Dans son livre ‘God’s wider présence. Reconsidering General Revelation’ (1), Robert K Johnston, théologien au Séminaire théologique Fuller (Californie), met en évidence une présence de Dieu qui se révèle bien en dehors de l’Église « dans la création, dans la conscience et dans la culture ». Cette approche débouche sur une nouvelle théologie des religions, présentée par l’auteur comme une étude de cas à la fin de son ouvrage. « Comme il est évident pour tous, le rétrécissement des frontières du monde a suscité en nous une conscience nouvelle de nos voisins, y compris leurs religions » (p 200). L’auteur évoque quelques signes récents des questions nouvelles en ce domaine, en particulier un débat mouvementé à la septième assemblée générale du Conseil œcuméniques des Eglises à Canberra en 1991. Cette assemblée avait pour devise : ‘Viens Saint Esprit ! Renouvelle toute la création’. L’auteur marque l’importance de la nouvelle orientation qui y est apparue : « La réalité de Canberra incluait la reconnaissance que comme les chrétiens allaient ensemble de l’avant vers le XXIe siècle, une théologie des religions se rapprocherait du centre de la réflexion chrétienne et que la théologie serait à la fois enracinée dans le développement de la compréhension du rôle de l’Esprit et exprimée humblement comme une prière » (p 203).
La difficile émergence d’une théologie des religions
« En assignant une place centrale à une théologie des religions, on doit réaliser combien ce tournant dans la théologie chrétienne est radicalement nouveau ». Et cependant, comme l’auteur le rappelle, le narratif biblique s’est établi sur la toile de fond d’autres religions. Melchisédech, le grand prêtre de Salem a été celui qui ‘ordonna’ Abraham dans son appel ; Balaam, un voyant d’une tribu voisine, néanmoins bénit Israël… Paul a parlé d’un ‘Dieu inconnu’ à Athènes. Mais rarement l’Église, si jamais, a considéré les visions et les expériences des gens d’autres religions comme ayant une importance, et encore moins, ne les a envisagés dans une lumière positive… Comme l’indique un bref résumé de l’histoire de l’Église, le paganisme a été seulement jugé et ignoré. Dans les siècles qui ont immédiatement suivi la naissance, la vie, la mort et la résurrection de Jésus, les premiers apologètes avaient besoin de faire une ‘apologia’ pour la foi. Ils avaient peu d’intérêt d’incorporer des vues non chrétiennes dans leurs théologies, en croyant que Christ était venu dans le monde pour juger le paganisme, même dans sa meilleure expression. De même, bien qu’Augustin ait pu faire un réel usage de Platon, il ne s’enquérait pas de la vérité dans un autre système de croyance… Bien que Thomas d’Aquin fît un usage similaire d’Aristote qu’il avait appris des arabes, il avait peu de patience pour les incroyants, les infidèles » (p 203). La Réforme, nous dit Johnston est centrée sur le salut en Christ et ne prête pas attention aux autres religions. « Calvin a peu ou pas d’intérêt à engager le dialogue avec des adeptes d’une autre foi et il n’a aucun désir d’apprendre d’eux… Ce n’est que deux siècles plus tard, qu’au moment des Lumières, les choses commencèrent à changer avec Wesley ». Bien qu’ayant peu de connaissance sur l’Islam, Wesley a émis des jugements positifs sur les musulmans, « vantant la sincérité de leurs réponses vis-à-vis de la révélation limitée qu’ils ont reçue… ». Dans les années 1780, Wesley va plus loin. « Il en vint à croire que Dieu puisse enseigner à quelques païens une mesure de vraie religion à travers ‘une voix intérieure’. Ainsi, la grâce prévenante pouvait faire plus que de simplement témoigner à propos de la création. Sa révélation initiale pouvait aussi s’adresser à nos ‘sens spirituels’, appelant notre libre réponse… Wesley en vint à croire que Dieu jugerait les païens qui n’avaient jamais entendu parler de Christ seulement en terme de la révélation (lumière) qu’ils avaient reçu, incluant la voix intérieure de Dieu » (p 204). Cependant, bien que Wesley ait présagé un nouvel intérêt dans la théologie des religions, il ne s’en suivit pas une solide discussion des religions. Il fallut attendre la seconde moitié du XXe siècle pour qu’une théologie des religions intéresse vraiment les chrétiens.
Les premiers pas
Un signe important de l’intérêt croissant pour le développement d’une théologie des religions a été les débats engagés, en fin de siècle dans les assemblées générales du Conseil œcuménique des Eglises. Ainsi, la question est abordée à Vancouver en 1983. Cependant des thèses opposées se manifestent si bien qu’il n’en ressort qu’un compromis : « incapable d’affirmer avec confiance l’œuvre actuelle, créative de Dieu dans les expériences religieuses des peuples ayant d’autres traditions de foi, mais questionnée par ses réelles possibilités le dialogue et l’interaction accrus entre les chrétiens et ceux d’autres religions, Le conseil œcuménique choisit seulement d’affirmer le travail préliminaire de l’Esprit de Dieu incitant les gens au désir d’une quête de vérité » (p 201). Cependant, un tournant décisif intervint à l’Assemblée générale suivante à Canberra en 1991. Le thème choisi : « Viens Saint Esprit. Renouvelle toute la création » s’est prêté à une intervention d’une théologienne coréenne, Chun Hyung-Kyung, qui, évoquant des esprits souffrants, a énoncé que cette évocation état nécessaire pour entendre en regard, la voix de l’Esprit Saint. Cette intervention suscita des réactions mitigées et, en particulier de fortes oppositions chez de nombreux évangéliques ainsi que dans la délégation orthodoxe. L’auteur voit là un signe de l’importance croissante de la théologie des religions et parallèlement de la question des critères de discernement. Comment l’Église pourrait-elle tester les esprits pour savoir s’ils viennent de Dieu (1 Jean 4.11) Et qu’est-ce que signifie la parole de Jésus : « Celui qui n’est pas contre moi est pour moi » (Marc 9.40) ?
« Si la religion est envisagée aussi comme une expression culturelle (et il en est bien ainsi) alors le Saint Esprit pourrait-il être présent dans les expressions religieuses d’autres fois, juste comme la présence de l’Esprit peut être reconnue dans les arts ? » (p 202). L’auteur commente l’évènement de Canberra. Le débat qui a eu lieu à Canberra a montré que les théologiens avaient « beaucoup de travail à faire dans le domaine d’une théologie chrétienne de l’Esprit ». « La réalité de Canberra a inclu la reconnaissance que, comme les chrétiens avançaient ensemble vers le XXIe siècle, une théologie des religions approcherait du centre de la réflexion chrétienne et que la théologie serait à la fois enracinée dans une compréhension croissante de l’Esprit et humblement formulée comme une prière » (p 203).
C’est donc bien dans la seconde moitié du XXe siècle que la théologie des religions a commencé à se manifester et Robert K Johnston met en évidence le rôle pionnier rempli par des théologiens catholiques au Concile Vatican II (1962-1965). Comme le souligne une théologienne catholique, Elisabeth Johnson, « Depuis Vatican II, les déclarations de l’Église catholique ont reconnu la présence et l’activité de l’Esprit dans les religions elles-mêmes ». Cependant, le pape Jean-Paul II s’est ensuite particulièrement engagé dans ce processus. Avec son encyclique : ‘Redemptor Hominis’, en 1979, il a exprimé d’une manière répétée le désir de l’Eglise catholique de s’engager dans un dialogue respectueux avec les membres d’autres religions… Sans mettre en cause le rôle unique de Jésus-Christ pour le salut, Jean Paul II comprenait l’activité universelle de l’Esprit comme offrant la grâce à chaque personne. Ainsi, il argumentait que nous devrions chercher les signes des dons de l’Esprit chez les non-chrétiens aussi bien que chez les chrétiens. De plus, alors que les textes conciliaires initiaux (Gaudium et Spes 22 et Lumen Gentiom16) parlaient de l’œuvre de l’Esprit seulement en termes individuels, Jean-Paul II parla aussi de l’activité de l’Esprit en termes collectifs, en termes des religions non-chrétiennes elles-mêmes, voyant l’Esprit chercher à porter du fruit en elles » (p 205).
Ainsi, commente Robert K Johnston, c’est dans la même période, à la fin du XXe siècle que les catholiques, les protestants et les orthodoxes ont commencé à faire des efforts pour comprendre les vues et la foi de leurs voisins d’autres religions. Ce dialogue qui avait été négligé pendant dix-neuf siècles est apparu au-devant de la scène. C’est dans ce contexte que plusieurs positions théologiques sont apparues en regard de la théologie des religions. « Malheureusement, elles ne suivaient pas la trajectoire que le pape Jean-Paul II avait engagée en se concentrant sur l’activité universelle de l’Esprit, mais à la place se centraient dans une perspective sotériologique, c’est-à-dire sous l’angle d’une doctrine du salut » (p 205). Trois positions apparurent : exclusiviste (tenant que le salut était accessible seulement en Jésus-Christ, à travers une réponse personnelle à la foi) ; inclusiviste (tenant que la salut était seulement à travers l’œuvre expiatrice de Christ, mais que ses bénéfices avaient été rendus plus universellement accessibles à ceux qui n’ont pas entendu l’Evangile chrétien); pluraliste (croyant que bien que le christianisme était leur chemin de salut, qu’insister sur la supériorité du Christ et du Christianisme était faux car d’autres religions avaient aussi des moyen légitimes de salut. Et donc, la controverse entre les théologiens des religions de cette première génération a été largement centrée sur des problèmes en rapport avec le salut (sotériologie). Chaque position s’appuie sur certains textes, mais en ignore d’autres. ‘Le dialogue est devenu vicié’.
Une génération nouvelle de théologiens
Une théologie des religions fondée sur L’Esprit
Robert K Johnston ouvre un nouvel horizon à partir d’un ouvrage de Amos Yong, un de ses collègues théologiens au Séminaire théologique Fuller en Californie.
« Dans son livre ‘Beyond the impasse. Toward a pneumatological Theology of Religions’, Yong propose une nouvelle direction pour une théologie constructive des religions. Ce livre comporte deux parties, toute deux en forte résonance avec les propositions de Johnston concernant ‘la plus grande présence de Dieu’. D’abord, reconnaissant que les théologies des religions les plus exclusivistes comme les inclusivistes ont trop rarement consulté les religions elles-mêmes, ne s’aventurant pas au-delà des données fournies par la théologie chrétienne, Yong propose qu’une théologie des religions soit enracinée dans les expériences de chaque tradition religieuse particulière. S’appuyant sur le modèle suggestif de la Pentecôte où les chrétiens ont rencontré une diversité de langues et de cultures, (dont la religion était une partie intégrale), que Dieu a embrassé, Yong développe un paradigme inductif enraciné dans les religions elles-mêmes. Deuxièmement, en contradiction avec les pluralistes, qui écartent la normativité de la tradition chrétienne comme ils atteignent la diversité des traditions religieuses au-delà, Yong, comme Jean-Paul II, a fondé sa théologie sur la pneumatologie, dans une compréhension chrétienne de l’Esprit… Yong a choisi de fonder sa théologie des religions sur L’Esprit. Dans cette perspective, il rejoint Jürgen Moltmann (2) dans le rejet de la clause du Filioque (que l’Esprit dépend du Père et du Fils), une clause qui limite la personnalité spécifique de l’Esprit. « Cette approche permet de mieux discerner la présence et l’œuvre de l’Esprit dans d’autres traditions religieuses. Ne décrivant plus L’Esprit comme simplement subordonné au Fils, Yong fait usage, à la place, de la métaphore patristique du Logos Parole et Pneuma Esprit comme les deux mains du Père, une image offerte par Irénée au deuxième siècle. Profondément trinitarien, il argumente que nous devons reconnaitre la Parole et l’Esprit comme co-égaux. Toute contradiction est ainsi exclue. Plutôt que de connecter en premier lieu l’Esprit à la Christologie, Yong suggère que l’Esprit de Dieu est le souffle de vie de l’imago Dei dans chaque être humain et la présupposition de toute relation et communauté humaine. C’est dans l’Esprit que les gens reçoivent la compréhension (sagesse) au sujet de la vie dans toutes ses dimensions : raison, volonté, morale, interpersonnel et relationnel. Vues à cette lumière, les religions du monde sont enracinées dans la révélation générale, bien que Yong n’utilise pas ce terme de cette manière. Il parle des religions non chrétiennes comme providentiellement soutenues par L’Esprit de Dieu dans un but divin. Citant Clark Pinnock, Yong explique : « Il semblerait étrange que l’Esprit s’excuse d’œuvrer dans l’arène même de la culture où les gens cherchent du sens » (p 208).
Robert K Johnston mentionne également un autre théologien, Clark Pinnock et son livre ‘God’s Mercy and Flame of Love. A Theology of the Holy Spirit’. Il rapporte son écrit : « À la fois, l’Écriture et l’expérience nous disent qu’il y a des païens saints en dehors de l’Église grâce à l’œuvre du Dieu Trinitaire dans le monde. Dieu étant révélé définitivement en Jésus-Christ n‘implique pas qu’il ne travaille dans le plus vaste monde. Son œuvre dans le plus vaste monde est enracinée dans l’alliance avec la race humaine avec Noé. Toutes les nations sont bénies dans la révélation. La grâce de Dieu est donnée dans chaque contexte » (p 209). « Plutôt que voir Melchisédeck et Jethro – tous deux prêtres païens en dehors de la communauté de l’alliance, mais aussi les craignant Dieu – comme de rares exceptions, Pinnock les voit comme des signes d’espérance à l’intérieur du contexte d’une plus grande herméneutique d’espérance » (p 210).
Pinnock appelle simplement au discernement. « Bien que les religions puissent soutenir la vie et être spirituellement enrichissantes, elles peuvent aussi être trompeuses et destructrices ». Il y a des critères de discernement : « Est-ce que les gens poursuivent la droiture dans leurs comportements ? » (p 210).
Un nouvel horizon
Robert K Johnson met ainsi en évidence un mouvement très profond.
« Mon intention est simplement de suggérer que, comme une théologie des religions entre dans une seconde étape de développement et de réflexion, une reconnaissance de la plus grande présence révélatrice de Dieu fondée dans l’Esprit et dans et à travers la création est appelée à devenir de plus en plus centrale. Ici, les travaux de Yong et de Pinnock pourraient apporter un point de départ. Notre discussion a aussi suggéré plusieurs conclusions préliminaires quant à ce qu’une théologie des religions pourrait devenir »
Robert K Johnston avance ainsi plusieurs orientations.
D’abord, « une perspective de révélation aura besoin de s’enraciner dans l’Esprit de Dieu et, pas simplement dans les empreintes (footprints) de la création… Ce n’est pas ‘la religion comme possibilité humaine’ qui apportera le contexte pour le dialogue. A la place, un contexte adéquat pour l’apprentissage, la critique et le témoignage chrétiens en regard des religions peut seulement être dans la reconnaissance que l’Esprit de Dieu est à l’œuvre à travers l’humanité, révélant la grâce de Dieu et son désir pour la création aussi dans et à travers les religions ».
Deuxièmement, « une reconnaissance de la plus grande présence révélatrice de Dieu mettra en cause les théologiens des religions, qui fondés sur d’autres a priori théologiques, ont adopté une attitude prudente et principalement négative vis-à-vis de l’activité de Dieu en dehors des murs de l’église… Cependant, la présence révélatrice de l’Esprit doit être envisagée comme offrant à l’humanité, y compris les adhérents d’autres religions, tout ce qui est bon. Les chrétiens auront besoin d’agir dans la croyance que toute vérité, bonté, beauté et sainteté dans la culture humaine (y compris dans les religions) provient de la libre grâce de Dieu à travers l’Esprit. C’est John Wesley qui parlait de la « grâce prévenante » de l’Esprit… Pour Wesley, séparer quelque chose de Dieu était une forme d’ ‘athéisme pratique’. À la place, nous devons affirmer la Présence de Dieu, universelle, pourvoyeuse de vie, aussi dans les religions ».
Troisièmement, « la reconnaissance de la plus grande présence révélatrice de Dieu nous aide à trouver une meilleure compréhension holistique de l’Esprit de Dieu, pas seulement comme l’Esprit de Christ, mais comme l’Esprit dans et à travers la création. Ceci nous mène également à une reconsidération de la clause du ‘filioque’. Mais cela contribuera également à une plus forte théologie trinitaire. Nous sommes encore au tout début dans l’exploration des attributs de l’Esprit comme à la fois personne et puissance. On trouvera des éclairages à ce sujet chez des théologiens comme Jürgen Moltmann, Elisabeth Johnson, Amos Yong, et Clark Pinnock ».
Finalement, à l’éclairage biblique qu’il y a des esprits, divins, humains et démoniaques, il s’en suit qu’i y a un besoin de discernement. Robert K Johnston évoque les critères qui sont apportés par certains théologiens : L’amour de Dieu et du prochain avec Clark Pinnock ou ce qui affirme la vie, avec Moltmann. Yong recommande d’écouter soigneusement les expériences religieuses des autres de faire usage de la raison, de faire une exégèse soigneuse des textes bibliques et d’apprendre de la tradition communautaire, reconnaissant qu’un réel discernement doit ultimement attendre la fin des temps. Pour exercer le discernement, allons à l’essentiel, nous dit l’auteur : « L’amour de Dieu et du prochain aussi bien que l’Esprit du donneur de Vie sont des thèmes cruciaux pour orienter un processus de discernement ».
Robert K Johnston résume ainsi sa démarche et sa vision : « La plus grande présence révélatrice de Dieu (God’s wider revelatory presence) est présente dans les religions. Nous nous adressons aux membres des autres religions comme co-récipendiaires de la présence gracieuse de Dieu à travers le monde. Les chrétiens sont appelés à témoigner du fait que Dieu a été et continue à être actif dans la création et l’histoire, actif indépendamment de Jésus-Christ à travers l’Esprit qui reste aussi l’Esprit du Christ ».
Robert K Johnston avance un exemple : « Quand des aspects de la révélation de Dieu sont exposés ou vécus dans d’autres religions, ainsi la transcendance de Dieu en Islam ou la théiste ‘Issara de Sankara de Adveita’ (hindouisme), nous devrions vouloir comme chrétiens reconnaitre dans cette tradition la réalité de la Présence de Dieu qui se révèle. Une théologie des religions, de même que toute réflexion sur la plus grande Présence révélatrice de Dieu doit jaillir de nos expériences actuelles » (p 214).
Jean Hassenforder
- Robert K Johnston. God’s Wider Presence. Reconsidering general revelation. Baker Academic, 2014 Voir aussi la présentation : Une plus grande présence de Dieu : https://www.temoins.com/une-plus-grande-presence-de-dieu/
- Pour une vision holistique de l’Esprit : https://vivreetesperer.com/pour-une-vision-holistique-de-lesprit/