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Faire église en communauté de réflexion et de partage

Dans l’univers chrétien en France de nombreux petits  groupes se réunissent régulièrement. Les objectifs sont divers et les manières différentes, mais c’est à chaque fois une façon de faire église.Voici l’exemple, à Nevers, d’une communauté de réflexion et de partage dans la mouvance des groupes FOI.

Qu’est-ce qu’un groupe FOI ?

FOI (Fraternité Œcuménique Internationale) ou Net for God est un réseau international initié par la Communauté du Chemin Neuf et inspiré par la vision de l’abbé Paul Couturier. L’appellation Net For God s’inspire de l’image du filet du pêcheur dans l’Evangile de Luc au chapitre 5. Travailler à la paix et l’unité entre les Eglises et les cultures est l’objectif principal de ce réseau.

“Que tous soient un… afin que le monde croie que tu m’as envoyé.” (Jean 17, 21)

Le réseau a été lancé en 2000, à l’occasion des Journées Mondiales de la Jeunesse à Rome, pour proposer aux jeunes de prier et s’engager pour la paix et l’unité. Lors du Festival International, un jeune homme du Burundi a posé cette question : «Ici, il nous est possible d’être ensemble entre Tutsis et Hutus, parce que nous pouvons prier et partager ensemble dans un esprit de paix et de réconciliation. Comment continuer ainsi quand nous rentrerons chez nous ? » En réponse à cette question, la Communauté du Chemin Neuf  produit un premier film, comme un outil pour susciter unité et fraternité.

Ainsi chaque mois, un film de 30 minutes est envoyé à sept cent groupes FOI, dont celui de NEVERS, qui se rassemblent dans soixante-cinq pays en un réseau de formation, de prière et de partage.

Quel a été le développement du groupe  de Nevers au fil des années et comment fonctionne t-il actuellement ?

A Nevers, depuis son début, la soirée FOI regroupe chaque mois entre 10 et 20 personnes, selon les disponibilités de chacun. En phase avec la vocation œcuménique qui caractérise la Communauté du Chemin Neuf, l’origine ecclésiale des participants est diverse ; la rencontre mensuelle regroupe ainsi des catholiques, protestants réformés, évangéliques, voire des personnes en recherche dont quelques adolescents accompagnant leurs parents. Au fil des années il est à remarquer la permanence de participation de la plupart, ce qui laisse supposer que FOI est dune proposition en phase avec des attentes fortement ressenties et orientées vers l’enseignement et la relation fraternelle.

 

Quels sont les contenus de ces rencontres (par exemple la dernière année…) : vidéos et questions posées

Depuis le début de l’année 2018 quatre enseignements (films) ont été proposés ;

  • un premier nous fait pénétrer dans le vécu, par un couple, d’une passion, celle du théâtre comme un lieu de rencontre et de partage avec la pauvreté et la fragilité.
  • Dans un second, deux théologiens catholiques, Mary Healy et Etienne Vetö, nous permettent de mieux comprendre les dimensions biblique, théologique et spirituelle de la délivrance et donnent des clés pour entrer dans cette liberté pleine et entière que le Seigneur veut nous donner.
  • Le thème du troisième porte sur le témoignage Martin Luther King ; En quoi, 50 ans après sa mort, est-il plus que jamais un prophète pour notre temps, une figure inspirante partout à travers le monde ?
  • Le quatrième film nous partage l’engagement d’une association « Le triomphe du cœur » qui depuis plus de 25 ans, a envoyé 2400 camions d’aide humanitaire dans les pays de l’ex-Union Soviétique et soutient quotidiennement des enfants, des personnes âgées et pauvres dans ces pays.

Par ces exemples, on peut remarquer la diversité et l’actualité des thèmes traités

 

Comment se déroule une rencontre ?

La matière toujours très riche portée par le film de la soirée suscite un foisonnement de ressentis et de réflexions ; ceux-ci, toujours  personnels, sont très librement partagés au groupe .Ils ne font  pas l’objet de débats ou de critiques .C’ est en effet la règle de notre fonctionnement. Il ne s ‘agit pas de débattre. Ainsi chacun peut partager l’écho personnel laissé par l’enseignement. La diversité de ces retours qui épouse la diversité des richesses de vie des participants compose un ensemble toujours profond, enrichissant et stimulant.

 

Comment ce groupe représente une expression d’église, vivante, ouverte, non institutionnalisée

Ce petit rassemblement mensuel représente une réelle communauté de foi ; c’est un vrai moment d’unité vécue entre tous .

D’une part, au travers des enseignements portés par les films et des échanges qui suivent, les participants accueillent ensemble les multiples richesses de l’Evangile ; ces moments permettent à chacun de revisiter sa foi, de l’enrichir en s’ouvrant à d’autres compréhensions. Pour certains parmi nous, cette rencontre est vécue comme un moment rare, que les Eglises dans leur fonctionnement classique permettent rarement, voire jamais…

Il est aussi proposé un temps de prière partagée, en réponse aux besoins exprimés.

Ce sont des temps forts de vie fraternelle ; la pensée libre apportée par chacun exige et trouve en regard une écoute respectueuse ; chacun a une place, dans la prise de parole ou le silence ; dans cet échange privilégié, où chacun est accueilli avec sa différence, les expressions peuvent être très personnelles et profondes.

Par ailleurs, au fil des mois se tissent de précieux liens fraternels qui donnent une profonde réalité à la « prière de l’unité » qui clôt la soirée.

PS : à Nevers et plus généralement en France la soirée ne saurait se terminer sans la traditionnelle tarte aux pommes accompagnée de son verre de cidre

Alain GUBERT

Cultes participatifs. Eglise protestante unie des « Terres du milieu » . Un an après le lancement, l’expérience s’amplifie.

Un an après le lancement, nos cultes participatifs, se poursuivent avec régularité (1). Le changement principal va dans le sens d’une amplification ; désormais, ils se poursuivent même pendant les vacances scolaires. L’intérêt des participants, montre que c’est vraiment une opportunité pour l’Eglise Protestante Unie, de proposer des cultes où les personnes sont invitées à être particulièrement acteurs. 

            Le moment de chants, d’une demi heure, choisis par le groupe, permet au moins de participer au choix des chants.

           Le temps d’échange après la prédication (pas toujours facile, mais toujours important), rend chacun moteur dans le partage de l’Evangile, et ce, de façon communautaire.

            Une petite moitié du groupe reste pour le pique-nique qui suit, cela fait l’équivalent de 2 repas paroissiaux par mois ; on comprend que la communauté commence à être soudée 🙂

             Depuis la rentrée de septembre 2012, nous avons été 22 en moyenne. Lorsque nous sommes proches des 15, on trouve que ce n’est pas beaucoup, mais lorsque nous sommes autour de 25, on sent une dynamique tout à fait porteuse.

             Le culte réunit à la fois des habitués des cultes dominicaux et des personnes tout à fait nouvelles.

             Le côté intergénérationnel, reste un atout et une bénédiction : Tous les cultes jusqu’à présent, ont été au bénéfice de la présence de 2 ou 3 enfants, de 1 ou 2 ados et de 1 ou 2 jeunes couples. Sur un groupe de 22, ça fait une belle proportion de jeunesse. La moyenne d’âge des adultes, est elle aussi, plus basse que celle des cultes du dimanche. 

            Les offrandes se montent à 2 000 € et quelques offrandes nominatives en plus ; cela a financé toutes les Bibles des catéchumènes et tout le matériel catéchétique des enfants et adolescents. Le symbole est fort ! 

            Les catéchumènes de notre Ensemble sont invités à venir une fois par mois à ces cultes, comme un des éléments forts de leur formation ; un certain nombre d’entre eux est assez régulièrement présent. 

            Les 5 ou 6 musiciens qui font partie du projet, permettent que le chant soit en général conduit par 2 ou 3 d’entre eux, ce qui est une chance. 

            Les questions et défis qui se poseront certainement dans les années à venir sont (entre autres) le lien des nouveaux membres avec les formes classiques de vie d’Eglise (participation aux Associations cultuelles, dons, activités lucratives comme les kermesses…). 

Tout en intégrant les éléments fondamentaux de la liturgie réformée, l’enjeu clef de ce projet est de proposer une forme de  culte avec une forte orientation d’accueil et d’évangélisation.

 

Georges Fauché     Mars 2013

 

(1)   Cet article nous rapporte la manière dont se poursuit l’expérience innovante des cultes participatifs entreprise durant l’année 2011-2012 dans l’ Eglise Réformée de France (Eglise protestante unie) des « Terres du milieu », entre Nîmes et Montpellier. Cette expérience a été l’objet d’un article très approfondi rédigé par ses animateurs : Georges Fauché et Françoise Delannoy, pasteurs de cette église, ** Lire l’article publié sur ce site en  juillet 2012 ** 

L’Eglise va-t-elle disparaitre ?

À la suite de plusieurs contributions dont celles d’Hans KUNG(1) et Michel QUESNEL(2), Jean Claude BARREAU, dans son dernier ouvrage(3) « L’Église va-t-elle disparaître ? », nous livre une réflexion sur les évolutions qu’il pense nécessaires à la pérennité de l’institution à laquelle il appartient.

Après avoir évoqué les raisons de la distance prise par les différentes cultures de par le monde avec l’institution et « l’apostasie silencieuse des catholiques qui se détachent sans bruit de la pratique religieuse », l’auteur explique en quoi « la disparition des Églises instituées ne laisserait dans le monde qu’un chaos de groupes sectaires plus ou moins délirants… ».

Suit un plaidoyer pour une réforme du clergé réaffirmé comme acteur primordial, indispensable à la survie de la spiritualité catholique. En effet, le christianisme, religion d’une « présence » fait, dans sa formulation catholique, signe de cette présence par l’Eucharistie. Les croyants « se rassemblent autour de leur Maître… ». ; l’Eucharistie est « le signe d’une Présence toujours actuelle. » Or l’Eucharistie étant présidée nécessairement par un prêtre, surgit d’évidence « la terrible menace que fait peser sur l’Église catholique la raréfaction, et peut-être demain la disparition, des prêtres ordonnés ».

Jean Claude BARREAU, une fois cette relation mise en place, plaide très logiquement pour une réforme du « statut du clergé », statut clérical, « aujourd’hui parfaitement inadapté ». Ce nouveau clergé inclurait des laïcs hommes et/ou femmes : « Il subsiste dans toutes les Églises des milliers et des milliers de vrais et simples croyants convenablement catéchisés. Les évêques pourraient en faire des prêtres en leur imposant les mains » et encore « L’ordination des femmes, qui se pratique déjà dans le protestantisme apostolique, où les pastourelles sont nombreuses, élargirait encore le vivier de recrutement du nouveau clergé ».

Au delà de cet exposé central de son ouvrage, l’auteur nous redit sa conviction sur la capacité de l’Église à redonner du « sens à la mondialisation pour laquelle rien n’a plus de sens ». Si « la mort de l’Église serait, affirmons le, suicide », « la survie de l’Église serait profitable – voire nécessaire – au monde moderne ».

Souhaitons à ce vibrant plaidoyer que le présent contexte issu de l’élection d’un nouveau Pape offre un espace propice à sa réception ?

Alain Gubert

 

     (1)  Hans KÛNG : Peut-on encore sauver l’Église ? Ed Seuil septembre 2012

        (2)  Michel QUESNEL : Rêver l’Église Catholique ; Ed DDB novembre 2012

(3) Jean-Claude BARREAU : L’Église va-t-elle disparaître ? Ed Seuil février 2013

 

 

 

Le Centre Pastoral Halles Beaubourg : une église catholique innovante au cœur de Paris.

893CPHBD’autres formes d’église que la paroisse avec son assise géographique et avec, à sa tête, le curé, peuvent exister… La communauté du CPHB, Centre Pastoral Halles Beaubourg, l’expérimente depuis près de 40 ans ! Deux caractéristiques la distinguent de la paroisse classique : d’une part, elle est élective, c’est-à-dire non géographique, puisque les membres de la communauté habitent dans toute la région parisienne ; d’autre part, prêtres et laïcs vivent la coresponsabilité sous la forme d’une équipe pastorale composée du curé, nommé par l’évêque, et de 6 laïcs élus par la communauté.

 

893StMerry893BeaubourgLa communauté du CPHB habite l’église Saint Merry** Voir son site **dans le cœur de Paris, à 100m au sud de Beaubourg. Le CPHB a été fondé par Monseigneur Marty  893MgrMarty dans les années 70 et a reçu pour mission d’être témoin de l’Evangile dans un quartier en pleine mutation et « d’inventer des modes nouveaux pour l’Eglise de demain ». Au fil des années une communauté forte s’est constituée (ses membres ont choisi de venir à saint Merry plutôt que dans leur paroisse géographique !) et de très forts liens d’amitié se sont créés. De nombreux groupes ont été mis en place au fil des ans, d’accueil, de formation, de solidarités, d’éveil à la foi, de catéchuménat, de cinéma, d’art, etc., au total plus de quarante ! Les groupes sont réunis dans des pôles d’activité et les responsables de pôles se réunissent régulièrement avec l’équipe pastorale. Nous essayons donc de vivre la démocratie dans l’église…

La plupart des membres de la communauté sont très engagés dans des mouvements d’église ou, le plus souvent, dans des associations et syndicats laïcs. Une autre caractéristique de la communauté est la forte présence (et l’accueil) d’artistes et donc de concerts, voire pièces de théâtre, l’art étant vécu comme un vecteur de dialogue entre la communauté et l’extérieur… La communauté se veut en effet une église du seuil, en contact avec le monde et prête à accueillir tous ceux qui sont en recherche de sens, en quête de spiritualité et que l’Evangile interroge… Beaucoup de chrétiens qui ont vécu une période de doute, ou qui ont été rejetés (ou se sont considérés rejetés) par l’église, tels les divorcés remariés, le groupe David & Jonathan, atterrissent à… Saint Merry !

La communauté célèbre l’eucharistie le dimanche à 11h15. 300 chrétiens environ s’y retrouvent chaque dimanche pour ce qui constitue le temps fort de la communauté. La célébration est préparée le lundi soir entre le prêtre, les membrs de la communauté qui souhaitent y participer, et un membre du groupe chants et du groupe fleurs. Un partage a lieu autour des textes et, à partir de ce partage, se dessine la forme de la célébration et les prises de parole, (et pas forcément celle du prêtre !) La communauté s’autorise une relativement grande liberté pour adapter la liturgie aux textes du jour, aux évènements du moment, et la combinaison des deux donne une parole incarnée qui souvent bouscule… Et comme nous n’aimons pas le côté statique des choses, nous nous mettons en mouvement lors de chaque célébration entre le lieu du partage de la parole, au centre de la nef, vers le chœur où se dresse la table du partage et où le prêtre célèbre l’eucharistie.

Si l’on devait résumer en quelques mots les points forts de notre communauté : le christianisme, c’est d’abord l’Evangile et son caractère radical nous interpelle et nous bouscule ! L’Eglise, ce n’est pas une armée avec un général, c’est un lieu de dialogue et d’accueil attentif et bienveillant. Les laïcs éclairés par l’Esprit sont eux aussi porteurs de la vie de l’église dans leurs divers engagements familiaux, professionnels et sociaux.

Depuis près de 40 ans, notre communauté évolue. C’est une aventure qui se construit dans le temps, avec ses risques et ses difficultés.  Fidèle à sa mission d’origine, nous continuons  d’inventer des modes nouveaux pour l’Eglise de demain. Nous voulons toujours nous situer dans cette rencontre vivifiante entre Evangile et monde. Nous cherchons constamment une formulation de notre foi audible, enracinée dans la Bible et la tradition de l’Eglise. Et nous nous considérons coresponsables de l’annonce de l’Evangile, par notre façon de vivre, là où nous sommes…

Michel Bouvard

La démocratie peut elle être vécue en Eglise ?

Novembre est le moment, pour plusieurs des huit régions que compte l’Église Réformée de France, pour se réunir en synodes régionaux et faire le point sur le présent ainsi que prendre les décisions qui dessinent son avenir. Au fait, c’est quoi un synode ? 

Pour répondre à cette question, il est nécessaire de resituer brièvement le fonctionnement de ces Églises caractérisées par un mode de gouvernement particulièrement démocratique, et qui laissent une place très importante, capitale à leurs membres laïcs.

Les Églises Réformées de France **Voir le site ** sont structurées suivant un régime presbytero – synodal. Cela signifie que les décisions concernant le fonctionnement et les orientations de ces Églises sont prises à deux niveaux : le niveau local (niveau presbytéral), et le niveau régional et  national (niveau synodal).

Ce système suppose la complémentarité des deux  niveaux et une soumission mutuelle consentie.

Le niveau local de gouvernement de l’Église est formé par le Conseil presbytéral (du grec presbuteroi, les plus anciens). Celui-ci est élu par les membres de l’Église locale ; il est directement responsable de la vie spirituelle et matérielle de la communauté. Il nomme (et révoque) le(s) pasteur(s). Il dispose d’une grande autonomie.

Le niveau régional et national est celui du gouvernement. Il est exercé dans le cadre des synodes. Ceux-ci sont composés de pasteurs, de délégués laïcs des conseils presbytéraux, eux-mêmes élus .

Dans l’Église Réformée de France, le synode national est l’instance souveraine, réunissant délégués laïcs et pasteurs à représentation égale. Il est responsable de la confession de foi et de l’organisation générale (la Discipline), de la formation, du recrutement des ministres, des relations avec les Églises étrangères… Il définit les orientations proposées à l’ensemble.

Les synodes régionaux débattent et votent les décisions proposées par le synode national. Ce sont également des lieux de proposition (vœux) qui sont ensuite étudiés, discutés et mis au vote au niveau national.

Un Conseil national gère l’Union des Églises et met en œuvre les décisions et orientations synodales entre deux sessions annuelles.

Chaque année, en novembre, se déroulent les synodes régionaux.

-De quoi discute-t-on ?

Les Églises Réformées de France, ( 250 000 membres), entament une phase très importante de leur évolution : depuis 2007, elles sont entrées dans un projet d’union avec l’autre grand courant protestant en France : l’Église Évangélique Luthérienne (22 000 membres, hors région Alsace Lorraine ,cette dernière étant dejà regroupée avec l’ERF au sein de l’Union des Eglises Protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL)  ** Voir le site ** dans cette région sous régime concordataire) avec pour ambition d’aboutir, en 2013, à une nouvelle et unique Union Nationale. C’est donc  un grand mouvement d’union et de rassemblement au sein du protestantisme français.
En Janvier 2011, le synode National réunissant les synodes réformés et luthériens a tracé le cadre d’organisation et choisi son nom « Église Protestante Unie de France – communion luthérienne et réformée », reprenant les débats et décisions votées dans les synodes régionaux de l’automne 2010.

Dans les 8 synodes régionaux, il est proposé de se prononcer sur l’ensemble des textes régissant cette Union, et de discuter du projet de Constitution de cette nouvelle Union.

Les paroisses et les conseils presbytéraux ont déjà été appelés à examiner les projets de textes constitutifs et les modalités financières de l’Union. L’objectif est de s’approprier ces textes, de les vérifier et de les améliorer. Leur délégué au synode est leur porte-parole.

Il s’agit d’une union et pas d’une fusion : ainsi, ce qui est recherché c’est de mettre en œuvre une union au niveau des institutions d’Églises en maintenant une légitime diversité. L’unicité doit veiller à maintenir la diversité des accents de chacune des traditions. Ces deux Églises ont déjà beaucoup de choses en commun (l’organisation presbytéro synodale, la formation initiale des ministres au sein de l’institut protestant de théologie, la mobilité fréquente de pasteurs d’une Église à l’autre…) mais il s’agit de garantir le respect des minorités.

Le débat est ouvert.

Au-delà des problématiques institutionnelles, une autre préoccupation est à l’œuvre au travers de cette union : Comment au coeur du monde, réaffirmer ensemble sa vocation : écouter la Parole de Dieu et la partager avec ses contemporains ? La perspective luthéro-réformée affirme que là où la Parole est écoutée, là est l’Église…

Les synodes régionaux abordent aussi d’autres domaines qui touchent de façon très pratique au fonctionnement des Églises locales : ainsi dans plusieurs régions la question est posée d’une réorganisation de leur fonctionnement. Celles-ci sont appelées à une réflexion sur le rôle et la fonction du pasteur, à l’intérieur de nouveaux espaces, les bassins de vie. Ainsi, par exemple, dans la région  Centre Alpes Rhône, le synode invite ses membres à réfléchir à de nouvelles façons de partager les engagements en église Cela devrait aboutir à une mutualisation et un redéploiement des postes pastoraux et des ministres, par exemple, dans un cadre plus large que celui de la paroisse traditionnelle. Certes, ce sont au départ, des considérations financières qui incitent à un changement des habitudes de fonctionnement. Cependant, au -delà de cette question, on peut discerner aussi une chance à saisir. Ainsi, ré-envisager ensemble une façon nouvelle de vivre l’Église, n’est-ce pas ouvrir des chemins nouveaux, voire se donner du souffle et de l’élan ! Quelle est la vocation de l’Église ? Qu’en attendons nous, aujourd’hui ? Il s’agit bien sûr de se mettre à l’écoute de Dieu…

Au travers de ces différentes perspectives, on peut légitimement penser que les protestants réformés sont aujourd’hui appelés à innover… à expérimenter une nouvelle façon de « faire Église », en quelque sorte. L’initiative et la proposition intitulée « Écoute, Dieu nous parle » invite à « mettre en valeur ou à retrouver le sel, le cœur de la vie de l’Eglise et de sa mission. Et il s’agit en plus, d’oser imaginer et vivre une expérience inédite, permettant à chaque Église locale d’écouter la parole de Dieu avec d’autres ».

À chacun des membres de s’approprier ces propositions, mais aussi d’être inventif et créatif, pour répondre aux besoins qu’expriment nos contemporains.

Geneviève Gubert