Dans son livre ‘The tears of things. Prophetic wisdom for an age of outrage’ (les larmes des choses. Sagesse prophétique pour un âge d’outrage), Richard Rohr nous présente les textes des grands prophètes de la Bible comme « portant un mouvement qui commence initialement par la colère, l’accusation et la violence, qui se transforme dans les pleurs et les lamentations pour déboucher à la fin sur une vision de confiance et d’espérance, une expression de l’amour de Dieu ». Les prophètes donnent l’exemple de ce que Richard Rohr appelle la ‘critique sacrée’, « une approche spécifique pour affronter le mal et l’injustice, qui reconnait la plénitude de l’histoire, l’interconnexion de chaque être vivant, et la réalité de l’amour humain universel ». Richard Rohr décrit l’œuvre des prophètes en Israël comme un phénomène original. Ce fut la réponse à « un profond besoin que quelqu’un appelle le peuple à retourner à Dieu et à la justice, quelqu’un qui les avertirait, les critiquerait et leur révèlerait l’amour de Dieu. Nous les appelons les prophètes et toute religion en a besoin ». « Jésus s’inscrit dans la lignée des prophètes… Nous avons tendance à ne pas considérer Jésus comme un prophète parce que nous n’avons pas compris le rôle unique du prophète en Israël ». À partir de nombreux exemples, Richard Rohr décrit le mouvement de l’expression prophétique : un passage progressif d‘une expression de colère et de fureur dénonciatrice à une expression de souffrance et de compassion pour déboucher ensuite sur une vision d‘espérance. L’article présente la part du livre consacré aux écrits d‘Esaïe, une apogée de la prophétie biblique.