Méditation plurielle : « C’est la bénédiction du SEIGNEUR qui enrichit et le tourment n’y ajoutera rien. » Proverbes 10 22 - Témoins

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En méditant ce verset, certains mettraient davantage l’accent sur le tourment, d’autres sur la bénédiction. Nous espérons que nos lecteurs trouveront dans cette nouvelle méditation plurielle, composée par des chrétiennes de confessions et de sensibilités différentes, un écho à leur propre lecture, mais aussi une ouverture.

Le tourment comme monnaie d’échange
Ce verset des proverbes m’évoque un souvenir d’enfance, où j’entendais ma mère nous dire : « j’aurai gagné mon paradis », sous-entendant « j’ai tellement galéré que Dieu saura en tenir compte ».
Dieu aurait-il besoin d’une contrepartie à sa bénédiction ? C’est, me semble-t-il, ne pas tenir compte de son don total dans son Fils qui a subi le tourment de la croix, est allé aux enfers, est ressuscité.
Il nous a sauvés une fois pour toutes, et tous nos tourments ne pourront ajouter une valeur à la bénédiction qu’il nous a faite, puisque cette bénédiction n’est autre que son Esprit Saint.
Marie-Céline

Au milieu de mes soucis, je dors bien.
Tous nos efforts seraient-ils vains ? Quand nos agitations et nos inquiétudes tournent en rond, sans repère, elles ne mènent à rien. Guidés par Dieu, nos efforts, notre travail et nos actions ont un sens et mènent à un objectif salutaire. Souvent, dans le feu de l’action,  nous n’en comprenons ni même voyons le sens et l’objectif mais, parfois bien plus tard, nous nous rendons compte que notre façon de voir les choses manquait de clairvoyance.
Habituée à me débrouiller seule, à ne compter que sur moi, à me frayer mon chemin dans un pays qui n’est pas le mien, le tourment ne m’est pas étranger. Et pourtant, j’ai appris à déléguer. Pas à n’importe qui. Avec mes contemporains, j’ai toujours autant de mal, malgré certains progrès (j’y travaille). Là où je ne peux contribuer, là où la décision me pèse, je m’en remets avec tous mes bagages à Celui qui me veut du bien. Au milieu de mes soucis, je dors bien. Au milieu de mes questionnements, mes inquiétudes, je suis tranquille au fond de moi. J’ai confiance. Parce que le tourment n’y ajoute rien.
Frédérique

Le tourment n’est pas de Dieu.
Ce verset de Proverbes est bien venu ! Il peut nous aider à continuer à nous guérir d’une maladie spirituelle. Maladie qui consiste à « sacraliser » la souffrance. Dieu ne veut pas le tourment, la souffrance, et tous les maux que beaucoup d’entre nous à travers le monde peuvent subir. On peut aller jusqu’à dire qu’il est contre !
Et surtout ne pas dire qu’il « permet » cela ! Il veut la vie pour nous, le bonheur et se désole, pleure avec nous tout ce qui peut nous faire mal. Ne pensons pas trop vite que nous sommes indemne de cette maladie ne serait-ce qu’en souscrivant à des théologies perverses qui présentent le salut en Jésus-Christ au prix de la souffrance de la croix ! Quel Dieu odieux est présenté par cela. Un Dieu qui ne pourrait pardonner qu’au prix du sang. Dieu pardonne gratuitement et sauve par amour. C’est cela sa bénédiction de toute éternité qui enrichit nos vies.
Michèle

C’est le monde à l’envers !
Rechercher Dieu, sa bénédiction, et ne rien faire, profiter seulement…  cela m’évoque ce verset : « Compte sur Yahvé et agis bien, habite la terre et vis tranquille » Psaume 37. 3 et bien d’autres encore. C’est le monde à l’envers ! Renversement de paradigme. Facilité apparente, désarmante. Et pourtant ! Rechercher d’abord la bénédiction de Dieu, c’est aujourd’hui, comme hier,  agir à contre courants. Et comme l’écrit Gabriel Ringlet dans son livre « l’éloge de la fragilité » p111 : « la distance aussi peut être un combat. N’a-t-on pas un urgent besoin de ces hommes et de ces femmes de recul, qui sont « dedans » tout en étant « dehors » ? Pas des déserteurs, mais des gens « guéris de l’agitation », « loyalement contemporains » et en même temps étrangers ». Sûrs de l’amour de Dieu, et guéris du tourment, pour être porteurs de la bonne nouvelle de la bénédiction.
Marie-Thérèse

Une voie de satiété.
« C’est la bénédiction du Seigneur qui enrichit et le tourment n’y ajoutera rien. » Comment recevoir ce proverbe 10v22 dans un système économique qui incite à consommer toujours plus et à ne jamais se sentir assez riche face aux produits mis sur le marché ? La bénédiction du Seigneur qui enrichit-elle les clients des paradis fiscaux qui accroissent là leur fortune ? Mais s’ils cherchent à l’accroître n’est-ce pas qu’ils l’estiment encore insuffisante et que leurs tourments demeurent ? Non, ce proverbe ne justifie pas les gros comptes bancaires, fussent-ils chrétiens. Il nous ouvre plutôt, me semble t-il, une voie de salut, c’est à dire de satiété.
En effet, qui me dira ce qui est bon pour moi sinon mon Créateur ? Et si le bonheur consiste à obtenir ce que l’on désire au plus profond de soi le mieux est de suivre le conseil du psaume 37v4 « Fais de l’Eternel tes délices et il te donnera ce que ton cœur désire ». Le fruit d’un travail juste et équitable, accompli sous le regard approbateur du Seigneur, procure une satisfaction incomparable à celle qui résulte d’une activité motivée par la seule aspiration au plus grand profit possible. Les gains ainsi acquis, reçus de Dieu avec reconnaissance, nous comblent véritablement et nous poussent de surcroît à partager avec ceux que le Seigneur met sur sa route. Car tout nous vient de Dieu, non pour notre seul confort matériel, culturel ou spirituel, mais pour qu’enrichis par sa bénédiction nous soyons en bénédiction à d’autres.
Je repense à cette belle parole de Pierre Ceyrac, jésuite missionnaire aux Indes depuis 60 ans et frère d’un ancien président du syndicat patronal du MEDEF (alors CNPF) : « Tout ce qui n’est pas donné est perdu ». N’oublions pas enfin que nos vrais biens s’accumulent au ciel.
Françoise

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