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Une nouvelle manière de communiquer

Nous entrons dans un nouvel âge. Et, parmi les transformations en cours, la révolution numérique a un rôle et une dimension incommensurable.  Elle vient répondre à une image du monde en terme de relation qui se révèle et s’impose à nous aujourd’hui. « Dans le Dieu trinitaire, il y a la réciprocité et l’échange de l’amour. C’est un Dieu relationnel. Et, si l’Esprit Saint est répandu sur toute la création, il fait de la communauté de toutes les créatures de Dieu, avec Dieu et entre elles, cette communauté de la création dans laquelle toutes les créatures communiquent, chacune à sa manière, entre elles et avec Dieu… L’ « essence » de la création dans l’Esprit est par conséquent « la collaboration » et les structures manifestent la présence de l’Esprit, dans la mesure où elles font connaître l’ « accord général ».  « Au commencement était la relation » (Martin Buber).  Cette citation du théologien Jürgen Moltmann, dans  son livre : « Dieu dans la création » (1) éclaire notre horizon. Or, l’expansion d’internet qui s’élance à partir de la fin du XXè siècle a créé aujourd’hui les conditions d’une humanité communicante où les obstacles ne résident plus dans la technique, mais dans le cœur et l’esprit des hommes dans leur confrontation aux craintes et aux menaces engendrées par les dérèglements actuels .

Comme le journaliste américain Thomas Friedman l’a brillamment exposé , à travers quelques grandes étapes, internet s’est imposé au cours des deux dernières décennies (2). Cependant, en l’an 2000 déjà, dans un livre précurseur : « World philosophie » (3), Pierre Lévy annonce la transformation que nous poursuivons aujourd’hui. « Depuis la fin du XXè siècle, l’humanité unit ses capacité de perception et de création en constituant progressivement une seule intelligence collective interconnectée dont la communauté scientifique internationale, le marché mondial, l’expression du cyberespace et la compréhension croissante du caractère universel des religions sont les meilleurs signes.. De plus en plus, les gens deviennent des chercheurs associés ». Nous assistons à la naissance d’une nouvelle culture caractérisée par des « principes de liberté, de communication horizontale et de réseau interactif ». Dans cette approche, Pierre Lévy se réfère à la vision prémonitoire du scientifique et théologien,  Pierre Teilhard de Chardin qui énonçait comme un « phénomène », le développement d’un processus d’unification de l’humanité (4).

Aujourd’hui, si nous n’en avons pas tous conscience au même degré, en raison de la diversité de nos parcours, nous sommes entrés dans un âge nouveau. « Le numérique est devenu une civilisation » (Milad Doueihi) » (5). « Le net fait désormais partie de notre milieu vital » (Antonio Spadaro) (6). Ainsi notre vie se déroule aujourd’hui dans un nouveau contexte. Dans son livre : « Petite Poucette » (7), Michel Serres nous montre concrètement en quoi internet change radicalement nos représentations et nos pratiques. C’est une nouvelle manière d’être et de connaître. C’est une nouvelle manière de communiquer.

 

Internet, les églises et les chrétiens

On  peut donc se demander comment les chrétiens participent à ce grand changement non seulement dans leur existence quotidienne, mais aussi dans leur vie et leur expression collective. La révolution numérique s’inscrit elle-même dans une transformation sociale et culturelle engagée à partir des années 1960 et qui se traduit notamment par une émancipation par rapport à des cadres institutionnels imposés d’en haut et par une montée de l’autonomie des individus. Comme l’écrit le sociologue Jean Viard (8), « C’est bien la rupture culturelle des années 60 qui a induit les besoins technologiques, lesquels ont, à leur tour, bousculé la société. C’est elle qui bouscule en ce moment le travail et lie l’humanité en une grande communauté sur une terre si petite, perdue dans l’univers ». Ainsi, le rapport des pratiques chrétiennes avec la révolution numérique  ne peut s’interpréter que dans un cadre plus large, la manière dont elles s’inscrivent dans l’évolution sociale et culturelle. C’est dans le contexte de cette évolution que se développe des attitudes nouvelles : une « autonomie croyante » (Danièle Hervieu-Léger (9), une recherche d’authenticité (Charles Taylor) (10). En regard, pour la plupart, les institutions chrétiennes peinent à s’adapter en raison des structures hiérarchiques et des pratiques traditionnelles héritées de la chrétienté. Cependant, le courant de l’Eglise émergente expérimente des voies nouvelles comme l’a mis en évidence Gabriel Monet dans son livre-thèse : « L’Eglise émergente. Etre et faire Eglise en post-chrétienté » (11). Et, par ailleurs, des innovations sont également apparues dans le champ numérique. On peut rappeler à cet égard, qu’ici-même à Témoins, au début des années 2000, un effort d’inventaire et de mise en relation a été réalisé sous l’impulsion de Pascal Colin et de Yves Desbordes. Des rencontres ont été organisées, ainsi « la première journée des internautes chrétiens francophones », le 2 décembre 2000 (12). Cependant, c’est bien dans l’aire anglophone que l’innovation en ce domaine a été vigoureuse et massive, en se manifestant jusque dans la création d’Eglises nouvelles sur le web. Cette innovation nous est rapportée dans les recherches de Timothy Hutchins et Heidi Campbell (13) et les travaux du Codec à l’Université de Durham (14).

 

Culture numérique et parcours de foi

Il semble qu’on puisse distinguer deux phases dans ce mouvement. Dans un premier temps, le web est apparu comme un espace nouveau à investir dans des innovations conquérantes. Dans un second temps, le web et la vie quotidienne s’interpénètrent. Dans son livre sur la cyberthéologie (15), Antonio Spadaro met en évidence cette interpénétration. « Internet est maintenant un espace humain  dans la mesure où il est peuplé d’hommes. Il n’est plus un espace anonyme et aseptisé, mais un milieu anthropologiquement qualifié . Il s’agit d’un espace d’expérience qui devient, de plus en plus, partie intégrante, de manière fluide de la vie quotidienne : « un nouveau contexte existentiel ». Il ne s’agit plus d’un lieu spécifique dans lequel on entre à certains moments pour vivre « online » et dont on sort pour renter dans la vie « offline ». Ce n’est plus un milieu séparé, mais de plus en plus intégré, connecté avec la vie quotidienne ». Effectivement, internet   participe maintenant à la vie quotidienne, en ouvrant de nouvelles relations. Blablacar en est un bon exemple (16)

La prochaine rencontre de Témoins, le 10 novembre 2018, est intitulée : « Culture numérique et parcours de foi ». Ces parcours sont très divers. Ils ne se résument plus comme autrefois à une pratique paroissiale. Ils peuvent chevaucher des églises et des milieux différents. Ils peuvent se dérouler en marge des cadres institutionnels comme nous l’avons envisagé dans la dernière journée de Témoins, le 26 novembre 2016 (17) et ils s’inscrivent ainsi potentiellement dans le courant de l’Eglise émergente. On peut ajouter qu’il y a aujourd’hui beaucoup de chrétiens en chemin, lorsqu’on considère, d’après une récente enquête sur le christianisme en Europe occidentale (18), que le groupe de loin majoritaire est celui des chrétiens non pratiquants. Au total,  quelles qu’elles soient, toutes ces personnes en parcours de foi sont en quête de dialogue pour partager des questions, des découvertes, des expériences, une fraternité et rechercher des expressions communes. Il y a donc là un besoin de communication. Comment internet peut-il au mieux faciliter des échanges interpersonnels et ouvrir des possibilités de rencontre en petits groupes ? On sait combien le petit groupe permet un partage fructueux et on se rappelle la parole de Jésus lorsqu’il déclare que « là ou deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Matthieu 18.20). Dans quelles conditions pourrait-on créer sur internet un dispositif alliant entraide et expression et permettant à la fois une communication en réseau, la possibilité de rencontres et une orientation vers des ressources pour l’approfondissement et la recherche ?

Ce sont ces questions et d’autres auxquelles nous chercherons à répondre dans la  prochaine rencontre de Témoins. Dans l’expression de chacun, nous attendons qu’une intelligence collective puisse se manifester et l’inspiration de l’Esprit nous guider. Dans une approche participative, merci de nous faire connaître dès maintenant vos observations et vos suggestions .

Jean Hassenforder

(1) Jürgen Moltmann. Dieu dans la création. Traité écologique de la création. Cerf, 1988   Sur ce site, la vie et la pensée de Jürgen Moltmann. « Une théologie pour notre temps » : http://www.temoins.com/une-theologie-pour-notre-temps-lautobiographie-de-juergen-moltmann/

(2) Thomas Friedman . The world is flat. 2005. Présentation sur ce site : http://www.temoins.com/la-grande-mutation-les-incidences-de-la-mondialisation/  Thomas Friedman. Thank you for being late. 2016. Mise en perspective : http://www.temoins.com/le-monde-en-tension/

(3) Pierre Lévy. World philosophie. Odile Jacob, 2000. Voir : « Les chrétiens et internet. Une nouvelle dimension » (2003) : http://www.temoins.com/les-chretiens-et-internet-une-nouvelle-dimension/

(4) Pierre Teilhard de Chardin. Le phénomène humain. Seuil, 2005

(5) Milad Doueihi. Pour un humanisme numérique. Seuil, 2011. Voir : Pierre-Jean Gubert. Culture numérique et spiritualité. http://www.temoins.com/culture-numerique-spiritualite/

(6) Antonio Spadaro. Quand la foi passe par le réseau. Parole et silence, 2017. Voir : « Regard chrétien sur le Net, selon Antonio Spadaro : http://www.temoins.com/cyberespace-et-theologie/

(7) Michel Serres. Petite Poucette. Le Pommier, 2012.  Mise en perspective sur ce site : http://www.temoins.com/un-nouvel-univers-social-et-culturel-la-revolution-internet-et-ses-consequences-le-regard-de-michel-serres-l-petite-poucette-r/

(8) Jean Viard. Une société si vivante. L’Aube, 2018 ( p 207).  Sur ce site : « La France en changement, selon Jean Viard »

(9) « L’autonomie croyante. Questions pour les églises. Interview de Danièle Hervieu-Léger » : http://www.temoins.com/jean-hassenforder-lautonomie-croyante-questions-pour-les-eglises/

(10) « L’âge de l’authenticité, selon Charles Taylor » : http://www.temoins.com/lage-de-lauthenticite/

(11) « Des outres neuves pour le vin nouveau. Interview de Gabriel Monet, auteur de « l’Eglise émergente. Etre et faire Eglise en post-chrétienté ». http://www.temoins.com/des-outres-neuves-pour-le-vin-nouveau-interview-de-gabriel-monet-auteur-de-leglise-emergente-etre-et-faire-eglise-en-postchretiente/

(12) Magazine Témoins, N° 132, novembre-décembre 2000 : http://www.temoins.com/project/4302/

(13) « Quelle vie en Eglise à l’ère numérique. Apport de la recherche anglophone. Heidi Campbell et Tim Hutchins » : http://www.temoins.com/quelle-vie-en-eglise-a-lere-numerique/

(14) Codec research center for digital theology » : https://www.dur.ac.uk/codec/

(15) Antonio Spadaro. Cyberthéologie. Penser le christianisme à l’heure d’internet. Lessius, 2014 (p 15)

(16) « David Gonzalez. Blablacar. Un nouveau mode de vie » : http://www.vivreetesperer.com/?p=1999

(17) Rencontre Témoins. Parcours de foi aux marges des cadres institutionnels : http://www.temoins.com/26-novembre-2016-rencontre-temoins-theme-parcours-de-foi-aux-marges-cadres-institutionnels/

(18) Pew Research Center. Being christian in Western Europe : http://www.pewforum.org/2018/05/29/being-christian-in-western-europe/

Le courage de la vérité, une manière d’être témoin !

Dans notre monde qui change, notamment grâce à l’essor du numérique dans toutes ses déclinaisons, il devient facile de tout savoir sur tout et sur tout le monde. Du reste, beaucoup sont ceux qui s’« exposent », que ce soit en se racontant sur Facebook par exemple, en donnant leur avis sur tout via Twitter notamment, ou encore en ne cachant rien de leur(s) réalité(s) au travers de YouTube, Snapchat ou Instagram. Nous pourrions dès lors avoir l’impression que la vérité s’étale au grand jour. Pourtant, rien n’est moins sûr. Car la vérité peut diverger de ce que l’on donne à voir de la réalité et demande une certaine forme de courage. D’ailleurs, « qu’est-ce que la vérité ? » pour reprendre la célèbre formule de Pilate, alors que Jésus venait d’affirmer qu’il était venu « rendre témoignage à la vérité » (Jean 18.37-38).

 

Des « témoignages », le site Web et l’association Témoins en ont forcément à partager. Il n’est peut-être pas inutile de rappeler qu’à l’époque du Nouveau Testament, le mot « témoin » n’avait pas la connotation d’objectivité, de neutralité qu’il a acquis dans des temps plus récents. Si un témoin avait vocation à raconter des faits, il le faisait en assumant sa part de vérité, son interprétation, sa subjectivité. Dans la newsletter de ce mois-ci, des synthèses de livres font écho d’un certain parti-pris. C’est avec une audace franche, mais généreuse et bienveillance, qu’il est question des « Urgences pastorales » dont parle Christoph Théobald qui montre combien il est essentiel pour l’Eglise de se décentrer d’elle-même pour vivre une transformation missionnaire. C’est d’une certaine manière ce qui se vit à l’Eglise Saint-Merry, où le discours ecclésial traditionnel qui sépare le sacré du non-sacré est dépassé au bénéfice d’une « praxis qui seule peut produire une parole vivante ». Quant à Pablo Servigne et Gauthier Chapelle, eux montrent combien il est probablement utile de considérer à frais nouveaux notre regard sur l’entraide, bien plus générale et présente qu’on ne pourrait le penser et le distinguer, il fallait le dire. Regarder les choses avec le courage de la vérité, c’est aussi ce qui se vivra, nous l’espérons, lors de la prochaine journée d’étude organisée par Témoins qui explorera les parcours de foi en lien avec la culture numérique actuelle.

 

Cette « authenticité », dont Charles Taylor distingue la marque de notre « Age », me fait penser à la notion de parrèsia. Elle a émergé il y a bien longtemps et a plutôt disparu, non seulement de notre vocabulaire mais peut-être aussi de nos schémas conceptuels, alors que les temps que nous vivons pourraient nous inviter à la redécouvrir. Littéralement, la parrèsia, c’est le franc-parler (pan = tout, rèma = dire). Le terme est issu de la sphère politique grecque où à l’origine les citoyens étaient invités à la franchise. Michel Foucault, a consacré les deux dernières années de sa vie à explorer la notion de parrèsia, dans son usage originel comme dans ses usages ultérieurs. C’est lui qui, notamment dans son livre Discours et vérité (Paris, Vrin, 2016, qui reprend et traduit le cycle de conférences de Michel Foucault à Berkeley en 1983), distingue cinq caractéristiques majeures de la parrèsia : 1) C’est d’abord l’expression d’un opinion personnelle, qui tranche avec la rhétorique habituelle qui ne cherche qu’à faire de l’effet ; avec la parrèsia, il s’agit de convaincre en disant vraiment ce que l’on pense. 2) La parrèsia est cependant plus que la sincérité ou la franchise, elle est de l’ordre de la vérité où l’ont dit ce que l’on sait être vrai, ce qui génère une coïncidence entre croyance et vérité. 3) La parrèsia implique également une forme de courage, elle est liée à un risque dans la prise de parole, celui du danger d’être différent ou mal compris. 4) C’est d’autant plus vrai que la parrèsia est aussi une forme de critique, de soi ou des autres, qui va de pair avec certaine remise en question de l’ordre établi. 5) Enfin, la parrèsia est de l’ordre du devoir, de cette nécessité de s’exprimer. N’y aurait-il pas besoin de retrouver cette audace aujourd’hui, dans un monde où les formes institutionnelles de vécu de la foi marquent le pas. C’est probablement en donnant toute sa valeur à une authenticité volontariste que les chrétiens pourront être le plus pertinent, en osant une approche critique certes, mais personnelle et assumée, respectueuse d’autrui et courageuse. Un peu dans la lignée de l’apôtre Paul, ne sommes-nous pas appelés à laisser cours à cette force intérieure qui nous pousse à témoigner : « Si j’annonce l’Evangile, ce n’est pas pour moi un sujet de gloire, car la nécessité m’en est imposée, et malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile ! (1 Corinthiens 9.16).

 

C’est d’autant plus utile que la Bible est loin d’être ignorante de cette notion de parrèsia, qui y apparaît 41 fois. Elle décrit l’attitude de Jésus qui, à la fin de son ministère, dit ouvertement à ses disciples ce qui va arriver. Le terme dépeint ensuite les apôtres qui à la suite de Jésus, font preuve de l’audace du témoignage. Ce franc-parler courageux associé à une liberté de langage se retrouve logiquement chez Paul. En effet, la parrèsia est indéniablement pour quelque chose dans le développement de l’Eglise. Finalement, dans l’épître aux Hébreux ou dans les épîtres de Jean, la parrèsia devient également l’authenticité devant Dieu lui-même, dans une attitude spirituelle pleine de confiance. Ceci étant, et à la différence des philosophes cyniques, ardents défenseurs d’une parrèsia virulente et probablement volontairement dérangeante, la Bible met aussi en garde contre les effets négatifs d’une langue trop acérée. L’authenticité et l’audace du franc-parler ne va pas forcément de pair avec la violence verbale et l’absence de respect d’autrui, au contraire. L’apôtre Jacques a montré que « si quelqu’un ne trébuche pas lorsqu’il parle, il est un homme parfait, capable de tenir en bride son corps entier », et il ajoute : « La langue est un petit membre et se vante de grands effets. Voyez comme il faut peu de feu pour faire flamber une vaste forêt » (Jacques 4.3-5). Ainsi, le parrèsiaste d’hier comme d’aujourd’hui pourrait plutôt s’inspirer d’un Socrate, défenseur lui aussi de la parrèsia, mais de manière équilibrée… On raconte qu’un jour, quelqu’un est venu le voir et lui a dit : Ecoute Socrate, il faut que je te raconte comment ton ami s’est conduit. Arrête ! interrompit l’homme sage. As-tu passé ce que tu as à me dire à travers les trois tamis ? Trois tamis ? dit l’autre, rempli d’étonnement. Oui, mon bon ami : trois tamis. Examinons si ce que tu as à me dire peut passer par les trois tamis. Le premier est celui de la vérité. As-tu contrôlé si ce que tu as à me dire est vrai ? Non, je l’ai entendu raconter, et… Bien, bien. Mais assurément, tu l’as fait passer à travers le deuxième tamis. C’est celui de la bonté. Ce que tu veux me dire, si ce n’est pas tout à fait vrai, est-ce au moins quelque chose de bon ? Hésitant, l’autre répondit : non, ce n’est pas quelque chose de bon, au contraire… Hum, dit le Sage, essayons de nous servir du troisième tamis et voyons s’il est utile de me raconter ce que tu as à me dire… Utile ? pas précisément. Eh bien, dit Socrate en souriant, si ce que tu as à me dire n’est ni vrai, ni bon, ni utile, je préfère ne pas le savoir, et quant à toi, je te conseille de l’oublier…

 

S’il est donc sage de s’abstenir de parler pour ne rien dire (de vrai, de bon et d’utile), il est urgent et important d’oser proclamer les convictions qui habitent nos cœurs. Etre témoins du Christ aujourd’hui implique probablement de faire preuve de parrèsia. Elle met en marche et c’est précisément la vocation de l’Eglise, d’être ce mouvement d’hommes et de femmes, de jeunes et de moins jeunes, qui osent l’audace de vivre et de partager ce qui fait sens dans leur vie, un sens dont le cap est donné par celui qui a osé dépasser les traditions religieuses au bénéfice de la spiritualité du Royaume !

De l’espoir sur la prospective

Vous êtes habitué(e) à méditer en marchant dans les rues, sur le bord des chemins et le long des trottoirs ? A lire ou à écrire à l’arrière des voitures et dans les trains, dans des cafés ou au fond de votre lit ? Hé ! Bien, où que vous vous trouviez, notre nouvelle édition est faite pour vous, le sommaire et thèmes de prospective pour 2018 vous attendent dans la suite de cet édito. Autant de pistes pour mieux connaître ce qui marche déjà bien en France et penser à s’engager dans ce qui pourrait marcher encore mieux bientôt, peut-être, grâce à chacune et chacun de nous. « Viser plus, demander plus. C’est cela l’espoir : il attend toujours plus que l’effectuable ; nous sommes dépositaires du surplus de l’espoir sur la prospective. » (Paul Ricoeur*) Bonnes méditations💡 DG

Noyé(e) sous l’info ? A chaque nouvelle édition, la Lettre de nouvelles de Témoins vous propose une sélection dans l’actualité de la culture chrétienne émergente et tente de vous proposer ce qui est important, à travers ses rubriques Recherche et innovation, Culture et société, Vie et spiritualité et Actualités. Ce mois-ci : « Culture numérique et spiritualité », par Pierre-Jean Gubert, « Un évènement dans la ville », par Jean Hassenforder, « Pour une théologie en phase avec les questions de notre temps », par Rodolphe Gozegba, et « Mandela et Gandhi. La sagesse peutelle changer le monde ? »…

Mais tout d’abord voici comme annoncé, 8 pistes de réflexion, ces fameux Tops plus ou moins faciles, qui peuvent nous aider, nous faire sourire ou réfléchir, voire même, nous faire avancer !

1. Les vélos à disposition en autonomie
En ce début d’année, plusieurs nouveaux fournisseurs de la deuxième génération de « Vélib’ » à Paris et en province, Smoovengo et Goobee Bike, par exemple, ont du fermer leurs antennes dès janvier, notamment à Reims, Lille et Montpellier, suite à de trop nombreuses dégradations.
Pourtant ce service renforce l’offre des vélos en libre-service dans les grandes villes et en est quelquefois le seul pourvoyeur. Alors, à quand la victoire de ce nouveau mode de transport urbain qui vient de fêter ses 10 ans en France ? Un repère à cultiver soigneusement (lui aussi), en 2018 : David contre Goliath.

2. La réquisition de logements pour les sans-abri
Dans plusieurs pays, l’Etat a calculé qu’un « sans abri coûte plus cher dans la rue que dans un logement. Dès lors, les pouvoirs publics sont en mesure de faire une réquisition des logements vacants pour accueillir les personnes qui vivent dans la rue. C’est notamment le cas de l’Utah, qui applique systématiquement la mesure depuis une dizaine d’années ». En France, malgré les dispositions législatives de 1945 puis 1995-1996, la réquisition des logements vacants ne progresse pas ou très peu, si l’on tient compte du parc d’immeubles vacants, et surtout de l’importance de notre résistance culturelle. La question : « comment échapper à la réquisition de logements vacants » est au Top des requêtes sur Internet. Vous avez dit: résistance culturelle, ou exception française ?

3. Les auberges de jeunesse
Nous avons de superbes auberges de jeunesse en France et de magnifiques gîtes, hôtels, camping et « Air B and B » (du nom de la principale plate forme d’échanges de logements entre particuliers); mais les auberges de jeunesse, en nombre, finalement, nous n’en avons pas tant que ça (152), par rapport à des dizaines d’autres pays dans le monde. Dans les pays d’Europe, d’Eurasie ou encore d’Amérique latine (ou même aux Etats-Unis, à New-York), l’auberge de jeunesse est le système auquel les jeunes ont le plus souvent recours pour voyager dans de bonnes conditions à des prix abordables. Des auberges de jeunesse plus nombreuses en France… où il fait si bon vivre… I have a dream ?

4. La mise en place de conditions carcérales dignes
Cette liste de pistes prospectives a été imaginée fin 2017, c’est-à-dire un mois avant les grèves de janvier 2018 dans les établissements pénitenciers en France, tant les conditions de vie en prison sont devenues un serpent de mer et un enjeu du débat public. Il est certainement temps de s’inspirer des modèles nordiques, où le taux de récidive est bien moindre qu’en hexagone : « la prison doit aussi préparer à la réinsertion et n’est pas simplement un instrument punitif et de prévention ». Dans ces domaines en France, en urgence, les choses sont en train de changer.

5. Le financement du gratuit et de Wikipédia
Étonnement, d’après une étude, citée par Topito, seuls 11% des utilisateurs français de Wikipédia se disent prêts à donner de l’argent à la Fondation, « qui ne fonctionne que sur les dons et ne s’inscrit pas dans un modèle de profit mais bien d’entraide collaborative ». A l’opposé, des pays comme l’Inde répondent favorablement à 42% à ces demandes de dons : idem pour l’Egypte et les Etats-Unis ! Il est possible que l’on se mette à aimer payer pour ce qui en vaut la peine en France. C’est une question d’économie, de culture et de réalisme…mais pas seulement.

6. La méditation à l’école
Alors que les études se multiplient prouvant les bienfaits à long terme de la méditation sur la santé, le bien-être et la capacité de concentration, la France tarde toujours à embrasser le mouvement. Aux Etats-Unis, au Canada comme en Europe du nord, des méthodes de méditation adaptées à l’enfant sont mises en place dans certaines classes depuis 2009. Mais en France, les pouvoirs publics demeurent sceptiques par rapport à ces pratiques. Avis aux lanceurs d’alerte !

7. Les livres en libre service
Au Danemark et en Angleterre, au Québec et au Canada – et de manière générale dans tous les pays où il fait froid -, la pratique de la bibliothèque publique et ouverte tard est courante. Le « swapping », l’échange de livre est courant : on prend un livre, on le remplace par un autre. Les livres passent de main en main. Les bons livres ont ainsi plusieurs vies ! Mais en France, pour l’instant, ça n’a pas pris. Alors, je vous le dis, pour ce changement comptez sur moi – et contactez-moi, je vous aiderai à adopter une boîte à livres et alimenter le partage. Et vous verrez, un jour en France : chaque enfant aura un livre à lui, chez lui.

8. Le tri sélectif
Plus de la moitié des Français affirment ne pas trier systématiquement leurs déchets. La mise en place du tri sélectif en France datant du tout début des années 2000, nous devrions avoir fini notre « phase d’adaptation » et atteindre la majorité ; alors, en 2018, nous ferons mieux !

* Conclusion (de Paul Ricoeur dans : Plaidoyer pour l’utopie ecclésiale, Labor et Fides, 2016) :
“Pour moi, la première manière de rendre raison de ma profession de foi, c’est donc, d’une manière encore extérieure, de montrer la nécessité pour nos sociétés modernes d’une tension, d’une dialectique sans fin, entre l’exigence utopique et l’optimum raisonnable d’une action économique, sociale et politique. Viser plus, demander plus. C’est cela l’espoir : il attend toujours plus que l’effectuable ; nous sommes dépositaires du surplus de l’espoir sur la prospective. En quoi est-il besoin de chrétiens pour cet office ? Je ne nie pas que d’autres puissent exercer cette pesée aussi. Je dis que le chrétien a des raisons spécifiques pour le faire : l’annonce de la mort et de la résurrection du Christ, c’est pour lui la lecture d’un chiffre de l’histoire où est attesté le surplus du sens sur le non-sens. Dans le langage de Saint Paul: là où le péché a abondé, la grâce surabonde. Être chrétien, c’est déchiffrer les signes de cette surabondance, dans l’ordre même où l’humanité exprime son dessein. Le chrétien, c’est l’adversaire de l’absurde, le prophète du sens.
Non par volonté désespérée, mais par reconnaissance que ce sens à été attesté dans les événements que l’Ecriture proclame. Mais ce sens, le chrétien n’a jamais fini de le détailler.”

Aujourd’hui

Aujourd’hui, reconnaître la présence de Dieu et vivre la foi au cœur de la vie

A notre époque où le monde est engagé dans une grande mutation, nous pouvons nous polariser sur les menaces qui abondent, nous replier sur notre héritage religieux et culturel. Ou bien, confiant dans la présence active d’un Dieu qui nous appelle à l’espérance, nous pouvons rendre grâce pour les merveilles qui existent dans ce monde et participer à la transformation en cours. Tout dépend de notre regard. Tout dépend de notre vision.
« Que le Dieu de l’Espérance nous remplisse de toute joie et de toute paix dans la foi pour que nous abondions en espérance par la puissance du Saint Esprit ! (Romains 15.13). Avec le théologien Jürgen Moltmann, nous « croyons à un Dieu de l’Espérance qui marche devant nous et nous précède dans le déroulement de l’histoire. C’est le message de la Bible… Le christianisme est résolument tourné vers l’avenir et invite au renouveau… la foi est chrétienne lorsqu’elle est la foi de Pâques. Avoir la foi, c’est vivre dans la présence du Christ ressuscité et tendre vers le futur Royaume de Dieu » (1). Ainsi, nous pouvons reconnaitre la présence de Dieu dans la vie du monde et dans la notre et contribuer à son œuvre.
Les articles publiés aujourd’hui sur ce site participent à cette vision.

Dans son livre : « Cyberthéologie », Antonio Spadaro nous invite à découvrir un nouveau monde : « Le web n’est pas un instrument, mais un milieu dans lequel nous vivons ». En des termes nouveaux, nous sommes appelés à vivre l’Evangile au cœur de la vie. A cet égard, un passage du livre d’Antonio Spadaro nous parait particulièrement signifiant : « Soixante dix ans après le voyage du premier train commercial sortait le roman « Jude l’obscur » (1995) de Thomas Hardy. Dans ces pages, Sue Bridehead répond ainsi à Jude qui lui demande d’aller s’asseoir dans la cathédrale : « Oui, même si en ce qui me concerne, je préférerais aller m’asseoir à la gare », répondit-elle, une trace de colère dans la voix. C’est là que se trouve la vie citadine. La Cathédrale a fait son temps ». La gare, dans ce dialogue, n’est pas un non lieu, un lieu de passage rapide, mais elle devient le centre des connections au cœur même de la ville, « milieu » symbolique également et non pas simple consigne d’un moyen de transport. Si cela est vrai en ce qui concerne la gare, ce l’est encore plus aujourd’hui en ce qui concerne le Net ». La religion a trop souvent été vécue comme un univers clos. Antonio Spadaro nous invite à « penser le christianisme à l’heure d’internet ». C’est vivre l’Evangile au cœur de la vie.

Et, de même, lorsque Frédéric de Coninck découvre la biennale 2012 d’art contemporain de Venise, il nous montre comment, au carrefour de la culture d’aujourd’hui, cette grande exposition évoque des problèmes qui soulèvent des questions spirituelles. « De toute part, les questions et attentes spirituelles des contemporains se livrent à visage découvert ». Or « les grandes religions semblent figées dans des formes rituelles qui ne font plus sens autant pour les artistes que pour la plupart des visiteurs. Et elles suscitent la méfiance parce qu’elles sont érigées en magistère moral dés qu’elles ont accédé au pouvoir ». Ainsi il y a un hiatus à combler entre foi religieuse et spiritualité.

Les jeunes générations vivent aujourd’hui dans un nouvel espace et un nouveau genre de vie. Nouvelles opportunités, mais aussi nouveaux problèmes. Et comment les églises peuvent-elles répondre aux aspirations spirituelles correspondantes alors que, bien souvent, elles sont éloignées de cette génération montante. Lorsqu’il est arrivé à la trentaine, Charly Mootien s’est interrogé sur le sens de sa vie. « Depuis mes 30 ans, je sais que j’entre dans une nouvelle phase de ma vie. Il est temps de savoir ce que je veux construire, dans quoi je veux investir, ce que je veux laisser derrière moi ». En faisant appel à son expérience riche en rencontres et à une vaste information bien choisie et bien présentée, Charly Mootien apporte un itinéraire de réflexion et de formation qui ouvre la voie d’un cheminement et d’une formation en réponse aux questions de cet âge et bien au delà…

En Suisse romande, à Lausanne, Cèdres formation, Institut de formation en théologie, christianisme et religion, vient d’organiser une série de conférences interactives permettant une réflexion sur l’Eglise émergente, les grandes églises innovantes américaines et les « fresh expressions » britanniques comme source d’inspiration pour un renouvellement des Eglises. Depuis des années, Témoins œuvre dans la même voie. Et nous nous réjouissons de cette convergence. Cèdres formation publie également une revue : « La Revue des Cèdres ». David Gonzalez nous présente ici le dernier numéro : « L’Eglise pour y venir », toute une gamme de contributions pour le renouvellement de l’Eglise.

Une des caractéristiques majeures du monde d’aujourd’hui, c’est le mouvement accéléré vers la globalisation, un mouvement croissant d’unification, qui entraine en retour de fortes crispations. Les « articles à relire » traitent de cette dimension. Dans quel contexte international la foi chrétienne se déploie-t-elle aujourd’hui ? On peut revenir à la fin de ce parcours au livre d’Antonio Spadaro qui, dans son dernier chapitre, décrit la densification des communications sur le web à l’image de la « noosphère » évoquée par Teilhard de Chardin.

Tout ce que nous venons d’évoquer en présentant cette nouvelle livraison sur le site de Témoins, peut se traduire en une expression : la foi au cœur de la vie. C’est aussi le fil conducteur de la spiritualité vécue à Témoins depuis ses débuts. Et un accent sur la communion fraternelle va de pair. Et c’est bien là une démarche en phase avec une aspiration à la convivialité et à la fraternité qui s’exprime de plus en plus à notre époque en des registres divers et des lieux variés. Nous suivons ce mouvement dans notre veille de recherche, tant ce qui apparait dans la société que ce qui s’exprime dans les Eglises. Les célébrations du 500è anniversaire de la Réforme n’ont-elles pas pris la fraternité pour emblème ? Et, tout récemment, nous découvrions un message de Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, rapporté dans une interview du « Pèlerin » (2). Celui-ci, annonçant que les paroisses ne couvriraient plus désormais l’ensemble de ce territoire, invitait les baptisés à la mise en oeuvre d’une « fraternité de proximité ». Il « invitait les baptisés à se retrouver en petites « fraternités, une fois par semaine pendant une demie heure pour échanger quelque nouvelles et prier… Ces fraternités devraient être ouvertes. Je leur demande de dire le Notre Père… Petit à petit, je pense que, dans l’esprit du Notre Père, elles vont se remplir. Ce ne seront plus seulement les quatre personnes présentes. Ce seront les voisins, les voisines, ceux qui précisément vers qui nous sommes envoyés… ». Que Dieu, communion d’amour et puissance de vie, nous donne de vivre l’Evangile au cœur de la vie et de reconnaître le mouvement de l’Esprit dans le monde d’aujourd’hui comme dans le renouveau et la créativité des communautés chrétiennes.

Jean Hassenforder

(1) Jürgen Moltmann. De commencements en recommencements. Une dynamique d’espérance. Empreinte Temps présent, 2012 (p 109-110)
(2) http://www.pelerin.com/A-la-une/Mgr-Dominique-Lebrun-Il-n-y-aura-plus-de-paroisses-sur-tout-le-territoire

Sors de ta chambre !

Témoins - Edito septembre 2017Dernièrement nous étions invités à élargir l’espace de nos tentes (Esaïe 54;2). Or en ces temps de reprise de nos activités habituelles, nous pourrions avoir le réflexe de nous réfugier dans notre quotidien ou notre confort et de rester bien camper dans notre tente. Mais lorsque l’Eternel se révèle à Moïse, comme un homme parle à son ami, lors d’un face à face, (Exode 33;11) nous observons que son jeune assistant Josué ne bénéficie pas de cette relation personnelle car il ne sort pas de la tente. Quel que soit la nature et la grandeur de notre tente, Dieu nous dit : “Sors de la tente !”
Ainsi Témoins vous propose non pas une rentrée mais une excursion afin d’entretenir votre face à face avec Dieu.

3 nouveaux articles de Jean Hassenforder sont à découvrir :
– A partir du livre de Caroline Baertschi-Lopez, les enfants, portiers du Royaume; Accueillir leur spiritualité, nous constatons la nécessité d’une remise en cause personnelle constante auprès des enfants. L’expérience des Godlyplay en Suisse nous y aide.
– Découvrez également cet appel à de nouvelles formes communautaires d’église grâce à Facebook avec l’article Plus proche sur FB ?
– Enfin nous vous proposons un entretien avec Rodolphe Gozegba-de-Bombémbé, pasteur et théologien en Centrafrique, qui nous parle d’une mise en application des thèses de Moltmann en faveur de la paix grâce au rôle des églises de son pays : Un mouvement pour la paix en Centrafrique.
Vous avez également la possibilité de redécouvrir d’anciens articles de notre site internet grâce à une nouvelle rubrique intitulée Articles à relire.

Toute l’équipe vous souhaite de bons moments à la lecture de ces articles, en espérant qu’ils suscitent pour vous un face à face comme celui de l’Eternel avec son ami Moïse.

Fred Ménigoz

Tous au camping !

Temoins-Edito juillet 2017En cette période estivale des millions de français et de touristes étrangers vont parcourir le territoire et y poser leur “toile”. C’est l’occasion pour certains de découvrir de nouveaux horizons, pour d’autres de retrouver des paysages rassurants ou bien encore d’oser l’aventure vers l’inconnu.

Combien parmi ceux-ci répondront à l’appel d’Esaïe (chap. 54;2) d’agrandir l’espace de leur tente !

S’il est une saison qui incite aux grands espaces et au renouvellement des pensées, c’est celle qui nous immerge, même pour un temps éphémère, dans un espace-temps autre. C’est le moment d’ouvrir le champ de nos pensées et de nos cœurs.

Dans sa nouvelle formule “magazine” le site internet de Témoins déploie sa toile et propose une étude des pratiques spirituelles hors des champs traditionnels. Ces parcours de foi répondent à l’appel d’Esaïe en explorant, en tentant, en osant. Cela fait écho au discours de Barack Obama, invité d’honneur du Kirchentag le 25 mai dernier : Dans un monde pluriel, il faut essayer de voir que chacun d’entre nous détient une part de la vérité. Découvrir cet espace nous demande d’élargir le nôtre.

Venez sur le site parcourir ce champ à explorer et Déployez les toiles qui vous servent  d’habitation : n’en retenez rien ! Allongez vos cordages et renforcez vos piquets!

Bonne lecture et bon été à tous au camping de la vie spirituelle !