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CONFIANCE

Qu’elle est cette échelle de Jacob qui donne au croyant la conscience qu’un lien indéfinissable le relie à ce que le texte biblique nomme Dieu, le Ciel… ? Une certitude de l’amour inconditionnel de Dieu, une expérience de guérison, l’aboutissement d’une quête philosophique… ? On pourrait certainement recevoir autant de réponses particulières que de croyants.

Mais quelle est la mienne ?
Bien que conscient de la difficulté à exprimer de façon adéquate une réalité aussi essentielle, intime, et qui se tient toujours au delà des mots, je peux partager que pour moi le point saillant qui fonde ma relation au Père vient de la marque laissée, dès ma rencontre avec l’Evangile, par un verset de l’épître aux Romains (Rom 8. 28) « Nous savons en outre que Dieu fait concourir toutes choses au bien de ceux qui l’aiment… ».

C’est, de fait, presque à mon insu que s’est installée en moi une confiance profonde, irrationnelle en la promesse que rien de ma vie n’est laissé à l’aléatoire du pur hasard et que toute situation est sous le regard bienveillant de Celui vers qui est orientée cette confiance. Cette confiance qui s’apparente à la foi, transforme un « évènement » qui survient en expérience de foi ; ainsi, de multiples situations de la vie qui pourraient a priori s’avérer problématiques, voire être des impasses, éveillent en moi la conscience que je suis tributaire de Celui qui veut venir avec bienveillance à ma rencontre. Il m’est alors donné d’observer, avec beaucoup d’émotion, l’advenue de leurs paisibles solutions. Alors s’est installé en moi comme un réflexe de Confiance. Face à une nouvelle situation, l’attente confiante d’une réponse éclairante et constructive s’impose à ma pensée… et la situation trouve un épilogue heureux. Au fil du temps cette confiance se renforce en accumulant les expériences.
Ainsi, pour moi, Dieu se dit particulièrement comme cet « extraordinaire » effleurant mon quotidien ; souffle léger… qui me donne de me sentir dépassé, mes émotions et ma conscience traversées de part en part par cet infini qui survient dans « l’ordinaire » de ma vie.

Alain Gubert

Pour une Eglise au cœur de la vie quotidienne

Daniel SCHAERER est bien connu des amis de l’association Témoins, dont il est proche depuis quasiment ses origines. Initiateur et responsable en France puis dans les pays francophones de centres de formation de disciples de Jeunesse en Mission, il a acquis une expérience solide de la diffusion de l’évangile ainsi que de la vie ecclésiale dans notre pays et, au delà, dans les pays francophones où il a œuvré. Il est déjà l’auteur de plusieurs livres où il relate les évènements fondateurs qui ont orienté son engagement. « Allez par le monde » raconte la naissance de Jeunesse en Mission en France ainsi que son engagement personnel. «  L’Église en toute simplicité » (1) ouvre sur la nécessité de vivre l’Evangile au cœur de nos maisons, dans des petites cellules.

En juin 2018 paraît son dernier ouvrage intitulé « L Eglise au cœur des maisons et au cœur de la société. Une vision pour le peuple de Dieu » (2). Le sous titre du livre donne le ton de l ouvrage. Daniel SCHAERER nous partage l’expérience qu il a maintenant acquise depuis 1994 de la création et du fonctionnement de ces cellules de maison et bien sûr des principes bibliques qui soutiennent cette action.

Ainsi dans cet ouvrage il identifie un certain nombres de facteurs clés qui, s’appuyant sur l’expérience neotestamentaire des premières communautés chrétiennes, ouvrent sur une proposition renouvelée de la façon de « faire Église » et « d’être en Eglise » : présenter un message intégral de l’Evangile qui ne se limite pas au salut de l’individu mais dont l’objectif est d’avoir un impact global sur l’Homme et son environnement ; servir la société et la transformer par un message incarné, des actes de solidarité, d’amour et de Justice, des signes de la puissance de Dieu. Ces expressions se vivent dans une relation fraternelle fondée sur la simplicité et l’authenticité, « la proximité, la chaleur et la complicité que l’on retrouve entre les membres d’une fratrie » (p 18) ; cet « ensemble organique, entité vivante » (p 29) est animé d’une expression charismatique de la Foi à travers l’exercice, par chacun, des dons qu’il a reçus et mis au service des missions de l’Eglise dont celle de faire des disciples eux mêmes engendrant d’autres disciples afin que la puissance de l’Evangile trouve sa pleine dynamique de levain transformant nos sociétés.

Ce livre au service de « l’Eglise au cœur des maisons et au cœur de la société » éclaire également les aspects très concrets du fonctionnement des cellules de maison.

Daniel a l’étoffe non seulement de pionnier mais aussi de prophète, convaincu de la nécessité de partager sa conviction, servie par son expérience, qu’une expression renouvelée de l’Eglise doit être développée.

Alain et Geneviève Gubert

 

Faire église en communauté de réflexion et de partage

Dans l’univers chrétien en France de nombreux petits  groupes se réunissent régulièrement. Les objectifs sont divers et les manières différentes, mais c’est à chaque fois une façon de faire église.Voici l’exemple, à Nevers, d’une communauté de réflexion et de partage dans la mouvance des groupes FOI.

Qu’est-ce qu’un groupe FOI ?

FOI (Fraternité Œcuménique Internationale) ou Net for God est un réseau international initié par la Communauté du Chemin Neuf et inspiré par la vision de l’abbé Paul Couturier. L’appellation Net For God s’inspire de l’image du filet du pêcheur dans l’Evangile de Luc au chapitre 5. Travailler à la paix et l’unité entre les Eglises et les cultures est l’objectif principal de ce réseau.

“Que tous soient un… afin que le monde croie que tu m’as envoyé.” (Jean 17, 21)

Le réseau a été lancé en 2000, à l’occasion des Journées Mondiales de la Jeunesse à Rome, pour proposer aux jeunes de prier et s’engager pour la paix et l’unité. Lors du Festival International, un jeune homme du Burundi a posé cette question : «Ici, il nous est possible d’être ensemble entre Tutsis et Hutus, parce que nous pouvons prier et partager ensemble dans un esprit de paix et de réconciliation. Comment continuer ainsi quand nous rentrerons chez nous ? » En réponse à cette question, la Communauté du Chemin Neuf  produit un premier film, comme un outil pour susciter unité et fraternité.

Ainsi chaque mois, un film de 30 minutes est envoyé à sept cent groupes FOI, dont celui de NEVERS, qui se rassemblent dans soixante-cinq pays en un réseau de formation, de prière et de partage.

Quel a été le développement du groupe  de Nevers au fil des années et comment fonctionne t-il actuellement ?

A Nevers, depuis son début, la soirée FOI regroupe chaque mois entre 10 et 20 personnes, selon les disponibilités de chacun. En phase avec la vocation œcuménique qui caractérise la Communauté du Chemin Neuf, l’origine ecclésiale des participants est diverse ; la rencontre mensuelle regroupe ainsi des catholiques, protestants réformés, évangéliques, voire des personnes en recherche dont quelques adolescents accompagnant leurs parents. Au fil des années il est à remarquer la permanence de participation de la plupart, ce qui laisse supposer que FOI est dune proposition en phase avec des attentes fortement ressenties et orientées vers l’enseignement et la relation fraternelle.

 

Quels sont les contenus de ces rencontres (par exemple la dernière année…) : vidéos et questions posées

Depuis le début de l’année 2018 quatre enseignements (films) ont été proposés ;

  • un premier nous fait pénétrer dans le vécu, par un couple, d’une passion, celle du théâtre comme un lieu de rencontre et de partage avec la pauvreté et la fragilité.
  • Dans un second, deux théologiens catholiques, Mary Healy et Etienne Vetö, nous permettent de mieux comprendre les dimensions biblique, théologique et spirituelle de la délivrance et donnent des clés pour entrer dans cette liberté pleine et entière que le Seigneur veut nous donner.
  • Le thème du troisième porte sur le témoignage Martin Luther King ; En quoi, 50 ans après sa mort, est-il plus que jamais un prophète pour notre temps, une figure inspirante partout à travers le monde ?
  • Le quatrième film nous partage l’engagement d’une association « Le triomphe du cœur » qui depuis plus de 25 ans, a envoyé 2400 camions d’aide humanitaire dans les pays de l’ex-Union Soviétique et soutient quotidiennement des enfants, des personnes âgées et pauvres dans ces pays.

Par ces exemples, on peut remarquer la diversité et l’actualité des thèmes traités

 

Comment se déroule une rencontre ?

La matière toujours très riche portée par le film de la soirée suscite un foisonnement de ressentis et de réflexions ; ceux-ci, toujours  personnels, sont très librement partagés au groupe .Ils ne font  pas l’objet de débats ou de critiques .C’ est en effet la règle de notre fonctionnement. Il ne s ‘agit pas de débattre. Ainsi chacun peut partager l’écho personnel laissé par l’enseignement. La diversité de ces retours qui épouse la diversité des richesses de vie des participants compose un ensemble toujours profond, enrichissant et stimulant.

 

Comment ce groupe représente une expression d’église, vivante, ouverte, non institutionnalisée

Ce petit rassemblement mensuel représente une réelle communauté de foi ; c’est un vrai moment d’unité vécue entre tous .

D’une part, au travers des enseignements portés par les films et des échanges qui suivent, les participants accueillent ensemble les multiples richesses de l’Evangile ; ces moments permettent à chacun de revisiter sa foi, de l’enrichir en s’ouvrant à d’autres compréhensions. Pour certains parmi nous, cette rencontre est vécue comme un moment rare, que les Eglises dans leur fonctionnement classique permettent rarement, voire jamais…

Il est aussi proposé un temps de prière partagée, en réponse aux besoins exprimés.

Ce sont des temps forts de vie fraternelle ; la pensée libre apportée par chacun exige et trouve en regard une écoute respectueuse ; chacun a une place, dans la prise de parole ou le silence ; dans cet échange privilégié, où chacun est accueilli avec sa différence, les expressions peuvent être très personnelles et profondes.

Par ailleurs, au fil des mois se tissent de précieux liens fraternels qui donnent une profonde réalité à la « prière de l’unité » qui clôt la soirée.

PS : à Nevers et plus généralement en France la soirée ne saurait se terminer sans la traditionnelle tarte aux pommes accompagnée de son verre de cidre

Alain GUBERT

Cultes participatifs. Eglise protestante unie des « Terres du milieu » . Un an après le lancement, l’expérience s’amplifie.

Un an après le lancement, nos cultes participatifs, se poursuivent avec régularité (1). Le changement principal va dans le sens d’une amplification ; désormais, ils se poursuivent même pendant les vacances scolaires. L’intérêt des participants, montre que c’est vraiment une opportunité pour l’Eglise Protestante Unie, de proposer des cultes où les personnes sont invitées à être particulièrement acteurs. 

            Le moment de chants, d’une demi heure, choisis par le groupe, permet au moins de participer au choix des chants.

           Le temps d’échange après la prédication (pas toujours facile, mais toujours important), rend chacun moteur dans le partage de l’Evangile, et ce, de façon communautaire.

            Une petite moitié du groupe reste pour le pique-nique qui suit, cela fait l’équivalent de 2 repas paroissiaux par mois ; on comprend que la communauté commence à être soudée 🙂

             Depuis la rentrée de septembre 2012, nous avons été 22 en moyenne. Lorsque nous sommes proches des 15, on trouve que ce n’est pas beaucoup, mais lorsque nous sommes autour de 25, on sent une dynamique tout à fait porteuse.

             Le culte réunit à la fois des habitués des cultes dominicaux et des personnes tout à fait nouvelles.

             Le côté intergénérationnel, reste un atout et une bénédiction : Tous les cultes jusqu’à présent, ont été au bénéfice de la présence de 2 ou 3 enfants, de 1 ou 2 ados et de 1 ou 2 jeunes couples. Sur un groupe de 22, ça fait une belle proportion de jeunesse. La moyenne d’âge des adultes, est elle aussi, plus basse que celle des cultes du dimanche. 

            Les offrandes se montent à 2 000 € et quelques offrandes nominatives en plus ; cela a financé toutes les Bibles des catéchumènes et tout le matériel catéchétique des enfants et adolescents. Le symbole est fort ! 

            Les catéchumènes de notre Ensemble sont invités à venir une fois par mois à ces cultes, comme un des éléments forts de leur formation ; un certain nombre d’entre eux est assez régulièrement présent. 

            Les 5 ou 6 musiciens qui font partie du projet, permettent que le chant soit en général conduit par 2 ou 3 d’entre eux, ce qui est une chance. 

            Les questions et défis qui se poseront certainement dans les années à venir sont (entre autres) le lien des nouveaux membres avec les formes classiques de vie d’Eglise (participation aux Associations cultuelles, dons, activités lucratives comme les kermesses…). 

Tout en intégrant les éléments fondamentaux de la liturgie réformée, l’enjeu clef de ce projet est de proposer une forme de  culte avec une forte orientation d’accueil et d’évangélisation.

 

Georges Fauché     Mars 2013

 

(1)   Cet article nous rapporte la manière dont se poursuit l’expérience innovante des cultes participatifs entreprise durant l’année 2011-2012 dans l’ Eglise Réformée de France (Eglise protestante unie) des « Terres du milieu », entre Nîmes et Montpellier. Cette expérience a été l’objet d’un article très approfondi rédigé par ses animateurs : Georges Fauché et Françoise Delannoy, pasteurs de cette église, ** Lire l’article publié sur ce site en  juillet 2012 ** 

L’Eglise va-t-elle disparaitre ?

À la suite de plusieurs contributions dont celles d’Hans KUNG(1) et Michel QUESNEL(2), Jean Claude BARREAU, dans son dernier ouvrage(3) « L’Église va-t-elle disparaître ? », nous livre une réflexion sur les évolutions qu’il pense nécessaires à la pérennité de l’institution à laquelle il appartient.

Après avoir évoqué les raisons de la distance prise par les différentes cultures de par le monde avec l’institution et « l’apostasie silencieuse des catholiques qui se détachent sans bruit de la pratique religieuse », l’auteur explique en quoi « la disparition des Églises instituées ne laisserait dans le monde qu’un chaos de groupes sectaires plus ou moins délirants… ».

Suit un plaidoyer pour une réforme du clergé réaffirmé comme acteur primordial, indispensable à la survie de la spiritualité catholique. En effet, le christianisme, religion d’une « présence » fait, dans sa formulation catholique, signe de cette présence par l’Eucharistie. Les croyants « se rassemblent autour de leur Maître… ». ; l’Eucharistie est « le signe d’une Présence toujours actuelle. » Or l’Eucharistie étant présidée nécessairement par un prêtre, surgit d’évidence « la terrible menace que fait peser sur l’Église catholique la raréfaction, et peut-être demain la disparition, des prêtres ordonnés ».

Jean Claude BARREAU, une fois cette relation mise en place, plaide très logiquement pour une réforme du « statut du clergé », statut clérical, « aujourd’hui parfaitement inadapté ». Ce nouveau clergé inclurait des laïcs hommes et/ou femmes : « Il subsiste dans toutes les Églises des milliers et des milliers de vrais et simples croyants convenablement catéchisés. Les évêques pourraient en faire des prêtres en leur imposant les mains » et encore « L’ordination des femmes, qui se pratique déjà dans le protestantisme apostolique, où les pastourelles sont nombreuses, élargirait encore le vivier de recrutement du nouveau clergé ».

Au delà de cet exposé central de son ouvrage, l’auteur nous redit sa conviction sur la capacité de l’Église à redonner du « sens à la mondialisation pour laquelle rien n’a plus de sens ». Si « la mort de l’Église serait, affirmons le, suicide », « la survie de l’Église serait profitable – voire nécessaire – au monde moderne ».

Souhaitons à ce vibrant plaidoyer que le présent contexte issu de l’élection d’un nouveau Pape offre un espace propice à sa réception ?

Alain Gubert

 

     (1)  Hans KÛNG : Peut-on encore sauver l’Église ? Ed Seuil septembre 2012

        (2)  Michel QUESNEL : Rêver l’Église Catholique ; Ed DDB novembre 2012

(3) Jean-Claude BARREAU : L’Église va-t-elle disparaître ? Ed Seuil février 2013