À la suite de plusieurs contributions dont celles d’Hans KUNG(1) et Michel QUESNEL(2), Jean Claude BARREAU, dans son dernier ouvrage(3) « L’Église va-t-elle disparaître ? », nous livre une réflexion sur les évolutions qu’il pense nécessaires à la pérennité de l’institution à laquelle il appartient.

Après avoir évoqué les raisons de la distance prise par les différentes cultures de par le monde avec l’institution et « l’apostasie silencieuse des catholiques qui se détachent sans bruit de la pratique religieuse », l’auteur explique en quoi « la disparition des Églises instituées ne laisserait dans le monde qu’un chaos de groupes sectaires plus ou moins délirants… ».

Suit un plaidoyer pour une réforme du clergé réaffirmé comme acteur primordial, indispensable à la survie de la spiritualité catholique. En effet, le christianisme, religion d’une « présence » fait, dans sa formulation catholique, signe de cette présence par l’Eucharistie. Les croyants « se rassemblent autour de leur Maître… ». ; l’Eucharistie est « le signe d’une Présence toujours actuelle. » Or l’Eucharistie étant présidée nécessairement par un prêtre, surgit d’évidence « la terrible menace que fait peser sur l’Église catholique la raréfaction, et peut-être demain la disparition, des prêtres ordonnés ».

Jean Claude BARREAU, une fois cette relation mise en place, plaide très logiquement pour une réforme du « statut du clergé », statut clérical, « aujourd’hui parfaitement inadapté ». Ce nouveau clergé inclurait des laïcs hommes et/ou femmes : « Il subsiste dans toutes les Églises des milliers et des milliers de vrais et simples croyants convenablement catéchisés. Les évêques pourraient en faire des prêtres en leur imposant les mains » et encore « L’ordination des femmes, qui se pratique déjà dans le protestantisme apostolique, où les pastourelles sont nombreuses, élargirait encore le vivier de recrutement du nouveau clergé ».

Au delà de cet exposé central de son ouvrage, l’auteur nous redit sa conviction sur la capacité de l’Église à redonner du « sens à la mondialisation pour laquelle rien n’a plus de sens ». Si « la mort de l’Église serait, affirmons le, suicide », « la survie de l’Église serait profitable – voire nécessaire – au monde moderne ».

Souhaitons à ce vibrant plaidoyer que le présent contexte issu de l’élection d’un nouveau Pape offre un espace propice à sa réception ?

Alain Gubert

 

     (1)  Hans KÛNG : Peut-on encore sauver l’Église ? Ed Seuil septembre 2012

        (2)  Michel QUESNEL : Rêver l’Église Catholique ; Ed DDB novembre 2012

(3) Jean-Claude BARREAU : L’Église va-t-elle disparaître ? Ed Seuil février 2013

 

 

 

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