Catherine JEGU
10/08/26
1 Dans quelles conditions as-tu effectué une formation de graphisme ?
Je suis née dans une famille d’artiste, ma mère ma grand-mère peignaient, mon père était très mélomane et aimait beaucoup l’art en général, musique, poésie… Donc depuis mon enfance, j’ai baigné dans cette atmosphère artistique ; deux domaines m’intéressaient beaucoup : la musique et le dessin. J’ai donc pratiqué plusieurs instruments de musique très tôt, et dès l’enfance, j’ai commencé à dessiner. J’aime le dessin aux crayons gris et crayons de couleurs, et à l’encre de chine un peu plus tard (pointillisme).
Lorsque j’ai dû choisir un métier, je ne savais pas dans quel domaine je voulais me diriger, mais finalement, j’ai choisi l’art graphique. J’ai préparé un CAP de Peintre en lettres décoratrice durant 3 années. A l’époque, il n’y avait pas d’informatique, alors toutes les affiches, les bâches de camions, les enseignes étaient peintes à la main. J’ai beaucoup travaillé la peinture et la laque en particulier, ainsi que le dessin d’art et le dessin technique.
En sortant de cette formation, j’étais un peu jeune (17 ans) pour être embauchée dans une entreprise, surtout en tant que fille (nous étions seulement 3 filles durant ma formation), les réponses des employeurs étaient souvent : ‘une fille au milieu des 20 garçons, cela risque d’être compliqué, je ne veux pas prendre le risque ! » Heureusement, les temps ont changé !
Plus tard, après des études de théologie, je suis partie 1 ans au Canada ; j’en suis revenue avec la conviction que je serai éducatrice. J’ai donc travaillé durant plusieurs années auprès de personnes en situation de handicap. Je n’ai jamais abandonné le dessin ou la musique, j’ai animé plusieurs ateliers d’art auprès des personnes en situation de handicap, peint des fresques dans des écoles et des piscines et d’autres panneaux publicitaires pour différentes associations au gré des demandes.
Puis l’informatique est arrivée en même temps que notre premier enfant. Avec mon mari, nous avions décidé que j’arrêterai de travailler pour élever nos enfants, ce que je fis. A cette période, nous avons acheté un ordinateur et j’ai commencé à me former aux tâches de secrétariat (frappe et prise en main des logiciels bureautiques). Puis je me suis procurer des logiciel open source de design, avec lesquels j’ai commencé à travailler en graphisme : création de logos, mise en page de livres, création de faire-part de mariage unique, de plaquettes et flyers…
2 Comment l’as-tu appliqué à internet
En 2009, avec un ami ingénieur informatique, j’ai créé une auto-entreprise appelée PAO Créa, cet ami, aujourd’hui décédé, m’a beaucoup soutenu dans ce processus, c’est lui qui m’a motivé à me former pour être webdesigner, me disant que l’avenir était numérique, alors je me suis inscrite à une formation sur les logiciel Adobe pour la création de site internet et l’utilisation des logiciels de graphisme.
En 2016, j’ai créé une SAS Optimum Web Development, qui est aujourd’hui l’EI Optimum Web Development. Au cours de ces 17 années, j’ai accompagné plus d’une trentaine de clients dans la création de leur identité visuelle et tout l’environnement web de leur marque. Ce sont pour la plupart de petits artisans, commerçants ou des associations et des églises.
3 Comment t’es-tu engagée dans une tâche d’illustratrice dans le cadre d’ internet ?
Lorsque l’on créé du contenu web, que ce soit pour un site internet, une newsletter, ou une publication Facebook / Insta, cela passe toujours par la création de visuels publicitaires ou d’illustrations. L’image peut inspirer presque autant que les mots, du moins elles accentuent l’idée que l’on souhaite mettre en avant, et rend vivant un document.
4 Comment procèdes-tu ?
Pour être vraiment « connectée » au client pour lequel je dois créer un site, un faire-part, un flyer ou tout autre contenu, j’ai besoin de rencontrer la personne, d’avoir un entretien poussé avec elle, savoir ce qu’elle souhaite, ces goûts, son style. Le fait de rencontrer physiquement la personne me permet de mieux la cerner et discerner ce qu’elle ne me dit pas pour être au plus près de ce qu’elle est et de ce qu’elle souhaite.
En général, suite à cet entretien, je propose au client de préparer un premier visuel en fonction de ce que j’ai « ressenti », et de partir de cela pour critiquer et améliorer le résultat. Je pense que le Seigneur m’a donné cette sensibilité particulière, je me suis rarement trompée, et de ce fait, mes clients se sentent compris et rassurés, la collaboration s’en trouve rapidement facilitée.
5 Peux-tu nous décrire tes grandes expériences, notamment sur les sites Témoins et Vivre et espérer ?
Lorsque j’ai été contactée par le Président de Témoins de l’époque, Fred Menigoz pour travailler sur une nouvelle identité visuelle du site de Témoins, j’ai été très touchée, car je connaissais déjà Témoins le magazine, et travailler pour une association chrétienne m’enchantait.
Lorsque l’on travaille sur des visuels pour une boucherie, une boulangerie, un coiffeur, un garage, il n’y a pas beaucoup de possibilité d’apposer une réflexion derrière l’image, une voiture reste une voiture, le travail se situe plutôt autour des couleurs, des formes pour mettre en valeur l’objet.
Lorsque je travaille pour Témoins ou Vivre & Espérer, ce sont des textes de réflexion très profonds, et lorsque je lis ces textes, des images me viennent, c’est là que je ressens profondément la présence de Dieu.
Travailler pour des personnes qui ont les mêmes visions que moi, pouvoir échanger librement avec elles sur celui qui dirige nos vies, c’est vraiment un cadeau ! J’ai par la suite collaboré avec plusieurs associations chrétiennes et églises, et c’est toujours un bonheur de pouvoir être soi, de pouvoir donner de son temps sans penser à tout chiffrer, et de savoir que l’on peut servir le Seigneur par ce travail.
6 illustrer, c’est contribuer à la communication du sens. C’est réaliser une tâche artistique. Comment envisages-tu ce travail sous un angle spirituel ?
Pour ma part, j’ai toujours considéré que tout travail est un moyen de servir Dieu. Alors je passe beaucoup de temps à choisir des illustrations inspirantes pour les articles des sites chrétiens dont j’ai la charge. C’est ce que j’aime faire, je suis très sensible à l’image, à ce qu’elle peut dire ou déclenchée en nous.
Dieu a mis cette sensibilité en moi, je l’ai toujours eu, même enfant, je pouvais passer de longues minutes devant un visage, un tableau qui m’inspirait, j’étais souvent transportée par l’émotion, ce qui m’arrive encore aujourd’hui, que ce soit en lisant un poème, en découvrant une peinture, une vidéo, un morceau de musique.
Pour moi, l’art et le webdesign en particulier, est un moyen d’atteindre le cœur des visiteurs et des lecteurs des sites Témoins et Vivre & Espérer ; c’est une grande joie lorsque je trouve l’image qui me transperce et qui colle parfaitement au texte !
Pour conclure, je rejoins Henri Bergson qui dit : « L’art vise à imprimer en nous des sentiments plutôt qu’à les exprimer ».