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L'Escale - Vie et SpiritualitéL’Escale. Un lieu d’accueil, d’écoute bienveillante et de ressourcement spirituel.

Christian Tanon, après avoir été pasteur en paroisse, au moment de la retraite, s’est engagé dans une nouvelle mission : assurer une présence évangélique en pleine ville dans une forme nouvelle. Aujourd’hui, il anime à Paris un lieu d’accueil, d’écoute bienveillante et de ressourcement spirituel : l’Escale. Christian répond ici à quelques questions en rapport avec son parcours.

1 Quelle est l’inspiration qui t’a amené à fonder l’Escale comme lieu d’accueil, d’écoute bienveillante et de ressourcement spirituel ? Quelles sont les réflexions qui t’ont amené à concevoir ce centre dans ses orientations et son fonctionnement ?

L’idée de créer un lieu d’accueil et d’écoute dans un cadre spirituel est venue de la conjonction de deux expériences : 1. Quand j’étais à la direction générale de l’Aerospatiale, chargé des changements d’organisation, je voyais souvent des cadres venir se confier à moi dans mon bureau. J’étais le « bureau des pleurs ». Et cela me plaisait de voir que mon écoute bienveillante avait un effet positif sur les gens. 2. En parallèle en tant que laïc engagé dans ma paroisse, j’animais un groupe de prière à la paroisse, et j’appréciais particulièrement que les participants se confient les uns aux autres et osent parler des questions personnelles et sensibles.

A l’Escale, les deux se produisent : l’écoute bienveillante, et le partage dans un cadre spirituel.

2 Peux-tu rappeler ton parcours antérieur : professionnel en entreprise, puis pastoral en paroisse ? En quoi cette expérience t’a-t-elle amené à t’interroger sur la manière dont les formes classiques d’église répondaient aux aspirations spirituelles de nos contemporains ? En quoi cette réflexion a-t-elle contribué à la mise en œuvre d’une forme nouvelle de témoignage évangélique ?

Après l’Ecole Polytechnique, j’ai fait un Ph.D. aux USA sur l’organisation des hôpitaux. De retour en France, après un temps d’errance, j’ai intégré une usine chez Kodak, puis fait du consulting, été DRH dans une entreprise de 500 personnes, et enfin intégré l’Aerospatiale dans la DRH du groupe.

J’ai découvert la foi à 24 ans pendant que je faisais mon Ph. D. aux USA. De retour en France j’ai fréquenté l’Eglise réformée, et je me sentais proche des Evangéliques. Je ne comprenais pas le courant libéral, que je jugeais trop intellectuel, comme si le discours intellectuel masquait une absence d’expérience avec la personne de Jésus Christ. Je me demandais pourquoi les pasteurs de l’Eglise Réformée n’avait pas la fibre missionnaire. J’étais aussi enclin à pratiquer l’accompagnement spirituel, dont je reconnaissais chez les catholiques la longue expérience, enracinée dans le monachisme.

Je poursuivais deux chemins parallèles dans mon engagement dans l’Eglise protestante : l’évangélisation et l’accompagnement spirituel. J’ai trouvé dans le concept de l’Escale la convergence des deux.

3 L’Escale est animée aujourd’hui par une communauté chrétienne accueillante et priante. En quoi cette communauté commence-t-elle à répondre aux aspirations et aux questionnements de personnes en recherche ?

Les personnes qui viennent et reviennent à l’Escale (en moyenne 5 chaque jour) ont des motivations diverses. Pour certains, être écouté et compris. Pour d’autres sortir de la solitude. Pour d’autres encore, s’ouvrir à d’autres expression de la foi que la leur. Ou approfondir la Bible, jugée rébarbative quand on la lit seul.

Je découvre aussi à l’Escale la force du réseau d’amitiés, qui permet non seulement de rompre avec la solitude, mais aussi de résoudre des problèmes concrets, grâce à l’esprit d’entraide qui y règne.

4 Où situez-vous les complémentarités entre l’Escale et les Eglises environnantes ?

On peut considérer l’Escale comme un sas d’entrée dans l’Eglise. Ceci est vrai pour certaines personnes, qui n’auraient pas voulu aller à un culte le dimanche (pour diverses raisons). Mais je constate le mouvement inverse : des membres de paroisses voisines viennent à l’Escale parce que le culte ne répond pas à leur besoin de spiritualité et de partage. Enfin des visiteurs de l’Escale viennent sans être chrétien : des musulmans, des agnostiques, des spirituels sans religion ni institution. Ils s’y sentent bien. Peut-être reçoivent-ils les graines de la foi en Christ qui plus tard se développeront…

5 Dans certains pays, en terme d’Eglise émergente ou de fresh expressions, de nouvelles formes d’Eglise apparaissent pour répondre à de nouvelles sensibilités. En quoi l’expérience de l’Escale peut-elle ouvrir da nouvelles perspectives dans la manière d’envisager la vie des communautés chrétiennes ?

L’Escale n’est pas une nouveauté dans les milieux catholiques de grandes villes. (ex : la chapelle St Bernard de Montparnasse, ou ND de Pentecôte à la Défense), mais ça l’est dans le protestantisme. Peu de paroisses de l’EPUdF offrent un accueil en semaine assorti d’accompagnement spirituel.

Le fait que l’Escale est une boutique ouverte sur la rue dans un quartier passant est aussi un aspect novateur. Si l’accueil se faisait à l’étage dans un bureau, ou dans les locaux d’une paroisse, ce serait différent, et ne viendraient que les habitués, ou les visiteurs sur recommandation ou rendez-vous.  (cela n’empêche pas que nombre de visiteurs de l’Escale viennent par le « bouche à oreille »).

 Je suis convaincu désormais que les ingrédients qui font le « succès » d’un tel projet reposent sur la conjonction de trois facteurs : l’écoute bienveillante, l’invitation au partage biblique et la prière. La prière doit être incarnée, au sens où ce sont les visiteurs de l’Escale qui en font la matière : l’écoutant reprend dans sa prière les fardeaux et les désirs profonds de l’écouté.

Cela implique que les bénévoles aient une triple aptitude : l’écoute, le partage biblique et la prière.

 

 

 

 

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