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Passer du secteur social au secteur marchand


De premier abord, on pourrait penser que ces deux secteurs sont antinomiques, je voudrais ici témoigner que non !

Je suis actuellement, dirigeante d’une agence web, j’accompagne des petites entreprises, des commerçants, des associations et des églises de diverses dénominations dans leur volonté d’être plus visible sur internet, tout en respectant leur identité. Ma volonté est de présenter leur travail, tout en respectant leur image et leur particularité.

Mon parcours 

J’ai été élevée dans une famille chrétienne, mes parents étaient très engagés socialement dans la commune, auprès des personnes âgées, mais également dans leur église. J’ai toujours vu mes parents être disponibles, et je crois que cela a grandement influencé ma volonté d’être au service des autres.

J’ai été très malade durant les 10 premières années de ma vie, je passais régulièrement mes étés à l’hôpital pour suivre des traitements ou subir des opérations. Ces années furent très difficiles, mais en même temps, c’est dans ces moments que je ressentais très clairement la présence de Dieu à mes côtés.

Après ma dernière opération, je pouvais enfin vivre ! la liberté que je ressentais était incroyable, je voulais tout essayer, tout voir !…  et je me suis un peu perdue dans diverses relations,  j’ai laissé tomber ma foi, tout en disant à Dieu : « Laisse moi un peu le temps de vivre, je reviens bientôt ». Ce que je fis après mes études de peintre en lettre décoratrice.

A mes 17 ans, je me tournais définitivement vers Dieu, ce qui se concrétisa par deux années à étudier la Bible à plein temps, et quelques stages en Espagne, auprès de personnes en réinsertion sociale suite à des incarcérations plus ou moins longues.

A la suite de ces deux années, je décidais de partir une année au Canada anglophone, pour parfaire mon anglais, mais surtout pour continuer à me sentir utile : 6 mois auprès d’enfants indiens Cries dans le grand nord canadien et 6 mois près de Vancouver, en charge de 4 enfants en bas âge.

A mon retour, je désirais me former au métier d’éducatrice.  Mes premiers engagements professionnels se firent dans le secteur social, et plus particulièrement dans le secteur du handicap mental. Je rencontrai mon mari à cette période, il travaillait également dans le secteur social.

Durant huit ans, j’arrêtais de travailler pour élever nos trois enfants, c’est à cette période que je me formais de manière autodidacte aux logiciels de PAO, étant graphiste et peintre d’origine, il fallait suivre les progrès technologiques. En parallèle à mes divers postes, j’ai toujours continué à peindre et à créer flyer, logos, faire part de mariage et autres travaux de PAO, avec l’idée de me former également au Web et à la création de site internet, ce que je fis.

C’est en 2009 que je créais ma première auto-entreprise, j’étais en poste en tant qu’assistante de Direction à cette époque.

Finalement, c’est à presque 50 ans que je me lançai dans l’aventure de l’entreprenariat pur, je quittais mon emploi et créais une SAS, suite la rencontre avec mon associé.

Au début, lorsque je démarchais auprès de clients potentiels, j’avais du mal à me positionner, j’avais beaucoup d’apriori concernant la vente et le commercial, je pensais que faire du commerce était forcément synonyme de mensonge, de vol, et je ne souhaitais pas entrer dans de telles démarches !

Avec l’aide de mon associé, j’ai finalement compris que proposer un service ou un produit à la vente était normal et que le prix pouvait être juste et prendre en compte les demandes des personnes. Mes prestations pouvaient réellement répondre aux besoins de mes clients, nous pouvions les identifier ensemble.

Je sais aujourd’hui que c’est aussi servir que de conseiller honnêtement mes clients et leur apporter la meilleure réponse à leurs besoins.

J’avais également beaucoup de mal à imaginer que je pouvais gagner de l’argent, mon rapport avec la richesse étant très marqué par mon éducation, et également par l’avertissement du Seigneur vis-à-vis de l’argent qui fausse les relations et perverti l’homme : Proverbes 30, au versets 8 à 9 : « Eloigne de moi la fausseté et la parole mensongère. Ne me donne ni pauvreté, ni richesse. Accorde-moi le pain qui m’est nécessaire. De peur que, dans l’abondance, je ne te renie Et ne dise : Qui est l’Eternel ? Ou que, dans la pauvreté, je ne dérobe, et ne m’attaque au nom de mon Dieu ».

Je continue à penser que l’argent corrompt, que c’est un réel danger, mais je fais confiance à Dieu pour continuer à me préserver de cela.

Finalement je me suis aperçue que lorsque je vais au-devant des personnes pour leur proposer mes services pour la création de sites internet, chacune est en forte demande de vraies relations, il y a toujours la crainte de se « faire avoir » encore une fois par de belles promesses, mais après plusieurs contacts dans un rapport honnête et franc, la confiance s’installe.

J’ai plusieurs exemples où ces relations commerciales de prime abord se transforment rapidement en amitié, où le témoignage de ma foi peut également prendre sa place.

Nous sommes des êtres de relation et cela se retrouve dans tous les secteurs de nos vies, même commerciales !

CJ

 

Faire église en communauté de réflexion et de partage

Dans l’univers chrétien en France de nombreux petits  groupes se réunissent régulièrement. Les objectifs sont divers et les manières différentes, mais c’est à chaque fois une façon de faire église.Voici l’exemple, à Nevers, d’une communauté de réflexion et de partage dans la mouvance des groupes FOI.

Qu’est-ce qu’un groupe FOI ?

FOI (Fraternité Œcuménique Internationale) ou Net for God est un réseau international initié par la Communauté du Chemin Neuf et inspiré par la vision de l’abbé Paul Couturier. L’appellation Net For God s’inspire de l’image du filet du pêcheur dans l’Evangile de Luc au chapitre 5. Travailler à la paix et l’unité entre les Eglises et les cultures est l’objectif principal de ce réseau.

“Que tous soient un… afin que le monde croie que tu m’as envoyé.” (Jean 17, 21)

Le réseau a été lancé en 2000, à l’occasion des Journées Mondiales de la Jeunesse à Rome, pour proposer aux jeunes de prier et s’engager pour la paix et l’unité. Lors du Festival International, un jeune homme du Burundi a posé cette question : «Ici, il nous est possible d’être ensemble entre Tutsis et Hutus, parce que nous pouvons prier et partager ensemble dans un esprit de paix et de réconciliation. Comment continuer ainsi quand nous rentrerons chez nous ? » En réponse à cette question, la Communauté du Chemin Neuf  produit un premier film, comme un outil pour susciter unité et fraternité.

Ainsi chaque mois, un film de 30 minutes est envoyé à sept cent groupes FOI, dont celui de NEVERS, qui se rassemblent dans soixante-cinq pays en un réseau de formation, de prière et de partage.

Quel a été le développement du groupe  de Nevers au fil des années et comment fonctionne t-il actuellement ?

A Nevers, depuis son début, la soirée FOI regroupe chaque mois entre 10 et 20 personnes, selon les disponibilités de chacun. En phase avec la vocation œcuménique qui caractérise la Communauté du Chemin Neuf, l’origine ecclésiale des participants est diverse ; la rencontre mensuelle regroupe ainsi des catholiques, protestants réformés, évangéliques, voire des personnes en recherche dont quelques adolescents accompagnant leurs parents. Au fil des années il est à remarquer la permanence de participation de la plupart, ce qui laisse supposer que FOI est dune proposition en phase avec des attentes fortement ressenties et orientées vers l’enseignement et la relation fraternelle.

 

Quels sont les contenus de ces rencontres (par exemple la dernière année…) : vidéos et questions posées

Depuis le début de l’année 2018 quatre enseignements (films) ont été proposés ;

  • un premier nous fait pénétrer dans le vécu, par un couple, d’une passion, celle du théâtre comme un lieu de rencontre et de partage avec la pauvreté et la fragilité.
  • Dans un second, deux théologiens catholiques, Mary Healy et Etienne Vetö, nous permettent de mieux comprendre les dimensions biblique, théologique et spirituelle de la délivrance et donnent des clés pour entrer dans cette liberté pleine et entière que le Seigneur veut nous donner.
  • Le thème du troisième porte sur le témoignage Martin Luther King ; En quoi, 50 ans après sa mort, est-il plus que jamais un prophète pour notre temps, une figure inspirante partout à travers le monde ?
  • Le quatrième film nous partage l’engagement d’une association « Le triomphe du cœur » qui depuis plus de 25 ans, a envoyé 2400 camions d’aide humanitaire dans les pays de l’ex-Union Soviétique et soutient quotidiennement des enfants, des personnes âgées et pauvres dans ces pays.

Par ces exemples, on peut remarquer la diversité et l’actualité des thèmes traités

 

Comment se déroule une rencontre ?

La matière toujours très riche portée par le film de la soirée suscite un foisonnement de ressentis et de réflexions ; ceux-ci, toujours  personnels, sont très librement partagés au groupe .Ils ne font  pas l’objet de débats ou de critiques .C’ est en effet la règle de notre fonctionnement. Il ne s ‘agit pas de débattre. Ainsi chacun peut partager l’écho personnel laissé par l’enseignement. La diversité de ces retours qui épouse la diversité des richesses de vie des participants compose un ensemble toujours profond, enrichissant et stimulant.

 

Comment ce groupe représente une expression d’église, vivante, ouverte, non institutionnalisée

Ce petit rassemblement mensuel représente une réelle communauté de foi ; c’est un vrai moment d’unité vécue entre tous .

D’une part, au travers des enseignements portés par les films et des échanges qui suivent, les participants accueillent ensemble les multiples richesses de l’Evangile ; ces moments permettent à chacun de revisiter sa foi, de l’enrichir en s’ouvrant à d’autres compréhensions. Pour certains parmi nous, cette rencontre est vécue comme un moment rare, que les Eglises dans leur fonctionnement classique permettent rarement, voire jamais…

Il est aussi proposé un temps de prière partagée, en réponse aux besoins exprimés.

Ce sont des temps forts de vie fraternelle ; la pensée libre apportée par chacun exige et trouve en regard une écoute respectueuse ; chacun a une place, dans la prise de parole ou le silence ; dans cet échange privilégié, où chacun est accueilli avec sa différence, les expressions peuvent être très personnelles et profondes.

Par ailleurs, au fil des mois se tissent de précieux liens fraternels qui donnent une profonde réalité à la « prière de l’unité » qui clôt la soirée.

PS : à Nevers et plus généralement en France la soirée ne saurait se terminer sans la traditionnelle tarte aux pommes accompagnée de son verre de cidre

Alain GUBERT

#Etape 2 : Comment se faire des amis ?

Le guide officieux pour ceux qui n’ont pas lu Dale Carnegie

Il y a des gens qui sont super doués pour se faire des amis…

Au collège puis au lycée, je distinguais deux catégories : ceux qui étaient amis avec tout le monde et ceux dont tout le monde voulait être l’ami.

Pour ma part, j’étais dans la 1 ère catégorie pour une raison toute simple : j’aimais fréquenter différents styles d’amis parce que je trouvais la diversité enrichissante. De plus, je suis, de nature, plus intéressé par le fait de pouvoir tisser des relations profondes. Mais quoi qu’il en soit, j’ai toujours été fasciné de comprendre comment on passe du stade de connaissance à pote, puis de potes à amis.

Dans cet article, vous allez découvrir :

Une question essentielle pour moi (et certainement pour vous)
Ce que nous recherchons tous inconsciemment dans nos séries préférés
Ce qui est encore plus important que d’avoir un bon feeling…
Les 4 premières étapes de l’amitié

Comment garder ses amis pour la vie ?

Ce sera l’objet d’un prochain article mais en attendant pour prolonger ce que je disais en deuxième partie de #l’étape 1, vous êtes, peut être comme moi, à un stade de votre vie où vous réalisez que les amitiés qui vous restent sont PRÉCIEUSES et seront probablement celles qui vous accompagneront pour le reste de votre vie. Pourtant, ce n’est pas si simple de résister au phénomène du DRIFT (l’éloignement naturel).

Lire la suite sur https://medium.com/48-étapes/etape-2-les-7-étapes-de-lamitié-1-2-73a2272e7135#.aer3p3lui

Pour une théologie en phase avec les questions de notre temps

Une conférence de Jürgen Moltmann à l’Institut Protestant de Théologie
(Paris, 20 octobre 2017)

Jürgen Moltmann a été invité à intervenir au colloque Georges Casalis : « Théologie, acte politique » organisé par l’Institut Protestant de Théologie à Paris le 20 et 21 octobre 2017, sur le thème : « Le futur de la théologie ». Rodolphe Gozegba est doctorant à l’Institut Protestant de Théologie et prépare une thèse à propos de Jürgen Moltmann. Il répond ici à quelques questions concernant la conférence donnée par Jürgen Moltmann, le vendredi soir 20 octobre 2017

1 Rodolphe, dans quel contexte et comment as-tu rencontré la pensée théologique de Jürgen Moltmann ?
La première fois que j’ai rencontré la pensée théologique de Moltmann, c’était dans un enseignement magistral lors de ma troisième année d’études à la Faculté de théologie évangélique de Bangui (FATEB). L’intérêt que j’ai porté à sa pensée tenait à la pertinence de celle-ci pour moi et pour mes collègues qui l’avaient également étudiée. Pour moi, lire une pensée théologique significative réconforte un esprit parfois désespéré. Et au moment où mon pays était ravagé par la guerre, où le patrimoine culturel était détruit où il ne restait plus rien, où le peuple centrafricain gémissait de douleur, j’ai approfondi son ouvrage : Le Dieu crucifié. La Croix du Christ, fondement et critique de la théologie (traduit par Bernard Faigneau-Julien, à Paris aux Éditions du Cerf, en 2012). J’y ai trouvé un message nouveau d’encouragement – en ce qui concerne l’intervention de Dieu dans la souffrance humaine. La Croix du Christ qui, pour Moltmann, représente les souffrances de l’humanité, met en évidence l’incommensurable amour de Dieu pour l’humain. A ce titre, « il faut aujourd’hui que l’Église et la théologie se souviennent du Christ crucifié pour montrer au monde sa liberté, si toutefois elles veulent être ce qu’elles prétendent être : l’Église du Christ et la théologie chrétienne » affirme Moltmann (DC p. 7). Ce qui compte, c’est le déploiement de sa pensée qui met en exergue le rapport entre la théologie et la société. Et cela correspond bien à mes aspirations spirituelles et intellectuelles, à mon positionnement biblique et théologique, et à mes convictions essentiellement pluralistes. Je m’implique dans la contextualisation de la pensée théologique de Moltmann aux réalités culturelles et géopolitiques particulières en Centrafrique.

2 Qu’est-ce qui t’a incité à t’engager dans un travail de thèse à ce sujet ?
Comme je l’ai dit dans ma précédente interview, je dois rappeler encore une fois que j’ai vécu une expérience similaire à Moltmann. Moltmann a connu la deuxième Guerre Mondiale. Dans son expérience si difficile, la découverte de Jésus-Christ dans l’évangile lui a rendu espoir. De même j’ai pu garder l’espérance dans le contexte centrafricain où le peuple est désespéré sans savoir pourquoi le désastre est arrivé. De ce point de vue, la pensée théologique de Moltmann m’apparaît comme source d’inspiration pour toute quête d’espérance. « L’espérance chrétienne n’est pas seulement une espérance pour l’éternité mais aussi une espérance messianique pour notre futur concret, une transcendance immanente […] Cette espérance messianique est un pouvoir de guérison contre le cynisme des puissants et l’apathie des impuissants ». « Avec cette foi nous serons capables de faire de ces montagnes de désespoir des pierres d’espérance » proclamait Martin Luther King en 1963. « Le Dieu de l’espérance est un Dieu qui vient, qui était, qui est et qui vient. Dieu n’est pas l’immuable éternel, n’est pas l’absolu détaché de tout qui était, qui est et qui sera, le même d’éternité en éternité, mais le Dieu qui façonne le futur du monde selon son heure et qui vient pour remplir les cieux et la terre de la vie divine, de la vérité divine et de la justesse divine » déclare Moltmann (Le futur de la théologie, p. 11). Ce qui m’intéresse dans la pensée de Moltmann, c’est le rapprochement de l’Eglise avec la société. Ce rapprochement m’incite à réfléchir en partant de l’hypothèse concernant le rôle et la place de la théologie dans la société. La pensée théologique de Moltmann me paraît bibliquement fondée et permet de prendre en compte la réalité des crises socio-politiques.

3 Tu as assisté et participé à la conférence donnée par Jürgen Moltmann le 20 octobre 2017 à l’Institut Protestant de théologie. Quelle a été l’orientation de son intervention ? Quelles en ont été les grandes lignes ?
J’ai été très marqué par la capacité de Moltmann de retracer l’évolution de la théologie du xxe siècle à nos jours. Avec une grande connaissance de l’histoire, il a su définir ce que représentent les tâches théologiques d’aujourd’hui. « A partir de 1960 environ, une théologie au visage tourné vers le monde a émergé, ainsi que l’a déclaré Johann Baptist Metz. Dans les dialogues entre christianisme et marxisme, nous avons développé une nouvelle théologie politique de l’Eglise […] La théologie de la libération, qui a commencé en 1971 en Amérique latine, a été plus efficace à travers le monde. Des théologies contextuelles ont poussé partout comme des champignons : la théologie noire, la théologie féministe, la théologie Minjung, la théologie Dalit, etc. Il s’agissait de participations théologiques à des mouvements politiques ou culturels destinées à amener des chrétiens dans ces mouvements avec l’espoir de christianiser ces mouvements… ». Par ailleurs, dans les régimes politiques où le peuple est asservi, Moltmann voit l’existence de dieux morts qui s’opposent au Dieu vivant. Cette position s’appui sur son expérience personnelle et notamment la période de sa jeunesse où il a beaucoup souffert sous le régime nazi. A partir de là, il a été capable de comprendre les méfaits de tous les pouvoirs d’oppression.

4 Qu’est ce que cette conférence t’a apporté de nouveau ?
La conférence de Moltmann à Paris m’a apporté 1) une réelle prise conscience sur les grandes questions que se posent les théologiens d’aujourd’hui : Comment dire Dieu dans un contexte de crises socio-politiques, comment prêcher l’Evangile dans une société plurielle ? Quel est le statut de l’Eglise par rapport à la société, par rapport à la politique et par rapport à d’autres religions ? 2) La conférence de Moltmann m’a aussi appris à vivre avec les autres puisque Dieu s’incarne pour habiter parmi les hommes. Cette conférence m’a confirmé dans la volonté de dépasser tout fanatisme religieux, d’accepter le dialogue avec d’autres convictions. 3) La conférence de Moltmann a également ajouté un chapitre nouveau sur une question qui ne figure pas actuellement dans ma recherche doctorale : le tournant écologique. Cette question est très présente dans la théologie de Moltmann, et j’estime nécessaire de l’aborder dans les années à venir.

5 A l’occasion de cette rencontre, comment as-tu vécu une relation nouvelle avec la personnalité de Jürgen Moltmann ?
J’ai le souvenir d’avoir rencontré un homme humble, calme, grandement inspiré, sage, joyeux et heureux. J’ai eu l’occasion de passer quelques minutes avec lui. Cette rencontre, unique, m’a communiqué quelque chose de sa personnalité. En lui, j’ai ressenti l’humilité dans son ouverture aux autres et à leurs différences malgré sa grande notoriété. Il avait également une attitude conviviale à l’égard des gens qui le saluaient. En lui, j’ai su que l’ouverture aux autres pouvait susciter une joie sans égal, et que s’accepter mutuellement au-delà de nos différences n’était ni un danger ni une menace, au contraire. Donc, ce qui a compté pour moi ce n’est pas seulement sa pensée théologique et son audience, mais tout ce qui, en lui, le rend profondément « humain ».

6 Comment cette conférence te paraît-elle répondre aux attentes des gens d’aujourd’hui ?
Moltmann fait d’abord un état des lieux détaillé de la conjoncture des sociétés européennes au xxe siècle : « Les nations européennes ont sacrifié leur jeunesse, alors qu’il y aurait eu des moyens de faire la paix […] aujourd’hui notre patriotisme ne s’applique plus à notre propre peuple, mais à la constitution démocratique, avec les droits de l’Homme comme droits fondamentaux pour tous les hommes. Le dieu de la patrie est pour moi un dieu mort, et les sacrifices sur les champs de bataille des Guerres Mondiales se sont faits en vain » (FT, p. 4). Ce rappel historique opère un lien entre ce qui s’est passé au xxe siècle et la période actuelle, mais permet aussi un élargissement de l’écoute dans des situations diverses : l’avenir des jeunes, la nécessité de faire la paix pour éviter les guerres, l’esprit patriotique, le respect de la démocratie, la considération des droits de l’Homme, la protection de l’environnement etc. Il me semble donc que la Bonne Nouvelle de cette conférence invite la théologie et l’Eglise à vivre dans la confiance et dans la stricte fidélité à leur mission ici-bas. Car pour Moltmann, la théologie doit, face au malheur, devant la désolation et le désespoir, chercher toujours à porter un message de résurrection et d’espérance. Moltmann précise : « Le christianisme doit passer d’une spiritualité gnostique traditionnelle – nous ne sommes que de passage sur terre, notre maison est au ciel – à la compréhension du fait que la terre est notre maison dans ce monde et également dans celui à venir. Parce que nous espérons une nouvelle terre sur laquelle la justice demeurera, nous sommes fidèles à la terre. » (FT. p. 7). La théologie et l’Eglise doivent prendre au sérieux « l’aujourd’hui », « le maintenant » pour avoir une société qui respecte les droits fondamentaux de l’Homme. Et tout cela, entraîne les chrétiens vers un au-delà qui leur est offert.

7 Comment cette conférence appelle-t-elle le monde chrétien à un regard nouveau ?
Moltmann s’est ouvert cœur et âme à son auditoire. Pour moi, ce qu’il a dit m’est apparu comme une somme de sa théologie, mais aussi de ses propres expériences. Et à mon sens, il n’a fait qu’encourager les théologiens chrétiens à exprimer avec conscience leur pensée théologique par rapport à toutes les sphères de la société. En rapprochant les théologiens de la société, Moltmann parvient à donner une signification à la place et au rôle de la théologie dans ce monde. Il illustre chacun des aspects de sa conférence par des exemples historiques et des expériences vécues pour justifier le rôle des théologiens dans la société. Moltmann réussit à dire nettement sa pensée puisqu’il reste critique face aux défis sociaux. Son analyse renvoie aux événements du xxe siècle en Allemagne, en Europe et en Amérique latine et tout ce qui en découle. Très souvent dans ce contexte, à plusieurs reprises, il est arrivé que la théologie n’assume pas ses responsabilités. Voilà pourquoi Moltmann insiste ici sur l’importance du travail théologique. Il encourage les théologiens chrétiens à faire preuve d’une responsabilité d’avant-garde dans la société. Avec confiance, Moltmann propose une démarche fondamentale, compréhensible, bibliquement fondée et pouvant être appliquée.

8 Quel était l’auditoire de cette conférence ? Comment a-t-il réagi ?
Je sais que de nombreuses personnes, théologiens, pasteurs protestants, prêtres catholiques, de nombreux enseignants des facultés de théologie en France, étudiants, mais aussi, bien sûr, des personnes qui s’intéressent à la théologie de Moltmann ; étaient présentes pour l’écouter. L’Institut protestant de Théologie, Paris a disposé deux salles (amphi et une grande salle connexe à l’amphi) pour accueillir les participants. Les deux salles étaient pleines. J’ai remarqué que les participants avaient manifestés un grand intérêt et posaient des questions pour mieux comprendre la théologie de Moltmann.

9 Comment perçois-tu la réception de la théologie de Moltmann aujourd’hui en France et dans l’univers francophone ?
De nombreux théologiens français ont étudié la théologie de Moltmann ou l’ont traduit de l’allemand en français. Parmi eux, Hubert Goudineau et Jean-Louis Souletie, Dominique Gonnet, Henri Blocher, Frédéric Chavel. Un point important : sur le Web également, il y a une abondante littérature concernant la théologie de Moltmann. Je peux mentionner ici les deux blogs : L’Esprit qui donne la vie et Vivre et Espérer qui cherchent à faire connaître la théologie de Moltmann au grand public. En outre, j’ai pu constater qu’il y a au Canada, en Suisse, en Belgique et en Afrique subsaharienne francophone un foisonnement d’études consacrées à Moltmann.

Abréviations
DC Dieu crucifié
FT Futur de la théologie (titre de la conférence de Moltmann)

Sur ce site, voir aussi : « Une théologie pour notre temps. L’autobiographie de Jürgen Moltmann » : http://www.temoins.com/une-theologie-pour-notre-temps-lautobiographie-de-juergen-moltmann/

  1. [1] https://www.temoins.com/mouvement-paix-centrafrique/

#Etape 1 : Comment les relations profondes transforment la vie?

Le choix qui détermine toute une vie.

 

…En matière de relations, c’est toujours du 50/50, on aimerait se convaincre que si la relation va mal, c’est de la faute de l’autre. Et même si ça peut être vrai,

il nous faut faire un choix sur ce que nous voulons vraiment pour nous et pour l’autre…

Deux décisions difficiles mais source de transformation :

1. Reconnaître qu’on aime mal…Non, franchement…on peut se le dire secrètement à l’oreille…personne ne nous entend…On est entre nous…C’est trop dur pour vous ?…Ok… alors je commence le premier : …je me rends compte que j’aime mal…Non…vraiment…Je suis malgré moi encore trop souvent insensible à la détresse de mes proches…d’ailleurs mes amis ne se privent pas de me le rappeler. Ils m’ont décernés la LICENCE avec mention bien du gars complètement à l’ouest. Bon… avec ma femme et mes enfants, c’est cursus accéléré, j’ai déjà le doctorat…A votre tour, et vous ? Oui, je sais vous allez me dire que vous faites au mieux “blabla bli blablabla et les trois petits chats”…et je n’en doute pas ! Mais ce n’est pas la question !Aimez-vous vos proches comme ils en ont besoin ?

2.Accepter qu’on a besoin d’apprendre à aimer. Je me rends compte que tant qu’on ne fait pas le choix d’aimer un peu plus l’autre, tant qu’on ne fait pas le choix d’arrêter d’investir son temps et son énergie à imaginer les pires scénarios…Nous restons dans la zone de la médiocrité relationnelle…L’expérience m’a montré que la relation pourri lentement jusqu’à devenir ennuyeuse puis malsaine voir conflictuelle…Tout cela parce que nous sommes passé à côté de l’opportunité de vivre des relations profondes et belles. Ces relations qui font grandir la bonté d’âme et nous révèle à nous même. Nous avons besoin d’apprendre à mieux aimer…Moi le premier et vous ensuite !

Ily a des relations sur lesquels nous ne pouvons pas jeter l’éponge et qui par ailleurs peuvent facilement être des tremplins pour un meilleur niveau d’intimité. Ces incubateurs de maturité et de bonheur ont comme moteur le conflit. Je veux dire par là le bon conflit celui qui nous apprend à être nous même en apprenant à accepter les autres. Ces relations qu’elle soit l’amitié, la parentalité, la conjugalité, selon comment on les vit, peuvent transformer notre vie…

L’amitié : le lieu on l’apprend à être soi

Friends

 

Généralement l’amour de la famille reçu est considéré comme acquis, comme normal. D’où parfois le ressenti exprimé des parents face à la période de l’enfance et de l’adolescent comme étant l’âge ingrat. Mon expérience personnelle et professionnelle (expérience d’éducateur auprès d’enfants et d’adolescents) me fait dire que c’est avec l’amitié que l’on apprend réellement à se décentrer… Car je constate que l’amitié dés l’enfance constitue le premier espace de TRANSFORMATION et de construction de l’identité. Avec mes amis, je peux être petit à petit la personne que je veux devenir. C’est avec les amis qu’on vit les moments de joie, de défis et d’expériences fortes qui nous poussent à rêver et à concrétiser ces rêves. C’est aussi avec eux qu’on partage les moments de questionnements, de doutes et de grands choix.

Je me suis rendu compte avec mon fils que c’est vrai dès la maternelle. Je suis bluffé de voir comment il apprend par les frictions avec les autres enfants de son âge à réaliser que, l’amitié, c’est aussi se rendre attentif à l’autre.

Arrivés à la trentaine… Quels sont les amis qui nous restent ? Avec qui on a gardé contact ? Et lorsqu’on a su garder le contact, est-ce qu’on ressent toujours cette excitation, ce sentiment d’AVENTURE qu’on avait enfant ? Est-ce qu’on s’amuse toujours autant ? Est-ce que l’alchimie est toujours là ?

Dans mes prochains articles, j’aborderai justement ce que cela implique de garder ses amis les plus proches comme compagnons de vie. On parlera de ce que veut dire :

“Approfondir une amitié pour qu’elle soit une source de croissance et contribue à faire émerger qui l’on est réellement. ”

On évoquera les éléments clés d’une amitié qui dure et qui peut FAIRE GRANDIR réciproquement. Dans le prochain article, #l’étape 2, j’aborderai “les 7 étapes de l’amitié”.

 

La conjugalité : Un couple, ça se construit

Un gars, une fille

Le second lieu de transformation est la relation de COUPLE. Une fois le fantasme abandonné, la passion amoureuse calmée, la fusion consumée, on est face à un choix : celui de la scission ou celui, moins fréquent, de prendre le chemin des couples heureux qui RÉALISENT qu’apprendre à s’accepter, à trouver dans les différences de l’autre des forces est une affaire de VOLONTÉ plus que de sentiments. Là encore, il y en aurait des choses à dire. C’est extraordinaire, exceptionnel de rester avec la personne que l’on a choisi, et de continuer à l’aimer et d’APPROFONDIR l’intimité ! Et en même temps… c’est quand même compliqué cette affaire !! On n’a pas été formés pour comprendre le mode de pensée et les besoins affectifs féminins ou masculins… Lors de la livraison du produit, où sont passés le mode d’emploi et les tutoriels ?!!Nan mais sérieux ?!!

Onpeut se sentir démunis et impuissants mais… entre se séparer ou se subir, il y a quand même une troisième voie. Pour la trouver il faut par contre se retrousser les manches et éviter d’attendre que la situation ne génère une trop grande souffrance et qu’on soit dans la phase de désespérance absolue…

“On recherche tous un amour vrai, profond et complice qui nous engage dans la même direction et qui nous permette d’être un couple INTERDÉPENDANT.”

Devenir un couple heureux est un sacré challenge et nous avons tous besoin d’aide…

Lire la suite sur le blog de Charly Mootien https://medium.com/48-étapes/etape-1-le-plus-grand-facteur-de-transformation-personnelle-2-2-2d96ff26f0c7

 

Les enfants ouvrent les portes du Royaume

Les enfants, portiers du royaumeReconnaître une spiritualité propre à l’enfant, c’est croire que Dieu se révèle aussi par lui, d’une manière toute particulière. Ainsi reconnu comme une personne déjà en relation avec Dieu, il peut évangéliser à sa manière. Il enseigne et catéchise à son tour. Vue sous cet angle, la place de l’enfant dans la catéchèse change, mais c’est surtout la posture de l’adulte qui se trouve changée. Certaines pratiques catéchétiques, comme Godly Play®, une approche catéchétique créé par Jerome W. Berryman, mettent particulièrement en évidence que l’enfant n’est plus uniquement considéré comme quelqu’un à qui on doit tout enseigner.

A l’écoute de la Parole

Les séances Godly Play®, peuvent particulièrement bien soutenir la spiritualité des enfants. Tous sont en cercle et commencent par entendre une histoire. La Parole de Dieu est transmise sur un support, du sable ou une feutrine, et le narrateur déplace des figurines en bois ainsi que d’autres objets. Son attitude est fondamentale pour que cette Parole soit le centre de l’attention et qu’elle résonne en chacun. Le rythme lent du récit et des gestes, le silence, offrent un espace à l’imagination. Les enfants vont ensuite réagir au moment des questions d’émerveillement. Avec elles, ils vont pouvoir faire des aller-retours entre leur vie et ce qu’ils viennent d’entendre.
Dans les séances Godly Play®, le regard sur « l’enfant théologien » met en évidence une véritable source d’évangélisation. La foi, l’émerveillement, le questionnement sont signes de la présence de Dieu. La joie et le plaisir partagés provoquent un élan pour lui rendre grâce. La Parole est mise en résonance avec d’autres paroles et nourrit la réflexion pour sa propre vie.
Les enfants écoutent attentivement la Parole de Dieu, sont touchés par elle et y prennent goût. Ils se réjouissent de venir, de revenir, et emmènent parfois leurs amis. Les histoires bibliques accompagnées du questionnement les renvoient à leur propre vie, leurs propres expériences, les liens se font naturellement ou avec l’aide du narrateur. Les enfants apprennent à exprimer leur pensée, à trouver les mots justes pour être compris. Parce que leur parole est bien accueillie, ils comprennent qu’elle est importante à donner, et qu’elle a de la valeur. Ils n’hésitent pas à s’exprimer, librement. Les enfants ne sont pas évalués quant à leurs connaissances. Ils savent qu’ils peuvent risquer une parole sincère ou approximative car il leur est reconnu le droit à un apprentissage par tâtonnement par le biais du langage religieux. Cette sécurité contribue à créer les conditions de la confiance. Leur développement religieux s’effectue ainsi dans un espace de liberté, ludique et pédagogique à la fois, un lieu qui leur est réservé. Ce qui se passe là est différent, merveilleux, ils découvrent ce que peut être un « espace sacré ». Ils s’y sentent en sécurité, avec la famille de Dieu. Ils font l’expérience de la communauté, qui sont les amis présents avec eux ; et aussi de la communauté des saints par la proximité des personnages bibliques. Ils leur deviennent familiers en entendant leurs histoires, mais aussi parce que les objets avec lesquels elles sont racontées sont toujours là. Les enfants s’initient aussi au langage religieux. Godly Play® fait le choix du langage hérité de la tradition chrétienne. Ce langage se décline sur quatre registres : celui des récits bibliques, celui des paraboles, celui des actions liturgiques et celui du silence. Le lien avec le temps ecclésial est souligné par le jeu des couleurs (blanc, rouge, vert, violet…). Ces formes de langage font écho à la vie communautaire et particulièrement cultuelle, d’autant plus que la séance est comme une réplique d’une célébration (accueil, liturgie de la parole, liturgie eucharistique, prière, envoi, bénédiction…). Par la prière partagée tous ensemble, les enfants parlent à Dieu, ou à Jésus et entendent les autres parler à Dieu ou à Jésus. Parfois, ils ne disent rien, mais aiment à fermer les yeux pour se recueillir.

L’Esprit à l’œuvre

Les narrateurs, par l’apprentissage des textes par cœur, connaissent mieux et se nourrissent de la Parole. Ils voient leurs représentations de Dieu évoluer. Les enfants leur apportent des éléments qui vont déclencher leur réflexion. Ils peuvent observer l’Esprit Saint à l’œuvre, en eux et dans les enfants. Eux aussi retrouvent goût à transmettre leur foi dans ce contexte. Ce sont des témoins importants car l’amour de Dieu passe à travers eux, leur comportement respectueux, leur écoute, leur amitié. Lorsque les enfants les saluent pour dire au revoir, ils leurs donnent une parole de bénédiction, comme Jésus qui aimait bénir les enfants. La relation au Christ du narrateur peut s’entendre dans la manière d’habiter le récit raconté, l’émotion qui est partagée. Leur comportement respectueux vis-à-vis des enfants, mais aussi du lieu et du matériel, montre implicitement leur importance.
La structure de la catéchèse se trouve elle-même « évangélisée », c’est-à-dire qu’elle se trouve transformée. Elle quitte l’efficacité pour laisser la place à la rencontre dans des expériences. Godly Play privilégie le statut de l’imaginaire par rapport à celui de la raison. Il ne donne pas un contenu à la foi (ce qu’il faut croire) mais réunit les moyens nécessaires à dire sa foi, c’est-à-dire à approcher par le langage le mystère de la présence de Dieu dans la vie des enfants. Il est en outre important de partager régulièrement ce qui est vécu dans des discussions collectives pour toujours mieux s’ajuster. Avec l’équipe qui a été formée à ce concept, nous vivons des « cercles de narrateurs » c’est-à-dire que nous nous montrons les histoires Godly Play® les uns aux autres, apportant nos questions ou nos difficultés. Ces échanges sont motivants, enthousiasmants, et nous apprenons beaucoup en voyant différentes manières de raconter ou de déplacer les objets. Chaque geste compte pour s’approcher du mystère, l’appréhender d’une nouvelle façon. Ce concept porte une incontestable dimension œcuménique, et la collaboration harmonieuse au sein de l’équipe du Centre Œcuménique de Catéchèse à Genève le montre bien.
Les effets de l’évangélisation sont réciproques, agissant aussi bien sur les enfants que sur le pédagogue religieux ; et d’une certaine manière, l’approche religieuse Godly Play® « évangélise » aussi l’éducation chrétienne.

Bribes de partages

Une écoute attentive et une relecture d’échanges vécus au sein de rencontres catéchétiques confirment que les enfants sont de petits théologiens en herbe, et que par leurs interrogations, les réponses qu’ils apportent d’eux-mêmes, ils ouvrent les portes d’un monde dans lequel nous sommes tous invités à entrer avec une âme d’enfant, ils permettent « le passage » dans le Royaume de Dieu…
Avec mon expérience dans Godly Play®, je remarque que donner la parole permet aux enfants d’avoir confiance en eux et de croire que leur parole vaut la peine d’être dite. Parce que c’est leur parole, et qu’elle exprime ce qu’ils pensent, cela justifie qu’ils puissent la dire. Le « temps d’émerveillement » donne cette occasion et je m’émerveille avec eux non seulement de l’histoire que nous venons d’entendre mais aussi de leurs réponses.
J’ai été particulièrement frappée par la prise de parole d’un garçon d’environ neuf ans, et de la liberté avec laquelle il s’est exprimé.
C’était en février 2014, et j’avais raconté la Parabole du Bon Samaritain. A la dernière question Je me demande ce qui se passerait si c’était un enfant qui trouvait le blessé ? Nous avons eu diverses réponses, suivies de ma reformulation :
– « Il va chercher l’ambulance. » …
– « Il va l’aider. » ….
– « Il continue son chemin. » … Cette réponse, différente des autres, attire mon attention. Je reformule « Il continue son chemin ? » et cela emmène l’enfant à continuer :
– « Oui, car il a peur. »
Ce garçonnet a osé exprimer cela, alors que les autres réponses parlaient du prochain qui avait secouru le blessé, et qui avait en quelque sorte le beau rôle. Il s’est senti libre de dire son sentiment à haute voix. Sa réaction ayant été accueillie de la même manière que les autres, tous dans le cercle l’ont acceptée sans la juger. Il avait ouvert une nouvelle voie, celle d’avoir le droit d’avoir peur. Cela a été un moment très fort. J’ai conclu en redisant que dans une telle situation, un enfant pourrait aller chercher de l’aide, une ambulance, et qu’il pourrait aussi avoir peur et continuer son chemin. Toutes les paroles étaient également valables, chacun avait le droit de réagir à sa façon, et ils l’ont fait !

Avec le récit de la Création, les enfants me renvoient aussi des occasions de réfléchir :
A la question Je me demande si on peut enlever un jour sans que cela change quelque chose ? un enfant répond : « non, si on enlève un jour, il faut changer tout le reste… »
Intuitivement, il a compris que tout se tient, que la Création comporte intrinsèquement une cohérence, que si on y touche, elle est profondément perturbée. Les alertes écologiques en témoignent aujourd’hui. Avec la création, Dieu nous a fait don d’un cadeau mais nous ne pouvons pas en faire n’importe quoi.
Un autre enfant relève :
« Si on enlève le jour du repos, on ne peut plus se souvenir… le jour du repos, il est là pour se souvenir… »
S’arrêter pour se souvenir, avoir un jour qui permette de regarder en arrière, pour voir les belles choses accomplies, l’enfant nous dit avec ses mots que nous devons garder ce temps. L’enfant vit intensément le moment présent, mais il aime entendre son père ou sa mère, ou une grand-mère, raconter les souvenirs du passé. Cela lui dit d’où il vient, l’enracine, lui donne un sens. Pour cela, il est important de prendre du temps, de calmer le rythme effréné de la vie quotidienne, d’avoir un jour de repos.

Une des séances qui m’a le plus étonnée et émerveillée est celle où j’ai raconté « La parabole des paraboles » pour la première fois. La présentation propose un alignement de boîtes gigognes.
Lorsque je l’apprenais, j’étais surprise déjà par le contenu de cette histoire, j’avais de la peine à y entrer, à répondre moi-même aux questions d’émerveillement !
Lors de la rencontre avec les enfants, le temps d’émerveillement a particulièrement été fructueux pour moi :
A la question je me demande si vous vous êtes déjà approchés de l’intérieur d’une parabole ? J’attendais qu’ils me répondent oui, dans telle ou telle parabole des boîtes dorées (qui contiennent les paraboles de Jésus). Mais j’ai été surprise quand un enfant qui venait d’être baptisé à 10 ans a répondu :
– « dans la prière » puis « au moment de mon baptême »
Sur le moment, j’ai accueilli ce qui s’est dit, écouté un autre enfant, continué la séance. Mais ensuite, une fois rentrée à la maison, j’y ai repensé et face aux réponses ci-dessus, je me suis sentie dans une situation où je devais choisir comment « entendre » ces réponses :
Est-ce que je considérais que cet enfant, ne sachant pas quoi répondre avait dit ce qui se rapporte au « catéchisme » ? la prière, le baptême… des réponses « bateau » en quelque sorte.
Ou je faisais confiance à sa parole, à sa spiritualité et me laissais interpeler par ses réponses ?
J’ai choisi la deuxième option et me suis demandé ce que moi je trouve à l’intérieur d’une parabole : le Royaume de Dieu… et à quel moment s’approche-t-on du Royaume de Dieu sinon dans la prière et le baptême !? L’enfant a répondu simplement et intuitivement, mais il a aussi exprimé à sa manière une expérience spirituelle forte qu’il a vécue au moment de son baptême. J’ai été émerveillée ainsi après coup.
A la question Je me demande ce que voyez-vous lorsque les boîtes sont toutes alignées ? une question que je trouvais très difficile !… Les enfants ont répondu assez vite et spontanément :
– « l’évolution de l’Eglise »
– « l’évolution de la vie »
– « la jeunesse » comme je n’ai pas compris ce que l’enfant voulait dire, il a précisé « quand on grandit »
– « l’évolution de la parabole, elle grandit de plus en plus et elle va remplir toute la pièce »
Là je me suis émerveillée sur le moment-même ! Et je leur ai dit que je trouvais leurs réponses très intéressantes ! Ils m’ont totalement éblouie, je me suis sentie évangélisée par eux particulièrement ce jour-là.

S’ajuster sans cesse

En tant que narratrice, l’apprentissage des textes par cœur me permet de mieux connaître et de me nourrir de la Parole. Mais la pratique de Godly Play® m’aide surtout à changer mon regard sur les enfants, pas seulement en théorie mais aussi dans la pratique ! Même si j’adhère totalement à cette vision de l’enfant, que je lui fais confiance, je me surprends dans des moments où j’ai de vieux réflexes qui ressortent et me retrouve dans des situations cocasses :
Un jour, lors d’une séance, je proposai aux enfants une prière du Notre Père gestuée et chantée. Nous étions en cercle et j’avais mis la Lumière du Christ au centre en disant qu’il était là, parmi nous. Une petite fille me dit avec un doigt dirigé vers le haut : « Lui il est là-haut ». Cette petite phrase m’a énervée car je venais de dire qu’Il était au milieu de nous… et je n’aimais pas cette représentation de Dieu qui était induite (pour moi) là-haut, lointain, sur un nuage… Mais je n’ai pas exprimé mon agacement et j’allais continuer pour commencer la prière quand je me suis dit « elle m’a interpelé, j’ai quand même dû avoir l’air étonné, je ne peux pas la laisser comme ça ». Alors j’ai reformulé « Là-haut ? » et elle répond « Oui, dans le ciel ». Voilà qui confirmait encore mon agacement, alors j’ai dit « Oui, il est là-haut et il est aussi ici parmi nous ». J’avais besoin de redire et d’insister… Nous avons ensuite chanté la prière du Notre Père qui commence par « Notre Père qui es aux cieux… » en levant les bras au ciel. Chaque fois que je raconte cette histoire, nous rions beaucoup. Mais heureusement que je n’avais pas dit à la fillette, « non tu te trompes, il n’est pas là-haut, il est au milieu de nous » ! Non seulement elle avait raison, mais je risquais de provoquer des troubles en elle, dans sa foi, en lui faisant entendre deux choses contradictoires. Je me suis rendue compte que je me trouve dans une constante conversion et à quel point les enfants m’aident.

Avec Godly Play®, j’adhère totalement à cette phrase de Sofia Cavalletti qui parle du catéchète : il sent « passer parfois dans son travail une force qu’il perçoit clairement comme ne lui appartenant pas, un souffle imperceptible nous prévenant que l’Esprit Saint – et non pas nous – travaille dans les cœurs. »
Ecouter les enfants dans un esprit de bénédiction, c’est reconnaître ce qui est bon dans ce qu’ils disent. Même si cela met sens dessus-dessous nos manières de penser, laissons-les nous ouvrir les portes du Royaume.

Caroline Baertschi-Lopez

Caroline Baertschi-Lopez est l’auteur d’un livre à partir duquel cet article a été écrit et à paraître prochainement :
BAERTSCHI-LOPEZ, Caroline, Les enfants, portiers du Royaume. Accueillir leur spiritualité, éditions Cabédita, octobre 2017.

CAVALLETTI, Sofia, Le potentiel religieux de l’enfant, Desclée De Brouwer, Langres, 2007, p.127.

Pour en savoir plus sur Godly Play® : http://godlyplay.ch
Ou téléchargez le dépliant de l’association Godly Play Suisse Romande ci-dessous

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