Le monde aujourd’hui retentit de bruits de guerre. Certains d’entre eux sont plus bruyants que d’autres. Des volontés de puissance se déploient à travers les années ou plus récemment. Une hubris apparait au grand jour. Ce sont des impérialismes obstinés. Les massacres se font entendre d’une manière lancinante. Les armes se déchainent. Ce sont des crimes de guerre. Des immeubles s’affaissent sur des vies innocentes. Il y a des villes martyres. Gaza agonise (1). Parfois même la violence meurtrière s’exprime à haute voix et donne le frisson. « Une civilisation entière va mourir ce soir » ose affirmer Donald Trump à la veille d’un ultimatum.
Comment peut-on tolérer une telle violence ? Comment peut-on s’habituer à une telle souffrance ?
Il y a bien une conscience qui se manifeste dans le monde à travers d’immenses manifestions. Mais au quotidien, on entend souvent sans rien dire, parfois parce ce que l’on ne sait pas comment le dire. Cependant, quand on croit à en Dieu d’amour et de paix, ce silence est intenable. Alors c’est avec enthousiasme que les hommes et femmes de bonne volonté ont accueilli les paroles du pape Léon XIV dénonçant la guerre. C’était un message évangélique auquel tous les chrétiens pouvaient se rallier : « Assez de l’idolâtrie du moi et de l’argent. Assez de démonstrations de force. Assez de guerre. La véritable force se manifeste en servant la vie » (Prière pour la paix, 11 avril 2026).
À cette occasion, l’hebdomadaire La Vie présente le contexte de la prise de parole du pape Léon XIV, c’est-à-dire le conflit qui s’est ouvert avec le président américain Donald Trump et le vice-président J D Vance, « tous deux ayant pris pour cible Léon XIV qui a multiplié autour de Pâques 2026 les appels à la paix ». Ainsi Louis Fraysse interviewe Blandine Chelini-Pont, professeure d’histoire contemporaine à l’Université d’Aix-Marseille (2). Celle-ci situe les réactions des deux dirigeants américains dans le contexte particulier du catholicisme aux Etats-Unis. Par ailleurs, il s’agit ici également d’une réaction caractérielle : « Donald Trump ne semble pas appréhender – ou tenir compte – du poids du pape comme figure politique et morale ». Cependant, face à la dérive morale de la présidence américaine, on doit souligner que l’opposition ne se limite pas à la parole du pape, soutenue, entre autres, par l’intervention de Sarah Mullaly, primat de l’Église anglicane et que la conscience chrétienne s’exprime clairement aux Etats-Unis à travers des voix diverses comme celle de l’évêque Marianne Budde ou du politique James Talarico. Oui, face à l’état du monde, des paroles de sagesse recueillent un grand assentiment : « Assez de l’idolâtrie du moi et de l’argent. Assez de guerres. La véritable force se manifeste en servant la vie ».
Jean Hassenforder
- Etre chrétien après la désolation de Gaza : https://www.temoins.com/etre-chretien-apres-la-desolation-de-gaza/
- Donald Trump ne tient pas compte du poids du pape comme figure morale : https://www.lavie.fr/idees/debats/blandine-chelini-pont-donald-trump-ne-tient-pas-compte-du-poids-du-pape-comme-figure-morale-103906.php