L’amour se périme-t-il comme le reste ? Un couple sur deux divorcerait, dans certaines régions. Les séparations, tout autour de nous, sont souvent douloureuses, parce que les enfants sont jeunes, ou que l’un des époux parle mal de l’autre, ou encore que l’un est totalement abandonné sur le plan financier, outre la souffrance affective. Certains restent traumatisés, adultes et enfants, quand l’abandon a été très brutal.
On voit des femmes lésées, appauvries en fin de vie, maltraitées. Mais on voit aussi de plus en plus l’inverse.
Une amie me disait qu’un de ses proches, qui pourtant « a refait sa vie », avec un nouveau couple et des enfants, l’évoquait 30 ans après, avec des larmes dans les yeux : son « Ex ne lui avait laissé que la chemise qu’il portait ».
C’est violent. Comment des personnes qui se sont aimées, qui ont eu des enfants ensemble, peuvent en arriver là ? Et entrer dans une telle bataille contre son alter égo. C’est incompréhensible.
Un de mes amis, d’une grande bonté sans aucun doute, se retrouve « à la rue », comme sa femme le lui avait promis. Après l’avoir trompé, quitté, dénigré, elle a fait jouer tous les dispositifs judiciaires pour obtenir la presque totalité des biens de la communauté (sans avoir travaillé). Et de tels cas ne sont pas isolés.
Comment juges et notaires peuvent entériner des comptes d’apothicaire donnant un résultat aussi injuste, et valider un tel détournement des dispositifs légaux, au motif qu’on applique strictement la loi ? Elle permet de défendre le plus faible, certainement pas de dépouiller de la sorte le moins virulent. J’y vois un détournement de l’esprit de la loi, équivalent à ceux que l’on voit dans d’autres domaines, notamment politique. Un avocat de mes connaissances me disait que les partages étaient déséquilibrés, de notoriété publique, que la pratique était dénoncée par tous, mais que c’était « dans l’air du temps »…
Affligeant, cette justice humaine qui crée une telle injustice quand les personnes se révèlent alors de si mauvaise foi. Affligeant, de le justifier et l’entériner.
On voit aussi apparaître une curieuse pratique : les enfants hors mariage que l’on « fait » successivement avec l’un, puis l’autre, sans vivre avec le père, en bonne intelligence, pour s’assurer une rente, une pension alimentaire par enfant. Et l’on recommence une troisième fois en disant : « j’avais envie d’un enfant !».
Il est vrai aussi que certaines personnes de qualité organisent au mieux leur vie séparée pour l’enfant, se respectant et pensant prioritairement à lui. C’est beau, mais serait-ce exceptionnel ?
On dit que plus le divorce est rapide, même non voulu par l’un des deux, plus le partage est simple et équitable, avec des concessions. Plus il traîne, plus il devient injuste et ruineux. Alors, faut-il l’éviter à tout prix, quand l’un et l’autre ne s’entendent plus ? Éviter les conséquences, financières et humaines ?
Pour cet épisode difficile de la vie, à chacun de choisir entre la grandeur, et la mesquinerie qui peut devenir extrême, et très négative pour la famille qu’elle divise. C’est une question de qualité d’être : on apprécie alors le niveau humain de chacun, et merci à ceux qui se conduisent correctement !
Mon propos n’est pas de disserter sur le divorce et ses causes. Elles sont sans doute multiples et quelquefois très superficielles. Elles vont souvent avec un mal être de l’un des deux, qui lui appartient, et s’intensifie au fil des années. Ce peut être aussi une évolution différente de chacun, des bases communes trop fragiles : les fondamentaux du mariage, valeurs communes, projets communs, étaient un peu faibles, parfois.
Dieu ne nous impose pas de souffrir toute une vie dans une cohabitation trop difficile. S’Il était présent lors des débuts du couple, qu’il le soit encore dans le dénouement des liens. Et que les ressources spirituelles soient données en abondance à ceux qui traversent cette épreuve. Prions pour qu’un nouveau départ leur soit permis malgré les blessures.
Triste divorce, ou divorce passable ou paisible dans le respect mutuel ?
Diane Riquet de Souza