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2018 après Jésus Christ – Une émission de télévision qui parle à tous

2018 après Jésus-Chirst2018 après Jésus-Christ : ce titre un peu énigmatique a été donné à une émission bimestrielle de télévision de Présence protestante. Comment le message de l’Évangile est-il reçu aujourd’hui dans un univers culturel qui a considérablement changé pendant 2000 ans ? Nous avons regardé et nous avons été conquis par cette émission originale à travers la mise en œuvre d’un dialogue cordial et authentique.

L’animatrice de cette émission, la théologienne Marion Muller-Colard a ainsi défini cette émission lors de ses débuts en 2017.
« l’Evangile est modelé de tout en tout par des rencontres insolites. Un dialogue incessant entre des sujets supposés savoir et des errants, un dialogue qui élargit sans cesse le sens et le désir de Dieu.
L’émission se propose de reconstituer, 2017 ans après Jésus-Christ, ces rencontres insolites qui jalonnent la Parole de Dieu qui n’a pas le sens des frontières. Partir à la recherche de la Samaritaine d’aujourd’hui, des Nicodème contemporains, des Zacchée, de ceux qui pêchent au bord du lac jusqu’à ce qu’un homme les hèle et les entraine dans une aventure qui déborde tout ce qu’ils comprenaient de la vie. C’est pourquoi notre choix se porte sur trois archétypes d’invités : un spécialiste de la Bible (pasteur, enseignant, prédicateur, etc), un candide (sans culture biblique), et enfin une personne dont la profession, la passion ou l’histoire de vie a un lien avec un thème fort qui se dégage du texte.
Avec ces trois invités qui entreront chacun dans le texte par une porte différente, nous voulons être témoins de la surprise, du décontenancement, des convictions, des doutes, de l’écoute, du déplacement. Fouiller ensemble, se délester de nos à priori, que nous soyons familiers du texte ou supposé lointain. Repartir en offrant une phrase qui éclôt à la fin du chemin, une invitation au téléspectateur à trouver pour lui-même comment résonne ce texte après avoir fait le chemin avec nous ».

Cette année, au début de 2018, Marion Muller-Colard s’exprime à nouveau (1).
« Mon expérience, depuis maintenant plus d’un an et après sept tournages, pourrait se résumer à cet extrait d’Evangile : « Il vous précède en Galilée »… Ma conviction que c’est le Christ qui est l’invitant me permet de clore le temps de la préparation, d’essayer de me rendre disponible à l’inattendu, de me replacer dans ma foi comme invitée parmi les autres. Sur chaque tournage, je refais l’expérience du surcroit de grâce que permet l’inattendu. Je suis émerveillé par ce constat. Jamais personne n’est resté indifférent à la saveur et à la profondeur du texte biblique. Parfois dès la première lecture, parfois après le temps de méditation personnelle creusée ensuite par l’échange avec les autres. Souvent l’invité non chrétien est celui qui s’avère le plus enthousiaste…. Pour moi, le principe de l’émission est au cœur du message de l’Evangile. Comme dans l’Evangile, ce sont souvent les ingénus, les distants, les non-connaisseurs qui révèlent au mieux la richesse de la rencontre. Ils tendent la main au téléspectateur qui se retrouvent dans cette distance, dans leurs questionnements, dans leur esprit critique, et, en même temps, ils témoignent que ce texte vient les saisir ».

Pourquoi cette émission nous paraît aussi attirante, une émission à ne pas manquer, une émission qu’on aime faire connaître à des amis ?
C’est sans doute d’abord parce que l’expérience présentée correspond à notre attente : Dans leurs cheminements, les participants éveillent la sympathie et l’expression de leur ressenti éveille en nous des échos.
Nous nous retrouvons dans la méthode. Ici, pas de pression doctrinaire, pas de schémas rebattus. On s’enrichit de la diversité des interprétations. On chemine, on discerne, on apprend à partir de cette diversité. Et donc, chacun peut trouver là ce qui lui correspond. Ce dispositif encourage l’authenticité telle que l’historien, Charles Taylor (2) en exprime la requête : « La vie ou la pratique religieuse auxquelles je prend part, doivent me parler, doivent avoir du sens par rapport à mon développement personnel tel que je le conçois ».
Cette découverte spirituelle ne se fait pas dans l’ascèse d’une règle imposée, mais dans un moment heureux dans le très beau cadre d’une nature méditerranéenne qui appelle l’émerveillement. C’est un moment heureux dans le temps d’une rencontre conviviale qui éveille la confiance. C’est un moment heureux parce que ce climat de bon accueil permet à chacun de se sentir reconnu. Cette bienveillance (3) ouvre le chemin. Dans cette ambiance de liberté et de fraternité, l’Esprit saint peut se mouvoir et inspirer chacun. Et on peut entrevoir son œuvre dans les intuitions qui jaillissent, les découvertes qui s’expriment. C’est particulièrement le cas chez ceux qui viennent sans aucun prérequis et qui nous comblent parfois par l’originalité de leur regard.
Et donc, la parole de Jésus peut à nouveau se révéler libératrice et ouvrir une relation.

Entre amis, ces émissions suscitent souvent un enthousiasme partagé. On se dit qu’elles pourraient être de remarquables outils pour des réunions de groupe où le parcours déjà engagé pourrait être un point de départ pour un nouveau partage. Et, sur le plan individuel un accès à plusieurs émissions peut entrainer un cheminement personnel, une familiarisation avec l’Evangile, une relation croyante qui se dessine. Aujourd’hui, on peut se procurer chaque émission au prix de 20 euros.
Merci à Marion Muller-Colard pour son animation qui veut témoigner de la présence du Christ dans ces rencontres. Il nous parle toujours à travers sa Parole

J H

(1) Sur le site de la Fédération protestante de France, Marion Muller-Colard présente : « 2018 après Jésus-Christ ». Prochaine émission : France 2 Présence protestante. 11 mars 2018 10h :
(2) Charles Taylor, auteur du livre : « L’Âge séculier (Seuil, 2011). Voir sur ce site : « L’âge de l’authenticité » : http://www.temoins.com/lage-de-lauthenticite/
(3) « Lytta Basset. Oser la bienveillance ». sur le blog : Vivre et espérer : http://www.vivreetesperer.com/?p=1842

Mandela et Gandhi. La sagesse peut-elle changer le monde ?

Mandela - GandhiAu cœur de l’histoire, le rôle et l’influence de certaines personnalités politiques ont été considérables pour le meilleur comme pour le pire.

On peut donc s’interroger à leur sujet. Entre autres, en quoi telle inspiration, telle vision ont pu exercer une influence décisive dans certains contextes et dans certaines circonstances ? Eric Vinson et Sophie Viguier-Vinson répondent à cette question dans un livre sur Mandela et Gandhi. Le sous-titre : « La sagesse peut-elle changer le monde ? » (1) éclaire le propos. En quoi un engagement spirituel peut-il exercer une influence dans le champ de l’action politique et de la transformation sociale ?

A cet égard, le choix de Mandela et Gandhi est particulièrement judicieux. Car ces deux hommes, aujourd’hui célèbres, ne sont pas sans rapport. En effet, si l’engagement de Gandhi est chronologiquement antérieur à celui de Mandela, il y a, entre eux, une forte interconnexion à travers un champ commun : l’Afrique australe, un adversaire semblable : l’impérialisme colonial occidental, des modes d’action comparables : le primat de la non violence, une inspiration chrétienne sur des registres variés. Voici deux personnalités qui ont marqué le XXè siècle dans des séquences historiques différentes. Les approcher dans leurs interrelations peut démultiplier l’intérêt déjà considérable qui leur est porté. Et cette étude comparée permet de mieux comprendre les enjeux communs.

C’est la vision que nous proposent les deux auteurs. « Gandhi, Mandela et l’Afrique du Sud, une triangulaire aux interactions déterminantes pour comprendre l’histoire particulière de ces hommes et de ces pays, mais aussi la pensée universelle de la dynamique qui les lie. Sur cette terre, en moins d’un siècle, sont en effet apparus les pires poisons de la modernité politique et leurs antidotes ». Là sont apparus camp de concentration,  génocide, racisme institutionnel. Mais, en regard, il y a eu « l’invention du « satyagraha » par Gandhi et sa mise en œuvre par des générations successives de militants, jusqu’à la victoire définitive sur ce régime inhumain, par une démarche de réconciliation démocratique guidée par Mandela. Il y a là comme « une scène primitive » du XXè siècle, un laboratoire à la fois tragique et fascinant où les crimes contre l’humanité de la colonisation ont préfiguré ceux du totalitarisme. Mais, « là où croit le péril croit aussi ce qui sauve » (Holderlin). Cet antidote émerge ainsi des chemins de Gandhi et de Mandela  comme de leur intersection sur le plan historique, théorique et pratique donnant aux droits de l’homme toute leur portée, qui confine au sacré » (p 239-240).

Si le monde est actuellement engagé dans une grande mutation, si aujourd’hui nous sommes confrontés à des défis majeurs, pour affronter cette situation, n’avons-nous pas besoin d’une vision qui nous permette de dépasser l’immédiateté et l’égocentrisme pour entrer dans une dimension supérieure. « Sans vision, le peuple meurt », déclare une parole biblique (Proverbes 29.18). Ainsi, personnellement, collectivement, pouvons-nous trouver une inspiration dans un registre spirituel et religieux. Et effectivement, au cours de l’histoire, des leaders ont trouvé force et discernement dans une telle inspiration. C’est bien la perspective mise en évidence par les auteurs de ce livre à partir de l’exemple de Mandela et de Gandhi. « Chacun, à leur façon, Gandhi et Mandela manifestent une certaine manière de vivre et de faire de la politique. Ils s’imposent comme des figures singulières, en ce qu’ils connectent le débat démocratique avec une autre dimension de l’existence à la fois personnelle, universelle et transcendante. Rarement mobilisé en politique, ce domaine peut être nommé « spiritualité » comme une certaine relation  à l’ultime (en général identifié avec le Divin)  qui s’enracine à la fois dans l’intériorité et l’interdépendance pour se traduire par une parole et une éthique spécifique » (p 249).

Eric et Sophie Vinson évoquent des figures historiques qui sont inscrites dans cette démarche et forment « une même famille, celle des démocrates spirituels, qui articulent démocratie et intériorité, intime et collectif, tradition et modernité. Ces hommes mobilisent le champ sémantique et pratique du spirituel » (p 250) et y trouvent une source d’influence et de rayonnement. Ainsi les auteurs citent des noms, qui, pour nombre d’entre nous sensibles à cette approche, sont déjà familiers. Outre Mandela et Gandhi, le Dalaï Lama, le pape François, Martin Luther King, Tolstoï, Dietrich Bonhoeffer, Vaclav Havel et Jean Jaures (2).

Par le choix des personnalités étudiées : Mandela et Gandhi, par la riche analyse de leur interaction, par l’approche originale et bienfaisante ainsi mise en évidence, ce livre appelle une large audience à laquelle participera le lectorat ce Témoins.

Jean Hassenforder

  • Eric Vinson, Sophie Viguier-Vinson. Mandela et Gandhi. La sagesse peut-elle changer le monde ? Albin Michel, 2018
  • Eric Vinson, Sophie Vigier-Vinson. Jaurès le prophète. Mystique et politique d’un combattant républicain. Albin Michel, 2014. Un livre qui permet de revisiter l’œuvre de Jaurès et d’y découvrir une profonde inspiration spirituelle.      « Si l’on néglige sa thèse sur la « Réalité du monde sensible », si on passe à côté de sa spiritualité- qui s’oppose au pouvoir temporel de l’Eglise catholique, mais reconnaît en l’homme la présence du divin-on ignore les principes mêmes qui ont guidé toute son action ».

 

Pour une théologie en phase avec les questions de notre temps

Une conférence de Jürgen Moltmann à l’Institut Protestant de Théologie
(Paris, 20 octobre 2017)

Jürgen Moltmann a été invité à intervenir au colloque Georges Casalis : « Théologie, acte politique » organisé par l’Institut Protestant de Théologie à Paris le 20 et 21 octobre 2017, sur le thème : « Le futur de la théologie ». Rodolphe Gozegba est doctorant à l’Institut Protestant de Théologie et prépare une thèse à propos de Jürgen Moltmann. Il répond ici à quelques questions concernant la conférence donnée par Jürgen Moltmann, le vendredi soir 20 octobre 2017

1 Rodolphe, dans quel contexte et comment as-tu rencontré la pensée théologique de Jürgen Moltmann ?
La première fois que j’ai rencontré la pensée théologique de Moltmann, c’était dans un enseignement magistral lors de ma troisième année d’études à la Faculté de théologie évangélique de Bangui (FATEB). L’intérêt que j’ai porté à sa pensée tenait à la pertinence de celle-ci pour moi et pour mes collègues qui l’avaient également étudiée. Pour moi, lire une pensée théologique significative réconforte un esprit parfois désespéré. Et au moment où mon pays était ravagé par la guerre, où le patrimoine culturel était détruit où il ne restait plus rien, où le peuple centrafricain gémissait de douleur, j’ai approfondi son ouvrage : Le Dieu crucifié. La Croix du Christ, fondement et critique de la théologie (traduit par Bernard Faigneau-Julien, à Paris aux Éditions du Cerf, en 2012). J’y ai trouvé un message nouveau d’encouragement – en ce qui concerne l’intervention de Dieu dans la souffrance humaine. La Croix du Christ qui, pour Moltmann, représente les souffrances de l’humanité, met en évidence l’incommensurable amour de Dieu pour l’humain. A ce titre, « il faut aujourd’hui que l’Église et la théologie se souviennent du Christ crucifié pour montrer au monde sa liberté, si toutefois elles veulent être ce qu’elles prétendent être : l’Église du Christ et la théologie chrétienne » affirme Moltmann (DC p. 7). Ce qui compte, c’est le déploiement de sa pensée qui met en exergue le rapport entre la théologie et la société. Et cela correspond bien à mes aspirations spirituelles et intellectuelles, à mon positionnement biblique et théologique, et à mes convictions essentiellement pluralistes. Je m’implique dans la contextualisation de la pensée théologique de Moltmann aux réalités culturelles et géopolitiques particulières en Centrafrique.

2 Qu’est-ce qui t’a incité à t’engager dans un travail de thèse à ce sujet ?
Comme je l’ai dit dans ma précédente interview, je dois rappeler encore une fois que j’ai vécu une expérience similaire à Moltmann. Moltmann a connu la deuxième Guerre Mondiale. Dans son expérience si difficile, la découverte de Jésus-Christ dans l’évangile lui a rendu espoir. De même j’ai pu garder l’espérance dans le contexte centrafricain où le peuple est désespéré sans savoir pourquoi le désastre est arrivé. De ce point de vue, la pensée théologique de Moltmann m’apparaît comme source d’inspiration pour toute quête d’espérance. « L’espérance chrétienne n’est pas seulement une espérance pour l’éternité mais aussi une espérance messianique pour notre futur concret, une transcendance immanente […] Cette espérance messianique est un pouvoir de guérison contre le cynisme des puissants et l’apathie des impuissants ». « Avec cette foi nous serons capables de faire de ces montagnes de désespoir des pierres d’espérance » proclamait Martin Luther King en 1963. « Le Dieu de l’espérance est un Dieu qui vient, qui était, qui est et qui vient. Dieu n’est pas l’immuable éternel, n’est pas l’absolu détaché de tout qui était, qui est et qui sera, le même d’éternité en éternité, mais le Dieu qui façonne le futur du monde selon son heure et qui vient pour remplir les cieux et la terre de la vie divine, de la vérité divine et de la justesse divine » déclare Moltmann (Le futur de la théologie, p. 11). Ce qui m’intéresse dans la pensée de Moltmann, c’est le rapprochement de l’Eglise avec la société. Ce rapprochement m’incite à réfléchir en partant de l’hypothèse concernant le rôle et la place de la théologie dans la société. La pensée théologique de Moltmann me paraît bibliquement fondée et permet de prendre en compte la réalité des crises socio-politiques.

3 Tu as assisté et participé à la conférence donnée par Jürgen Moltmann le 20 octobre 2017 à l’Institut Protestant de théologie. Quelle a été l’orientation de son intervention ? Quelles en ont été les grandes lignes ?
J’ai été très marqué par la capacité de Moltmann de retracer l’évolution de la théologie du xxe siècle à nos jours. Avec une grande connaissance de l’histoire, il a su définir ce que représentent les tâches théologiques d’aujourd’hui. « A partir de 1960 environ, une théologie au visage tourné vers le monde a émergé, ainsi que l’a déclaré Johann Baptist Metz. Dans les dialogues entre christianisme et marxisme, nous avons développé une nouvelle théologie politique de l’Eglise […] La théologie de la libération, qui a commencé en 1971 en Amérique latine, a été plus efficace à travers le monde. Des théologies contextuelles ont poussé partout comme des champignons : la théologie noire, la théologie féministe, la théologie Minjung, la théologie Dalit, etc. Il s’agissait de participations théologiques à des mouvements politiques ou culturels destinées à amener des chrétiens dans ces mouvements avec l’espoir de christianiser ces mouvements… ». Par ailleurs, dans les régimes politiques où le peuple est asservi, Moltmann voit l’existence de dieux morts qui s’opposent au Dieu vivant. Cette position s’appui sur son expérience personnelle et notamment la période de sa jeunesse où il a beaucoup souffert sous le régime nazi. A partir de là, il a été capable de comprendre les méfaits de tous les pouvoirs d’oppression.

4 Qu’est ce que cette conférence t’a apporté de nouveau ?
La conférence de Moltmann à Paris m’a apporté 1) une réelle prise conscience sur les grandes questions que se posent les théologiens d’aujourd’hui : Comment dire Dieu dans un contexte de crises socio-politiques, comment prêcher l’Evangile dans une société plurielle ? Quel est le statut de l’Eglise par rapport à la société, par rapport à la politique et par rapport à d’autres religions ? 2) La conférence de Moltmann m’a aussi appris à vivre avec les autres puisque Dieu s’incarne pour habiter parmi les hommes. Cette conférence m’a confirmé dans la volonté de dépasser tout fanatisme religieux, d’accepter le dialogue avec d’autres convictions. 3) La conférence de Moltmann a également ajouté un chapitre nouveau sur une question qui ne figure pas actuellement dans ma recherche doctorale : le tournant écologique. Cette question est très présente dans la théologie de Moltmann, et j’estime nécessaire de l’aborder dans les années à venir.

5 A l’occasion de cette rencontre, comment as-tu vécu une relation nouvelle avec la personnalité de Jürgen Moltmann ?
J’ai le souvenir d’avoir rencontré un homme humble, calme, grandement inspiré, sage, joyeux et heureux. J’ai eu l’occasion de passer quelques minutes avec lui. Cette rencontre, unique, m’a communiqué quelque chose de sa personnalité. En lui, j’ai ressenti l’humilité dans son ouverture aux autres et à leurs différences malgré sa grande notoriété. Il avait également une attitude conviviale à l’égard des gens qui le saluaient. En lui, j’ai su que l’ouverture aux autres pouvait susciter une joie sans égal, et que s’accepter mutuellement au-delà de nos différences n’était ni un danger ni une menace, au contraire. Donc, ce qui a compté pour moi ce n’est pas seulement sa pensée théologique et son audience, mais tout ce qui, en lui, le rend profondément « humain ».

6 Comment cette conférence te paraît-elle répondre aux attentes des gens d’aujourd’hui ?
Moltmann fait d’abord un état des lieux détaillé de la conjoncture des sociétés européennes au xxe siècle : « Les nations européennes ont sacrifié leur jeunesse, alors qu’il y aurait eu des moyens de faire la paix […] aujourd’hui notre patriotisme ne s’applique plus à notre propre peuple, mais à la constitution démocratique, avec les droits de l’Homme comme droits fondamentaux pour tous les hommes. Le dieu de la patrie est pour moi un dieu mort, et les sacrifices sur les champs de bataille des Guerres Mondiales se sont faits en vain » (FT, p. 4). Ce rappel historique opère un lien entre ce qui s’est passé au xxe siècle et la période actuelle, mais permet aussi un élargissement de l’écoute dans des situations diverses : l’avenir des jeunes, la nécessité de faire la paix pour éviter les guerres, l’esprit patriotique, le respect de la démocratie, la considération des droits de l’Homme, la protection de l’environnement etc. Il me semble donc que la Bonne Nouvelle de cette conférence invite la théologie et l’Eglise à vivre dans la confiance et dans la stricte fidélité à leur mission ici-bas. Car pour Moltmann, la théologie doit, face au malheur, devant la désolation et le désespoir, chercher toujours à porter un message de résurrection et d’espérance. Moltmann précise : « Le christianisme doit passer d’une spiritualité gnostique traditionnelle – nous ne sommes que de passage sur terre, notre maison est au ciel – à la compréhension du fait que la terre est notre maison dans ce monde et également dans celui à venir. Parce que nous espérons une nouvelle terre sur laquelle la justice demeurera, nous sommes fidèles à la terre. » (FT. p. 7). La théologie et l’Eglise doivent prendre au sérieux « l’aujourd’hui », « le maintenant » pour avoir une société qui respecte les droits fondamentaux de l’Homme. Et tout cela, entraîne les chrétiens vers un au-delà qui leur est offert.

7 Comment cette conférence appelle-t-elle le monde chrétien à un regard nouveau ?
Moltmann s’est ouvert cœur et âme à son auditoire. Pour moi, ce qu’il a dit m’est apparu comme une somme de sa théologie, mais aussi de ses propres expériences. Et à mon sens, il n’a fait qu’encourager les théologiens chrétiens à exprimer avec conscience leur pensée théologique par rapport à toutes les sphères de la société. En rapprochant les théologiens de la société, Moltmann parvient à donner une signification à la place et au rôle de la théologie dans ce monde. Il illustre chacun des aspects de sa conférence par des exemples historiques et des expériences vécues pour justifier le rôle des théologiens dans la société. Moltmann réussit à dire nettement sa pensée puisqu’il reste critique face aux défis sociaux. Son analyse renvoie aux événements du xxe siècle en Allemagne, en Europe et en Amérique latine et tout ce qui en découle. Très souvent dans ce contexte, à plusieurs reprises, il est arrivé que la théologie n’assume pas ses responsabilités. Voilà pourquoi Moltmann insiste ici sur l’importance du travail théologique. Il encourage les théologiens chrétiens à faire preuve d’une responsabilité d’avant-garde dans la société. Avec confiance, Moltmann propose une démarche fondamentale, compréhensible, bibliquement fondée et pouvant être appliquée.

8 Quel était l’auditoire de cette conférence ? Comment a-t-il réagi ?
Je sais que de nombreuses personnes, théologiens, pasteurs protestants, prêtres catholiques, de nombreux enseignants des facultés de théologie en France, étudiants, mais aussi, bien sûr, des personnes qui s’intéressent à la théologie de Moltmann ; étaient présentes pour l’écouter. L’Institut protestant de Théologie, Paris a disposé deux salles (amphi et une grande salle connexe à l’amphi) pour accueillir les participants. Les deux salles étaient pleines. J’ai remarqué que les participants avaient manifestés un grand intérêt et posaient des questions pour mieux comprendre la théologie de Moltmann.

9 Comment perçois-tu la réception de la théologie de Moltmann aujourd’hui en France et dans l’univers francophone ?
De nombreux théologiens français ont étudié la théologie de Moltmann ou l’ont traduit de l’allemand en français. Parmi eux, Hubert Goudineau et Jean-Louis Souletie, Dominique Gonnet, Henri Blocher, Frédéric Chavel. Un point important : sur le Web également, il y a une abondante littérature concernant la théologie de Moltmann. Je peux mentionner ici les deux blogs : L’Esprit qui donne la vie et Vivre et Espérer qui cherchent à faire connaître la théologie de Moltmann au grand public. En outre, j’ai pu constater qu’il y a au Canada, en Suisse, en Belgique et en Afrique subsaharienne francophone un foisonnement d’études consacrées à Moltmann.

Abréviations
DC Dieu crucifié
FT Futur de la théologie (titre de la conférence de Moltmann)

Sur ce site, voir aussi : « Une théologie pour notre temps. L’autobiographie de Jürgen Moltmann » : http://www.temoins.com/une-theologie-pour-notre-temps-lautobiographie-de-juergen-moltmann/

  1. [1] https://www.temoins.com/mouvement-paix-centrafrique/

Ensemble, chantons notre espérance : un événement dans la ville

Dans une ville de la région parisienne, en banlieue sud, à Antony, depuis cinq ans, des chorales chrétiennes se rassemblent chaque année dans un concert de plus en plus fréquenté.

Ainsi, le 12 novembre 2017, le cinquième concert : « Ensemble, chantons notre espérance » a rassemblé près de 600 personnes et 12 églises protestantes d’Antony et de sa région à l’espace Vasarely.
Une vidéo rend compte de cet évènement, nous en indique le sens et nous en montre la portée (1).

Ainsi, l’inspirateur de ces rencontres, Pascal Colin, directeur général d’Initiatives, exprime l’intention : « Dans ce monde qui change, qui bouge, qui se transforme, il est nécessaire que des chrétiens puissent témoigner de leur espérance, de leur joie et de leur foi ».

Cependant, ce concert n’est pas seulement une expression spirituelle, c’est aussi un espace de rencontre. En effet, une concorde interreligieuse s’exprime à cette occasion par la présence de représentants de différentes communautés religieuses. Et, manifestement, leurs déclarations sur la vidéo témoignent d’une sympathie conviviale. Parce qu’il manifeste et crée des liens entre les communautés et renforce ainsi le tissu social, ce concert est également apprécié par les instances politiques locales. Ainsi le maire d’Antony manifeste sa satisfaction. Et la députée, également présente, apporte un soutien qui n’a rien de convenu. Ce concert suscite un consensus positif.

Ce consensus va-t-il de soi dans une société où les divisions abondent ? il nous parait le fruit d’un processus où des liens se sont peu à peu tissés. Et déjà à l’intérieur de l’univers chrétien protestant avec ses particularités et dans sa diversité, il a fallu se reconnaître et s’entendre. Plus largement, l’œcuménisme a élargi l’audience.
Cependant, la forme de l’évènement a été elle-même un facteur décisif de la réussite. En effet, c’est le chant, c’est la musique qui exprime la transcendance dans un commun qui rassemble. Oui, le chant, la musique correspondent aux aspirations spirituelles qui se manifestent aujourd’hui. A cet égard, la réussite des chorales Gospel est particulièrement significative (2). Dans le chant se manifeste à la fois la fraternité et un sens que l’on rejoint et où on se rejoint. Ce sens, cette signification sont bien exprimés dans le titre du concert : « Ensemble, chantons notre espérance ». Cette espérance porte une dynamique qui ouvre un horizon.
On sait qu’il y a actuellement dans notre société un excès de défiance (3). Cette situation est cause de préjudice. Et c’est le cas aussi dans l’exercice de la citoyenneté. Aussi tout ce qui peut accroitre la confiance est bienvenu. On comprend pourquoi les instances politiques locales accueillent positivement cet événement. Il génère la confiance. Cependant, il y a là aussi une conjoncture locale favorable. Car, en France, cette concorde ne va pas partout de soi. Dans le registre du religieux, il y a une mémoire conflictuelle, celle de deux camps opposés au XIXè siècle. La loi de 1905 a créé les bases d’un compromis pacificateur en assurant la séparation des églises et de l’état, la neutralité du pouvoir politique. Cependant, il a fallu ensuite des décennies pour que cette laïcité puisse se réaliser dans une forme apaisée. Le développement en France d’une nouvelle composante religieuse, la religion musulmane, a réveillé les antagonismes. Ainsi, dans certains milieux, demeure une méfiance vis à vis du religieux qui se traduit par une volonté de le réduire à la dimension de la vie privée. Ainsi doit-on réaffirmer que la laïcité signifie la neutralité de l’état et non la neutralisation de la société et de l’espace public. C’est une conception pluraliste qui s’inscrit dans la mondialisation et dans l’unification européenne (4). Le concert organisé à Antony participe à cette conception de la laïcité.

Aujourd’hui, le pouvoir politique prend conscience de la nécessité de promouvoir une société de confiance. Toutes les dimensions de la vie sociale sont concernées. Sur le plan religieux cela implique la reconnaissance de l’apport des composantes religieuses et spirituelles à la vie commune. Le récent « discours des voeux du Président de la République aux autorités religieuses » (5) apporte à cet égard un bel éclairage : « Nous savons bien ce que notre nation doit au cours de son histoire aux multiples apports religieux et philosophiques et, le dire, ce n’est pas renoncer au pacte laïque, mais plutôt reconnaître cette aspiration qui continue d’animer nombre de nos contemporains à une forme de transcendance que Jaurès décrivait en ces termes : « Il serait mortel de comprimer les aspirations religieuses de l’âme humaine. Dès lors qu’il aura réalisé la justice, l’homme s’apercevra qu’il lui reste un vide immense à remplir ». Ce vide immense à remplir, certains voudraient le combler par des discours de haine ou en développant des perspectives mortifères… Vous avez votre part de responsabilité dans ce vide immense à remplir. Nous avons notre part de responsabilité dans la reconnaissance de votre rôle et la possibilité de traduire justement cette action avec confiance et bienveillance ». Il nous paraît que le concert : « Ensemble, chantons notre espérance » est une initiative pionnière qui s’inscrit dans cette voie.

Jean Hassenforder

(1) Vidéo You Tube : Ensemble, chantons notre espérance : https://www.youtube.com/watch?v=cjnyXQAe4ZM&feature=youtu.be
(2) Les chorales Gospel se sont multipliées en France. Sur ce site, la dynamique de « New Gospel Family » : http://www.temoins.com/new-gospel-family-le-19-octobre-2013-a-lolympia/
(3) « Promouvoir la confiance dans une société de défiance » (Yann Algan, Piere Cahuc, André Zylbergerg. La fabrique de la défiance) : http://www.vivreetesperer.com/?p=1306
(4) Sur ce site : « Les rapports entre le politique et le religieux » : http://www.temoins.com/les-rapports-entre-le-politique-et-le-religieux/
(5) « Transcription du discours des voeux du Président de la République aux autorités religieuses » : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-des-v-ux-du-president-de-la-republique-aux-autorites-religieuses/

Aujourd’hui

Aujourd’hui, reconnaître la présence de Dieu et vivre la foi au cœur de la vie

A notre époque où le monde est engagé dans une grande mutation, nous pouvons nous polariser sur les menaces qui abondent, nous replier sur notre héritage religieux et culturel. Ou bien, confiant dans la présence active d’un Dieu qui nous appelle à l’espérance, nous pouvons rendre grâce pour les merveilles qui existent dans ce monde et participer à la transformation en cours. Tout dépend de notre regard. Tout dépend de notre vision.
« Que le Dieu de l’Espérance nous remplisse de toute joie et de toute paix dans la foi pour que nous abondions en espérance par la puissance du Saint Esprit ! (Romains 15.13). Avec le théologien Jürgen Moltmann, nous « croyons à un Dieu de l’Espérance qui marche devant nous et nous précède dans le déroulement de l’histoire. C’est le message de la Bible… Le christianisme est résolument tourné vers l’avenir et invite au renouveau… la foi est chrétienne lorsqu’elle est la foi de Pâques. Avoir la foi, c’est vivre dans la présence du Christ ressuscité et tendre vers le futur Royaume de Dieu » (1). Ainsi, nous pouvons reconnaitre la présence de Dieu dans la vie du monde et dans la notre et contribuer à son œuvre.
Les articles publiés aujourd’hui sur ce site participent à cette vision.

Dans son livre : « Cyberthéologie », Antonio Spadaro nous invite à découvrir un nouveau monde : « Le web n’est pas un instrument, mais un milieu dans lequel nous vivons ». En des termes nouveaux, nous sommes appelés à vivre l’Evangile au cœur de la vie. A cet égard, un passage du livre d’Antonio Spadaro nous parait particulièrement signifiant : « Soixante dix ans après le voyage du premier train commercial sortait le roman « Jude l’obscur » (1995) de Thomas Hardy. Dans ces pages, Sue Bridehead répond ainsi à Jude qui lui demande d’aller s’asseoir dans la cathédrale : « Oui, même si en ce qui me concerne, je préférerais aller m’asseoir à la gare », répondit-elle, une trace de colère dans la voix. C’est là que se trouve la vie citadine. La Cathédrale a fait son temps ». La gare, dans ce dialogue, n’est pas un non lieu, un lieu de passage rapide, mais elle devient le centre des connections au cœur même de la ville, « milieu » symbolique également et non pas simple consigne d’un moyen de transport. Si cela est vrai en ce qui concerne la gare, ce l’est encore plus aujourd’hui en ce qui concerne le Net ». La religion a trop souvent été vécue comme un univers clos. Antonio Spadaro nous invite à « penser le christianisme à l’heure d’internet ». C’est vivre l’Evangile au cœur de la vie.

Et, de même, lorsque Frédéric de Coninck découvre la biennale 2012 d’art contemporain de Venise, il nous montre comment, au carrefour de la culture d’aujourd’hui, cette grande exposition évoque des problèmes qui soulèvent des questions spirituelles. « De toute part, les questions et attentes spirituelles des contemporains se livrent à visage découvert ». Or « les grandes religions semblent figées dans des formes rituelles qui ne font plus sens autant pour les artistes que pour la plupart des visiteurs. Et elles suscitent la méfiance parce qu’elles sont érigées en magistère moral dés qu’elles ont accédé au pouvoir ». Ainsi il y a un hiatus à combler entre foi religieuse et spiritualité.

Les jeunes générations vivent aujourd’hui dans un nouvel espace et un nouveau genre de vie. Nouvelles opportunités, mais aussi nouveaux problèmes. Et comment les églises peuvent-elles répondre aux aspirations spirituelles correspondantes alors que, bien souvent, elles sont éloignées de cette génération montante. Lorsqu’il est arrivé à la trentaine, Charly Mootien s’est interrogé sur le sens de sa vie. « Depuis mes 30 ans, je sais que j’entre dans une nouvelle phase de ma vie. Il est temps de savoir ce que je veux construire, dans quoi je veux investir, ce que je veux laisser derrière moi ». En faisant appel à son expérience riche en rencontres et à une vaste information bien choisie et bien présentée, Charly Mootien apporte un itinéraire de réflexion et de formation qui ouvre la voie d’un cheminement et d’une formation en réponse aux questions de cet âge et bien au delà…

En Suisse romande, à Lausanne, Cèdres formation, Institut de formation en théologie, christianisme et religion, vient d’organiser une série de conférences interactives permettant une réflexion sur l’Eglise émergente, les grandes églises innovantes américaines et les « fresh expressions » britanniques comme source d’inspiration pour un renouvellement des Eglises. Depuis des années, Témoins œuvre dans la même voie. Et nous nous réjouissons de cette convergence. Cèdres formation publie également une revue : « La Revue des Cèdres ». David Gonzalez nous présente ici le dernier numéro : « L’Eglise pour y venir », toute une gamme de contributions pour le renouvellement de l’Eglise.

Une des caractéristiques majeures du monde d’aujourd’hui, c’est le mouvement accéléré vers la globalisation, un mouvement croissant d’unification, qui entraine en retour de fortes crispations. Les « articles à relire » traitent de cette dimension. Dans quel contexte international la foi chrétienne se déploie-t-elle aujourd’hui ? On peut revenir à la fin de ce parcours au livre d’Antonio Spadaro qui, dans son dernier chapitre, décrit la densification des communications sur le web à l’image de la « noosphère » évoquée par Teilhard de Chardin.

Tout ce que nous venons d’évoquer en présentant cette nouvelle livraison sur le site de Témoins, peut se traduire en une expression : la foi au cœur de la vie. C’est aussi le fil conducteur de la spiritualité vécue à Témoins depuis ses débuts. Et un accent sur la communion fraternelle va de pair. Et c’est bien là une démarche en phase avec une aspiration à la convivialité et à la fraternité qui s’exprime de plus en plus à notre époque en des registres divers et des lieux variés. Nous suivons ce mouvement dans notre veille de recherche, tant ce qui apparait dans la société que ce qui s’exprime dans les Eglises. Les célébrations du 500è anniversaire de la Réforme n’ont-elles pas pris la fraternité pour emblème ? Et, tout récemment, nous découvrions un message de Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, rapporté dans une interview du « Pèlerin » (2). Celui-ci, annonçant que les paroisses ne couvriraient plus désormais l’ensemble de ce territoire, invitait les baptisés à la mise en oeuvre d’une « fraternité de proximité ». Il « invitait les baptisés à se retrouver en petites « fraternités, une fois par semaine pendant une demie heure pour échanger quelque nouvelles et prier… Ces fraternités devraient être ouvertes. Je leur demande de dire le Notre Père… Petit à petit, je pense que, dans l’esprit du Notre Père, elles vont se remplir. Ce ne seront plus seulement les quatre personnes présentes. Ce seront les voisins, les voisines, ceux qui précisément vers qui nous sommes envoyés… ». Que Dieu, communion d’amour et puissance de vie, nous donne de vivre l’Evangile au cœur de la vie et de reconnaître le mouvement de l’Esprit dans le monde d’aujourd’hui comme dans le renouveau et la créativité des communautés chrétiennes.

Jean Hassenforder

(1) Jürgen Moltmann. De commencements en recommencements. Une dynamique d’espérance. Empreinte Temps présent, 2012 (p 109-110)
(2) http://www.pelerin.com/A-la-une/Mgr-Dominique-Lebrun-Il-n-y-aura-plus-de-paroisses-sur-tout-le-territoire