« L’homme a besoin avant tout d’un refuge, d’un endroit où il est à l’abri, où rien ne peut lui nuire, dans son désarroi et ses difficultés » (Dieu Appelle, § Les bras éternels, éd. La Baconnière).

L’homme a donc besoin d’être délivré de ses peurs, prégnantes dans certaines circonstances. Il a besoin d’entendre un langage d’espérance, d’être fortifié, assuré d’une Présence et d’un Amour sans faille, dans la traversée d’une vie d’épreuves qui jalonnent tout chemin.

Ce n’est pas un langage faux ou démagogique qui pourra l’aider ; il serait conscient du mensonge et de la fragilité des propos. Il attend un langage de vérité.

Et nous avons la chance de pouvoir le tenir, une chance magnifique d’être en Vérité, quand nous parlons de la Présence de Dieu, de son soutien constant, de son Amitié. Il est bien là quand l’homme ne sait plus vers qui se tourner.

Nous avons la chance d’être fidèle à la Vérité en vivant cette réalité, message d’espoir, cette ouverture sur la joie profonde malgré le ciel obscurci, la peine, et la marche du monde parfois catastrophique.

Alors, toute personne engagée dans sa foi va tenter d’apporter cette parole forte dans le monde : nous avons un refuge dans l’Amour inconditionnel de Dieu. Je dis amour Inconditionnel : le Père et le Fils pardonnent. Jésus a pardonné à Pierre qui l’a renié trois fois malgré son désir de lui être fidèle. Et encore quand il lui dit « écarte-toi de moi Satan, ces paroles ne viennent pas de Dieu ». Après le pardon, son rétablissement à ses propres yeux, vient l’envoi en mission : Pierre bâtira Son Église.

Dans cette relation d’Amour, nous avons la certitude que Dieu aime sa créature et espère avec tendresse et patience qu’elle va grandir pas à pas à son image, malgré ses faiblesses. Le plus important, il me semble, est d’apprendre à chacun à grandir, pour lui permettre de progresser chaque jour vers une relation plus nourrie avec Dieu.

Est-ce par la peur qu’on éduque un enfant ? Peur d’un châtiment, peur de l’échec, de ne pas y arriver ? Peur d’un jugement, du rejet, ou peur de l’enfer ? Faut-il présenter le salut comme conditionnel ?

Jésus nous engage en toute circonstance ‘à Lui faire confiance’, dans la foi.

Pour y accéder, le meilleur chemin est cet Amour qui nous donne notre valeur aux yeux de Dieu. Je ne parle donc pas du salut qui, mal compris, pourrait introduire une notion de danger, voire de condamnation et de mort. Le salut annoncé par Jésus ne serait-il pas surtout cela : Il nous sauve de la solitude, des angoisses, des erreurs répétées, de la mauvaise direction de notre vie ? Il nous sauve de nos propres insuffisances, comme il sauve Pierre de ses reniements. En réalité, Il appelle ses brebis à la Vie, la vie en abondance (Jean 10, 10). Il n’y a plus de mort en sa présence, Il reviendra nous chercher.

La ‘mort’ que nous vivons sans lui, c’est de ne plus être capable d’ouvrir la porte ‘au soleil’, à l’Amour divin. C’est là le besoin de salut, qui nous touche tous.

Il ne brandit pas la menace du jugement. Il ne juge pas la femme adultère, ou celle qui a plusieurs maris, ou les aveugles guéris ne retournent pas sur leur pas pour le remercier. Le Royaume des cieux est ouvert à toutes les brebis perdues, et retrouvées.

Les seuls qu’Il stigmatise vraiment, sont les hypocrites qui induisent les autres en erreur, et qui vont le crucifier. Parce qu’ils rejettent la Vérité, dans leur orgueil, et ne connaissent pas l’Amour.

Quand je témoigne, je parle de ‘l’Amour’ de notre Père, de la Vie en abondance qu’Il nous donne, de la paix et la plénitude intérieure que l’on trouve en Lui.

Et notre rôle, une fois la porte ouverte, sera d’alimenter celui qui a faim de nourritures consistantes qui vont l’aider à grandir. En tant qu’aumônier, je constate que les détenues l’expriment très bien quand elles réclament autre chose que des témoignages de conversion. Ce premier pas, certaines l’ont déjà fait, elles tiennent debout ; maintenant elles veulent marcher, dialoguer avec Jésus de façon de plus en plus adulte… Elles veulent développer en elles leur capacité d’Amour, de Joie, telles qu’Il nous les donne. C’est la maturité spirituelle qu’elles souhaitent, en développant Sa présence en elles.

Notre langage doit être à la mesure de leur attente. Pas de discours stéréotypé, comme ‘Jésus sauve’. Seulement ‘comment Dieu nous aime et nous guide chaque jour’. Les épreuves ne nous arrêtent pas, nous les traversons avec Lui, dans la perspective d’un enseignement. Il nous ressource et nous protège.

En encourageant celui qui cherche, nous facilitons sa progression vers le Royaume. Donnons-lui ce soutien d’apprendre à prier, à vivre les épreuves, en sécurité, pour sanctifier ce qu’Il nous a donné. Qu’Il puisse faire grandir en chacun l’être profond qui aspire à Dieu, pour qu’Il vive en lui.

Diane Riquet de Souza

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