EDITO

Revue de Presse printemps 2022

OMBRES ET LUMIÈRE

Si il y a bien aujourd’hui un drame humain qui nous confond, c’est celui du peuple ukrainien, victime de l’agression de l’état russe.

Or, comme en beaucoup d’autres situations, nous y sommes interpellés par le rôle des églises. Si l’église ukrainienne est solidaire de son peuple, le patriarcat de Moscou soutient une agression dévastatrice (interview de Jean-François Colosimo).

C’est là que nous entendons la voix du théologien Cyril Hovorum : « La guerre en cours montre que les idées, y compris théologiques, peuvent littéralement tuer. Nous devons réviser la nomenclature des idées théologiques qui, je crois, ont conduit à cette guerre ». Cette affirmation : « les idées théologiques peuvent littéralement tuer », nous paraît d’une grande portée, car elle est validée dans d’autres circonstances historiques. Jésus ne s’est-il pas élevé contre un système social et religieux marqué par le pouvoir des grands et l’exclusion des petits. Et les tenants de cette conception mortifère l’ont effectivement tué. Il est ressuscité et l’Évangile a porté ces idées neuves et révolutionnaires dans le monde. Cependant, au cours de l’histoire, des idées contraires ont souvent pris le pas dans la religion organisée. Dans cette revue de presse, entres autres, nous pouvons ressentir des raideurs et des enfermements, mais notre attention se tourne en premier lieu vers la dynamique de l’Esprit qui construit et reconstruit. Si, selon un proverbe africain, « l’arbre qui tombe fait plus de bruit que la forêt qui pousse », regardons à tout ce qui pousse aujourd’hui.

Lorsque le constat des maux engendrés par de mauvaises représentations grandit, il engendre un mouvement en retour où nous percevons l’œuvre de l’Esprit. Ainsi, lorsque le déphasage des églises apparait au grand jour, des chrétiens en théologie émettent des propositions pour les guérir (Fritz Lienhard, Jérôme Perrin). Et nous voyons apparaître de nouvelles dynamiques relationnelles (Eric Zander). On peut également se réjouir des prises de conscience qui apparaissent aujourd’hui dans la reconnaissance de l’existence sociale des femmes et des enfants. C’est ainsi que la prise de conscience du potentiel spirituel de l’enfant débouche sur une nouvelle catéchèse (Godly Play). Et si des alarmes résonnent dans le constat du dérèglement climatique et la chute de la biodiversité, elles accompagnent une prise de conscience révolutionnaire de l’unité de la nature et de la dynamique du vivant dans une dimension cosmique. Ici, un film rassemble des expressions sur le changement des perspectives de vie à cet égard (Les arbres qui marchent).

On ne doit pas oublier la forêt qui pousse. Ce sont les chrétiens qui œuvrent constamment pour la paix (justice et paix), pour la justice sociale et pour l’entraide dans la compréhension de l’univers politique (Frédéric de Coninck) ou qui expriment le beau et le bon dans les arts (Pierre LeBel).

Jean Hassenforder

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Revue de presse – Printemps 2022

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La sociologie du mysticisme

Selon Mike Sosteric

Des expériences spirituelles et religieuses, des expériences mystiques adviennent plus que l’on imagine. Cependant, aujourd’hui, ce phénomène est mis en valeur par de nombreux chercheurs. Ainsi, en Angleterre, dans la second moitié du XXè siècle, un biologiste Alister Hardy a créé un centre de recherche où il a entrepris une collecte de récits d’expériences en réponse à la question : « Vous est-il arrivé d’avoir conscience d’une présence ou d’une puissance (ou influencée par elle), que vous l’appeliez Dieu ou non et qui est différente de votre perception habituelle ? ». Dans son livre : « Something there » (1), David Hay rapporte certaines expériences spirituelles recensées par Alister Hardy, et plus généralement met en évidence une présence de la dimension spirituelle, particulièrement chez les enfants ». Dans son article sur la sociologie du mysticisme (The sociology of mysticism) (2), Mike Sosteric, professeur de sociologie à l’université Athabasca (Canada) met en valeur l’étendue des recherches entreprises dans le champ de l’expérience religieuse en rappelant l’œuvre pionnière de William James. De fait, ces expériences ne sont pas phénomène marginal. Elles sont présentes et motrices chez les fondateurs de grandes religions et abondent dans le vécu religieux. Si certains sociologues reconnaissent le courant expérientiel, Mike Sosteric estime que la sociologie des religions n’accorde pas assez d’importance à ce phénomène. A une époque où « la religion organisée », la religion institutionnalisée est en perte de vitesse dans certains pays, la question de l’expérience spirituelle, de son extension, de sa reconnaissance, est une question cruciale. L’article de Mike Sosteric est particulièrement éclairant.

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La théologie chrétienne après la chrétienté : engager la pensée de Douglas John Hall

La théologie chrétienne après la chrétienté : engager la pensée de Douglas John Hall, rassemble des penseurs contemporains dans le but de saisir et construire sur l’œuvre de Douglas John Hall — et celui de relever son défi de revendiquer une théologie contextuelle et décolonisatrice de la croix comme moyen de parler aux réalités de la vie et de la foi aujourd’hui. En mettant l’accent sur les questions contemporaines, cette collection éditée analyse de manière critique et déconstruit le triomphalisme colonial séculaire de la théologie chrétienne et de l’Église en Occident. Ce livre cherche à encadrer les crises actuelles de manière à honorer une theologia crucis profondément enracinée qui ne colonise pas « l’autre ». Il explore les possibilités constructives de décolonisation de la théologie chrétienne à la fin de la chrétienté.

INTRODUCTION

Christian Theology After Christendom (la théologie chrétienne après la chrétienté), sortie en mars 2021, est le format imprimé d’une conférence qui s’est tenue à l’Université McGill, à Montréal, du 1er au 3 novembre 2019. On aurait pu aussi bien lui donner comme titre, la théologie chrétienne en postchrétienté, car c’est bien là que l’on se trouve aujourd’hui. Le sous-titre est important : Engaging the Thought of Douglas John Hall (engager ou saisir la pensée de Douglas John Hall). Hall est professeur émérite à l’Université McGill où il enseigne depuis 1975. Il est l’auteur de plus de vingt livres dont en voici une sélection :

  • Lighten Our Darkness: Toward an Indigenous Theology of the Cross (1976)
  • The Stewardship of Life in the Kingdom of Death (1985)
  • The End of Christendom and the Future of Christianity (1996)
  • The Cross in our Context (2003)
  • Waiting for the Gospel: An Appeal to the Dispirited Remnants of Protestant “Establishment” ( 2012)

Un seul est traduit en français :

  • Être image de Dieu (1998, aux Éditions du Cerf en collaboration avec Bellarmin).
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La fin de la chrétienté

Selon Chantal Delsol

Lorsque nous nous interrogeons sur la place du christianisme à notre époque dans les pays occidentaux, notre réflexion s’opère en termes historiques, nous envisageons la situation actuelle en terme de post-chrétienté. La société n’est plus comme autrefois encadrée par la religion chrétienne en terme d’institutions et de doctrines. Effectivement, les sociologues envisagent notre époque en terme de post-chrétienté. Et de nombreux théologiens en tirent les conséquences et esquissent un nouvel horizon (1). Philosophe et écrivaine, universitaire, Chantal Delsol vient d’écrire un livre : « La fin de la Chrétienté » (2).

Mais à partir de quand et dans quelles conditions, la chrétienté a-t-elle commencé ? Et quelles en ont été les caractéristiques ? De fait, la chrétienté est une civilisation qui a pris naissance lors de l’adoption de la religion chrétienne par l’empire romain au quatrième siècle. La religion chrétienne devient une religion d’état. Dans la chrétienté, la religion chrétienne se diffuse dans les sociétés et les imprègne dans un ordre hiérarchique où pouvoir religieux et pouvoir politique s’adossent. Pendant des siècles, la chrétienté va être une réalité souveraine. Cependant, au cours des derniers siècles, et tout particulièrement à partir du XVIIIe, l’hégémonie religieuse est remise en cause et, particulièrement, la tutelle de l’Eglise catholique. Celle-ci était la forme la plus aboutie de la structuration qui s’est imposée dans la chrétienté.

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Revue de presse – Mars 2022

Les grandes questions spirituelles

Interview de Michel Maxime Egger

Ecothéologien et sociologue, « méditant-militant » engagé dans la transition écologique, Michel Maxime Egger est présent sur ce site où nous avons présenté : « L’espérance en mouvement » : https://www.temoins.com/lesperance-en-mouvement/

Egalement auteur de plusieurs livres, on pourra suivre sa réflexion spirituelle sur l’écologie dan un livre dense, mais très accessible : « Ecospiritualité » : https://vivreetesperer.com/ecospiritualite/

Michel Maxime Egger est interviewé sur les grandes questions spirituelles : le sens de la vie, Dieu, la mort, sur le site : « Bon Dieu !? David En-quête. David, un animateur très sympathique, a interrogé sur ces mêmes questions plus d’une soixantaine de personnes au cheminements très variés dans des contextes différents : confessions chrétiennes, religions du monde, spiritualités en gestation. Ce site est une ressource nouvelle qui permet de suivre les courants spirituels dans la France contemporaine : https://www.youtube.com/channel/UC0dJRs2nU6uQmZPiM5dPdPQ

Michel Maxime Egger nous apporte ici le témoignage d’une foi nourrie par une culture chrétienne orthodoxe, ouverte à la rencontre avec les autres spiritualités et vécue dans la dimension écologique : https://www.youtube.com/watch?v=Y-j4ylbuFnw

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Se libérer du consumérisme

Interview de Michel Maxime Egger

Michel Maxime Egger vient de publier un nouveau livre : « Se libérer du consumérisme ». Il est interviewé à ce sujet dans Ecomagazine.

« Si notre besoin de consommation provient d’un sentiment de manque ou de vide de sens, travaillons à habiter ce manque et ce vide d’une autre manière : petit à petit, le besoin de consommer ou de posséder s’atténuera. C’est pour cela que je promeus l’écologie du désir, pas l’écologie de « Il faut »… Mes convictions, c’est que les vraies satisfactions : dans des relations avec nous-même, les autres, le vivant et le mystère sacré du vivant qui en est la matrice. Quand on puise à ces sources de satisfaction, on entre dans la joie et on a beaucoup moins besoin d’agréments extérieurs »…

https://echomagazine.ch/component/k2/item/681-l-ecologie-du-desir

 

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La sacralité, question clef du cléricalisme

Danièle Hervieu-Léger est intervenue le 11 décembre 2021 dans le cadre d’un rendez-vous de la CCBF (Conférence des baptisé(e)s catholiques de France), autour du thème : Vers une nouvelle gouvernance de l’Eglise. Aller au delà du cléricalisme ». On sait combien nous sommes attentif à la pensée de Danièle Hervieu Léger à Témoins :
https://www.temoins.com/jean-hassenforder-lautonomie-croyante-questions-pour-les-eglises/
https://www.temoins.com/comprendre-les-changements-actuels-dans-notre-maniere-de-croire/

Anne René-Bazin nous apporte un compte rendu de cette intervention autour de la sortie du cléricalisme. « Le rapport de la C.I.A.S.E a mis l’accent sur « la sacralité excessive » placée sur la personne du prêtre et en fait la dimension principale d’un système qui a rendu possible l’installation d’une culture de l’abus au sein de l’Eglise romaine. Comme sociologue, je traite ici des faits sociaux : La sacralité du prêtre ne descend pas du ciel, elle est une construction historique qui s’est imposée à travers les siècles… ».
https://baptises.fr/content/sacralite-question-cle-sortie-du-clericalisme-daniele-hervieu-leger

Cette intervention s’est inscrite dans un débat associant Danièle Hervieu-Léger, sociologue, et Jean-Pascal Gay, historien, animé par Paule Zellitch, et rapporté sur une vidéo YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=ervMhNlP12g

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Entrevue (Interview) avec Jeff Fountain, directeur du Centre Schuman d’études européennes

Monument de Robert Schuman à Bruxelles.

1 Qu’est-ce que le Centre Schuman d’études européennes ?

Le CENTRE SCHUMAN D’ÉTUDES EUROPÉENNES[1][2] est un centre d’études virtuel qui s’efforce de « rafraîchir les mémoires », « remuer les consciences » et « réveiller les imaginations » concernant l’Europe et son héritage chrétien.

Le centre offre des perspectives bibliques sur le passé, le présent et l’avenir de l’Europe, qui mettent l’accent sur la façon dont l’histoire de Jésus a été le plus grand facteur de formation de la culture européenne. Le paradoxe de l’Europe est qu’elle est le continent le plus façonné par la Bible — et par le rejet de la Bible.

Le centre porte le nom de Robert Schuman, le ministre français des Affaires étrangères qui, le 9 mai 1950, a présenté son projet de Communauté européenne du charbon et de l’acier comme premier pas vers une Europe unie. Nous considérons son discours de trois minutes comme le moment déterminant de l’histoire européenne d’après-guerre, car il a lancé le processus d’intégration européenne. Cette date est la date de naissance officielle du projet européen, commémorée comme la Journée de l’Europe, et Schuman a été appelé « Père de l’Europe ».

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Jean Michel Basquiat et la place des jeunes dans l’église d’aujourd’hui.

Je me suis récemment attardé sur un documentaire consacré à Jean Michel Basquiat (1960/1988) artiste libre, non conventionnel et subversif qui déplace les lignes établies des frontières artistiques des années 70/80 (art underground). J’ai commencé à m’intéresser à cet artiste que j’aime beaucoup à l’âge qu’il avait lorsqu’il pratiquait son art : vers 18/25 ans. Un art qui interroge et qui dérange aussi. Certains de mes proches me faisaient la réflexion à propos des productions de Basquiat : « pour moi ce n’est pas de l’art, c’est du délire (psychotrope) ou du gribouillage tout au plus… »

Bien sûr pour moi cette production est l’expression même de l’art. Mais la réflexion que j’ai avec le recul, maintenant que j’ai facilement 20 ans de plus, se situe au-delà de la réflexion sur ce qui relève de l’art ou non. Mais plutôt sur la légitimité d’être subversif lorsqu’on est jeune ! Si on ne l’est pas à 20 ans… c’est rarement à 40/45 ans ou plus qu’on le devient !

Et je mets cette réflexion en parallèle avec la question de l’église et de la place des jeunes dans l’église. Il y a un dilemme pour eux, comme pour les personnes plus âgées les plus subversives (heureusement il y en a encore). C’est l’âge où ils expriment le plus leur coté non conventionnel mais dans un cadre qui ne supporte pas que les lignes bougent, et encore moins à coup de provocation : l’Église. C’est donc tout naturellement que les jeunes se détournent de l’église quand ils ont besoin d’exprimer leur révolte, leur créativité ou leur coté provoquant, parfois maladroitement ou excessivement.

Bien sur l’église n’a pas pour vocation à être une galerie artistique. Et toute œuvre d’art n’est pas inspirée de Dieu. Mais depuis longtemps les églises ont accueilli les œuvres (souvent classiques) des artistes inspirés. La Bible est le terrain d’inspirations innombrables et grandioses qui véhiculent un message puissant et révélant. Une manière d’affirmer une pensée éphémère dans une éternité divine.

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#SiJetaisElles @TheOffice : la campagne d’interviews géniale

Quand des PDG répondent à des questions d’habitude posées aux femmes

« Pas trop stressé ? Très beau costume! Vous êtes très beau ! C’est quoi votre morning routine* ? » « Faire carrière dans le shopping c’était votre rêve de petit garçon ? C’est quoi votre objectif de poids idéal ? Vous êtes secrétaire de qui ? » L’interview vidéo est hilarante :

De même, « Comment vous gérez le syndrone de l’imposteur ? » « C’est trés rare d’occuper de telles fonctions pour un homme de votre âge, on n’est pas habitué, vous avez eu le droit à quel genre de commentaires ? », ou encore « Est-ce que vous arrivez à ne pas vous laisser submerger par toutes ces émotions ? » sont posées nonchalamment par la “journaliste”, en fait l’actrice Allison Chassagne. La vidéo fait mouche.

Le collectif féministe Sista[1] a réalisé une campagne vidéo mise en ligne le 24 mars 2022 via les réseaux sociaux dans laquelle des questions très fréquemment posées aux femmes sont cette fois-ci adressées à des hommes « inspirants »: Nicolas Hieronimus (directeur général de L’Oréal), Xavier Niel (patron de Free, actionnaire du Groupe Le Monde), François-Henri Pinault (PDG de Kering) ou encore Frédéric Mazzella (dirigeant de BlaBlaCar), filmés à la manière de « The office » : https://www.wearesista.com/campagne

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La vie de chacun connaît des moments difficiles

Nous en traversons un collectivement qui se prolonge, particulièrement en Occident, avec ces campagnes sanitaires et une succession de variants qui touchent maintenant jeunes et vieux.

Moments difficiles aussi avec la crise économique majeure qui se profile, et atteint déjà les personnes fragilisées, celles qui se trouvent depuis peu sans ressource : arrêt d’activité des commerçants en cessation de paiement, avec des prêts en cours, salariés licenciés,… Incertitude sur l’avenir professionnel, pour beaucoup.

N’est-ce pas le moment de nous tourner vers Dieu et d’attendre son salut ? Je suis frappée dans ce contexte par le texte d’Esaïe, dont je relis les chapitres 5 et suivants (dans la version Paroles de vie).

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L’enfant. Un être spirituel : quelles conséquences pour la catéchèse

La nouvelle approche de Jérome Berryman : Godly Play

Au cours des dernières décennies, un mouvement est apparu : la prise de conscience de la spiritualité de l’enfant. Ce mouvement s’inscrit dans une évolution sociale à plus long terme : La reconnaissance de la dignité de l’enfant et elle vient battre en brèche une conception pessimiste de l’enfant issue de la théologie du péché originel. On peut voir un signe des temps dans cette découverte de la spiritualité des enfants particulièrement active dans les pays anglophones (1). Nous avons rapporté ici la recherche pionnière de Rebecca Nye relatée dans son livre : « Children’s spirituality. What it is and what it matters » (2). Tout récemment, une chercheuse psychologue américaine, Lisa Miller, a, elle aussi, proclamé la spiritualité des enfants en s’appuyant notamment sur l’imagerie neurologique du cerveau (3). Cette mise en évidence de la spiritualité de l’enfant est maintenant répandue comme en témoigne un article de Tobin Hart : The mystical child (4). La catéchèse chrétienne, longtemps fondée sur d’autres postulats (5), est désormais interpellée par ce mouvement et elle est appelée à un grande transformation. Un livre de Carolina Baertschi-Lopez : « Les enfants, portiers du royaume » (6) ouvre la voie dans cette direction. « Reconnaître une spiritualité propre à l’enfant, c’est croire que Dieu se révèle à lui d’une manière toute particulière. Ainsi, reconnu comme une personne déjà en relation avec Dieu, il peut évangéliser à sa manière ». Dans cet esprit de respect et d’écoute, Carolina Baertschi-Lopez s’est engagée dans une nouvelle approche catéchétique : Godly Play. Tout récemment, en 2021, aux éditions Olivétan, un petit livre fait le point sur cette méthode (7). L’auteur, Richard Gossin, nous présente le processus d’élaboration de Godly Play où un homme, Jérôme Berryman, a joué un rôle pionnier.

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Réflexions sur l’incarnation et la prière

Réflexions sur l’incarnation et la prière

Pierre LeBel

Dieu n’a jamais forcé l’histoire. Il est entré dans l’histoire des humains à qui il l’avait confié, l’histoire qui, selon le théologien montréalais, Douglas John Hall, est le « tranchant mouvant de l’éternité[1] ». En ce sens, l’histoire est le lieu des enjeux de l’éternité. C’est pourquoi « la Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité[2] ». C’est aussi pourquoi Jésus, à son tour, a lui aussi envoyé ses disciples « dans le monde[3] ». La raison est évidente : c’est seulement depuis l’intérieur de l’histoire du monde que celui-ci peut être transformé et le règne de Dieu s’établir. L’histoire du monde est le lieu de l’espérance chrétienne où la foi s’inscrit dans l’amour de Dieu et du prochain afin de participer à la « réconciliation de tout ce qui est dans les cieux et sur la terre[4] ».

Notre prière cherche-t-elle à forcer l’histoire ? À modifier les circonstances présentes dans l’histoire du monde d’en haut, du lieu de la transcendance, de la supériorité d’une supposée autorité sur le monde ? En toute semblance, depuis l’extérieur de l’histoire du monde comme si nous ne l’habitions plus ? Et parfois, glissons-nous comme les fils du Tonnerre, vers une forme inconsciente de terrorisme  ? « Seigneur, veux-tu que nous commandions que le feu descende du ciel et les consume ?[5] » Pourtant, dans sa prière au jardin des Oliviers, Jésus a misé sur la volonté de Dieu et non pas la sienne : « que ta volonté soit faite[6] » en conformité avec la prière qu’il enseigna à ses disciples : « que ta volonté soit faite sur la Terre comme au ciel[7] ». À la veille de sa crucifixion, il aurait souhaité plus de quiconque que les circonstances soient autres, mais c’est à l’intérieur de ces circonstances qu’il s’est soumis à la volonté du Père afin de transformer l’histoire depuis l’intérieur de celle-ci.

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Partage biblique à la prison des femmes

Je voudrais évoquer un moment étonnant de partage biblique à la prison des femmes de P. Cela ressemble à une autre forme d’église, assez inattendue pour qui n’a pas encore fréquenté ces lieux.

Après un premier contact un mois auparavant -qui m’a déjà très agréablement surprise- j’anime cette séance qui fait office de culte, avec la participation de l’aumônière qui me laisse la main.

Mon intuition m’a portée au texte de la brebis égarée de Luc 15, 1-7.

«… Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue… Il y aura plus de joie dans le ciel pour une seule perdue et retrouvée, que pour cent autres qui ne l’étaient pas. »

Je propose une brève introduction (avant les questions) : Jésus répond aux pharisiens, aux «gens biens», qui lui reprochent de fréquenter des «gens douteux», de mauvaise vie. Pourtant, c’est pour le retour de ceux-là qu’il y a de la joie dans le ciel. Ce sont ceux qui sont perdus que le berger va chercher, et prend sur ses épaules, quand ils reviennent à lui.

Une seule question pour lancer le débat : que vous évoque ce texte? Et c’est un feu d’artifice immédiat où l’on évoque la joie dans les nuées célestes (ces nuées qui sont données à voir à Jean dans l’Apocalypse), les anges, les êtres vivants qui adorent Dieu; c’est la fête dans la vraie joie, pour une seule de ces brebis qui se sont égarées. On entend que chacun ici s’est égaré, le repentir a été long à venir, dans le déni antérieur et l’accusation de l’autre. On dit comment on finit par lâcher prise.

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La spiritualité de l’être

En postchrétienté, plus que jamais avons-nous à apprendre les uns des autres venant de traditions et de confessions différentes. Comme le proclame l’apôtre Paul, « il y a un seul corps et un seul Esprit[1] » et ce corps n’est jamais en lui-même divisé malgré les apparences. En tant que chrétiens, nous appartenons les uns aux autres et, de plus, nous partageons un même et riche héritage. En fait, tout ce qui est né de l’Esprit depuis le jour de la Pentecôte, quel que soit le temps, le contexte ou la tradition confessionnelle, nous a été légué et nous appartient. Nous pouvons puiser à volonté et allègrement, que ce soit chez les pères de l’Église, les mystiques du Moyen Âge — hommes et femmes, car ces dernières étaient nombreuses — et, aujourd’hui, des auteurs de « toute nation, de toute tribu, de tout peuple, et de toute langue[2] » afin de nourrir notre soif existentielle et spirituelle.

 

Introduction à la theosis

Bertrand Vergely est un philosophe et théologien orthodoxe français que je découvre depuis peu, mais qui déjà m’enchante et m’interpelle par ses livres (plus de vingt titres) sur l’émerveillement, la prière, et encore. Dans son livre de 2021, Dieu veut des dieux[3], il aborde un thème parmi les plus essentiels de la tradition orthodoxe, la theosis, la déification des êtres humains. La vie divine, par l’inhabitation de l’Esprit de Dieu, est la plénitude même de la vie, de la nôtre à chacun, et donc notre socle identitaire à tous. « Ce n’est plus moi qui vis, mais Christ qui vit en moi[4] », s’exclame Paul ! Fondamentalement, la theosis est une spiritualité de l’être, de l’être en communion, en éclosion ici et maintenant afin de devenir l’homme nouveau[5]. Dans ce présent texte dont l’unique but est d’ouvrir une fenêtre sur un auteur et une tradition peu connue des chrétiens d’Occident, je me limite à l’idée du dépouillement de Dieu tel que proposé par Vergely dans les premiers chapitres de son ouvrage.

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Temoins – Qui sommes-nous ?

Un positionnement original

Témoins est connu aujourd’hui pour sa culture chrétienne interconfessionnelle, un christianisme de conviction et d’ouverture, son engagement en faveur d’un renouvellement des pratiques d’église. Témoins est une organisation modeste quant à ses ressources et ses effectifs immédiats ; mais, par son positionnement, sa culture et ses réseaux, il joue un rôle substantiel d’incitation et de stimulation pour un témoignage chrétien à la mesure de la mutation culturelle d’aujourd’hui.

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La sociologie du mysticisme

Selon Mike Sosteric

Des expériences spirituelles et religieuses, des expériences mystiques adviennent plus que l’on imagine. Cependant, aujourd’hui, ce phénomène est mis en valeur par de nombreux chercheurs. Ainsi, en Angleterre, dans la second moitié du XXè siècle, un biologiste Alister Hardy a créé un centre de recherche où il a entrepris une collecte de récits d’expériences en réponse à la question : « Vous est-il arrivé d’avoir conscience d’une présence ou d’une puissance (ou influencée par elle), que vous l’appeliez Dieu ou non et qui est différente de votre perception habituelle ? ». Dans son livre : « Something there » (1), David Hay rapporte certaines expériences spirituelles recensées par Alister Hardy, et plus généralement met en évidence une présence de la dimension spirituelle, particulièrement chez les enfants ». Dans son article sur la sociologie du mysticisme (The sociology of mysticism) (2), Mike Sosteric, professeur de sociologie à l’université Athabasca (Canada) met en valeur l’étendue des recherches entreprises dans le champ de l’expérience religieuse en rappelant l’œuvre pionnière de William James. De fait, ces expériences ne sont pas phénomène marginal. Elles sont présentes et motrices chez les fondateurs de grandes religions et abondent dans le vécu religieux. Si certains sociologues reconnaissent le courant expérientiel, Mike Sosteric estime que la sociologie des religions n’accorde pas assez d’importance à ce phénomène. A une époque où « la religion organisée », la religion institutionnalisée est en perte de vitesse dans certains pays, la question de l’expérience spirituelle, de son extension, de sa reconnaissance, est une question cruciale. L’article de Mike Sosteric est particulièrement éclairant.

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La théologie chrétienne après la chrétienté : engager la pensée de Douglas John Hall

La théologie chrétienne après la chrétienté : engager la pensée de Douglas John Hall, rassemble des penseurs contemporains dans le but de saisir et construire sur l’œuvre de Douglas John Hall — et celui de relever son défi de revendiquer une théologie contextuelle et décolonisatrice de la croix comme moyen de parler aux réalités de la vie et de la foi aujourd’hui. En mettant l’accent sur les questions contemporaines, cette collection éditée analyse de manière critique et déconstruit le triomphalisme colonial séculaire de la théologie chrétienne et de l’Église en Occident. Ce livre cherche à encadrer les crises actuelles de manière à honorer une theologia crucis profondément enracinée qui ne colonise pas « l’autre ». Il explore les possibilités constructives de décolonisation de la théologie chrétienne à la fin de la chrétienté.

INTRODUCTION

Christian Theology After Christendom (la théologie chrétienne après la chrétienté), sortie en mars 2021, est le format imprimé d’une conférence qui s’est tenue à l’Université McGill, à Montréal, du 1er au 3 novembre 2019. On aurait pu aussi bien lui donner comme titre, la théologie chrétienne en postchrétienté, car c’est bien là que l’on se trouve aujourd’hui. Le sous-titre est important : Engaging the Thought of Douglas John Hall (engager ou saisir la pensée de Douglas John Hall). Hall est professeur émérite à l’Université McGill où il enseigne depuis 1975. Il est l’auteur de plus de vingt livres dont en voici une sélection :

  • Lighten Our Darkness: Toward an Indigenous Theology of the Cross (1976)
  • The Stewardship of Life in the Kingdom of Death (1985)
  • The End of Christendom and the Future of Christianity (1996)
  • The Cross in our Context (2003)
  • Waiting for the Gospel: An Appeal to the Dispirited Remnants of Protestant “Establishment” ( 2012)

Un seul est traduit en français :

  • Être image de Dieu (1998, aux Éditions du Cerf en collaboration avec Bellarmin).
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La fin de la chrétienté

Selon Chantal Delsol

Lorsque nous nous interrogeons sur la place du christianisme à notre époque dans les pays occidentaux, notre réflexion s’opère en termes historiques, nous envisageons la situation actuelle en terme de post-chrétienté. La société n’est plus comme autrefois encadrée par la religion chrétienne en terme d’institutions et de doctrines. Effectivement, les sociologues envisagent notre époque en terme de post-chrétienté. Et de nombreux théologiens en tirent les conséquences et esquissent un nouvel horizon (1). Philosophe et écrivaine, universitaire, Chantal Delsol vient d’écrire un livre : « La fin de la Chrétienté » (2).

Mais à partir de quand et dans quelles conditions, la chrétienté a-t-elle commencé ? Et quelles en ont été les caractéristiques ? De fait, la chrétienté est une civilisation qui a pris naissance lors de l’adoption de la religion chrétienne par l’empire romain au quatrième siècle. La religion chrétienne devient une religion d’état. Dans la chrétienté, la religion chrétienne se diffuse dans les sociétés et les imprègne dans un ordre hiérarchique où pouvoir religieux et pouvoir politique s’adossent. Pendant des siècles, la chrétienté va être une réalité souveraine. Cependant, au cours des derniers siècles, et tout particulièrement à partir du XVIIIe, l’hégémonie religieuse est remise en cause et, particulièrement, la tutelle de l’Eglise catholique. Celle-ci était la forme la plus aboutie de la structuration qui s’est imposée dans la chrétienté.

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L’œuvre de Jürgen Moltmann : Une ressource et une inspiration pour la pensée théologique africaine

« L’espérance et le Dieu crucifié. La réception de l’œuvre de Jürgen Moltmann dans la théologie francophone », par Rodolphe Gozegba- de-Bombèmbè

En décembre 2021, vient de paraître aux Editions l’Harmattan, un livre intitulé : « L’espérance et le Dieu crucifié. La réception de l’œuvre de Jürgen Moltmann dans la théologie francophone » (1). C’est la publication de la thèse soutenue il y a un an, le 10 décembre 2020, à l’Institut Protestant de théologie, par Rodolphe Gozegba-de-Bombèmbè (2).

A plusieurs reprises et notamment sur ce site, Rodolphe Gozegba s’est exprimé sur son parcours, comment, dans les troubles traversés par son pays, la Centre-Afrique, il a trouvé une espérance, porteuse de soutien et de réconfort, dans la découverte de l’œuvre de Moltmann et comment il est donc venu en France pour étudier son œuvre (3).

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Entrevue (Interview) avec Jeff Fountain, directeur du Centre Schuman d’études européennes

Monument de Robert Schuman à Bruxelles.

1 Qu’est-ce que le Centre Schuman d’études européennes ?

Le CENTRE SCHUMAN D’ÉTUDES EUROPÉENNES[1][2] est un centre d’études virtuel qui s’efforce de « rafraîchir les mémoires », « remuer les consciences » et « réveiller les imaginations » concernant l’Europe et son héritage chrétien.

Le centre offre des perspectives bibliques sur le passé, le présent et l’avenir de l’Europe, qui mettent l’accent sur la façon dont l’histoire de Jésus a été le plus grand facteur de formation de la culture européenne. Le paradoxe de l’Europe est qu’elle est le continent le plus façonné par la Bible — et par le rejet de la Bible.

Le centre porte le nom de Robert Schuman, le ministre français des Affaires étrangères qui, le 9 mai 1950, a présenté son projet de Communauté européenne du charbon et de l’acier comme premier pas vers une Europe unie. Nous considérons son discours de trois minutes comme le moment déterminant de l’histoire européenne d’après-guerre, car il a lancé le processus d’intégration européenne. Cette date est la date de naissance officielle du projet européen, commémorée comme la Journée de l’Europe, et Schuman a été appelé « Père de l’Europe ».

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Jean Michel Basquiat et la place des jeunes dans l’église d’aujourd’hui.

Je me suis récemment attardé sur un documentaire consacré à Jean Michel Basquiat (1960/1988) artiste libre, non conventionnel et subversif qui déplace les lignes établies des frontières artistiques des années 70/80 (art underground). J’ai commencé à m’intéresser à cet artiste que j’aime beaucoup à l’âge qu’il avait lorsqu’il pratiquait son art : vers 18/25 ans. Un art qui interroge et qui dérange aussi. Certains de mes proches me faisaient la réflexion à propos des productions de Basquiat : « pour moi ce n’est pas de l’art, c’est du délire (psychotrope) ou du gribouillage tout au plus… »

Bien sûr pour moi cette production est l’expression même de l’art. Mais la réflexion que j’ai avec le recul, maintenant que j’ai facilement 20 ans de plus, se situe au-delà de la réflexion sur ce qui relève de l’art ou non. Mais plutôt sur la légitimité d’être subversif lorsqu’on est jeune ! Si on ne l’est pas à 20 ans… c’est rarement à 40/45 ans ou plus qu’on le devient !

Et je mets cette réflexion en parallèle avec la question de l’église et de la place des jeunes dans l’église. Il y a un dilemme pour eux, comme pour les personnes plus âgées les plus subversives (heureusement il y en a encore). C’est l’âge où ils expriment le plus leur coté non conventionnel mais dans un cadre qui ne supporte pas que les lignes bougent, et encore moins à coup de provocation : l’Église. C’est donc tout naturellement que les jeunes se détournent de l’église quand ils ont besoin d’exprimer leur révolte, leur créativité ou leur coté provoquant, parfois maladroitement ou excessivement.

Bien sur l’église n’a pas pour vocation à être une galerie artistique. Et toute œuvre d’art n’est pas inspirée de Dieu. Mais depuis longtemps les églises ont accueilli les œuvres (souvent classiques) des artistes inspirés. La Bible est le terrain d’inspirations innombrables et grandioses qui véhiculent un message puissant et révélant. Une manière d’affirmer une pensée éphémère dans une éternité divine.

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#SiJetaisElles @TheOffice : la campagne d’interviews géniale

Quand des PDG répondent à des questions d’habitude posées aux femmes

« Pas trop stressé ? Très beau costume! Vous êtes très beau ! C’est quoi votre morning routine* ? » « Faire carrière dans le shopping c’était votre rêve de petit garçon ? C’est quoi votre objectif de poids idéal ? Vous êtes secrétaire de qui ? » L’interview vidéo est hilarante :

De même, « Comment vous gérez le syndrone de l’imposteur ? » « C’est trés rare d’occuper de telles fonctions pour un homme de votre âge, on n’est pas habitué, vous avez eu le droit à quel genre de commentaires ? », ou encore « Est-ce que vous arrivez à ne pas vous laisser submerger par toutes ces émotions ? » sont posées nonchalamment par la “journaliste”, en fait l’actrice Allison Chassagne. La vidéo fait mouche.

Le collectif féministe Sista[1] a réalisé une campagne vidéo mise en ligne le 24 mars 2022 via les réseaux sociaux dans laquelle des questions très fréquemment posées aux femmes sont cette fois-ci adressées à des hommes « inspirants »: Nicolas Hieronimus (directeur général de L’Oréal), Xavier Niel (patron de Free, actionnaire du Groupe Le Monde), François-Henri Pinault (PDG de Kering) ou encore Frédéric Mazzella (dirigeant de BlaBlaCar), filmés à la manière de « The office » : https://www.wearesista.com/campagne

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Des arbres qui marchent

Des arbres qui marchent

En dialogue face à la menace d’effondrement écologique et pour un monde meilleur Face à la menace d’effondrement écologique, comment, en dialogue les uns avec les autres, recevons nous cette interpellation ? Quelles prises de conscience ? Quelles pistes d’action ? Un...

A propos du Centre pastoral Saint Merry à Paris

Témoigner d’une bonne nouvelle, d’une présence, d’une espérance, voilà qui peut intéresser les amis de Témoins. « Notre monde serait triste de la disparition d’une « source » de paix, de joie et d‘engagement, qui ne sont pas si nombreuses en ces temps tourmentés ».

Crée en 1975 par le cardinal Marty, archevêque de Paris, le Centre pastoral avait pour mission d’inventer de nouvelles propositions pour dire la foi chrétienne au cœur d’un quartier en pleine rénovation, à la rencontre d’une modernité triomphante, de l’art et de la culture contemporaine. Pendant 45 ans il a concilié la célébration, la solidarité, l’accueil inconditionnel – tout spécialement des personnes « en marge » de l’église catholique-, le dialogue avec l’art moderne, et l’expérimentation de formes participatives dans l’animation d’une communauté et la prise de décisions.

Les religions en France face au corona virus

Radio France international, « Religions du Monde »
http://www.rfi.fr/fr/podcasts/20200329-les-religions-en-france-face-coronavirus

Plus de célébrations publiques, ni de rassemblements religieux, alors que les fidèles des religions monothéistes sont entrés dans une période de fêtes religieuses, Pessah pour les juifs, la fête de Pâques chez les chrétiens, et à partir du 24 avril 2020, le mois du Ramadan pour les musulmans, Religions du Monde interroge les responsables des cultes sur le rôle des religions dans cette période de pandémie et de confinement.

Dans un souci de mobiliser les forces morales et spirituelles de la nation, le président Emmanuel Macron a rassemblé lors d’une audioconférence, le lundi 23 mars 2020, les responsables religieux et d’associations laïques. (RfI, Dimanche 29 mars 2020).

 

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Haïm Korsia a publié, peu avant l’épidémie de Covid-19, un essai « Réinventer les aurores » (Fayard) sur le réenchantement de notre société. Le Grand rabbin de France y déploie un discours sur le retissage du lien social et la nécessité d’être unis qui prend toute son actualité dans cette crise sanitaire inédite.
 

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https://m.media-amazon.com/images/I/71iQ7n3qQ2L._AC_UY218_ML3_.jpg« Après Dieu », le livre-boussole du pasteur Clavairoly après les crises publié il y a quelques mois, garde également toute sa pertinence. Choc violent des attentats, dialogue interreligieux, écologie, accueil des réfugiés… Le président de la Fédération protestante de France (FPF) décrypte avec finesse, à la lumière de l’Évangile, les grandes aspirations et les grandes révoltes de nos sociétés contemporaines. Le président de la Fédération Protestante de France s’exprime dans un communiqué relatif à la situation de crise du covid-19, intitulé « Tu es précieux à mes yeux. N’aie pas peur car je suis avec toi », appelant chacun à un « un comportement citoyen et responsable ». Il poursuit : « Par ce respect des mesures et des consignes, chacune et chacun a l’occasion d’exprimer la solidarité à l’égard de son prochain, particulièrement à l’égard des personnes vulnérables, isolées, en situation de précarité, et en même temps d’accorder sa confiance à Celui qui conduit nos vies » (le 17 mars 2020). À retrouver sur le site de la Fédération protestante qui vient tout juste de faire peau neuve : https://www.protestants.org/page/635449-accueil
 

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https://i.f1g.fr/media/eidos/616x347_crop/2020/04/07/XVMdb937f4e-78d1-11ea-ae87-f757a46fe2ef.jpgDans ce contexte, pour Jean-Pierre Denis: «Les évangéliques de Mulhouse ont servi de bouc-émissaire».

https://www.lefigaro.fr/vox/religion/jean-pierre-denis-les-evangeliques-de-mulhouse-ont-servi-de-bouc-emissaire-20200407

Le directeur de l’hebdomadaire La Vie estime que le procès intenté aux participants du rassemblement chrétien à Mulhouse, notamment par Jean-Luc Mélenchon, est injustifié, car dans le même temps les élections municipales ou les matchs de football étaient maintenus eux-aussi.
 

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https://medias.liberation.fr/photo/1303872-tincqh_opalhh_30811_24.jpg?modified_at=1585642059&width=960Hommage

Le grand journaliste religieux français, Henri Tincq, est décédé ce dimanche 29 mars des suites du Covid-19. Dans un entretien que le Monde des religions republie en son hommage, « il nous faisait part de son triste constat du virage «à droite toute» d’une Église prise au piège des questions identitaires ». Marie Malzac, journaliste à La Croix, écrit : « Je ne le connaissais pas personnellement, mais dans le petit monde des journalistes spécialisés en information religieuse, Henri Tincq était une institution. Je me souviens encore quand j’ai lu pour la première fois l’un de ses papiers, même si je ne saurais pas dire de quoi il s’agissait. C’était sur Slate, publication avec laquelle il collaborait toujours, même après avoir pris sa retraite du journal Le Monde. Je me trouvais dans la salle de presse du Saint-Siège, toute jeune rédactrice (il y a presque dix ans…) et j’ai demandé à Frédéric Mounier, alors correspondant de Journal La Croix à Rome, qui était cette signature que je connaissais pas. Il s’est étonné de mon ignorance, avant de me parler de son parcours, de son travail à La Croix. Depuis j’ai régulièrement suivi ses articles. Je ne partageais pas forcément toujours son approche, mais il était un observateur attentif et un incontournable du métier. Le coronavirus a emporté une des grandes plumes de l’information religieuse, ainsi que titre La Croix. Il emporte nos aînés, parfois nos mentors, ceux qui nous ont précédés humainement et professionnellement, avant l’heure à laquelle on aurait pensé à leur départ. RIP »

 

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https://focus.nouvelobs.com/2020/03/24/365/0/1500/750/633/306/75/0/7678a79_moHzakc3IqkdAqJyYRjzn7N7.jpgLa « Notice optimiste sur les effets secondaires et imprévus du virus », par Ottavia Casagrande, l’auteure italienne de « l’Espion inattendu » (Liana Levi), récemment publié en France, a été surprise par le confinement alors qu’elle se trouvait dans la région de Bergame. Elle nous livre ce que la vie au temps du coronavirus lui a inspiré.

https://www.nouvelobs.com/bibliobs/20200326.OBS26606/notice-optimiste-sur-les-effets-secondaires-et-imprevus-du-virus-par-ottavia-casagrande.html

A dire vrai, cette chronique a aussi un autre mérite. Elle démontre « chaque jour qu’Albert Camus avait raison : « Et pour dire simplement ce qu’on apprendra au milieu des fléaux, qu’il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser. »

 
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Humanisme numérique

https://www.temoins.com/wp-content/uploads/2018/02/image110-610x357.jpegDepuis plusieurs années, Pierre-Jean explore les technologie de la communication. Nous lui avons demandé comment il envisage la relation entre culture numérique et spiritualité.

Pierre-Jean nous montre l’expansion d’internet, les conséquences révolutionnaires de la culture numérique, la recherche d’un « humanisme numérique » (Milad Doueihi).

https://www.temoins.com/culture-numerique-spiritualite/

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La vie de chacun connaît des moments difficiles

Nous en traversons un collectivement qui se prolonge, particulièrement en Occident, avec ces campagnes sanitaires et une succession de variants qui touchent maintenant jeunes et vieux.

Moments difficiles aussi avec la crise économique majeure qui se profile, et atteint déjà les personnes fragilisées, celles qui se trouvent depuis peu sans ressource : arrêt d’activité des commerçants en cessation de paiement, avec des prêts en cours, salariés licenciés,… Incertitude sur l’avenir professionnel, pour beaucoup.

N’est-ce pas le moment de nous tourner vers Dieu et d’attendre son salut ? Je suis frappée dans ce contexte par le texte d’Esaïe, dont je relis les chapitres 5 et suivants (dans la version Paroles de vie).

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Partage biblique à la prison des femmes

Je voudrais évoquer un moment étonnant de partage biblique à la prison des femmes de P. Cela ressemble à une autre forme d’église, assez inattendue pour qui n’a pas encore fréquenté ces lieux.

Après un premier contact un mois auparavant -qui m’a déjà très agréablement surprise- j’anime cette séance qui fait office de culte, avec la participation de l’aumônière qui me laisse la main.

Mon intuition m’a portée au texte de la brebis égarée de Luc 15, 1-7.

«… Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue… Il y aura plus de joie dans le ciel pour une seule perdue et retrouvée, que pour cent autres qui ne l’étaient pas. »

Je propose une brève introduction (avant les questions) : Jésus répond aux pharisiens, aux «gens biens», qui lui reprochent de fréquenter des «gens douteux», de mauvaise vie. Pourtant, c’est pour le retour de ceux-là qu’il y a de la joie dans le ciel. Ce sont ceux qui sont perdus que le berger va chercher, et prend sur ses épaules, quand ils reviennent à lui.

Une seule question pour lancer le débat : que vous évoque ce texte? Et c’est un feu d’artifice immédiat où l’on évoque la joie dans les nuées célestes (ces nuées qui sont données à voir à Jean dans l’Apocalypse), les anges, les êtres vivants qui adorent Dieu; c’est la fête dans la vraie joie, pour une seule de ces brebis qui se sont égarées. On entend que chacun ici s’est égaré, le repentir a été long à venir, dans le déni antérieur et l’accusation de l’autre. On dit comment on finit par lâcher prise.

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L’enfant. Un être spirituel : quelles conséquences pour la catéchèse

La nouvelle approche de Jérome Berryman : Godly Play

Au cours des dernières décennies, un mouvement est apparu : la prise de conscience de la spiritualité de l’enfant. Ce mouvement s’inscrit dans une évolution sociale à plus long terme : La reconnaissance de la dignité de l’enfant et elle vient battre en brèche une conception pessimiste de l’enfant issue de la théologie du péché originel. On peut voir un signe des temps dans cette découverte de la spiritualité des enfants particulièrement active dans les pays anglophones (1). Nous avons rapporté ici la recherche pionnière de Rebecca Nye relatée dans son livre : « Children’s spirituality. What it is and what it matters » (2). Tout récemment, une chercheuse psychologue américaine, Lisa Miller, a, elle aussi, proclamé la spiritualité des enfants en s’appuyant notamment sur l’imagerie neurologique du cerveau (3). Cette mise en évidence de la spiritualité de l’enfant est maintenant répandue comme en témoigne un article de Tobin Hart : The mystical child (4). La catéchèse chrétienne, longtemps fondée sur d’autres postulats (5), est désormais interpellée par ce mouvement et elle est appelée à un grande transformation. Un livre de Carolina Baertschi-Lopez : « Les enfants, portiers du royaume » (6) ouvre la voie dans cette direction. « Reconnaître une spiritualité propre à l’enfant, c’est croire que Dieu se révèle à lui d’une manière toute particulière. Ainsi, reconnu comme une personne déjà en relation avec Dieu, il peut évangéliser à sa manière ». Dans cet esprit de respect et d’écoute, Carolina Baertschi-Lopez s’est engagée dans une nouvelle approche catéchétique : Godly Play. Tout récemment, en 2021, aux éditions Olivétan, un petit livre fait le point sur cette méthode (7). L’auteur, Richard Gossin, nous présente le processus d’élaboration de Godly Play où un homme, Jérôme Berryman, a joué un rôle pionnier.

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Réflexions sur l’incarnation et la prière

Réflexions sur l’incarnation et la prière

Pierre LeBel

Dieu n’a jamais forcé l’histoire. Il est entré dans l’histoire des humains à qui il l’avait confié, l’histoire qui, selon le théologien montréalais, Douglas John Hall, est le « tranchant mouvant de l’éternité[1] ». En ce sens, l’histoire est le lieu des enjeux de l’éternité. C’est pourquoi « la Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité[2] ». C’est aussi pourquoi Jésus, à son tour, a lui aussi envoyé ses disciples « dans le monde[3] ». La raison est évidente : c’est seulement depuis l’intérieur de l’histoire du monde que celui-ci peut être transformé et le règne de Dieu s’établir. L’histoire du monde est le lieu de l’espérance chrétienne où la foi s’inscrit dans l’amour de Dieu et du prochain afin de participer à la « réconciliation de tout ce qui est dans les cieux et sur la terre[4] ».

Notre prière cherche-t-elle à forcer l’histoire ? À modifier les circonstances présentes dans l’histoire du monde d’en haut, du lieu de la transcendance, de la supériorité d’une supposée autorité sur le monde ? En toute semblance, depuis l’extérieur de l’histoire du monde comme si nous ne l’habitions plus ? Et parfois, glissons-nous comme les fils du Tonnerre, vers une forme inconsciente de terrorisme  ? « Seigneur, veux-tu que nous commandions que le feu descende du ciel et les consume ?[5] » Pourtant, dans sa prière au jardin des Oliviers, Jésus a misé sur la volonté de Dieu et non pas la sienne : « que ta volonté soit faite[6] » en conformité avec la prière qu’il enseigna à ses disciples : « que ta volonté soit faite sur la Terre comme au ciel[7] ». À la veille de sa crucifixion, il aurait souhaité plus de quiconque que les circonstances soient autres, mais c’est à l’intérieur de ces circonstances qu’il s’est soumis à la volonté du Père afin de transformer l’histoire depuis l’intérieur de celle-ci.

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Partage biblique à la prison des femmes

Je voudrais évoquer un moment étonnant de partage biblique à la prison des femmes de P. Cela ressemble à une autre forme d’église, assez inattendue pour qui n’a pas encore fréquenté ces lieux.

Après un premier contact un mois auparavant -qui m’a déjà très agréablement surprise- j’anime cette séance qui fait office de culte, avec la participation de l’aumônière qui me laisse la main.

Mon intuition m’a portée au texte de la brebis égarée de Luc 15, 1-7.

«… Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue… Il y aura plus de joie dans le ciel pour une seule perdue et retrouvée, que pour cent autres qui ne l’étaient pas. »

Je propose une brève introduction (avant les questions) : Jésus répond aux pharisiens, aux «gens biens», qui lui reprochent de fréquenter des «gens douteux», de mauvaise vie. Pourtant, c’est pour le retour de ceux-là qu’il y a de la joie dans le ciel. Ce sont ceux qui sont perdus que le berger va chercher, et prend sur ses épaules, quand ils reviennent à lui.

Une seule question pour lancer le débat : que vous évoque ce texte? Et c’est un feu d’artifice immédiat où l’on évoque la joie dans les nuées célestes (ces nuées qui sont données à voir à Jean dans l’Apocalypse), les anges, les êtres vivants qui adorent Dieu; c’est la fête dans la vraie joie, pour une seule de ces brebis qui se sont égarées. On entend que chacun ici s’est égaré, le repentir a été long à venir, dans le déni antérieur et l’accusation de l’autre. On dit comment on finit par lâcher prise.

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Les mémoires d’Obama: une terre promise au paradis

Avant lui, elle a publié sa bio, s’est lancée dans le podcast, et son programme de cuisine à destination des enfants, débarque maintenant sur Netflix. Michelle Obama n’arrête pas ! Et Barack non plus ! Les abonnés à Spotify et à son compte Instagram l’ont découvert les premiers. Lui aussi vient d’enregistrer son podcast, et avec une légende de la musique : Bruce Springsteen ! Pour Pâques, « Une terre promise », L’aventure et la mission de Barack Obama, nous est racontée avec espérance par Jean Hassenforder, illustré par le sens de la com’ de ce couple qui aimait les livres et nous offre en prime une sélection d’authentiques photos de famille. Pour suivre les sujets de société qui continuent de secouer l’Amérique, comme les injustices raciales mais aussi le mariage, la paternité, la vie, quoi ! Direction notre rubrique « En ce moment » !

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