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Info de dernière minute (14/12/16), photos, vidéos et opinion.

Bob Dylan a posé un lapin au roi Carl Gustav de Suède et ne s’est pas déplacé pour recevoir son prix, déléguant la chanteuse Patti Smith devant l’Académie Royale. Mais tout n’est pas perdu car, comme le rapporte “Le Monde” (13/12/16 : https://youtu.be/_2SPNT1lwBg), “si l’artiste veut toucher l’argent qui accompagne le prix (850 000 €), il devra se rendre à Stockholm, pour y livrer son discours officiel, avant le premier juin 2017”. Dylan aura-t-il le temps d’accorder sa guitare pour venir expliquer aux académiciens qu’un petit couplet vaut parfois mieux qu’un long discours ?

Incroyable: Info de dernière minute (14/12/16)« Le prix Nobel de littérature 2016 est décerné à Bob Dylan pour avoir créé dans le cadre de la grande tradition de la musique américaine de nouveaux modes d’expression poétique». Mais depuis que le Nobel de Littérature lui a été décerné jeudi à la surprise générale, il est resté désespérément muet. Non seulement publiquement, mais aussi auprès de la secrétaire générale de l’Académie suédoise, qui jette l’éponge après avoir tenté en vain de le joindre ces derniers jours.

“Un bras d’honneur à la littérature américaine” ? “Une colonisation de la culture” par la “musique de variété et le rock” ? “Bientôt le Nobel du tweet” ?
Le Canard enchaîné du 19/10/2016 a collecté les “cris d’indignation” – du plus cultivé au scrogneugneu -” qui ont dominé les cris de joie – dont, “quand même, ceux de Salman Rushdie et de Joyce Carol Oates)” après l’attribution du prix Nobel de littérature à Dylan, 75 ans.*
Pour les détracteurs du premier musicien-poète américain à être récompensé par le prestigieux jury, ses balades, même talentueuses, “ne se rapporte en rien à la  littérature”. Même si Le Larousse désigne la littérature comme “l’ensemble des œuvres écrites ou orales auxquelles ont reconnaît une finalité esthétique” ! Ces “opposants” oublient que, dès l’antiquité, la poésie s’accompagnait de harpes, et que les Psaumes de la Bible, comme les vers de Virgile ou Homère, se chantaient. Si Le Robert privilégie “les œuvres écrites”, il souligne aussi que la littérature concerne “tout usage esthétique du langage, même non écrit “.
Le Canard enchaîné cite “L’affiche rouge”, d’Aragon, chantée par Ferré, et “Le condamné à mort”, de Genet, pour l’exemple français.
Du musette ? De la variété ?

 

On ne peut évidement pas forcer tout le monde à aimer Dylan et juger qu’il a “créé de nouveaux modes d’expression poétique”. À apprécier ” ses chansons-puzzles, aux allures de nouvelles ou de cadavres exquis, à goûter sa sensibilité argentique aux images, à comparer ses “visions” (“of Johana “, “Sara ” ou “Desolation Row”) à celle d’Une saison en enfer”. Ou à estimer avec Le monde du 13/10/2016, que “Dylan est une histoire de l’Amérique à lui seul, synthétisant dans son œuvre la poésie surréaliste de la beat generation, l’austérité militante du folk, la complainte du blues, l’énergie révoltée du rock et la chronique de la vie  quotidienne propre à la country…”
Que les amateurs de “vraie poésie” – “qui tous savent par cœur des brassées de vers des poètes nobélisés (Saint John Perse, Neruda, Milosz) -” se tranquillisent, ironise Le Canard enchaîné. Les éloges du jury Nobel “n’ajouteront rien à la littérature”. Et n’enlèveront rien aux écrivains certifiés. “L’égocentrique et mal embouché Bob Dylan” le marque d’ailleurs, pour l’instant, d’une indifférence appuyée. Alors “des mots, tout ça, rien que des mots”… “blowing in the wind”?** (http://www.latimes.com/books/jacketcopy/la-et-jc-nobel-prize-literature-20161012-snap-story.html)

 

Prince“Sign “☮ ” the Times” plutôt, selon moi, le prix Nobel 2016 en littérature est surtout un “Purple prix Nobel” cette année, en même temps qu’un choix “radical”: la volonté de souligner la tendance à l’éclairage “Purple” généralisé par la culture pop, comme le reflète d’ailleurs la culture visuelle-même des portraits du site internet du prix Nobel (http://www.nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates/2016/press.html).
En l’absence du génial Roger Nelson dit Prince (1958-2016, disparu cette année après David Bowie)***, il fallait que les uns fassent le deuil et que les autres aient à l’esprit une trace de l’importance de la dite pop culture pour la consolation des plus rebelles de nos contemporains.
Partez à la découverte de la pop culture en littérature, cette année, nous dit l’Académie. Macklemor et Ryan Lewis, allez-nous chercher Bob Dylan et conduisez-le à Stockholm, Down Town : https://m.youtube.com/watch?v=JGhoLcsr8GA. Que la force soit avec vous… (Cf. https://www.temoins.com/pop-theologie) Rebelles, les Nobel.

 

David Gonzalez

 

* Bob Dylan:

 

** How many roads must a man walk down
Combien de routes un homme doit-il parcourir
Before you call him a man ?
Avant que vous ne l’appeliez un homme ?
Yes, ‘n’ how many seas must a white dove sail
Oui, et combien de mers la colombe doit-elle traverser
Before she sleeps in the sand ?
Avant de s’endormir sur le sable ?
Yes, ‘n’ how many times must the cannon balls fly
Oui, et combien de fois doivent tonner les canons
Before they’re forever banned ?
Avant d’être interdits pour toujours ?
The answer, my friend, is blowin’ in the wind,
La réponse, mon ami, est soufflée dans le vent,
The answer is blowin’ in the wind.
La réponse est soufflée dans le vent.
How many years can a mountain exist
Combien d’années une montagne peut-elle exister
Before it’s washed to the sea ?
Avant d’être engloutie par la mer ?
Yes, ‘n’ how many years can some people exist
Oui, et combien d’années doivent exister certains peuples
Before they’re allowed to be free ?
Avant qu’il leur soit permis d’être libres ?
Yes, ‘n’ how many times can a man turn his head,
Oui, et combien de fois un homme peut-il tourner la tête
Pretending he just doesn’t see ?
En prétendant qu’il ne voit rien ?
The answer, my friend, is blowin’ in the wind,
La réponse, mon ami, est soufflée dans le vent,
The answer is blowin’ in the wind.
La réponse est soufflée dans le vent.
How many times must a man look up
Combien de fois un homme doit-il regarder en l’air
Before he can see the sky ?
Avant de voir le ciel ?
Yes, ‘n’ how many ears must one man have
Oui, et combien d’oreilles doit avoir un seul homme
Before he can hear people cry ?
Avant de pouvoir entendre pleurer les gens ?
Yes, ‘n’ how many deaths will it take till he knows
Oui, et combien faut-il de morts pour qu’il comprenne
That too many people have died ?
Que beaucoup trop de gens sont morts ?
The answer, my friend, is blowin’ in the wind,
La réponse, mon ami, est soufflée dans le vent,
The answer is blowin’ in the wind.
La réponse est soufflée dans le vent.

 

Traduction libre de Blowin’ In The Wind : “Soufflé dans le vent”, de Bob Dylan, 1963, (reprise avec succès par Stevie Wonder en 1966 et Joan Baez en 1967) : https://m.youtube.com/watch?v=vWwgrjjIMXA

 

*** Pour un aperçu de l’importance de Roger Nelson dit Prince en tant que première star de rock noir américain dans l’histoire de la musique contemporaine : http://www.rtl.fr/culture/musique/prince-8-cles-pour-comprendre-un-artiste-hors-norme-7782935193
De “Sign “☮” the Times”:https://m.youtube.com/watch?v=AV1GFB509PE, de Purple Rain : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19536541&cfilm=2438.html et de “Under pressure” de Bowie avec Freddy Mercury du groupe Queen : http://youtu.be/a01QQZyl-_I
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