Fred Ménigoz, Auteur à Témoins

Recherche innovation

Culture Société

Actualités

Galeries

Vie Spiritualité

Qui sommes nous ?
Sélectionner une page

La vie secrète des arbres, Peter Wohlleben, ed. Les Arènes

Temoins-culture et sociétéBeaucoup d’entre nous gardent en mémoire les ballades dominicales de notre enfance dans les bois. Les souvenirs des cabanes éphémères, de la cueillette des champignons ou encore de la traque au animaux sauvages s’impriment en nous comme une marque sur l’écorce d’un arbre. La rubrique Bien vivre famille de l’hebdo La Vie N° 3803 nous invite à redécouvrir les plaisirs de l’aventure forestière. Pourtant aujourd’hui il n’est pas toujours facile d’arracher les enfants aux écrans. Les forêts sont pour nombre d’entre nous un univers dont le fonctionnement nous échappe. Il peut aussi s’agir d’un monde effrayant car méconnu, où l’on peut se perdre.

Depuis quelques années les scientifiques s’attachent à étudier et à mieux comprendre ce milieu et la vie des arbres en particulier. Comment fonctionnent les arbres? Quelles relations ont-ils avec leurs congénères? C’est ce que s’attache à expliquer Peter Wohlleben dans La vie secrète des arbres aux éditions Les Arènes, bestseller vendu à des millions d’exemplaires et dont la couverture verdit les panneaux publicitaires du métro parisien. Nous y découvrons un monde fascinant, aux propriétés et aux capacités surprenantes et insoupçonnables.

L’auteur , garde forestier allemand, livre avec passion ses années d’observation, d’expériences et d’études sur la vie des arbres en milieu naturel (forêts non cultivées). Par exemple la notion du temps y est très lente. En effet un hêtre a une durée de vie moyenne de 400 ans (contre 80 à 100 maximum en exploitation sylviculture). L’arbre est un exemple d’éloge de la lenteur.

Durant sa vie, l’arbre est en constante lutte contre les espèces concurrentes, mais aussi contre les spécimens de la même espèce pour l’accès à la lumière céleste. Mais ce que nous savons moins c’est que les arbres sont aussi capables de solidarité avec leurs semblables. Ils s’entraident dans les moments difficiles. Par exemple, si un parasite attaque un spécimen, celui-ci va produire une hormone (odeur) qui avertit les autres arbres afin qu’ils se protègent en produisant une substance qui repousse le parasite. Les végétaux ont également la capacité de communiquer entre eux. Ainsi à travers leur système racinaire, ils s’échangent des informations (toucher). Grâce à leur impressionnant réseau de racine, étendu tel une toile sous terre, prolongé par des filaments (champignons) les arbres communiquent les uns avec les autres et s’échangent même des nutriments en cas de difficulté (sécheresse…). Ce réseau de racines d’étend sur des kilomètres et est très dense : dans une cuillère à café de terre, les scientifiques ont recensé 1 kilomètre de filaments! La vie sous terre est d’une richesse inimaginable, il y a par exemple dans une poignée de terre forestière plus d’organismes vivants que d’êtres humains sur terre!! Cela est possible grâce aux effets du cycle des saisons sur les végétaux vivants à l’état naturel. Malheureusement, les forêts naturelles, sauvages, c’est-à-dire non exploitées par l’homme, sont de moins en moins nombreuses. C’est non seulement une perte considérable pour la biodiversité de notre planète mais cela a aussi des conséquences sur notre vie sociale. Il a en effet été étudié qu’une ballade en forêt avait des effets apaisants sur notre organisme et sur nos relations sociales : ” Le lien avec la nature est indispensable pour nous sentir plus zen, plus humain… Par elle, on reconnait notre fragilité, on ne peut être dans la toute-puissance, ni mené par l’argent[1]“.

Selon les observations de Peter Wohllenben nous apprenons également que les arbres ont des stratégies, collectives ou individuelles, de développement, de défense, de migration, de formes ou de reproduction. Il écrit : “En matière de lutte contre les amateurs de jeunes pousses tendres, les peupliers suivent une stratégie qui mise sur l’opiniâtreté et la quantité. Ils peuvent être broutés et encore broutés des années de suite par des chevreuils ou des bovins, leur système racinaire n’en continue pas moins de lentement s’étendre. Il en émerge des centaines de rejets qui au fil du temps forment de véritables buissons. Un seul arbre peut ainsi s’étendre sur plusieurs hectares, parfois même beaucoup plus, dans certains cas extrêmes. La Fishlake National Forest, dans l’Etat de l’Utah, héberge un peuplier de plus de 40 000 troncs qui s’étend aujourd’hui sur 43 hectares pour un âge estimé à plusieurs milliers d’années. Cet organisme extraordinaire, qui ressemble à s’y méprendre à une vaste forêt, a été baptisé Pando.[2]“.

Nous connaissions le rôle primordial des forêts dans l’équilibre environnemental de notre planète, mais c’est un monde beaucoup plus subtil et émouvant que nous découvrons à travers cet ouvrage. Nous apprenons que les arbres se différencient aussi par leur caractère propre et individuel: prudents, audacieux ou impatients selon les sujets. C’est quasiment une approche anthropomorphique que nous propose l’auteur afin de sensibiliser les lecteurs à l’importance du maintien de l’équilibre naturel à travers les forêts. Les villes auraient même tout intérêt à réintégrer des espaces naturels : climatisation naturelle, biodiversité, baisse du stress…

Quand un arbre tombe, on l’entend ; quand la forêt pousse, pas un bruit” dit le proverbe africain. Ce livre est une invitation à tendre nos oreilles vers l’appel de la forêt.

Fred Menigoz

[1] La vie n° 3803 p. 62

[2] La vie secrète des arbres, Peter Wohlleben, p. 196.

Le miracle Spinoza de Frédéric Lenoir

SpinozaL’œuvre de Spinoza nous invite à découvrir une conception très personnelle de la religion, du libre-arbitre, des passions ou du bonheur. Car il est possible d’être heureux et c’est la bonne nouvelle que nous livre Spinoza !

L’œuvre de Frédéric Lenoir nous invite à découvrir la vie et la pensée de Baruch Spinoza (1632-1677). Il ne s’agit pas pour lui de la « récupérer » pour en faire une admiratrice utile au christianisme, ni de détourner le sens du spinozisme – compris parfois comme un athéisme pratique. Il s’agit d’en extraire sa valeur de miracle pour aujourd’hui, de restituer sa force explosive au quotidien et son éthique du bonheur, révolutionnaire pour son temps. Elle tente de rendre abordable une philosophie qui, certes se libère de la théologie institutionnelle, une position inédite pour la société conservatrice du 17ième siècle néerlandaise mais qui n’en reste pas moins difficile d’accès. L’œuvre majeure de Spinoza, l’Ethique (1677), se veut une philosophie pratique qui invite l’homme à dépasser son état de servitude émotionnelle.  Descartes, contemporain et référent de Spinoza, fut le premier à douter de tout, sauf de son Dieu. Ainsi Spinoza nous propose de connaitre le bonheur selon une véritable rencontre avec Dieu et non selon les enseignements théologiques faisant alors foi : “Le bien suprême de l’âme est la connaissance de Dieu ; et la vertu suprême de l’âme, c’est connaître Dieu[1]“.

D’ailleurs Spinoza ne réfute en rien l’existence de Dieu; il déclare ” L’opinion qu’a de moi le vulgaire qui ne cesse de m’accuser d’athéisme ; je me vois obligé de la combattre autant que je pourrai[2]“, mais pour autant il affirme aussi ne “pas avoir besoin de suivre des rites religieux, quels qu’ils soient. Sa religiosité est une spiritualité toute personnelle qui se construit par les seules forces de sa raison[3].”

Cette liberté, l’auteur néerlandais va la payer chère. A 23 ans Baruch Spinoza est frappé par un Herem (excommunication de la communauté juive) de la part des autorités religieuses juives. Le 27 juillet 1656, se déroule en effet dans la synagogue d’Amsterdam une cérémonie aussi rare que violente qui voit un jugement définitif à l’égard du jeune penseur. Voici un extrait du texte : ” A l’aide du jugement des saints et des anges, nous excluons, chassons, maudissons et exécrons Baruch de Spinoza avec le consentement de toute la sainte communauté(…). Qu’il soit maudit le jour et maudit la nuit (…). Veuille l’Eternel ne jamais lui pardonner (…). Que son nom soit effacé dans ce monde et à tout jamais (…). Qu’il ne lui soit rendu aucun service et que personne ne l’approche à moins de quatre coudées. Que personne ne demeure sous le même toit que lui et que personne ne lise aucun de ses écrits[4]

Quelle brutalité!

Cette condamnation, certains de nos contemporains l’ont vécue ou la vivent de la part de l’institution religieuse. Certains, pour ne pas la subir, s’excluent ou s’éloignent eux-mêmes des églises. Ils vivent alors en marge des institutions. Une position qui, à l’image de Spinoza, ne remet pas en cause une spiritualité sincère, vivante et libre tout comme beaucoup de chrétiens la vivent au sein de l’église. C’est tout le paradoxe de Spinoza. Un esprit difficile à cerner dont les frontières de la pensée sont parfois difficiles à saisir.

Sur la personne de Christ, Spinoza est là encore en décalage par rapport à son héritage: “La voix du Christ peut être appelée la voix de Dieu. (…) En ce même sens, nous pouvons dire aussi que la Sagesse de Dieu, c’est-à-dire une Sagesse surhumaine, s’est incarnée dans le Christ, et que le Christ devient voie de Salut[5]“. Frédéric Lenoir précise que “Spinoza, qui connait par cœur l’Ancien et le Nouveau Testament, est frappé par le discours du Christ car c’est pour lui un homme simple, qui n’a reçu aucune éducation poussée, mais qui ne prononce que des paroles véritables, profondes et universelles[6].” Dans l’Ethique, il suggère que le Christ correspond à l’homme libre véritable, qui n’a que des idées adéquates[7]. Mais dans une lettre à un ami s’inquiétant de savoir s’il croyait en l’incarnation de Dieu en l’homme Jésus Spinoza précise que cette idée “est aussi absurde que de dire que le cercle a pris la forme d’un carré[8]“…

L’œuvre de Spinoza nous invite ainsi à découvrir une conception très personnelle de la religion, du libre-arbitre, des passions ou du bonheur. Car il est possible d’être heureux et c’est la bonne nouvelle que nous livre Spinoza! Il faut pour cela fuir les passions tristes (la haine, l’anxiété, la jalousie…) qui dégradent la qualité de notre être. Il nous invite à chercher le plaisir, ici et maintenant.

Partons donc sans plus attendre en quête de ce bonheur qui libère tout en nous incluant dans une dimension sociale fondatrice.

Fred Menigoz

Aout 2018

[1] L’Ethique livre III

[2] Lettre à Henry Oldenburg 1665.

[3] Le Miracle Spinoza, Frédéric Lenoir, Fayard, p. 80

[4] Spinoza, Steven Nadler, Bayard 2003

[5] Traité de théologico-politique, chapitre 1, p. 624-625

[6] Le Miracle Spinoza op. cit. p. 82

[7] Ethique, IV, p. 68

[8] Lettre à Henry Oldenburg n° 73

Des gens sympas et intéressants

 

Une curiosité autorisée

Une pause pour prier

Une conférence d’expert*

Une parole dynamique

De la convivialité

De la musique, un chant

 

Chers amis,

Nous avons le plaisir de vous convier à la conférence de Peter Philipp et au déjeuner de la journée de Recherche et innovation du site de la culture chrétienne émergente de l’association Témoins.

Nous vous proposons de tous nous retrouver à l’occasion d’une journée pour permettre à chacun de faire connaissance et d’échanger sur les différentes recherches et réalisations de la spiritualité chrétienne dans le monde de la culture numérique contemporaine.

Cette journée se déroulera le 10 novembre à partir de 9h30 dans la salle principale de la Faculté libre de Sciences politiques et d’Economie Solidaire de Bourg-la-Reine, 43 Bd du Maréchal Joffre.

Cet évènement vous offrira l’opportunité de rencontrer les responsables de notre site ainsi que celles et ceux qui animent de nouveaux médias.

Nous vous présenterons les nouvelles initiatives de la culture numérique qui vous aideront dans votre vie quotidienne de membres et de responsables de médias, d’associations et d’églises de toute confession chrétienne (grandes ou petites).

Afin de nous permettre d’organiser au mieux cette journée et notre déjeuner, nous vous remercions de bien vouloir nous retourner le coupon réponse joint à cette invitation avant le 31 octobre 2018.

Nous comptons sur votre présence.

Fred Menigoz, Président de Témoins

Didier Champy, David Gonzalez, Alain et Geneviève Gubert, Jean Hassenforder, Catherine Jégu, Gabriel Monet, Françoise Rontard

Invitation à la journée et au déjeuner 2018 Culture numérique et parcours de foi
* avec Peter Philipp (de l’université de Duram, Research Center For Digital Theology)

Samedi 10 novembre de 9h30 à 17h30
43 Bd du Maréchal Joffre

Sors de ta chambre !

Témoins - Edito septembre 2017Dernièrement nous étions invités à élargir l’espace de nos tentes (Esaïe 54;2). Or en ces temps de reprise de nos activités habituelles, nous pourrions avoir le réflexe de nous réfugier dans notre quotidien ou notre confort et de rester bien camper dans notre tente. Mais lorsque l’Eternel se révèle à Moïse, comme un homme parle à son ami, lors d’un face à face, (Exode 33;11) nous observons que son jeune assistant Josué ne bénéficie pas de cette relation personnelle car il ne sort pas de la tente. Quel que soit la nature et la grandeur de notre tente, Dieu nous dit : “Sors de la tente !”
Ainsi Témoins vous propose non pas une rentrée mais une excursion afin d’entretenir votre face à face avec Dieu.

3 nouveaux articles de Jean Hassenforder sont à découvrir :
– A partir du livre de Caroline Baertschi-Lopez, les enfants, portiers du Royaume; Accueillir leur spiritualité, nous constatons la nécessité d’une remise en cause personnelle constante auprès des enfants. L’expérience des Godlyplay en Suisse nous y aide.
– Découvrez également cet appel à de nouvelles formes communautaires d’église grâce à Facebook avec l’article Plus proche sur FB ?
– Enfin nous vous proposons un entretien avec Rodolphe Gozegba-de-Bombémbé, pasteur et théologien en Centrafrique, qui nous parle d’une mise en application des thèses de Moltmann en faveur de la paix grâce au rôle des églises de son pays : Un mouvement pour la paix en Centrafrique.
Vous avez également la possibilité de redécouvrir d’anciens articles de notre site internet grâce à une nouvelle rubrique intitulée Articles à relire.

Toute l’équipe vous souhaite de bons moments à la lecture de ces articles, en espérant qu’ils suscitent pour vous un face à face comme celui de l’Eternel avec son ami Moïse.

Fred Ménigoz

Tous au camping !

Temoins-Edito juillet 2017En cette période estivale des millions de français et de touristes étrangers vont parcourir le territoire et y poser leur “toile”. C’est l’occasion pour certains de découvrir de nouveaux horizons, pour d’autres de retrouver des paysages rassurants ou bien encore d’oser l’aventure vers l’inconnu.

Combien parmi ceux-ci répondront à l’appel d’Esaïe (chap. 54;2) d’agrandir l’espace de leur tente !

S’il est une saison qui incite aux grands espaces et au renouvellement des pensées, c’est celle qui nous immerge, même pour un temps éphémère, dans un espace-temps autre. C’est le moment d’ouvrir le champ de nos pensées et de nos cœurs.

Dans sa nouvelle formule “magazine” le site internet de Témoins déploie sa toile et propose une étude des pratiques spirituelles hors des champs traditionnels. Ces parcours de foi répondent à l’appel d’Esaïe en explorant, en tentant, en osant. Cela fait écho au discours de Barack Obama, invité d’honneur du Kirchentag le 25 mai dernier : Dans un monde pluriel, il faut essayer de voir que chacun d’entre nous détient une part de la vérité. Découvrir cet espace nous demande d’élargir le nôtre.

Venez sur le site parcourir ce champ à explorer et Déployez les toiles qui vous servent  d’habitation : n’en retenez rien ! Allongez vos cordages et renforcez vos piquets!

Bonne lecture et bon été à tous au camping de la vie spirituelle !