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Oser la fraternité

 Des commentaires sur l’actualité, bien informés, bien écrits et qui nous aident à prendre du recul en conjuguant analyse et sagesse. 

 « Alors que l’information nous arrive de toutes parts, chercher du sens dans ce qui se trame, se vit, se joue autour de nous est essentiel. Il est utile de discerner les marqueurs d’une société en mouvement, de s’enthousiasmer ou de s’offusquer, de se laisser interpeller par des initiatives constructives ou de critiquer des attitudes discutables. Au travers de ses chroniques radios de l’année 2016-2017 ici rassemblées, Gabriel Monet cherche à susciter la réflexion à partir de l’information. Son regard n’est pas neutre puisqu’il assume une perspective chrétienne, offrant ainsi par ses billets d’humeur hebdomadaires des analyses remplies de conviction avec une liberté de ton stimulante. Le titre “Oser la fraternité” fait écho à un thème récurrent dans les billets d’humeur de cette saison. La fraternité, c’est un besoin fondamental partagé par tous, une aspiration commune. Nos individualismes, comme les difficultés de tout relation humaine, freinent nos élans vers la fraternité ; il ne s’agit pourtant pas de s’en écarter. Certes, l'”histoire” comme “nos histoires” mettent en évidence combien la fraternité demeure un défi. Cela rend d’autant plus important le fait de se réjouir de ce qui est fraternel dans notre monde, mais aussi de regretter ce qui ne contribue pas à un vivre-ensemble harmonieux, et surtout de s’engager pour “oser la fraternité”! » 

(Présentation de l’éditeur)

 

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Empathie et bienveillance. Révolution ou effet de mode ?

C’est le titre d’un dossier paru dans « Sciences Humaines » (juin 2017) (1).

En regard d’un individualisme égocentré, l’empathie fonde une relation attentionnée à autrui. « Se mettre à la place de l’autre ». Elle débouche sur la sollicitude, sur la bienveillance, sur la sympathie. C’est une capacité qui nourrit les relations humaines.

Or, il apparaît que le terme : « empathie » est de plus en plus employé. Dans les livres de langue française, l’usage du mot : « empathie », grimpe en flèche dans les décennies 1990 et 2000. Cette progression est d’autant plus puissante que la recherche sur ce thème et l’intérêt qu’il éveille, s’exercent dans des champs de plus en plus nombreux. « Au travail, en famille, à l’école, à l’hôpital et même en politique tout récemment, l’empathie et son corollaire : la bienveillance, sont sollicitées pour rendre les collectifs humains plus viables ». Et comme notre regard change, on découvre de l’empathie jusque dans l’éthologie animale avec les livres de Franz de Waal sur les primates. Cette progression de l’empathie se réalise à l’échelle internationale comme le montre Jérémie Rifkin dans son livre : « Une nouvelle conscience pour un monde en crise. Vers une civilisation de l’empathie » présenté sur ce site (2)

Ainsi une transformation profonde de notre manière de penser et de sentir est en cours. Elle s’inscrit dans un contexte d’universalisation où différentes traditions viennent apporter leur contribution. Pour notre part, nous nous référons à la parabole du bon samaritain  (Luc 10.29-37) . L’empathie y retentit. «  Un samaritain qui voyageait étant venu là, fut ému de compassion lorsqu’il le vit… il prit soin de lui ». Dans son livre : « Darwin, bonaparte et le samaritain », Michel Serres voit dans le samaritain une figure emblématique de l’engagement humanitaire de tant de gens à notre époque, une époque qui, globalement, rompt avec des millénaires de guerres et de massacres (3). La progression actuelle de l’empathie et de la bienveillance va dans le même sens. Une nouvelle vision du monde est en train d’émerger.

Jean Hassenforder

(1) Dossier : les pouvoirs de l’empathie. Sciences Humaines, juin 2017, p 26-45. Article introductif : Jean-François Dortier. Empathie et bienveillance. Révolution ou effet de mode ? (p 26-31). Dans : Sciences Humaines, un autre dossier paru en février 2011 : « Retour de la solidarité : empathie, altruisme, entraide » : http://www.temoins.com/quel-regard-sur-la-societe-et-sur-le-monde-prendre-conscience-dun-changement-de-perspective-encourageant-retour-solidarite-scienceshumaines/

(2)« Vers une civilisation de l’empathie. A propos du livre de Jérémie Rifkin » : http://www.temoins.com/vers-une-civilisation-de-lempathie-a-propos-du-livre-de-jeremie-rifkinapports-questionnements-et-enjeux/

(3) Michel Serres. Darwin, bonaparte et le samaritain. Une philosophie de l’histoire. Le pommier, 2016 « Au sortir de massacres séculaires, vers un âge doux portant la vie contre la mort » : http://www.vivreetesperer.com/?p=2479