Selon John V Taylor et Robert K Johnston

Le récit d’un ressenti en avant-propos

‘Oh ! c’est pour me bénir que cette douce brise souffle depuis les étendues vertes… et semble à peine consciente de la joie qu’elle dispense…’

Ces quelques mots tirés du ‘Prélude de Wordsworth’, cités dans le commentaire, ci-dessous, du livre de John V Taylor, évoquent à merveille l’étonnante intensité ressentie lors de certaines rencontres.

La marche dans la nature m’a particulièrement exposé à ces moments précieux :

l’oiseau dit par son chant une joyeuse complicité à la solitude de mes pas, avec gratitude je réponds à son mot de bienvenue ; la fleur du chemin ose me montrer son sublime dépouillement, avec émotion je l’assure de mon admiration  ; le sous-bois m’accueille dans son intimité, tout est parfait et me rafraîchit (presque…) pour la journée, je le remercie ‘chaleureusement’ de son inattendue bienveillance ; le vieil homme accepte l’échange d’un regard et nous communions en secret d’un ethos partagé… Instants inoubliables qui revivifient l’esprit et demeureront comme un avant-goût d’éternité.

Alain Gubert

 

Une intensité de rencontre et la présence de l’Esprit

Comme des êtres appelés à la relation, les rencontres ont un rôle majeur dans nos vies. Il se trouve qu’un être, une réalité retient notre attention, notre reconnaissance, qu’une relation apparait, qu’une rencontre s’établit. Un esprit commun advient. Une attraction s’est exercée Et on peut imaginer qu’à travers elle, une force motrice s’est exercée. Un intermédiaire serait intervenu. Dans la foi chrétienne, nous reconnaissons la présence divine à l’œuvre dans le monde en la personne du Saint Esprit. En 1972, un missionnaire anglican, bientôt évêque, John V Taylor (1), a écrit un livre éclairant au sujet du Saint Esprit, ‘The Go-between God. The Holy Spirit and the Christian Mission’, un texte demeuré classique. Robert K Johnston en commente l’apport dans son livre ‘God’s Wider Presence’ (2), et il s’attache tout particulièrement à la fonction de ‘go-between’, d’intermédiaire, d’incitateur de rencontre, attribuée à L’Esprit Saint. Dans son livre, John Taylor « comprend la mission de l’Église comme celle de discerner ce que l’Esprit créateur est en train de faire dans le monde et ainsi de l’accompagner. Il commence son étude en évoquant l’œuvre d’annonciation de l’Esprit ».

 

La rencontre, l’Esprit go-between

selon John V Taylor

La pensée de John Taylor nous est rapportée ainsi (3) : L’auteur évoque l’esprit de l’homme : « Cet esprit n’est pas uniquement à moi comme mon corps, mon individualité. Il réside dans une relation, génère une certaine qualité d’intensité qui, de temps en temps, marque la relation de l’homme avec le monde autour de lui, et avec quelque réalité que ce soit qui se tient à l’intérieur ou derrière le monde ». Quelquefois, quelque chose parait devenir vivant, pour être pris en compte de quelque façon – de telle façon que ce qui arrive n’est pas une vue, mais une rencontre.

« Le fait est que quelque chose ou quelqu’un soudainement là devient important. Au lieu d’être simplement une partie du paysage ou une partie de l’existence, il se présente lui-même, il devient présent, il commande l’attention. Cela arrive quand nous tombons amoureux ; mais alors d’une manière où nous tombons amoureux à chaque tournant de la route – par exemple ‘Le Prélude’ de Wordsworth. Le cœur de ces expériences est la reconnaissance mutuelle de qui voit et de ce qui est vu. Je les appelle pour le mieux des ‘annonciations’ – comme l’annonciation à Marie. Ce qui arrive est ceci : ‘ la montagne ou l’arbre que je suis en train de regarder cessent d’être simplement un objet que j’observe et deviennent des sujets existant dans leur propre vie et me disant quelque chose à moi – on pourrait presque dire me saluant comme dans la complicité d’une conspiration (private conspiracy). L’expérience vraiment numineuse n’est pas marquée seulement par une ‘awe’ (4) en face de l’inconnu ou de la toute-puissance, mais elle advient aussi devant quelque chose d’aussi ordinaire qu’un enfant qui dort -, aussi simple et objectif qu’une fleur qui commande soudain l’attention ».

À partir d’une multitude de telles expériences, nous en arrivons à comprendre que la source de cette profonde réponse de reconnaissance, de joie et d’émerveillement n’est pas la personne qui répond, moi-même, mais la présence à laquelle je réponds. Ce que nous appelons l’objet de notre réponse est en réalité le sujet et l’activateur.

Ou, pour le dire d’une autre manière, la ligne que nous aimons tracer entre le sujet et l’objet, entre ce qui appelle et ce qui répond, faiblit et finalement disparait. Aussitôt que ‘l’être’ devient ‘présence’, il est déjà devenu une partie de ce à quoi il est présent.

Voyez Martin Buber : le ‘Je et le Tu’ (I and Thou), où il parle du don mutuel entre vous et ce que vous percevez exister autour de vous – à travers ses allées et venues, il vous mène au loin, au Tu – dans lequel les lignes de relation se rencontrent ; cela ne vous aide pas à vous maintenir en vie, cela vous aide seulement à entrevoir l’éternité. ‘Mais quelle est la force qui me provoque à voir d’une manière dans laquelle je n’ai pas vu. Qu’est ce qui fait qu’un paysage, une personne ou une idée vient en vie pour moi et devient une présence envers laquelle je me livre, Je reconnais, je réponds, je tombe amoureux, j’adore – cependant ce n’est pas moi qui ait fait le premier pas. En chacune de telles rencontres, il y a eu un tiers anonyme qui introduit, agit comme un intermédiaire actif, un ‘go-between’, rend deux êtres conscients l’un de l’autre, suscite un courant de communication entre eux. Ce qui est encore davantage, ce go-between invisible ne se tient pas seulement entre nous, mais il active chacun de nous de l’intérieur. Moïse approchant le buisson ardent n’est pas un observateur scientifique ; la même essence fougueuse brule aussi dans son propre cœur. Lui et le buisson d’épine sont attrapés et tenus ensemble comme si c’était dans le même champ magnétique.

J’ai déjà commencé à parler de cette force d’influence en termes très personnels. Je suis contraint à le faire parce que l’effet de cette puissance est toujours d’amener un simple objet dans une relation personnelle avec moi. Aussi les chrétiens trouvent tout à fait naturel de donner un nom personnel à ce courant de communication, cet invisible go-between. Ils l’appellent le Saint Esprit, l’Esprit de Dieu. Ils disent que c’était l’Esprit qui a saisi et dominé l’homme Jésus-Christ, le rendant l’être humain le plus conscient, le plus sensible, le plus ouvert qui ait jamais vécu – sans cesse conscient de Dieu au point qu’il l’appelait presque familièrement Père, et fantastiquement conscient de chaque personne qui croisait sa route, spécialement ceux que personne d’autre ne remarquait. C’est l’Esprit qu’il a promis d’envoyer à ses amis.

Et au jour de la Pentecôte, c’est l’Esprit qui est venu et qui a pris possession d’eux comme il avait pris possession de Jésus. Et quel a été le premier résultat de cette venue ? La communication. La conscience. Ils prêchaient et cette foule cosmopolite les entendait prêcher chacun en son propre langage.

Chaque fois que m’est donnée cette conscience inattendue envers quelque autre créature et que je ressens ce courant de communication entre nous, je suis touché et mu par quelque chose qui vient du cœur fougueux de l’amour divin, le regard éternel du Père envers son fils et du Fils envers son Père. Le prérequis pour ce genre de connaissance est l’attention… Une vraie attention est un vrai abandon de soi à l’objet de l’attention. L’enfant qui est absorbé est tout à fait détendu. L’esprit de l’adulte aussi doit être sans effort, réceptif, en attente avant qu’il n’y ait quelque intuition créative. À nouveau et à nouveau, c’est l’état d’esprit dans lequel une nouvelle vérité éclot… L’attention signifie être en attente. C‘est la reconnaissance d’une présence réelle de l’autre tout à fait en dehors de son propre soi ou de son propre processus mental. Etre ‘dans l’esprit’, c’est être vivement conscient de tout ce que le moment contient, les brindilles du buisson d’épine aussi bien que la présence de Dieu

Le Saint Esprit est le tiers invisible qui se tient entre moi et l’autre, nous rendant mutuellement conscients. En premier et suprêmement, il ouvre mes yeux à Christ. Mais il ouvre aussi mes yeux au frère… Il est le donateur de cette vision sans laquelle le peuple périt. Nous parlons communément de lui comme la source du pouvoir. Mais, en fait, il nous rend capables d’être surnaturellement fort en ouvrant nos yeux ».

 

La rencontre comme signe de la présence divine

Robert J Johnston commente l’apport de John V Taylor

Dans son livre ‘God’s wider presence’, Robert K Johnston consacre un chapitre à l’Esprit Saint et à la manière dont il opère. Et là, entre autres, il aborde le thème de la rencontre à partir de la pensée de John V Taylor que nous venons de rapporter (p 160-164). « Comme avec C S Lewis, Taylor commence sa réflexion sur l’Esprit et la mission de l’Église en rappelant ce qu’il a appris de ses propres expériences d’enfance. Il raconte qu’âgé de dix ans, confiné lors d’une rougeole, il se mit à écouter un gramophone pendant des heures en vue de s’amuser. Taylor dit qu’il fut surpris de découvrir qu’une musique pouvait ‘parler’. Il ne savait pas qu’un tel langage puisse exister. Mais un court passage musical, plus tard jugé trivial par Taylor adulte, néanmoins avait provoqué chez lui ‘un choc d’excitation’. Utilisant les catégories de Martin Buber, Taylor se dit que ce qui s’était passé à l’époque, c’est qu’une expérience de ‘Je-cela’ (I-it) était devenue pour lui une rencontre ‘Je-toi’ (I-Thou). Plus tard dans sa vie, le même type d’expérience personnelle lui arriva lorsque Taylor aperçut le Kilimandjaro brillant au-dessus de la ligne des nuages en Tanzanie. Il dit : « le fait que quelque chose ou quelqu’un était  ‘là’ devint soudain important ». La montagne n’était plus simplement une partie du paysage, mais elle se présentait elle-même, devenait présente, exigeait l’attention. Une telle expérience, réfléchit-il, arrive aussi bien quand on tombe amoureux… mais cela arrive aussi dans l’ordinaire de la vie quotidienne. « D’une certaine manière, nous tombons amoureux à chaque coin de rue, avec un troupeau dans les collines, la brume au-dessus d’un lac, les étoiles enchevêtrées dans les branches nues, la chaise jaune au soleil, un vieux chant au coin du feu d’un paysan… Taylor illustre sa thèse par des citations des poètes Edwin Muir et Wordsworth. Taylor dit que la meilleure manière de nommer de telles expériences – des rencontres également décrites par Robert K Johnston dans son livre, est de les appeler des ‘annonciations’. En utilisant ce terme, il dit qu’il n’essaie pas de les limiter ou de les rétrécir à des expériences spécifiquement ‘religieuses’. Plutôt, il désire y inclure aussi, juste de la même manière que Johnston, des évènements courants, non religieux. Son intérêt réside dans ce qui peut être dit de ces expériences lorsqu’une montagne ou un arbre cessent d’être un objet et deviennent un sujet ‘me saluant de la tête en connivence’ (nodding to me in a private conspiracy) … De telles annonciations, de tels saluts, nous forcent à reconnaitre la réalité de l’autre, de ce à quoi on est en train de regarder – quelque chose que nous avons déjà rencontré dans les écrits de Tillich et Schleirmacher, Lewis, Hay (5). Il y a là une source d’émerveillement (‘wonder’). Ce qui a été simplement un objet devient le spectateur dans son authenticité. Taylor : « Je fais face à sa vérité, pas seulemnt à la vérité à son sujet ».

Comme ce fut le cas avec Lewis, Taylor a trouvé que la répétition de telles expériences l’amenait à réaliser que la source d’une telle joie et d’un tel émerveillement n’était pas lui-même, mais une présence à laquelle il répondait. Citant Martin Buber, Taylor écrit à propos des annonciations : « À travers la grâce de leur venue et la tristesse solennelle de leur départ, cela vous amène loin vers le Tu (Thou). Cela vous aide à percevoir l’éternité ». Ce que nous pourrions être enclins à appeler l’objet de notre réponse est en réalité son sujet, son activateur, pense Taylor. Mais d’un autre côté, il réalise que ce n’est pas tout à fait juste. Car ce qui fait qu’un paysage ou une personne vient en vie pour une autre personne et devient une présence à laquelle on se rend (quand il la reconnait, y répond, l’adore, en tombe amoureux) est plus exactement « une troisième partie anonyme, qui introduit, qui agit comme un go-between, un intermédiaire, rend deux êtres conscients l’un de l’autre, suscite un courant de communication entre eux. Ce qui plus est, le go-between invisible ne se tient pas seulement entre nous, mais il active chacun de nous de l’intérieur ». Parler du go-between en ces termes, est en parler ‘en terme très personnels’, conclut Taylor. C’est inévitable, car l’effet de la puissance est toujours d’amener une relation personnelle.

Taylor conclut : « Ainsi les chrétiens trouvent tout à fait naturel de donner un nom personnel à ce courant de communication, cet invisible go-between. Ils l’appellent le Saint Esprit, l’Esprit de Dieu ». C’est le moment pour Robert Johnston de rappeler la communion du Saint-Esprit présente dans la bénédiction finale de la deuxième épitre aux Corinthiens : ‘La grâce du Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu, et la communion du Saint Esprit soint avec vous tous’.

« Taylor conclut que l’Esprit de Dieu est la puissance de communion qui permet à chaque réalité et à Dieu qui est à l’intérieur et au-delà de ces réalités, d’être présent à nous ».

Cependant Johnston pose alors la question : « Taylor, comme moi-même ne sommes-nous pas trop inclusifs ? « Pouvons-nous vraiment dire que dans chaque expérience de ‘Je-Tu’ est une rencontre avec Dieu ? Taylor laisse la question ouverte, mais il croit qu’un intérêt passionné pour toutes choses humaines est néanmoins le bon point de départ. Il en est de même pour la croyance, enracinée dans l’expérience et l’Écriture, que l’Esprit de Vie est présent dans l’ordinaire et pas seulement dans l’extraordinaire. Mais s’il en est ainsi, alors comment reconnaissez-vous la Présence de l’Esprit – la communion de l’Esprit ? Taylor est inspiré lorsqu’il suggère que la clé est notre ‘attention’ à la matière – une attention totale à quelque chose ou quelqu’un, nos pensées extérieures étant temporairement arrêtées. Une telle attention advient spontanément et est un abandon de soi involontaire, mais paradoxalement, c’est toujours avec en même temps, un sens, que nous choisissons librement. Et le résultat est signifiant – la rencontre fait une différence, se prouve être à un tournant, comme nos anciennes idées sont mises en cause et que nous sommes forcés de prendre une nouvelle direction ».

A nouveau, Johnston évoque la pensée de C.S. Lewis. ‘Dieu est présent en toutes choses’. Comme Lewis l’écrit : « Chaque terre est sainte… » Mais bien que la Présence divine déborde dans le monde, Lewis croit aussi que l’Esprit chemine dans l’incognito en respectant notre liberté. Et bien que cet incognito ne soit pas toujours difficile à pénétrer, il demande de ‘l’attention’. « Nous devons rester éveillés. Cependant, quand nous le sommes, la communion de l’Esprit se révèle un tournant. Voilà une description presque identique à celle de Taylor ».

 

La rencontre au cœur

Êtres en relation, nous vivons à travers des rencontres et nous en vivons constamment. Il est donc important de veiller à la qualité de ces rencontres. À cet égard, la pensée de Martin Buber à laquelle se réfère John V Taylor est particulièrement éclairante. Nous pouvons vivre nos relations dans l’indifférence aux autres les considérant comme des choses ou bien dans une relation communicante entre deux personnes. La qualité de nos relations dépend également de notre attention. Ceci vaut pour nos relations dans le monde humain. Aujourd’hui, notre conscience du vivant s’élargit et notre relation consciente s’étend.

Au cours des dernières décennies, depuis le début du XXIe siècle, une prise de conscience s’est opérée, celle de l’existence de rencontres particulièrement intenses, nous ouvrant à un au-delà de notre vie quotidienne. Cette prise de conscience est apparue dans la recherche psychologique (4). On y a reconnu une dimension spirituelle (5) et, dans ce texte, une réflexion théologique apparait. Le livre de Dacher Keltner a fait le point sur le caractère révolutionnaire de la mise en évidence des expériences s’inscrivant dans le phénomène ‘awe’. Ainsi a-t-il mené une grande enquête internationale où il a rassemblé 2600 récits de personnes décrivant une expérience de ‘awe’ selon la définition choisie : « être en présence de quelque chose de vaste et mystérieux qui transcende notre compréhension habituelle du monde ». David Hay avait mis en valeur la portée spirituelle d’expériences où se manifestait la rencontre avec une dimension transcendante. Robert K Johnston (2) met en évidence une ‘plus grande présence de Dieu’ en s’appuyant sur des expériences comparables. C’est lui qui nous a permis de découvrir la réflexion précoce de John V Taylor, une vision théologique de la rencontre. Il y fait apparaitre le rôle de l’Esprit Saint comme moteur de rencontres où les barrières s’effacent.

L’Esprit joue un rôle d’intermédiaire, de go-between. Il active aussi. Notre attention est requise. Nous devons rester éveillés.

J H

 

  1. John V Taylor : https://en.wikipedia.org/wiki/John_Taylor_(bishop_of_Winchester)
  2. Un tournant vers le spirituel : https://vivreetesperer.com/un-tournant-vers-le-spirituel/
  3. John V Taylor The Go-between God. The Holy Spirit and the Christian Mission (traduction non professionnelle) alisonmorgan.co.uk
  4. Comment la reconnaissance et la manifestation de l’admiration et de l’émerveillement exprimées par le terme ‘awe’ peuvent transformer nos vies : https://vivreetesperer.com/comment-la-reconnaissance-et-la-manifestation-de-ladmiration-et-de-lemerveillement-exprimees-par-le-terme-awe-peut-transformer-nos-vies/
  5. La vie spirituelle comme une conscience relationnelle. Une recherche de David Hay sur la spiritualité d’aujourd’hui : https://www.temoins.com/la-vie-spirituelle-comme-une-l-conscience-relationnelle-r/

 

Voir aussi : Une plus grande présence de Dieu : https://www.temoins.com/une-plus-grande-presence-de-dieu/

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