pourraient être de remarquables outils pour des réunions de groupe où le parcours déjà engagé pourrait être un point de départ pour un nouveau partage. Et, sur le plan individuel un accès à plusieurs émissions peut entrainer un cheminement personnel, une familiarisation avec l’Evangile, une relation croyante qui se dessine. Aujourd’hui, on peut se procurer chaque émission au prix de 20 euros.
Merci à Marion Muller-Colard pour son animation qui veut témoigner de la présence du Christ dans ces rencontres. Il nous parle toujours à travers sa Parole

J H

(1) Sur le site de la Fédération protestante de France, Marion Muller-Colard présente : « 2018 après Jésus-Christ ». Prochaine émission : France 2 Présence protestante. 11 mars 2018 10h :
(2) Charles Taylor, auteur du livre : « L’Âge séculier (Seuil, 2011). Voir sur ce site : « L’âge de l’authenticité » : http://www.temoins.com/lage-de-lauthenticite/
(3) « Lytta Basset. Oser la bienveillance ». sur le blog : Vivre et espérer : http://www.vivreetesperer.com/?p=1842

Mandela et Gandhi. La sagesse peut-elle changer le monde ?

Mandela - GandhiAu cœur de l’histoire, le rôle et l’influence de certaines personnalités politiques ont été considérables pour le meilleur comme pour le pire.

On peut donc s’interroger à leur sujet. Entre autres, en quoi telle inspiration, telle vision ont pu exercer une influence décisive dans certains contextes et dans certaines circonstances ? Eric Vinson et Sophie Viguier-Vinson répondent à cette question dans un livre sur Mandela et Gandhi. Le sous-titre : « La sagesse peut-elle changer le monde ? » (1) éclaire le propos. En quoi un engagement spirituel peut-il exercer une influence dans le champ de l’action politique et de la transformation sociale ?

A cet égard, le choix de Mandela et Gandhi est particulièrement judicieux. Car ces deux hommes, aujourd’hui célèbres, ne sont pas sans rapport. En effet, si l’engagement de Gandhi est chronologiquement antérieur à celui de Mandela, il y a, entre eux, une forte interconnexion à travers un champ commun : l’Afrique australe, un adversaire semblable : l’impérialisme colonial occidental, des modes d’action comparables : le primat de la non violence, une inspiration chrétienne sur des registres variés. Voici deux personnalités qui ont marqué le XXè siècle dans des séquences historiques différentes. Les approcher dans leurs interrelations peut démultiplier l’intérêt déjà considérable qui leur est porté. Et cette étude comparée permet de mieux comprendre les enjeux communs.

C’est la vision que nous proposent les deux auteurs. « Gandhi, Mandela et l’Afrique du Sud, une triangulaire aux interactions déterminantes pour comprendre l’histoire particulière de ces hommes et de ces pays, mais aussi la pensée universelle de la dynamique qui les lie. Sur cette terre, en moins d’un siècle, sont en effet apparus les pires poisons de la modernité politique et leurs antidotes ». Là sont apparus camp de concentration,  génocide, racisme institutionnel. Mais, en regard, il y a eu « l’invention du « satyagraha » par Gandhi et sa mise en œuvre par des générations successives de militants, jusqu’à la victoire définitive sur ce régime inhumain, par une démarche de réconciliation démocratique guidée par Mandela. Il y a là comme « une scène primitive » du XXè siècle, un laboratoire à la fois tragique et fascinant où les crimes contre l’humanité de la colonisation ont préfiguré ceux du totalitarisme. Mais, « là où croit le péril croit aussi ce qui sauve » (Holderlin). Cet antidote émerge ainsi des chemins de Gandhi et de Mandela  comme de leur intersection sur le plan historique, théorique et pratique donnant aux droits de l’homme toute leur portée, qui confine au sacré » (p 239-240).

Si le monde est actuellement engagé dans une grande mutation, si aujourd’hui nous sommes confrontés à des défis majeurs, pour affronter cette situation, n’avons-nous pas besoin d’une vision qui nous permette de dépasser l’immédiateté et l’égocentrisme pour entrer dans une dimension supérieure. « Sans vision, le peuple meurt », déclare une parole biblique (Proverbes 29.18). Ainsi, personnellement, collectivement, pouvons-nous trouver une inspiration dans un registre spirituel et religieux. Et effectivement, au cours de l’histoire, des leaders ont trouvé force et discernement dans une telle inspiration. C’est bien la perspective mise en évidence par les auteurs de ce livre à partir de l’exemple de Mandela et de Gandhi. « Chacun, à leur façon, Gandhi et Mandela manifestent une certaine manière de vivre et de faire de la politique. Ils s’imposent comme des figures singulières, en ce qu’ils connectent le débat démocratique avec une autre dimension de l’existence à la fois personnelle, universelle et transcendante. Rarement mobilisé en politique, ce domaine peut être nommé « spiritualité » comme une certaine relation  à l’ultime (en général identifié avec le Divin)  qui s’enracine à la fois dans l’intériorité et l’interdépendance pour se traduire par une parole et une éthique spécifique » (p 249).

Eric et Sophie Vinson évoquent des figures historiques qui sont inscrites dans cette démarche et forment « une même famille, celle des démocrates spirituels, qui articulent démocratie et intériorité, intime et collectif, tradition et modernité. Ces hommes mobilisent le champ sémantique et pratique du spirituel » (p 250) et y trouvent une source d’influence et de rayonnement. Ainsi les auteurs citent des noms, qui, pour nombre d’entre nous sensibles à cette approche, sont déjà familiers. Outre Mandela et Gandhi, le Dalaï Lama, le pape François, Martin Luther King, Tolstoï, Dietrich Bonhoeffer, Vaclav Havel et Jean Jaures (2).

Par le choix des personnalités étudiées : Mandela et Gandhi, par la riche analyse de leur interaction, par l’approche originale et bienfaisante ainsi mise en évidence, ce livre appelle une large audience à laquelle participera le lectorat ce Témoins.

Jean Hassenforder

  • Eric Vinson, Sophie Viguier-Vinson. Mandela et Gandhi. La sagesse peut-elle changer le monde ? Albin Michel, 2018
  • Eric Vinson, Sophie Vigier-Vinson. Jaurès le prophète. Mystique et politique d’un combattant républicain. Albin Michel, 2014. Un livre qui permet de revisiter l’œuvre de Jaurès et d’y découvrir une profonde inspiration spirituelle.      « Si l’on néglige sa thèse sur la « Réalité du monde sensible », si on passe à côté de sa spiritualité- qui s’oppose au pouvoir temporel de l’Eglise catholique, mais reconnaît en l’homme la présence du divin-on ignore les principes mêmes qui ont guidé toute son action ».

 

Initier une conversation sociétale, éthique, religieuse et, plus largement, humaine

La nouvelle Revue des Cèdres vaut la peine d’être (re)découverte !

La belle édition du site www.revuedescedres.ch précise qu’elle a fait peau neuve en 2010, en prenant le relais du “Bulletin des Cèdres” publié dès 1995, mais c’est en fait un nouveau tonique qu’il y a là dans le long drink théologique protestant. « Orientés sur la vulgarisation théologique, ses contenus touchent à des questions sociétales, éthiques, religieuses et, plus largement, à l’humain. » Avec des articles courts, des contenus variés et « une large palette de réflexions et de témoignages ». En témoigne sa dernière livraison de 167 pages en 21 articles pétillants, rédigés par les enseignants-chercheurs-acteurs les plus en pointe de la théologie pratique francophone contemporaine. Passionnante, poétique, journalistique, existentielle, théologiquement humaine… et vivifiante ! Pour vous donner envie de participer à ces nouvelles conversations, servez-vous, en voici quelques extraits sous le sommaire du numéro 46, « L’Eglise, pour y venir », millésime 2017. C’est l’happy hour à Lausanne, c’est-a-dire qu’un petit cocktail vous est offert : vous êtes invités. D.G

Se muer en Eglise, Dimitri Andronicos et Jean-Christophe Emery, p 5

« Il y a ce mot, changement, qui colle à la peau. Se réveiller un matin et se dire que peut-être nous avons changé. Ou alors, plus volontariste, qu’il faudra changer quelque chose ; au moins son alimentation, ou son mode de vie. Prononcez-le avec la lenteur nécessaire comme un mantra, dites-le à vous-même, nous verrons bien ce qui en sort : « Tu dois changer ta vie ! » Exhortation constante, répétée, parce que finalement, il y a toujours ce quelque chose qui ne joue pas, qui a besoin d’un petit pas de côté.(…) Occasion d’espérance et d’investigation, l’Eglise est appelée à faire monde, à le co-constituer, à participer à la recherche inépuisable du sens en faveur d’un vivre ensemble à réinventer et d’une existence intensifier. » (Éditorial)

 

Nos histoires et nos conversations : identités, traditions et communauté, Philippe Gonzalez , p 7

« Méditer nos histoires et entretenir une conversation sont deux activités qui caractérisent « l’Eglise émergente » (…) « s’agit-il de prendre la vie de Jésus pour modèle – au risque d’imposer à la communauté chrétienne une éthique surhumaine, l’enjoignant à se faire l’avant-garde de la révolution sociale ? Ou s’agit-il de cultiver les paradoxes de la figure du Christ (homme/Dieu, né d’une vierge, roi/crucifié, etc.) comme autant de lieux indéfiniment ouverts permettant de méditer les ombres et les lumières qui traversent nos destins tant individuels que collectifs ? » (…)

 

Biodiversité ecclésiale, Sabrina Müller, p 15

« Pendant longtemps, en Suisse, on a planté des forêts entières d’épicéa. Celui-ci pousse facilement, il ne requiert que peu de soins et fournit rapidement du bois. Aujourd’hui, on s’éloigne de ce modèle de monoculture et on retrouve des forêts où la biodiversité domine. Des espèces animales, ou des plantes locales, que la monoculture avait mises en danger ou appauvries, peuvent retrouver leur place : les guêpes forestières, les abeilles sauvages, les oiseaux et leurs chants. Les forêts offrent ainsi à nouveau un espace, une protection, pour une variété de plantes, d’animaux, d’insectes et de champignons. Monoculture et biodiversité représentent d’utiles métaphores pour décrire la situation actuelle des Églises en Europe. (…) Finalement, il faut que la diversité des engagements soit reconnue comme complémentarité et non comme concurrence. De ce changement de climat théologique et structurel peuvent pousser de nouvelles plantes et naître de nouveaux biotopes. » (…)

 

L’obsolescence de la paroisse, Jean-Marc Tétaz, p 23

« L’obsolescence des paroisses ne signe […] pas la mort de la dimension communautaire du christianisme protestant. Elle invite au contraire à inventer de nouvelles formes d’organisation, à la fois plus souples, mieux adaptées aux modes de vie contemporains et capables de mieux intégrer les formes plurielles que prend le christianisme au XXIème siècle. (…) C’est l’imbrication de la mémoire culturelle dont l’Eglise est porteuse avec les formes de mémoire collective portées par les groupes qui permet aux églises d’être des lieux dans lesquels peut ”palpite[r] quelque chose d’une vie symbolique“.» (…)

 

L’Eglise qui fait vivre, ou nous qui faisons vivre l’Eglise ? Elisabeth Parmentier, p 33

« Cet article veut montrer une ”double contraintes“ qui pèsent sur les églises issue de la Réforme : elles ont été en quête d’une réconciliation qui surmonte la concurrence – mais dès lors que de telles dynamiques se déploient, elle reprennent des distances, par souci de leur “identité”. Mais une identité définie par quoi ? Une seconde tendance majeur sera ici notée : classiquement, l’identité de l’église protestante est définie par les confessions de foi et les catéchismes, à partir des dons de Dieu. Mais aujourd’hui, de nouvelles églises se déploient qui n’ont cure d’affirmations confessionnelles et qui s’orientent à partir des besoins locaux et des projets missionnaires – deux orientations antagonistes ? » (…)

 

Stratégies ecclésiales en Allemagne, Fritz Lienhard, p 41

« À l’instar de la plupart des pays européens, l’Allemagne est confrontée à une crise du christianisme. Cela vaut pour l’appartenance aux Églises, mais aussi la fréquentation des cultes, la foi en Dieu et le fait de se désigner comme quelqu’un de religieux. (…) comment arbitrer dans ce débat ? Dans une certaine flexibilité pourrait […] se développer la biodiversité pastorale nécessaire à l’épanouissement de la vie ecclésiale dans les différents milieux, de même que la biodiversité naturelle permet à la vie biologique de se développer dans des climats fort variés. » (…)

 

La pertinence de l’Eglise aujourd’hui, Pierre Gisel, p 49

« L’église ne doit pas s’imaginer comme contre modèle-social, ni ne doit non plus se vouloir communauté idéale. Elle a à restituer, au cœur du social, des questions décalantes et hétérogènes, et à les rendre fructueuses pour le monde et l’humain. L’Eglise n’est pas appelée à apporter ”un plus“, mais à faire voir le monde autrement. L’orienter autrement, ou en proposer une autre habitation. » (…)

 

L’Eglise en appels, Michel Kocher, p 57

L’Eglise est une réponse… À quels appels ? Dans ma pratique d’homme de médias, l’ecclésiologie protestante est une construction spirituelle, théologique et institutionnelle assez claire, mais placée devant des défis nombreux et entrelacés qui rendent la discussion complexe et trop souvent peu fructueuse. Ma priorité, dans les lignes qui suivent, est de commencer un travail de démêlage. Je me propose de dégager une couche d’origine dont la clarification doit faciliter l’échange et la réflexion autour des réalités contemporaines. Cette origine théologique, c’est l’Eglise entendue comme réponse à un appel. D’où le sous-titre de cet article : pour une petite et ecclésiologie de l’appel. » (…)

 

Des Eglises en version méga, Jean-Christophe Emery, p 71

« Un succès planétaire. Une musique contemporaine entraînante, une débauche de technique, une prédication émotionnelle à substrat conservateur solidement orientée vers l’actualité, une stratégie de développement à faire pâlir Nestlé ou Apple, une palette gargantuesque de groupes de soutien et une mécanique de mise en lien finement huilée, ce portrait-robot de la Mega-Église contemporaine se décline en d’infinies variations (…) Leur succès planétaire peut être vu comme un symptôme de la globalisation du religieux, mais il peut également faire l’objet d’une prise de conscience du considérable potentiel adaptatif du christianisme. » (…)

 

Jalons pour une ecclésiologie de postchrétienté, Gabriel Monet, p 81

« Et si la décroissance de l’Eglise était une chance ? » (…)

 

Les désaffiliations religieuses dans la logique des Eglises en mutation, Caroline Gachet, p 91

« Du point de vue de la sociologie des religions, un angle d’approche intéressant pour étudier les églises dites traditionnelles est de questionner le renouvellement de leurs générations de croyants et de pratiquants. (…) Pour résumer de manière très simple, on apprend depuis tout petit à ”être évangélique“, à ”faire partie de la famille évangélique“ et à ”adhérer à la vision du monde évangélique“ (…) Pourquoi décide-t-on de partir ? » (…)

 

Bref historique de la présence des Eglises sur le web, Nicolas Friedli, p 101

« Avant 2005, nous sommes dans la période des débuts. (…) Autour de 2005, nous entrons dans la période du web 2.0 (…) En 2008, nous sommes entrés dans la période des réseaux sociaux (…) À partir de 2015-2016, nous entrons dans la période du contrôle. » « (…) voici quelques pistes à la fois floues et concrètes, qui pourraient être formulées ainsi : en tant qu’institution :

. Je reconnais que j’ai perdu la maîtrise de l’agenda sociétal. Je peux y prendre ma part – je dois y prendre ma part -, mais je ne suis pas seule à dicter le tempo » (…) . (…) « Je soutiens l’audace justement parce que je suis une institution. »

 

« Etre et faire Eglise » aujourd’hui Jean-François Habermacher, p 109

« À mes yeux, il n’y aura pas de renouveau du christianisme et des Églises sans une reprise de fond de ce qu’être chrétien veut dire aujourd’hui, en lien avec les questions de tous et les défis de société auxquels nous sommes confrontés. Les différentes manières ”d’être“ ou de ”faire église“ aujourd’hui n’échapperont pas à cette tâche exigeante qu’est le long travail de la pensée et de son attestation individuelle, communautaire et institutionnelle. » (…)

 

Eglises et sociétés liquides, Jean-Denis Kraege, p 121

« Les messy churches ou les fresh expression churches visent, nous dit-on, à répondre aux 50 à 60 % de la population qui seraient potentiellement intéressés au ”religieux“ et attachés à ce que les sociologues appellent une société ”liquide“. Seuls 20 % de nos contemporains essaieraient encore de se réfugier dans un monde ”solide“. (…) « On est en droit de toutefois poser plusieurs questions face à ces divers constats. »

 

Une Eglise entre vocation et profession, Entretien avec Nicolas Besson, p 127

« La nécessaire adaptation des Églises au changement de société bute souvent sur les complexités institutionnelles. Sans recette, ni leçon, Nicolas Besson, en charge des ressources humaines dans l’Eglise Evangélique Réformée du canton de Vaud (EERV), livre quelques éléments de son expérience. »

« (…) Le travail sur soi, en confrontant sa vie à l’Évangile, conduit à ne pas seulement prêcher un savoir religieux, mais à témoigner d’une certaine façon de voir le monde et de considérer l’humain, en toute authenticité. Cette herméneutique existentielle constitue, de mon point de vue, la compétence professionnelle fondamentale à réinvestir pleinement. » (…)

Une confiance renouvelée pour l’Eglise, Simon Weber, p 137

« Le laboratoire Khi Recherche et Développement de l’EERV cherche à faire évoluer l’église pour lui permettre de mieux faire face aux changements de la société. Il effectue un travail d’analyse, s’intéresse aux initiatives d’autres Églises et développe des outils. À sa tête, Simon Weber livre ses observations et ses pistes préférentielles. »

« (…) Je ne rêve pas d’une église idéale à mettre en œuvre à la force du poignet. J’avance pas à pas et me laisse surprendre. La prochaine étape consiste à favoriser des libérations au sein des acteurs de l’Eglise. Libérations des habitudes, des culpabilités, des contraintes que l’on se fixe. L’idée est de retrouver une fraîcheur nouvelle et une meilleure écoute face aux demandes réelles de sens et de spiritualité »

 

Les Eglises, entre pratique et théologie, Elise Cairus, p 143

L’expérience du LAB, Carolina Costa, p 149

La croissance communautaire, Nicolas Lüthi, p 157

L’Eglise de demain sera communautaire, Benjamin Corbaz, p 161

Envoi : D’Eglise et de sable, Dimitri Andronicos, p 167

 

Abonnement annuel (en Suisse seulement) Fr 20. Abonnement de soutien : Fr 30.-

Les numéros peuvent être commandés au prix de Fr 15.- pièce (plus frais de port).

http://revuedescedres.ch/a-propos/ pour la France.

Les enfants, portiers du royaume

Les enfants, portiers du royaumeAccueillir la spiritualité des enfants et reconnaître l’enfant théologien, cela bouleverse profondément nos modèles d’éducation chrétienne. Une spiritualité propre à tous les enfants est aujourd’hui évidente. Mais à travers elle, les enfants ont-ils quelque chose à révéler de Dieu ? Ouvrent-ils les portes du royaume ? Oui. Leurs actes et leurs paroles ont une valeur théologique.

A partir d’échanges vécus au sein de rencontres catéchétiques, l’auteure confirme que les enfants sont de petits théologiens en herbe, qu’ils évangélisent à leur tour, et que les enfants de la Bible et Jésus nous mettaient déjà sur cette piste. Enfin, l’approche catéchétique Godly Play® est présenté dans cet ouvrage car elle soutient particulièrement la spiritualité des enfants et offre un espace à l’enfant théologien.

Êtes-vous prêts ? Les enfants sont là, sur le pas de la porte, et vous invitent à entrer dans le Royaume.

L’auteur désire rendre le lecteur attentif à la spiritualité de l’enfant, ouvrir des pistes qui engagent dans une catéchèse toujours renouvelée. Ce livre s’adresse aux éducateurs religieux et à tous ceux qui s’intéressent aux enfants et à leur spiritualité.

Carole Baertschi-Lopez travaille dans la catéchèse de paroisse avec des enfants depuis plus de trente ans. Collaboratrice du Service Catholique de Catéchèse de Genève depuis 2011, elle est également narratrice et formatrice de la méthode Godly Play®.

Oser la fraternité

 Des commentaires sur l’actualité, bien informés, bien écrits et qui nous aident à prendre du recul en conjuguant analyse et sagesse. 

 « Alors que l’information nous arrive de toutes parts, chercher du sens dans ce qui se trame, se vit, se joue autour de nous est essentiel. Il est utile de discerner les marqueurs d’une société en mouvement, de s’enthousiasmer ou de s’offusquer, de se laisser interpeller par des initiatives constructives ou de critiquer des attitudes discutables. Au travers de ses chroniques radios de l’année 2016-2017 ici rassemblées, Gabriel Monet cherche à susciter la réflexion à partir de l’information. Son regard n’est pas neutre puisqu’il assume une perspective chrétienne, offrant ainsi par ses billets d’humeur hebdomadaires des analyses remplies de conviction avec une liberté de ton stimulante. Le titre “Oser la fraternité” fait écho à un thème récurrent dans les billets d’humeur de cette saison. La fraternité, c’est un besoin fondamental partagé par tous, une aspiration commune. Nos individualismes, comme les difficultés de tout relation humaine, freinent nos élans vers la fraternité ; il ne s’agit pourtant pas de s’en écarter. Certes, l'”histoire” comme “nos histoires” mettent en évidence combien la fraternité demeure un défi. Cela rend d’autant plus important le fait de se réjouir de ce qui est fraternel dans notre monde, mais aussi de regretter ce qui ne contribue pas à un vivre-ensemble harmonieux, et surtout de s’engager pour “oser la fraternité”! » 

(Présentation de l’éditeur)

 

Pour commander ce livre sur Amazon: https://www.amazon.fr/Oser-fraternité-chrétiens-lactualité-2016-2017-ebook/dp/B073VRKJXX/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1501336009&sr=1-1&keywords=Oser+la+fraternité 

Empathie et bienveillance. Révolution ou effet de mode ?

C’est le titre d’un dossier paru dans « Sciences Humaines » (juin 2017) (1).

En regard d’un individualisme égocentré, l’empathie fonde une relation attentionnée à autrui. « Se mettre à la place de l’autre ». Elle débouche sur la sollicitude, sur la bienveillance, sur la sympathie. C’est une capacité qui nourrit les relations humaines.

Or, il apparaît que le terme : « empathie » est de plus en plus employé. Dans les livres de langue française, l’usage du mot : « empathie », grimpe en flèche dans les décennies 1990 et 2000. Cette progression est d’autant plus puissante que la recherche sur ce thème et l’intérêt qu’il éveille, s’exercent dans des champs de plus en plus nombreux. « Au travail, en famille, à l’école, à l’hôpital et même en politique tout récemment, l’empathie et son corollaire : la bienveillance, sont sollicitées pour rendre les collectifs humains plus viables ». Et comme notre regard change, on découvre de l’empathie jusque dans l’éthologie animale avec les livres de Franz de Waal sur les primates. Cette progression de l’empathie se réalise à l’échelle internationale comme le montre Jérémie Rifkin dans son livre : « Une nouvelle conscience pour un monde en crise. Vers une civilisation de l’empathie » présenté sur ce site (2)

Ainsi une transformation profonde de notre manière de penser et de sentir est en cours. Elle s’inscrit dans un contexte d’universalisation où différentes traditions viennent apporter leur contribution. Pour notre part, nous nous référons à la parabole du bon samaritain  (Luc 10.29-37) . L’empathie y retentit. «  Un samaritain qui voyageait étant venu là, fut ému de compassion lorsqu’il le vit… il prit soin de lui ». Dans son livre : « Darwin, bonaparte et le samaritain », Michel Serres voit dans le samaritain une figure emblématique de l’engagement humanitaire de tant de gens à notre époque, une époque qui, globalement, rompt avec des millénaires de guerres et de massacres (3). La progression actuelle de l’empathie et de la bienveillance va dans le même sens. Une nouvelle vision du monde est en train d’émerger.

Jean Hassenforder

(1) Dossier : les pouvoirs de l’empathie. Sciences Humaines, juin 2017, p 26-45. Article introductif : Jean-François Dortier. Empathie et bienveillance. Révolution ou effet de mode ? (p 26-31). Dans : Sciences Humaines, un autre dossier paru en février 2011 : « Retour de la solidarité : empathie, altruisme, entraide » : http://www.temoins.com/quel-regard-sur-la-societe-et-sur-le-monde-prendre-conscience-dun-changement-de-perspective-encourageant-retour-solidarite-scienceshumaines/

(2)« Vers une civilisation de l’empathie. A propos du livre de Jérémie Rifkin » : http://www.temoins.com/vers-une-civilisation-de-lempathie-a-propos-du-livre-de-jeremie-rifkinapports-questionnements-et-enjeux/

(3) Michel Serres. Darwin, bonaparte et le samaritain. Une philosophie de l’histoire. Le pommier, 2016 « Au sortir de massacres séculaires, vers un âge doux portant la vie contre la mort » : http://www.vivreetesperer.com/?p=2479