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En mission, dans l’Esprit, en phase avec la culture d’aujourd’hui

Interview de Pierre Bader, pasteur de la paroisse réformée de Corsier-Corseaux (Eglise Evangélique Réformée du Canton de Vaux).  par Jean Hassenforder (Témoins. Groupe de recherche).    Dans le contexte du changement culturel, dans quel esprit une paroisse suisse vit-elle l’Evangile et s’organise-t-elle pour répondre aux aspirations nouvelles à travers différentes innovations ?

 

 

  • 1 Comment et depuis quand êtes vous responsable de cette paroisse de l’Église évangélique Réformée du canton de Vaux? Comment se situe-t-elle géographiquement, socialement, culturellement ?

La paroisse réformée de Corsier-Corseaux ** Voir son site ** se situe au bord du lac Léman, dans le canton de Vaud, proche de Vevey et Montreux. Il s’agit d’une zone suburbaine composée de 2 villages. La population de cette région aisée est un mélange de personnes d’origine suisse et d’étrangers qui travaillent pour des grandes multinationales. Je suis pasteur de cette paroisse depuis 15 ans.

 

 

  • 2 Quelles sont les grandes questions que vous vous posez quant aux pratiques des églises aujourd’hui dans un monde en pleine mutation culturelle ?

La sous-culture prédominante dans les Eglises est souvent très éloignée des sous-cultures ambiantes. Il y a donc un effort très important de modernisation à faire.
Cependant, modernisation ne signifie pas réveil. Or, c’est bien d’un réveil dont nos Eglises ont besoin : retrouver la joie de la prière et de l’adoration, retrouver le zèle dans l’écoute de la Bible et dans le témoignage, retrouver l’amour fraternel et le don de soi. La vraie révolution culturelle que Jésus nous a invité à vivre est celle de l’amour pour le Seigneur et pour notre prochain. Cela ne signifie pas que des adaptations culturelles ne sont pas nécessaires mais qu’elles ne sont pas un but, seulement un moyen.

 

  • 3 Comment percevez vous la mission des communautés chrétiennes ?

La plupart des communautés chrétiennes sont focalisées sur leur propre existence, qu’il s’agisse de croissance pour quelques-unes ou de survie pour la plupart. Je crois que la mission des Eglises les porte au contraire vers l’évangélisation et les pauvres : en dehors de cela, l’Eglise perd sa raison d’être et par là même sa dynamique et sa puissance. « Qui sont les pauvres vers qui le Seigneur nous envoie ? Vers quelles nouvelles personnes ou vers quels nouveaux groupes de personnes le Seigneur nous appelle-t-il ? » sont des questions qui devraient nous habiter en permanence.

 

  • 4 Y a-t-il eu de grandes étapes dans l’évolution de votre Eglise dans les dernières années ?

Nous avons appris de nos échecs et de nos faiblesses :

–    Nous avons réalisé que les familles avaient de la peine à s’intégrer à notre vie d’église et dans nos cultes : cela nous a fait revoir profondément la liturgie et la structure de notre pastorale.

–    Nous sommes (et serons encore plus dans l’avenir) en déficit chronique de forces pour le ministère : cela nous a amené à questionner le cléricalisme qui règne dans nos Eglises.

–    Nous sommes frustrés par le peu d’impact qu’ont plusieurs activités centrales de la paroisse : cela nous a fait entrer dans une écoute de Dieu plus conséquente. Un groupe d’écoute prophétique a notamment été créé. Il fonctionne en parallèle au conseil de paroisse qui a moins de temps à consacrer à l’écoute étant donné ses responsabilités opérationnelles. Ces deux équipes fonctionnent sur le modèle du binôme roi-prophète : l’un décide, l’autre écoute et conseille.

Finalement, c’est le ministère du Saint Esprit qui a été une étape cruciale : pour être franc, la plupart de nos activités peuvent fonctionner avec ou sans le souffle de l’Esprit, du moins elles peuvent faire illusion. Nous avons choisi d’entrer dans des activités dans lesquelles nous ne maîtrisons de loin pas tout. Par exemple, la prière de guérison, de délivrance et d’écoute prophétique est offerte à chaque culte.

 

  • 5 Chaque dimanche, il y a plusieurs cultes dans votre Eglise. Quelles sont les intentions qui président à leur réalisation? En fonction de quels questionnements ?

Nous croyons que les cultes appartiennent à la fois au Seigneur et à la communauté qui célèbre : il s’agit donc de rejoindre les gens qui viennent aux cultes dans leurs sous-cultures propres. Comme les gens qui fréquentent fidèlement les cultes sont très divers, notamment par les tranches d’âges qu’ils représentent, nous avons une diversité des cultes pour élargir la palette de l’offre.
Nous « calculons » en quelque sorte la « moyenne culturelle » des gens présents (ce qui donne des cultes faits d’éléments culturels divers et donc parfois une impression de bric et de broc qui reflète la diversité des gens présents). Puis nous infléchissons « prophétiquement » ou « en espérance » la culture utilisée dans ces cultes vers ceux qui ne sont pas encore là mais qu’on espère voir venir (principalement les jeunes et les enfants).

 

  • 6 Pouvez-vous nous dire votre réflexion sur les aspirations en fonction des âges et votre conception d’un travail intergénérationnel ?

Nous avons constaté que la plupart de nos activités s’adressent à des strates d’âges différents. Cela a deux conséquences malheureuses :

–    la multiplication des activités et des groupes pour permettre de rejoindre chacun quel que soit son âge (notre paroisse a ainsi créé des activités pour plus de 10 strates d’âges différents, des nouveaux-nés au 4ème et  voir même 5ème âge). Cette stratégie demande un énorme investissement pour les pasteurs et les chrétiens engagés. Il est souvent utile de pouvoir utiliser la pédagogie et la sous-culture d’une strate d’âge définie, mais cette façon de faire mène inévitablement à l’épuisement du pasteur et des chrétiens engagés ;

–    la communauté est affaiblie quand les générations ne se rencontrent pas et ne peuvent plus se féconder par leurs propres richesses.

Nous développons donc le plus possibles des activités intergénérationnelles : par exemple, il y a un mot pour les enfants dans chaque culte. Autre exemple, des adultes encadrent des jeunes ados qui eux-mêmes travaillent avec des enfants dans une activité appelée Quartier Libre. Ou encore des modules de catéchisme qui mettent en rapport des chrétiens âgés avec des jeunes, développant ainsi une relation « grands-parents spirituels – petits-enfants spirituels ». Ou encore des rencontres après-culte qui ont été demandées par les jeunes de la paroisse : ils voulaient entendre le témoignage et la vie des aînés, apprendre d’eux et apprendre à les connaître.

 

  • 7 Comment développez-vous dans l’Eglise un esprit participatif? Comment la vie de votre Eglise repose-t-elle sur une variété de ministères, et en particulier de ministères laïcs rémunérés ?

Il faut sûrement commencer par questionner le concept théologique de laïcs versus ministres consacrés. Nos Eglises réformées prônent le sacerdoce universel mais la structure de nos institutions rend souvent un tout autre son de cloche. Pour un pasteur, cela nécessite d’apprendre à faire confiance et de se débarrasser de toute envie de contrôle : le défi est de taille.

A l’instar de la plupart des Eglises, nous sommes en manque chronique d’ouvriers ; la paroisse a donc décidé d’engager des laïcs rémunérés. Nous avons depuis plus de 20 ans engagé des animateurs de jeunesse qui accompagnent les jeunes de la paroisse. Plus récemment, nous avons engagé une personne pour faire grandir le ministère d’adoration et de louange.
Cependant ces ministères rémunérés ne sont pas considérés comme supérieurs aux ministères bénévoles (mais souvent très professionnels) : ils permettent seulement d’étoffer la diversité des ministères nécessaires à faire vivre le corps de Christ.

 

  • 8 Comment l’Eglise est-elle présente dans la société et y reconnaît-elle l’oeuvre de l’Esprit et le Royaume de Dieu en marche ?

Traditionnellement, l’Eglise réformée dans le canton de Vaud est bien intégrée dans la société. En Suisse, nous n’avons pas la même façon de vivre la laïcité qu’en France. Par exemple, je suis engagé dans les pompiers et dans l’armée et je fais partie des responsables d’un service d’appui aux victimes auxquelles la police et les services d’urgence font souvent appel.

Cependant, comme partout ailleurs, notre paroisse doit apprendre à se sentir beaucoup plus concernée par ce qui se vit autour d’elle. Il ne s’agit pas de « sortir de nos murs » ou de « faire du social » : il s’agit d’être attentif à l’avancement du Royaume de Dieu dans et hors de nos murs pour y participer. Nous avons encore beaucoup ce chemin à faire dans ce domaine.

 

  • 9 Comment fonctionnent les différentes communautés et groupes suscités par l’Eglise et notamment les églises de maison ?

Nous sommes en train de travailler cette question. Réponse donc dans quelques mois. En deux mots, notre objectif est de créer de nouveaux groupes qui soient capables d’accueillir en leur sein des « pauvres » afin d’élargir le ministère pastoral qui ne peut pas reposer sur les épaules du seul pasteur : endeuillés, solitaires, personnes traversant des temps de crise, etc… ;

Nous avons pour cela aussi une équipe d’une quinzaine de personnes très bien formées offrant des entretiens de relation d’aide : il s’agit là aussi d’offrir plus de soins pastoraux que ce que le pasteur seul peut donner.

 

  • 10 Comment l’Eglise se situe-t-elle par rapport au développement des nouvelles technologies de communication et particulièrement d’internet? Comment entrez-vous dans des réseaux?

A nouveau, la modernisation n’équivaut pas au réveil. Cependant, l’adaptation culturelle est une des conséquences nécessaires du principe d’incarnation. Nous utilisons de plus en plus internet (bien que la fréquentation du site internet de la paroisse ne croisse pas vite). Lors des cultes, l’écran est systématiquement utilisé en parallèle avec les livres de chant : toutes les générations apprécient cette évolution. L’enregistrement des prédications est mis à disposition sur internet.

Plus fondamentalement, il s’agit de passer peu à peu d’une communauté paroissiale (je vais à telle église parce que j’habite sur le territoire de cette paroisse) à une communauté de réseaux (je vais à telle église parce que je connais tel ou tel, parce que je m’identifie à cette communauté). Les paroisses des Eglises historiques doivent tenir les deux types de communautés pour le moment. Cependant, l’avenir est clairement aux réseaux.

 

  • 11 Comment l’Eglise-paroisse se situe-t-elle  dans le mouvement de recherche et d’innovation à l’échelle nationale et internationale ?

Si notre paroisse est ressentie comme « alternative » par beaucoup, elle n’est de loin pas la seule à tenter d’ouvrir de nouveaux chemins. Entendre parler ou lire les expériences faites par d’autres Eglises nourrit notre propre réflexion et nos décisions. Des réseaux tels que New Wine sont d’une immense aide : ces communautés anglicanes ont de l’avance sur nous et nous ressemblent : nous partageons le même point de départ : nous venons d’une  même culture européenne (j’avoue que les expériences américaines m’ont peu inspiré car trop éloignées de mes réalités) et nous sommes immergés dans une  même logique institutionnelle héritée d’une longue histoire (les paroisses anglicanes, catholiques ou réformées partagent un certain nombre de richesses et de faiblesses communes). Le mouvement New Wine est constitué d’églises notamment anglicanes qui ont choisi des chemins nouveaux notamment dans le ministère du Saint Esprit mais aussi dans le témoignage et le service à la société. Nous avons surtout appris avec eux à nous dé-préoccuper de nos questions d’église pour nous focaliser sur le Royaume de Dieu, dans et hors de l’Eglise.

 

  • 12 Vous prévoyez une rencontre avec “New Wine” en Suisse, en novembre.  Quels sont les objectifs de cette rencontre ?

Après un premier séminaire qui a mis en avant la théologie du Royaume de Dieu, un second séminaire en novembre permettra d’entendre parler des solutions et des choix concrets faits par ces paroisses anglicanes pour développer une vie d’église sous l’horizon du Royaume de Dieu ** Voir la présentationde ce séminaire **.

 

  • 13 Quelles sont vos aspirations profondes pour le devenir des Eglises ?

Oser : oser des chemins nouveaux non pas par attrait de la nouveauté mais en réponse à un appel du Seigneur. Oser une dépendance plus grande envers le Seigneur. Oser entrer dans des obéissances qui nous fassent prendre des risques. Oser l’aventure de la venue du Royaume de Dieu. Oser ne pas savoir et devoir rester à son écoute pour décider où aller. Oser faire confiance aux hommes et aux femmes qui font nos Eglises.

Interview de Pierre Bader, pasteur de la paroisse réformée de Corsier-Corseaux (Eglise Evangélique Réformée du Canton de Vaux).  par Jean Hassenforder (Témoins. Groupe de recherche).

Un culte café croissants à Chaumont Une émergence spirituelle dans un milieu éloigné des églises.

  Il y a deux ans, l’Eglise Réformée de France engageait une expérience missionnaire en Haute-Marne par l’envoi de deux pasteurs : François Anglade et Eric Perrier. Par là, elle se montrait attentive au déclin des églises réformées dans la région Est de la France, et, dans le même temps, à l’éloignement croissant de la population vis à vis des églises. Deux ans après, la réussite d’une expérience de culte café croissants ouvert à tous, un dimanche par mois à Chaumont témoigne à la fois de l’œuvre de l’Esprit, de la réalité des aspirations spirituelles et de la pertinence d’une approche alliant conviction et respect. Une conversation avec le pasteur Eric Perrier nous permet de comprendre cette approche et d’en percevoir la pertinence.
En moins de deux ans, le culte café croissants organisé un dimanche par mois est parvenu à atteindre un nombre substantiel de participants, une bonne quarantaine, 52 au culte de mai 2011. La plupart de ces participants sont éloignés de la pratique religieuse présente à Chaumont à travers des paroisses et assemblées catholique, protestante réformée, évangélique. De fait, le culte traditionnel de l’ERF à Chaumont rassemble en moyenne de 15 à 20 personnes deux fois par mois. Il vient de s’y ajouter un culte orienté chaque mois vers le partage. C’est bien cette dimension de partage, une approche relationnelle et interactive qui caractérise le culte café croissants ouvert à tous.
Ce culte s’est développé dans un contexte où la dynamique missionnaire a voulu également susciter une plus grande visibilité de la présence protestante dans la ville à travers l’organisation chaque trimestre d’une manifestation d’ordre culturel, principalement sous forme de conférences- débats abordant des problèmes intéressant un vaste public comme la vie des adolescents ou « foi et création ». Dans cette ville de garnison, un général protestant a été invité à parler de l’Afghanistan.
La mise en œuvre d’un culte mensuel café croissants permet d’offrir aux gens un moment spirituel dans un temps de rencontre et d’apporter ainsi le témoignage de l’Evangile. On lira avec intérêt la note sur le déroulement et et la préparation, et l’organisation de ces cultes ainsi que les conseils du Pasteur Eric Perrier ** Lire la note **. Le partage d’un café et de croissants ouvre ce culte par un temps convivial. On sait combien cette convivialité est appréciée aujourd’hui comme nous le montre l’exemple des repas organisés dans le cadre des parcours alpha ** Lire sur ce site **. On notera que les thèmes suggérés pour les échanges entre participants sont particulièrement bien adaptés pour permettre une expression de chacun à partir de son expérience personnelle. Et, d’autre part, c’est à travers un témoignage de vie et non à travers un enseignement qui pourrait paraître trop « codé » que le message de l’Evangile est annoncé. Quelques points de repère et occasions de participation s’y ajoutent. En fin de culte, un temps de prière est proposé sous des formes diversifiées qui invitent à vivre une relation à Dieu. Ce culte s’adresse aux gens qui ne vont pas habituellement au culte ou à la messe. Il propose une approche qui rejoint les formes nouvelles de communication. La réponse témoigne de la puissance des aspirations spirituelles. Un effort important d’information a été entrepris (journaux, mailing) mais c’est en premier lieu par le bouche à oreille que l’assistance s’est développée. Les gens viennent de différents horizons et notamment beaucoup de catholiques éloignés de l’institution ou de personnes en recherche. Ce public est également diversifié en terme d’âge, de genre et de milieu social. On notera la présence de jeunes (jusqu’à une quinzaine) participant à cette ambiance conviviale. Les enfants et les adolescents venus en famille apprécient également ce climat. ** LIRE Le témoignage d’une famille ** Le message spirituel passe dans le respect de chacun et dans une dimension relationnelle.

Ainsi émerge un réseau, un milieu amical, un rassemblement communautaire où se manifeste l’œuvre de l’Esprit. Ce qui advient dans une petite ville de France nous paraît pouvoir également advenir en d’autres lieux. Merci à l’Eglise Réformée de France d’avoir suscité cette expérience missionnaire qui ouvre ici un horizon.

Jean Hassenforder

Un mouvement chrétien chez des pères de famille.

Le changement dans notre société est accompagné par une diversification de celle-ci en terme d’apparition de sous-cultures.  Il s’exprime également à travers un brassage des traits culturels et de recompositions. L’interview de Pierre-Henri Chaix, acteur, dès l’origine, de ce mouvement chrétien qui se développe actuellement dans un milieu de pères de famille, nous permet de découvrir une réalité originale dans un contexte spécifique.

En effet, l’appellation elle-même de « père de famille » ne va pas de soi aujourd’hui. Or, si elle peut évoquer un  passé connoté par une prédominance masculine, elle se manifeste ici dans une expression de vitalité et de dynamisme. De même, la forme traditionnelle du pèlerinage se transforme ici pour répondre aux aspirations spirituelles d’une population active.

Dans une marche commune et le partage qui l’accompagne, des hommes jeunes pour la plupart, découvrent, redécouvrent, poursuivent une quête spirituelle dans les termes  de la foi chrétienne.  Ce mouvement est aujourd’hui en rapide expansion. De bouche à oreille, il se répand. Des groupes se forment. Un réseau apparaît. Le mouvement se développe comme une conjonction d’initiatives. Il manifeste une créativité sociale, culturelle et religieuse.

   Les catégories d’analyse de la sociologue Danielle Hervieu-Léger dans son livre : « Le pèlerin et le converti » (1) paraissent s’appliquer ici avec une grande pertinence. Le mouvement n’est pas le produit d’une organisation structurée. Il est la manifestation d’une libre recherche, d’une « autonomie croyante ». Cette recherche s’accompagne d’un besoin d’expression et de participation. « En matière religieuse comme dans l’ensemble de la vie sociale, le développement du processus d’atomisation individualiste produit paradoxalement la multiplication des petites communautés fondées sur les affinités sociales, culturelles et spirituelles de leurs membres. Ces communautés relaient sur le terrain de l’affectivité et de la communication ces « communautés naturelles » dans lesquelles se construisait autrefois un imaginaire partagé » (p.54). Ici, le mouvement s’inscrit dans une « niche culturelle » : un univers exclusivement masculin, fortement connoté par une dimension familiale. En regard, il répond à des besoins spécifiques et porte les fruits spirituels correspondants.

Cependant, l’étude de ce mouvement doit également prendre en considération le contexte dans lequel il se développe. On note qu’il se manifeste dans un espace qui n’est plus soumis à une organisation hiérarchisée. L’héritage institutionnel se manifeste cependant en des termes indirects : des lieux, des pratiques, des influences.  La trajectoire du mouvement a évolué dans le temps. Elle a pris une distance par rapport aux références les plus traditionnelles. La charte exprime une volonté d’ouverture. Dans le jeu des forces religieuses, celle-ci ne va pas de soi. L’orientation à venir dépendra pour une part de la variété des ressources auxquelles le mouvement aura accès et fera appel.

Dans cette interview, Pierre-Henri Chaix nous apporte une description très fine du mouvement à partir de son expérience d’acteur et de ses qualités d’observateur. C’est aussi le récit d’une histoire qui nous permet d’apprécier la dynamique de cette initiative et d’en saisir les ressorts. Cette histoire met en évidence la prégnance des aspirations spirituelles dans la société d’aujourd’hui.  Et, dans un regard de foi, nous voyons là l’Esprit Saint à l’œuvre, une manifestation de l’appel et de l’amour divin.
Jean Hassenforder
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Texte de l’interview de

Pierre Henri Chaix par Jean Hassenforder

1 – En fonction de quelle Èvolution personnelle as-tu redécouvert la foi chrétienne en contact avec un pèlerinage de pères de famille ?
J’ai 48 ans, marié depuis 25 ans et père de 2 enfants, vivant dans le Val de Marne, baptisé dans l’Eglise catholique. Issu d’une famille pratiquante. Je me suis éloigné de l’Eglise à l’âge adulte. Ma grand-mère que je chérissais et qui était profondément croyante, nous a quittés lorsque j’avais 35 ans. Au moment de sa mort j’ai eu la sensation très forte qu’elle Ètait toujours vivante et présente sous une forme qui m’échappait. Cela m’a encouragé à retrouver la pratique dominicale. À la sortie d’une messe un ami de footing m’a proposé d’aller marcher avec un groupe de pères de famille vers Cotignac, sanctuaire du haut Var.
Sans savoir pourquoi, j’ai acquiescé.
Sur le chemin, je marchais derrière le prêtre qui nous accompagnait et je me suis senti irrésistiblement appelé à aller le trouver. J’ai vécu par son intermédiaire une expérience je dirais presque “charnelle” de la Miséricorde divine.
C’était le 5 juillet 1996 en début d’après-midi. Il y a eu dans ma vie, un « avant » et un « après ».
En questionnement avant cet évènement, j’en suis ressorti croyant, convaincu de l’existence de Dieu et de son infinie miséricorde et n’éprouvant plus aucune difficulté avec les mystères de la Foi. J’étais devenu soudainement croyant et désireux d’approfondir cette nouvelle Foi chrétienne qui me prenait aux « tripes ».

2- Comment se situait ce pèlerinage ?
Plutôt « tradi » et réservé aux personnes du sud-est.
Pour moi qui avais perdu toute pratique pendant de nombreuses années, je me suis retrouvé à prier le Rosaire et des chants en latin dès les premiers mètres de la marche.
C’était le moins qu’on puisse dire une « remise dans le bain » à marche forcée !
Il faut cependant reconnaître que cette « thérapie de choc » a eu du bon !
Le pèlerinage de Cotignac tient ses origines, il y a une quarantaine d’années, des difficultés de l’épouse d’un étudiant en attente de leur premier enfant. Il a eu connaissance d’un très ancien lieu de pèlerinage familial à Cotignac tombé depuis longtemps dans l’oubli.
Engagée avec 2 ou 3 hommes dans les années 70, cette initiative a pris progressivement de l’ampleur. Plusieurs centaines de pères de famille, principalement originaires de la région sud-est, participaient à ce rassemblement à la fin des années 90.

3- Comment une forme nouvelle de regroupement chrétien de pères de famille est-elle née ?
J’ai réalisé 3 marches à Cotignac avec un groupe de parisiens. La troisième année, un de mes amis pèlerins résidant à Chatou (78) nous a proposé à 5 ou 6 issus du groupe de Paris de créer un nouveau groupe moins « tradi » et plus ouvert à des hommes de toutes conditions et confessions.
Nous étions 15 lors de notre première marche vers Cotignac en 1999.
Plusieurs étant résidents à Chatou, c’est à partir de cette paroisse que le groupe s’est rapidement étoffé. De 15 nous étions 30 en 2000 et 60 en 2001 pour « stagner » pendant quelques années à 70 personnes.
Nous nous sommes alors rendu compte que nous avions perdu l’intuition missionnaire des débuts et que nous étions alors accaparés par des problématiques logistiques.
En outre, le sanctuaire de Cotignac est assez petit et les coordinateurs s’inquiétaient dans les années 2003, 2004 des soucis pratiques qu’occasionnait le développement de notre groupe.
Nous avons alors quitté Cotignac pour une destination plus proche de Paris vers laquelle nous solliciterions plus facilement des groupes d’île de France et d’alentours. Après instruction de plusieurs lieux, notre choix s’est porté sur Vézelay. Pour la petite histoire, lorsque nous avons frappé à la porte des moines des Fraternités Monastiques de Jérusalem qui animent le sanctuaire de Vézelay, nous avons été reçus par le Père Patrick, le Prieur du moment, a qui nous expliquions que nous étions des pères de famille et qui nous a accueillis spontanément par un « je vous attendais ».
La première « édition » de la marche des pères de famille à Vézelay a eu lieu en 2006.
120 pèlerins répartis en 3 groupes y ont alors participé.
Le mouvement des pères de famille de Vézelay était sur les « rails ».

4 – Quelles ont été ensuite les Ètapes de ce nouveau mouvement ?
Les choses sont allées très vite.
Ayant expérimenté les limites des groupes de plus de 30 ou 40 personnes, nous avons encouragé l’essaimage des formations les plus importantes en petits groupes.
Nous encouragions à ne pas dépasser 15 à 25 personnes par groupe.
La « greffe » a pris. Nous avions une dizaine de groupes en 2007 (200 participants), une vingtaine en 2008 (400 participants). En 2010 c’est une trentaine de groupes qui sont annoncés pour 600 participants en provenance de toute l’île de France, de Troyes, Auxerre, Dijon, Lyon, Tours et Nantes.

5 – Aujourd’hui comment ce mouvement chrétien de pères de famille se développe t’il ?
Il se développe en réseau par bouche à oreille. Ce sont les amis des amis qui en parlent entre eux et qui intègrent un groupe ou prennent la décision d’en créer un. Le groupe de Tours qui a été créé par des pères de famille ayant marché avec Chatou il y a 3 ans, annonce 90 participants pour la marche 2010.
Le groupe de Troyes a été constitué par des militaires qui ont essaimé au sein de leurs quartiers. Celui d’Auxerre est à ma connaissance né à partir des AFC (Associations familiales catholiques).

6 – Comment ce mouvement est il organisé ? Quelles en sont les pratiques au quotidien.
Il n’est pas « organisé » dans le sens où il n’y a pas d’organisateur officiel et c’est un trait essentiel de ce mouvement.
Ce mouvement est constitué par des groupes autonomes qui assument leur responsabilité propre et organisent comme ils l’entendent leurs activités au niveau local pendant l’année.
La marche de Vézelay est coordonnée par une dizaine de personnes qui assurent le contact entre les groupes, les démarches auprès des communes d’accueil et des communautés présentes sur place.
Afin de sécuriser la commune de Vézelay, une assurance collective est souscrite, dont le montant est pris en charge par tous les pèlerins.
Cette autonomie des groupes est essentielle.
Une charte des valeurs notamment chrétiennes, d’ouverture sociale et confessionnelle et d’absence de jugement a été mise en place. Elle est publiée sur le site peresdefamille.org et l’équipe de coordination est chargée de veiller à son respect, l’autonomie des groupes restant un point central du mouvement.

7 – Autour des quelles manifestations s’exprime t’il ?
Les manifestations au quotidien sont l’apanage de chaque groupe.
Un florilège d’initiatives a progressivement pris forme au sein de ces groupes avec une constante : la convivialité. Un groupe a ainsi revendiqué la dénomination de « chrétiens festifs » tout à fait significative de l’esprit dans lequel le mouvement s’épanouit.
Parmi les initiatives portées à notre connaissance : un pot mensuel, un dîner/partage d’Èvangile chaque mois, une marche père/fils, une marche trimestrielle en forme d’échange sur l’Evangile, des célébrations communes, rassemblements familiaux, un réveillon annuel offert aux personnes démunies.

C’est un début. Le mouvement a incontestablement vocation ‡ faire des émules auprès des communautés locales au moyen de la prise de responsabilités paroissiales et pastorales.
Un des anciens est ainsi devenu un des permanents du mouvement d’évangélisation Alpha.
Un autre s’investit au sein de la Communauté Foi & Lumière d’accompagnement des personnes handicapées

8 – Comment et pourquoi ce mouvement regroupe t’il essentiellement des pères de famille ?
Etre entre hommes, c’est un vrai truc !
A l’usage, on s’aperçoit que le type d’Èchanges n’est pas la même selon que l’on est dans un groupe exclusivement masculin ou dans un groupe mixte. Est-ce une question de pudeur ? Sans doute en partie. Toujours est-il que l’expérience d’une marche entre hommes dans un contexte résolument spirituel et chrétien porte des fruits étonnants. Nous expérimentons notamment des grâces d’échanges vrais et fraternels entre hommes qui partagent les mêmes soucis et souvent les mêmes blessures.
La notion de « paternité » n’est elle pas exclusive. Le mouvement attire régulièrement des futurs pères, des pères spirituels ou encore des amis des pères. Par contre il n’y a que des hommes.

9 – D’où viennent les participants et comment se rencontrent ils ?
Comme nous l’évoquions plus haut, ce sont les amis d’amis qui constituent les groupes et essaiment. Le mouvement fonctionne assez classiquement en réseau. Afin que le mouvement ne dérive pas sous la forme d’un « club » d’amis en vase clos et soucieux qu’il soit fidele à sa vocation d’ouverture, un effort est fait pour que différentes zones géographiques et différents milieux soient en contact. C’est par exemple le sens du groupe auquel réuni dans le Val de Marne qui est constitué d’hommes d’origines diverses le plus souvent éloignés de l’église.
Les nouvelles intégrations se font par invitation des uns ou des autres chacun étant invité à la manière de celle de l’Evangile.
Chaque groupe fixe la périodicité et le contenu de ses rencontres. Celui auquel j’appartiens se réunit à l’occasion d’un diner/partage chaque fin de mois.

10 Quel est le vécu chrétien de ces rencontres et de ces manifestations ?
Le choix d’une démarche chrétienne est une des revendications fondatrices du mouvement même s’il draine dans les faits de nombreuses personnes éloignées de l’Eglise.
La marche de Vèzelay est animée à partir d’un thème choisi chaque année. En 2010 le thème choisi est « Je m’abandonne à Toi »  commun à Cotignac et d’autres mouvements de pères de famille issus de Cotignac.
La marche est animée sur le plan spirituel par les contributions des pères de famille qui le souhaitent avec l’appui ou non d’un prètre ou religieux accompagnateur.
Les échanges spirituels, instants de prière et célébrations y occupent une place prépondérante.
 A leur arrivée à Vèzelay une messe est célébrée spécialement pour les pèlerins accompagnée d’une veillée au cours de laquelle des témoignages sont donnés et les pèlerins qui le souhaitent peuvent solliciter la « prière des frères » en petits groupes ou faire une démarche de pardon.
Une nuit d’Adoration du Saint Sacrement est également proposée aux pères de famille sur le lieu de bivouac de Vèzelay.
Pendant l’année, la démarche chrétienne est prolongée le plus souvent par des moments de prières, d’échanges d’Évangile et de célébrations en commun.
Des intentions de prière sont portées chaque jour par e-mail par une centaine de priants pendant la semaine depuis 2004.
L’un des aspects auxquels je suis personnellement le plus attaché, c’est l’expression de la vie fraternelle que nous sommes invités à prolonger dans nos communautés locales pendant l’année. Cela passe par des relations d’amitié vraies et durables qui s’expriment notamment par une véritable entraide vis-‡-vis de ceux qui sont en difficulté.

11 Quel sont les relations de ce mouvement avec les Èglises et d’autre mouvements chrétiens ?
Le mouvement est aujourd’hui majoritairement implanté dans des paroisses catholiques qui, le plus souvent, ont elles même « incubé » leur propre groupe.
Le groupe auquel j’appartiens est plus original en ce sens qu’il s’est constitué initialement en marge de la communauté chrétienne locale. Je reste pour ma part membre de la paroisse et un prêtre catholique participe à nos réunions.
Pour autant le mouvement n’est pas exclusivement catholique et il a vocation a essaimer vers d’autres confessions. Nous avons dans notre groupe un participant fidèle qui appartient ‡ une paroisse réformée. La plupart des personnes de notre groupe sont baptisées catholiques sans être pour autant des pratiquants réguliers.
Il est certains par contre que les groupes de pères de famille sont encouragés a prendre des responsabilités dans les différents mouvements chrétiens au niveau local.
Leur position doit les amener, c’est ma conviction, a être de véritables moteurs au sein de leurs communautés et des mouvements qui les composent.

12  Comment perçois-tu l’œuvre de l’Esprit Saint dans ce mouvement ?
L’Esprit souffle au sein du mouvement des pères de famille, j’en suis convaincu !
En observant le chemin parcouru depuis 1999 et les différentes étapes de son développement, je m’aperçois à quel point ce mouvement ne nous « appartient » pas. Il n’est clairement pas l’œuvre des hommes, si dévoués soient ils ! Il est l’œuvre de l’Esprit Saint.
Un signe ne trompe pas : lorsque les « anciens » ont souhaité en 2001 ou 2002 « programmer » le développement du groupe, ça a été un fiasco total.
C’est lorsque nous avons pris conscience que nous n’étions pour rien dans la création et le développement de ce mouvement et qu’il fallait discerner la volonté de l’Esprit et nous y abandonner que le mouvement a de nouveau pris le chemin de la croissance.
Un autre signe toujours spectaculaire : l’incroyable climat de fraternité que nous vivons, à Vèzelay ou au quotidien dans nos communautés, lorsque nous vivons pleinement ce cocktail de prière et de convivialité qui marque le mouvement des pères de famille et ceux qui le côtoient.

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Pour aller plus loin
Marche 2010 à Vàzelay les 2, 3 et 4 juillet 2010
** Visitez le site www.peresdefamille.org **
Contact : accueil-vezelay@eudoweb.com

Note
(1)    Hervieu-Léger (Danielle). La religion en mouvement. Le pèlerin et le converti. Flammarion, 1999. Disponible en livre de poche.

 

Des liturgies nouvelles ? Exemples concrets

Toucher du doigt ce que pouvait être une liturgie différente, c’est l’expérience à laquelle nous ont invités Eric Zander, Luc Salsac et Mario Leimgruber lors de la dernière Rencontre pour l’Implantation et la Multiplication d’Eglises  (RIME)  ** Lire l’article **, et que nous vous partageons aujourd’hui.

 

Eric Zander nous fit vivre, le premier soir, une expérience de culte alternatif, qui, malgré sa brièveté (1/2 heure) marqua l’assemblée.
Nous étions assis autour de tables, dans la grande pièce qui nous servait de salle d’enseignements. Sur une table centrale : une croix en fer forgé (démontable, qu’Eric emmène partout), un calice laqué rouge rempli de vin, une grande couronne de pain de campagne.  Eric nous avait demandé de venir le soir avec une pierre, que nous avions choisie sur le chemin.
Louange, adoration ; puis Eric nous conduit dans la méditation du texte de la femme adultère (Jn 8 1-11), et, notre pierre en main, nous reconnaissons notre état intérieur : quelle est ma pierre ? Une pierre que je suis prête à lancer (mon jugement, ma rancœur, certaines églises que nous condamnons parce qu’elles se sont “compromises” …) ? Une pierre que j’ai reçue, ou que je m’attends à recevoir (mon humiliation, ma souffrance…) ? Je touche, je soupèse ma pierre, prends conscience du péché qu’elle représente, m’en repens. Puis, une fois que je me sens prête, je vais l’échanger à la croix contre le salut, le pardon donné par Jésus : venant à la table du Seigneur, je dépose ma pierre à la base de la croix, je coupe un morceau de pain, le trempe dans le vin du calice, le mange et retourne à ma place, différente.
Voir chacun faire cette démarche, entendre le bruit de chaque pierre déposée à la croix amplifie l’expérience individuelle. La Parole s’incarne…

Cette expérience profonde n’exigeait aucun matériel. Jésus, pour faire comprendre son message aux disciples,  utilisait ce qui était à sa disposition, à portée de mains. C’est en application de ce même principe qu’Eric conduit des partages de l’Evangile pendant des randonnées avec son réseau de motards…

Mais rien n’empêche d’utiliser des « matériaux » plus élaborés pour aider à vivre profondément la Parole.
Ainsi, Luc Salsac, pasteur d’une église dans la région de Liège ** Voir le site www.epeh.be  ** nous relate leur expérience liturgique du vendredi saint et du dimanche de Pâques 2008.
Le vendredi saint, chacun est invité à parcourir un chemin à travers plusieurs pièces, lui permettant de (re)découvrir ce qui conduisit  à la mort du Christ à partir de la Genèse.
La première pièce représente le jardin d’Eden ; le décor : des palmiers, un serpent, et sur une table, un fruit mordu, une peau de mouton.
On y relit le texte de la chute. Quel rapport avec Pâques ? le sacrifice d’animal pour couvrir le péché de l’homme nu, les palmes ne suffisant pas.
Après un temps de silence, on pénètre dans la deuxième pièce : un tas de pierres, un fagot de bois, le sacrifice d’Isaac.
Lecture du texte, ce qu’Abraham a failli faire, Dieu le fera plus tard. Réflexion, silence.
Troisième pièce : odeur de l’agneau rôti, linteau de la porte rougi à la craie, un bâton, des sandales. Moïse et la sortie d’Egypte.
Lecture du texte : la liberté du peuple s’acquiert en passant par la porte, sous le sang de l’Agneau. Silence.
Quatrième pièce : une fontaine d’intérieur, bruit de l’eau. Jean Baptiste baptise Jésus. Lecture du texte, l’agneau offert en sacrifice. Silence.
On entre alors dans la pièce principale de l’église. Une croix attachée au plafond descend. Eclairage diffus, musique calme, tous sont assis en cercle, autour de la croix. Sur une table, une autre croix, des clous, un marteau. Lecture de l’arrestation de Jésus, jusqu’à sa crucifixion. Chacun est invité à écrire sur un papier le fardeau, ce qui l’empêche de vivre en liberté en Christ, et ceux qui veulent peuvent clouer le papier retourné sur la croix.
L’horreur de la croix : on entend les coups de marteau, conscience du péché et conscience du sacrifice. Silence. Puis célébration de la Cène. L’éclairage est baissé de plus en plus, et c’est d’une pièce assombrie qu’on se quitte, en silence.

Le dimanche, les papiers accrochés à la croix sont arrachés et brûlés. Libération acquise par le prix payé, profondeur du vécu de la résurrection.

Mario Leimgruber est pasteur de l’église évangélique « Eau Vive » à Lille **  Voir le site  www.eglises.org/eglise/?Eglise=1156 **, mais aussi conseiller chrétien en relation d’aide et fondateur d’Espass’Vie  ** Voir le site //www.espassvie.com **
Pour lui, être en relation avec quelqu’un suppose une expérience qui passe par les sens. Ainsi, communiquer la Parole de Dieu en utilisant les cinq sens permet de l’ancrer davantage.
Depuis deux ans, il propose une liturgie pascale qui se déroule du jeudi saint au dimanche de Pâques. On n’y vient pas pour assister à un spectacle, mais pour faire un chemin spirituel de découverte des valeurs et des réalités bibliques.
En voici une illustration.
Le jeudi, c’est un temps d’intimité que le Christ passe avec ses disciples, pour leur dire au revoir. Une grande table décorée accueille les participants, qui sont invités à s’asseoir sur des chaises à distance, pour écouter le récit, puis à se placer debout autour de la table pour chanter les psaumes 114 et 115, comme sans doute les disciples après la Cène.
Le vendredi, c’est le temps du procès et de la crucifixion (on a préalablement averti que ce n’était pas adapté aux enfants). La liturgie a été élaborée de manière à mettre la personne qui vient mal à l’aise, et à l’amener à cette conscience : « Christ est mort pour moi ». Les chaises sont placées dans le désordre, elles dérangent. Par terre, des grands clous rouillés : on les pousse du pied ou on marche dessus. Près des chaises, des morceaux de fil de fer barbelé. Le sol est jonché de pavés. Au mur, une grande croix, recouverte d’un drap imbibé de vin rouge (couleur, odeur), et surmontée d’une énorme couronne d’épines.
Les gens entrent dans la salle. Inconfort visuel. Temps de silence. On médite.
Puis une musique sacrée, des chœurs, reflétant la beauté de Dieu, soudain entrecoupée de musique « hardcore » à intervalles de plus en plus courts. Inconfort auditif. Temps de silence.
Puis, la bande son du film « la passion » : on entend les bruits, les rires… temps de silence.
Moment avec le texte biblique, enregistré : « ce sont nos souffrances qu’Il a portés ». Temps de silence.
Image de la Passion, sans son, avec en surexposition des flashes de photos illustrant la violence de l’homme. Chocs. Temps de silence.
Cri du Christ : « mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ».
Sur l’écran, un rond de lumière qui diminue, comme on s’éloigne dans un tunnel, pour disparaître complètement ainsi que le bruit de fond après plusieurs minutes. Silence.
Les gens ne savent pas si c’est fini ou non, un  premier se lève,…

Le samedi : même décoration. « Christ est mort pour moi ». Une heure ensemble dans le silence.

Le dimanche matin, c’est la résurrection. Louange dynamique, déjeuner en commun, temps de réjouissance.
Mario aimerait mettre en place une célébration comme les Luthériens avant le lever du jour, pour ressentir ce passage de la nuit à la lumière.

Peut-être certains objecteront-ils que ce type de liturgie manipule les personnes par les émotions. Mario s’en défend : les temps de silence prévus dans chaque déroulement permettent justement à chacun de reprendre de la distance, de repasser en « mode raison ».

Ces trois exemples de liturgie innovante vous donneront peut-être matière à réflexion et à création. ** N’hésitez pas à réagir à cet article dans « contactez-nous » ** !

Marie-Thérèse Plaine

L’église Cépée de Besançon et son culte alternatif

L’église Cépée ** Voir le site www.eglise-besancon.com **, nous dit son pasteur Jean-René Bruandet, a pour double objectif de faciliter la venue à l’église des incroyants, et de transformer les croyants en disciples de Jésus. Elle développe un culte alternatif innovant.

Quelle innovation ?
L’innovation consiste en une réforme du culte du dimanche matin : avec un culte « confidentiel » pour les membres de l’église et les croyants, suivi d’un culte alternatif compréhensible par les incroyants – ciblant les moins de trente ans – qui poussent la porte de l’église ce jour là, ou sont amenés par des amis.
Ce culte alternatif permet de vivre une expérience, d’être informé, de vérifier si « ça parle ».
Il est conçu sur une heure, utilise des éléments culturels : musique, théâtre, vidéo, décors,  et développe un thème (ce mois-ci : les fruits de l’Esprit) avec une prédication qui laisse la place à l’interactivité. « On ne lâche rien sur le fond, mais nous réinventons la manière de présenter l’Evangile » nous dit Jean-René.
Les personnes sont accueillies à partir de 10h30 au bar par une équipe, et par les chrétiens qui sortent du culte. Ce bar est séparé par un rideau de la salle principale. Pendant une demi-heure,  c’est le temps des échanges, des présentations, pendant que l’équipe de musiciens (différente de celle du premier culte) s’installe et fait ses derniers réglages.
A chacun est remis le programme de ce qui va se passer, ainsi qu’un plan de la prédication et les versets bibliques qui y seront cités. Les nouveaux ont également un petit carton de bienvenue permettant de recueillir leur impression, de faire des suggestions, et de donner leurs coordonnées s’ils le souhaitent.
A 11 h, le rideau s’ouvre, avec une musique rock très professionnelle. Le décor (ce jour-là une immense peinture représentant des mains ouvertes sur des cerises), l’ambiance (un éclairage de salle de spectacle centré sur les musiciens)… Tout surprend.  Une présentatrice, très professionnelle elle aussi, explique ce qui va se passer, et fait le lien entre chaque séquence. D’abord, la musique chrétienne avec des paroles qui s’affichent sur un écran, choisies pour être comprises par tous. Puis, séquence « créativité » sur le thème : ce jour-là un micro-trottoir réalisé par l’équipe créativité de l’église. Enfin, le message de 20 minutes,  dont les versets s’affichent sur l’écran au fur et à mesure qu’ils sont dits. C’est toujours une prédication positive, qui tente d’apporter des réponses aux questions de tous les jours.
Pour finir, la musique reconduit les participants jusqu’au bar, à midi,
l’objectif étant qu’ils restent sur leur faim, autrement dit que « la fin du culte soit une surprise et non une délivrance ».

Pourquoi cette innovation ?
Parce que Jean-René ne supportait plus de voir des personnes ouvrir la porte de l’église le dimanche, et de repartir en n’ayant rien compris de ce qui se passait, pour ne plus jamais revenir.  De même, il souffrait de voir que les jeunes de son église n’osaient pas y amener leurs amis, leurs relations.

Il savait aussi par expérience que les réunions d’évangélisation le soir ne suffisaient pas. Si un incroyant veut rencontrer Dieu ou se faire une idée,  il poussera la porte de l’église qui est au coin de la rue le dimanche matin,  par  un réflexe issu de la tradition catholique. C’est ce que montrait très clairement un  sondage fait auprès de la population du quartier.

Il fallait donc réformer le culte du dimanche matin. Mais là, on se heurtait à une autre difficulté : les croyants ne trouvaient plus leur compte, dans un culte de moindre densité spirituelle. Pour répondre à cette frustration, un culte d’une heure est aussi organisé pour les seuls croyants, juste avant le culte « officiel », et de façon confidentielle (il n’est signalé sur aucun support de communication).

Quel processus de changement ?
Il a fallu trois ans pour mettre en place cette innovation, en partant d’une église évangélique charismatique classique d’une soixantaine de membres adultes (moyenne d’âge : 40-50 ans) avec un culte de 2h le dimanche matin. Cela supposait un engagement total des deux pasteurs dans la démarche.

Les étapes principales ont été les suivantes :
–    D’abord, donner envie aux membres en organisant un déplacement vers les églises allemande et suisse qui ont un fonctionnement de ce type (notamment ICF Bâle et ICF Genève (CH) et Feg à Fissingen),
–     donner des enseignements théologiques sur l’importance de l’évangélisation, sur le fonctionnement de l’église fondé sur toutes les parties du corps, et sur la modification du rôle des pasteurs qui doivent s’effacer pour être davantage apporteurs de ressources (Cf Gilbert Billézikian de Weelow Creek),
–    monter un culte expérimental dans l’église locale en faisant appel à des ressources externes,
–    faire réfléchir l’église sur le décalage qu’elle avait avec le monde, son manque de rayonnement, sur la base du livre de Rick Warren « une passion, une vision »,
–    mettre en place, en plus du culte classique,  un culte d’accueil d’une heure le dimanche soir, ciblé sur les étudiants, où les chrétiens pouvaient amener leurs copains, avec musique rock et prédication interactive,
–    transformer le culte du soir en culte alternatif, car des personnes nouvelles s’impliquant, il est possible  de créer des équipes pour préparer et animer le culte
–    ensuite, adapter ce culte alternatif aux non  croyants (fin 2005),
–    regrouper les deux cultes le dimanche matin (depuis janvier 2009), après une longue tentative de pratiquer le culte entre chrétiens le vendredi soir (depuis janvier 2007).

Les transformations successives ont été soumises au vote de l’église.

Jean-René Bruandet tire de ce processus l’enseignement qu’il ne faut pas faire des essais d’innovation dans un culte existant, mais innover à côté. On peut déplacer l’horaire d’un culte, mais pas transformer la réunion, car il ne faut pas bousculer les repères. Il faut réserver au culte innovant la meilleure tranche horaire.

Quels résultats ?
Pendant le processus de changement, 15% des membres ont choisi de quitter l’église sur deux ans, notamment à cause du déplacement de l’horaire du culte. Cela s’est fait dans la compréhension mutuelle, et on les a aidés dans la paix à trouver une autre église.

En quatre ans, environ 500 personnes nouvelles (dont 268 non chrétiens) sont venues à l’église, 80 y reviennent régulièrement, 32 se sont faites baptiser.
En « interne », les gens deviennent de vrais disciples, et exercent leurs talents, en équipe. Les pasteurs sont très investis dans l’accompagnement des individus, et des équipes avec un débriefing des situations difficiles au regard de la Parole de Dieu.
Les personnes sont fières d’amener des relations dans cette église, et deviennent prospecteurs et ambassadeurs.

Mais il faut, d’après Jean-René, passer à une autre dimension dans la communication, car on a sans doute fait le tour des personnes connues ou atteignables par les membres (les 268).
Pour cela, Il faut accroitre la visibilité et la notoriété, dès lors que l’église n’a pas une forme traditionnelle.
Bonne nouvelle, la ville de Besançon vient d’accepter la  pose d’un panneau routier pour localiser l’église et un site internet a été spécialement conçu pour les personnes en recherches.

 Marie-Thérèse Plaine

Communautés en mouvement ! Partageons nos expériences de l’innovation !

    Comme nous, vous vous interrogez sur la manière de permettre aux différentes communautés chrétiennes de mieux répondre aux attentes, aux aspirations avec lesquelles elles sont confrontées. À une époque où la société et la culture changent très rapidement, comment les Eglises peuvent-elles rester en phase avec ce changement ?  Pour faire face à ce défi, quelles transformations sont en cours et quelles initiatives nouvelles sont aujourd’hui en train de voir le jour ? Ensemble partageons connaissances et expériences !
    Comment envisager les processus d’innovation ?

    Nous abordons ces questions avec vous selon une approche très développée maintenant en sciences sociales : l’analyse des processus d’innovation.
Dans les différents domaines de la vie sociale, économique, technique, culturelle, d’importantes transformations  adviennent à travers l’apparition d’innovations, puis leur propagation. Alors que les systèmes centralisés et hiérarchisés procèdent souvent par des décisions longtemps attendues, et, ensuite, propulsées d’en  haut, le processus de changement à travers les innovations part des acteurs de terrain et de leur sensibilité aux problèmes, et permet ainsi une évolution plus souple et plus pertinente.
Face au changement social et culturel, les pratiques d’église sont appelées à se transformer dans une recherche de pertinence. Et, effectivement, la recherche met, là aussi, en valeur l’existence d’un ensemble d’innovations réalisées à cette fin. À cet égard, les données internationales sont particulièrement riches. Dans quelle mesure et comment ce processus innovant est-il engagé en France ? Le groupe de recherche de l’Association chrétienne interconfessionnelle, Témoins, qui vous accueille ici, travaille depuis plusieurs années sur ces questions  et s’est ainsi intitulé : « Chrétiens pour l’innovation et la recherche ».

    Pourquoi rassembler ensemble une information sur les innovations ?

    Chacun de nous peut être engagé dans une innovation ou en être  témoin. Ouvrons ensemble un espace de partage pour recueillir une information sur les expériences novatrices, sur les innovations engagées par des églises ou des groupes chrétiens…
Cette initiative est déjà en cours dans des pays anglophones. Ainsi, en Grande-Bretagne, le site Internet : « www.freshexpressions.org.uk » rassemble des données sur les expériences en cours. Nous engageons ici une collecte comparable en France et dans les pays francophones en Europe.

    Cette mise en commun a plusieurs objectifs.
    *Mettre ces informations à la disposition des chrétiens pour que chacun puisse trouver inspiration et encouragement dans la description de ces innovations. « Encouragez-vous les uns les autres », comme  nous y invitent les Epîtres du Nouveau Testament.
    *Permettre des contacts entre les différentes expériences innovantes pour que des dialogues, des échanges puissent se développer . Nous voulons évoquer ici le concept d’intelligence collective qui est apparu récemment en sciences sociales . Nous aussi, nous sommes appelés à développer une intelligence collective en ce domaine. Ces innovations constituent une expérimentation dont il importe de tirer ensemble les enseignements. Partageons la créativité qui préside à ces initiatives.
    *Rassembler des informations pour mieux comprendre les lignes de force de l’innovation et mieux en percevoir le sens. Cette compréhension s’appuiera sur l’apport des sciences sociales, sur le discernement de l’Esprit et une théologie biblique.
    *À partir de ce processus innovant, permettre le développement d’un réseau  à l’exemple des réseaux existant déjà dans d’autres pays et en relation avec eux.
    *Développer une communion de prière qui puisse intercéder pour la guidance de ce travail commun.

    Ainsi, cette collecte et cette mise en valeur des innovations s’inscrit dans différents termes. C’est un observatoire des initiatives et des pratiques nouvelles . C’est un laboratoire social dans lequel nous partageons les expériences pour en étudier également les effets. C’est le point de départ d’un réseau.

    Quelle est l’origine de cette collecte ?

    Dans quel cadre cette entreprise prend-elle place ? Elle est engagée  à l’initiative du groupe de recherche d’une association chrétienne interconfessionnelle : Témoins : Chrétiens pour l’innovation et la Recherche.
Témoins existe maintenant depuis une vingtaine d’années. Il a publié un magazine jusqu’en 2003 et un site Internet a pris le relais. Une histoire de Témoins a été publiée dans le dernier numéro du magazine et figure sur le site à la rubrique : « Qui sommes-nous ? ». En consultant cette documentation, on peut donc s’enquérir des orientations de l’association, telles qu’elles ont été éprouvées et se sont confirmées au long des années. Association chrétienne interconfessionnelle, Témoins rassemble des chrétiens aux itinéraires variés, en relation avec des Eglises variées (catholique, protestante, évangélique…), dans une conviction de foi fondée sur la Parole biblique et une expérience personnelle de la présence de Dieu, en adhésion aux grandes confessions de foi de l’Eglise des premiers siècles qui sont une référence commune. Ces chrétiens s’inscrivent également dans une culture ouverte, intégrative envisageant tout l’homme et tous les hommes. Ils répondent à l’appel de l’Evangile au partage de la Bonne Nouvelle.

    Quelles informations recherchons-nous ?

    Quelles informations désirons nous recueillir ?
•    Rappelons au départ une définition de l’innovation : « L’innovation peut être définie comme un changement introduit délibérément en vue de répondre à une prise de conscience d’un besoin  et de susciter une amélioration, un changement ressenti comme tel en comparaison des pratiques existantes ».
•    Nous recherchons donc ici une information sur les innovations émanant d’églises locales (paroisses, assemblées…) ou de communautés et de groupes chrétiens.
Dans le premier cas, l’innovation peut exprimer la démarche de l’église dans son ensemble, mais elle peut aussi caractériser un aspect de son activité.
Dans le deuxième cas, les initiatives entreprises par des groupes chrétiens peuvent être très variées, comme le montrent les expériences en cours dans le courant de l’Eglise émergente tel qu’il nous apparaît à travers de nombreux livres analysés par le groupe de recherche de Témoins. Nous renvoyons notamment à l’ouvrage de Michael Moynagh traduit en français : L’Église autrement. Les voies du changement. Empreinte. Temps Présent, 2003 (Disponible à la librairie 7ici. Tél. : 01 42 61 57 77).
*Cette collecte est engagée dans un champ où les acteurs, auxquels nous nous adressons ici, s’impliquent et s’expriment comme chrétiens. Dans la diversité de leurs cheminements et leurs itinéraires, leur action témoigne d’une conviction de foi. Dans le domaine des croyances, les grandes confessions de foi de l’Eglise des premiers siècles constituent une référence commune. C’est sur ces bases que s’établit le dialogue entre nous.
Entrer dans ce partage et dans la réponse à cette collecte appelle également un esprit de dialogue. C’est donc là un second critère de participation. Nous cherchons à rassembler et à présenter des innovations qui s’inscrivent dans une culture de dialogue tant entre chrétiens que vis-à-vis de tous ceux qui nous entourent et qui appellent l’attention et le respect.
* Notre désir commun est de présenter des expériences innovantes. Bien sûr, il appartient à chacun de s’interroger s’il estime que l’initiative dont il est responsable a un caractère de nouveauté. Est-elle  simplement la reprise d’actions largement diffusées ou bien y a-t-il, et sous quelle forme, une valeur ajoutée ?
Cette initiative peut également, d’une façon ou d’une autre, évoquer des processus originaux appelant des descripteurs comme : exploration, expérimentation, expérience, innovation, église émergente.
Mais ne nous laissons pas intimider par ces termes ! L’Esprit Saint est à l’œuvre à travers notre dynamisme comme aussi notre esprit d’observation, d’imagination, d’invention.

Cette collecte ainsi que la mise en œuvre de ce site sont une entreprise partagée dans une confiance réciproque.

Esquisse de questions.

Ci-dessous quelques questions pouvant aider à la collecte des données :
1) En quoi consiste l’innovation signalée ici ? Pouvez-vous la décrire brièvement ?
2) Pourquoi cette innovation ?
3) Comment s’est-elle développée ? Dans quel contexte ?
4) Quels résultats en percevez-vous dans l’immédiat ?
5) Quelles perspectives pour l’avenir ?
6) Pouvez-vous nous faire part d’une documentation complémentaire sur votre expérience ? Pouvez-vous nous communiquer éventuellement un texte plus détaillé ?
7) Nous autorisez-vous à publier cette information sur le site de Témoins ?
8) Coordonnées de la communauté : appellation, adresse géographique, téléphonique, Internet, situation de la communauté sur le plan dénominationnel ou interdénominationnel, partenariats éventuels… ?
9) Date de l’information ?…