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l’apport de la culture numérique à un parcours de foi en marge des cadres institutionnels

Témoignage. A partir de son histoire de vie, HG nous fait part d’une riche expérience dans l’usage d’internet au cours de son parcours de foi.

Cet article s’inscrit dans le cadre de la prochaine rencontre de Témoins : « Culture numérique et parcours de foi ». Au cours des dernières semaine, nous avons régulièrement échangé avec Jean Hassenforder, notamment autour des questions qui structureront les échanges de l’après-midi :
Comment la culture numérique peut-elle accompagner les parcours de foi, et notamment, ceux qui se situent plutôt en marge des cadres institutionnels, une mouvance d’Église émergente ? Accompagner aussi les personnes en recherche ? Comment associer, à travers internet, une perspective de réseau, l’apport de ressources et la facilitation de rencontres locales en petits groupes ?

J’écris cet article non en qualité d’expert de ce sujet, mais plutôt en tant que témoin puisque la culture numérique a eu une importance considérable dans mon propre parcours de foi « en marge des cadres institutionnels ».
J’ai vécu mon enfance, mon adolescence et ma jeunesse dans un milieu chrétien, d’abord pentecôtiste puis évangélique charismatique. Depuis ma tendre enfance, j’ai toujours eu la conscience et l’expérience d’une relation intime et personnelle avec Dieu, un Dieu qui m’aimait de manière absolue. Ma foi a grandi et s’est développée au sein de communautés ecclésiales, porteuses de valeurs et de croyances extrêmement puissantes, pour certaines très positives, et pour d’autres, vecteurs d’exclusion, de culpabilité et de recherche permanente d’une forme de « performance spirituelle ». Ce dont je ne me suis aperçue que bien plus tard, car à l’époque, mon amour pour Dieu, mon caractère entier et bien sûr la naïveté de la jeunesse m’ont conduite à intégrer les codes de mon environnement, influençant ainsi ma vision de moi-même, de Dieu et des autres et ma façon de relationner avec chacune de ces composantes.
A l’âge de 25 ans, alors que j’étais très impliquée dans mon église, j’ai vécu une sorte de « crise religieuse », une entrée dans « la chrysalide » comme le décrit si bien Alan Jamieson. Je suis entrée dans un long processus de questionnements et de remise en question profonds, non pas de ma relation à Dieu, mais de mon vécu « religieux ». Cette « crise de foi » combinée avec des choix personnels m’a conduit à déménager dans une autre région. En quelques mois, mon paysage spirituel a été considérablement bouleversé. Je me suis retrouvée isolée, « allergique » au vécu ecclésial tout en ayant une soif inextinguible de réponses que « l’église classique » était incapable de m’apporter.
C’est dans cette période que par l’intermédiaire d’un ami commun, j’ai rencontré Jean Hassenforder et le groupe Témoins. Mon passage en région parisienne a été bref, mais suffisant pour nouer un lien.
Au travers de ma relation avec Jean et des articles publiés sur le site de Témoins, j’ai découvert des auteurs qui proposaient une autre vision de Dieu, une autre approche de la communauté. Je ne suis pas théologienne. Je n’ai pas les connaissances ni l’expertise de Gabriel Monnet, de Jurgen Moltmann ou de Richard Rohr. Je ne suis ni écrivain, ni sociologue ni pasteur. Je n’ai pas l’expérience d’Alan Jamieson. Je n’ai pas conduit d’analyse ou de réflexion approfondie sur l’évolution de l’église comme Brian Mc Laren a pu le faire. Pourtant, chacun de ces auteurs parle de moi… Je dis bien « parle de moi » et non « me parle », aussi étrange que ce propos puisse paraître.

D’une façon ou d’une autre, j’ai trouvé dans leurs ouvrages, du moins ceux que j’ai lu, un « vis-à-vis » qui me manquait cruellement. J’ai découvert que mon errance, mes questionnements, mes doutes, mes réticences vis-à-vis de l’église dans la forme que je connaissais ne m’étaient pas spécifiques. Ces tourbillons intérieurs étaient non seulement connus et vécus par des contemporains, mais avaient été également traversés par des grandes figures chrétiennes de l’histoire. Je n’étais plus seule. Bien que je ne sois pas en lien « physiquement », ces lectures m’ont permis de me sentir reliée à d’autres, de me sentir à nouveau « appartenir ». Et plus important sans doute encore, les témoignages, les réflexions de ces auteurs ont en quelque sorte « validé » mon cheminement de foi. J’avais beau être « en marge », ma foi était réelle et avait de la valeur. Ainsi ces lectures m’ont apporté du réconfort, de la consolation et du courage pour persévérer malgré l’isolement.
Ma période de cheminement quasi-solitaire a duré longtemps, presque 14 ans. J’avais fait à plusieurs reprises des tentatives pour m’impliquer à nouveau dans des communautés chrétiennes, sous différentes formes, mais elles s’étaient toutes terminées en impasse.
Et puis en 2012, un événement pourtant dramatique a changé la donne. J’ai appris que l’un de mes amis de jeunesse venait d’être diagnostiqué comme souffrant de la maladie de Charcot. Cette maladie dégénérative est incurable, privant peu à peu de l’usage des muscles, de la parole, de la respiration. La situation était d’autant plus terrible qu’Adrien était marié et père de 4 enfants dont le plus jeune était encore bébé. Comble de l’horreur, la mère d’Adrien était morte de cette même maladie et nous savions tous le chemin effroyable qui était devant lui.
Je dis « nous » car très rapidement, un réseau de soutien s’est mis en place, grâce à internet. D’abord, grâce aux e-mails réguliers que nous adressait la belle-sœur d’Adrien. Mais ensuite, nous avons ressenti le besoin de plus, de pouvoir être davantage présents auprès d’Adrien et aussi les uns avec les autres malgré la distance géographique. C’est ainsi qu’à l’automne 2013 est né le groupe facebook « Au quotidien avec Adrien ».

Avant d’aller plus loin, il me faut détailler ce « nous ». Nous étions plusieurs dizaines sur ce groupe. La famille, les amis, des membres de l’église d’Adrien. Mais il y avait un « noyau » constitué de la famille bien sûr mais aussi d’amis proches. Pour la plupart, ce noyau était constitué de personnes qui avait fréquenté la même église une quinzaine d’années auparavant. A l’époque, nous étions tous très impliqués et engagés. Puis, la vie, les mariages, le travail nous avait répartis aux quatre coins de France et du monde. Nous nous étions perdus de vue pour la plupart. Et beaucoup d’entre nous avaient également pris de la distance avec la vie chrétienne telle que nous l’avions vécue. Certains allaient encore à l’église, d’autre plus. Pour d’autres Dieu était loin, voire inexistant. Mais la majorité avaient été ou étaient encore traversés de questionnements puissants, ravivés par l’épreuve à laquelle nous étions confrontés.
Pendant un an, nous avons quotidiennement alimenté ce site. De choses quotidiennes, des photos, des messages d’amitié, des anecdotes… Mais aussi et surtout, ce groupe a été le lieu où nous prions ensemble, nous partagions nos questions sur Dieu, notre cheminement de foi, nos découvertes spirituelles, nos abimes de découragement et nos élans d’espoir. Face à une situation aussi terrible, les réponses « toutes faites » n’avaient pas cours. Ce groupe était un lieu de liberté, de partage incroyable, une véritable communauté humaine de foi. Dans cette période, nous sommes plusieurs membres de ce groupe à nous être retrouvés dans une convention chrétienne. Je ne connaissais certaines personnes que par leur participation à ce groupe facebook. Mais quand nous nous sommes vues, nous sommes tombés dans les bras les uns des autres, déjà unis par ce que nous partagions « au quotidien avec Adrien ».
L’été 2014, Adrien nous a précédés auprès du Père. Le miracle que nous espérions n’avait pas eu lieu, ou peut-être pas sous la forme que nous attendions. Nous nous sommes retrouvés pour les obsèques. Beaucoup des membres du groupe facebook étaient présents et la plupart des membres du « noyau » aussi. Malgré la douleur et les questions, je me souviens d’une journée glorieuse. Sans que je ne comprenne comment ni pourquoi, ce jour-là, le ciel était ouvert.
Ce partage quasi-quotidien sur ce groupe facebook m’a permis de renouer des liens plus étroits avec la famille d’Adrien ainsi qu’avec l’un de mes meilleurs amis, Timothée, et sa famille. Nos liens s’étaient distendus au cours du temps, mais ces partages réguliers avaient ravivé la dynamique de notre amitié. Amitié à distance, puisqu’aucun d’entre nous ne vivaient dans la même ville. Nous étions dispersés entre le Sud-Ouest, Lyon, le centre de la France, les Alpes et l’Angleterre.

En parallèle du groupe facebook, nous étions plusieurs à être interpellés par les ouvrages d’un pasteur d’une église aux Etats-Unis. Il témoignait des miracles qui étaient expérimentés régulièrement dans son église. Bien loin de récits uniquement « sensationnels », ses livres nous touchaient surtout par la vision différente de Dieu et de la vie chrétienne qu’il proposait. Un Dieu bon, aimant, n’envoyant pas la maladie comme « une épreuve pour nous faire grandir » ; une vision de la vie chrétienne débarrassée de la performance, ancrée dans l’intimité et dans une identité de « fils et fille ». De confession charismatique, la même « tradition chrétienne » que la nôtre, cet homme parlait de choses que nous connaissions mais d’une façon tellement singulière, qui rencontrait notre désir de « plus mais autrement “.
Mais les Etats-Unis, ce n’est pas la porte à côté ! Difficile de rejoindre une communauté qui se réunit à des milliers de kilomètres de vous ! Et c’est ainsi qu’une fois de plus, la « culture numérique » est devenue le support de notre parcours de foi. Je me surprends moi-même à écrire « notre parcours de foi ». Au fil de temps, ce parcours « aux marges des cadres institutionnels » que j’avais débuté seule se conjuguait désormais à plusieurs.
Cette église aux Etats-Unis proposait une formation à distance à laquelle nous nous sommes inscrits. Pendant un an, chaque mois était abordé un thème sur le Royaume de Dieu. Nous avions des livres à lire, des cours à écouter, des questions auxquels répondre, mais surtout, une fois par mois, nous nous retrouvions pour une vidéo-conférence en ligne. L’outil numérique que cette église utilisait était très performant et permettait l’interactivité. La plate-forme internet permettait bien sûr de voir et d’entendre les intervenants, mais également de poser des questions et de commenter en direct grâce à un chat ou d’échanger en privé avec d’autres participants. Nous étions ainsi chaque mois des dizaines de personnes du monde entier à nous retrouver connectés au même moment. Entre les périodes de vidéo-conférence, le site internet de l’église proposait également un forum dédié spécifiquement aux étudiants inscrits à la même session que nous. Cela permettait d’échanger des témoignages ou des questions. Cette formation en ligne a été marquante pour moi. Au cours de mon chemin solitaire, ma vision de Dieu avait évolué, et j’avais commencé à découvrir que certaines croyances de mon enfance étaient en fait des mensonges qui enfermaient ma vie dans une prison de religion plutôt que de me donner accès à une vie abondante basée sur une relation intime avec Dieu. Les enseignements de cette formation sont non seulement venus conforter et valider des choses que j’avais découvertes « dans mon coin » mais ils m’ont amenée plus loin. Ma relation avec Dieu a grandi et s’est épanouie, avec une réelle dimension de partage avec d’autres chrétiens, malgré la distance géographique.

Mais mon aventure « numérique » ne s’arrête pas là. En 2014, alors que je démarrais ma formation en ligne, j’ai repris contact avec de « vieux amis », Emilie et Clément, qui venait de s’installer à Lyon. Une fois encore, nous nous étions connus dans l’église que je fréquentais dans ma jeunesse. Emilie était comme « une petite sœur » pour moi et nous avions des liens étroits mais une fois de plus, la vie nous avait séparées. Clément était sportif professionnel, mais une blessure l’avait contraint à arrêter sa carrière. Une fois retrouvés, nous nous sommes vus très régulièrement. Nos chemins de foi respectifs nous avait conduit à un endroit similaire. Mais nos partages dans « la vraie vie » ont été de courte durée, car à peine quelques mois plus tard, Emilie et Clément se sont envolés pour les Etats-Unis, pour suivre une année d’école biblique dans la même église que celle avec laquelle je suivais la formation en ligne. Ce qui est amusant, c’est que nous ne nous étions absolument pas concertés sur ce sujet, et qu’ils avaient arrêté leur choix sans savoir que j’étais moi-même en lien avec cette église. Je suis allée les rejoindre pendant un mois lors de leur séjour aux USA. Ces semaines passées ensemble nous ont permis d’approfondir notre amitié et de partager des lieux de cheminement spirituels communs. Mais à mon grand désarroi, lorsqu’ils sont rentrés en France, ils ont choisi de se réinstaller à Toulouse. J’étais à nouveau privée de cette communion « physique » avec des amis très précieux.

C’est à cette période, à l’automne 2014, que nous avons initié un rendez-vous hebdomadaire qui perdure encore aujourd’hui. Chaque mercredi, Timothée depuis Londres, Emilie et Clément depuis Toulouse et moi depuis Lyon nous retrouvons sur skype. Nous partageons nos joies, nos peines, nos questionnements, nous prions, nous louons Dieu ensemble. Il n’y a pas de schéma établi, de contenu décidé par avance. Depuis le démarrage de nos rencontres en ligne, nos situations respectives ont changé. Timothée a rejoint sa famille dans le centre de la France. De mon côté, j’ai rejoint Toulouse. Nos skypes continuent, mais cette fois, je suis dans la cuisine d’Emilie et Clément. Ce rendez-vous du mercredi est « sacré » pour moi. Après le travail, je file chez mes amis. Nous prenons le repas ensemble, nous partageons nos dernières péripéties, écoutons les enfants nous raconter les anecdotes de l’école, puis une fois la table du dîner débarrassée, nous installons l’ordinateur et « rejoignons » Timothée. Il me faudrait écrire un article dédié pour raconter tout ce que nous avons découvert, vécu, expérimenté ensemble et avec Dieu ces quatre dernières années. Chaque été, nous prenons du temps pour discerner une direction pour notre année. Les deux premières, nous avons organisé deux week- ends de rencontres, l’un avec des anciens étudiants de l’église américaine, l’autre avec des anciens amis de l’église que nous fréquentions dans notre jeunesse. L’année dernière, pas de projet de rencontres « externes », mais nous avons compris que Dieu nous invitait à passer plus de temps « en vrai ». Nous avons suivi cette direction, nous organisant afin de passer au mois un week-end ensemble tous les deux mois.

C’est cette année, au cours d’un processus qu’il serait trop long de raconter, que nous avons compris que loin des codes de l’église institutionnelle, ce groupe que nous formions constituait une véritable communauté ecclésiale. Aussi petit soit notre groupe, aussi incongrue soit notre « chapelle virtuelle », nous expérimentons ensemble un amour profond, nous accueillons nos différences, bâtissons ensemble, choisissons encore et toujours l’alliance en mettant au priorité nos relations, même quand les inévitables tumultes relationnels les menacent. Cette alliance entre nous s’ancre dans l’expérience vécue d’une alliance plus grande, celle que Dieu nous a offerte, et dont nous explorons chaque jour un peu plus l’infinie richesse.

HG

Un nouvel univers social et culturel. La révolution internet et ses conséquences

Le regard de Michel Serres : « Petite Poucette ».

Comment nous entrons dans un monde en voie de réinvention sur tous les registres : une manière de vivre ensemble ; une manière de vivre et de connaître. Michel Serres nous invite à écouter la voix d’une multitude qui est en train de s’émanciper du formatage et cherche à s’exprimer. « Libérée de relations asymétriques, une circulation nouvelle fait entendre les notes, quasi musicales, de sa voix ». « Le collectif laisse la place au connectif ». En profondeur, ce sont les attitudes mentales qui changent.

http://www.temoins.com/un-nouvel-univers-social-et-culturel-la-revolution-internet-et-ses-consequences-le-regard-de-michel-serres-l-petite-poucette-r/

Le Royaume de Dieu : un univers connecté

En publiant : « Thy kindom connected. What the church can learn from facebook, the internet and other networks », Dwight Friesen situe la montée d’une Eglise émergente dans la vision globale, systémique, holistique d’une culture nouvelle. Le Royaume de Dieu se construit comme une tapisserie. Dwight Friesen envisage l’Eglise en terme de réseau. L’accent est mis sur la rencontre, une rencontre dans le respect et le désir de partage.  Dieu n’est pas un but éloigné vers lequel nous allons. Dieu est la présence vivante avec laquelle nous cheminons.

http://www.temoins.com/le-royaume-de-dieu-un-univers-connectetisser-une-tapisserie-spirituelle/

Le pouvoir d’organiser sans organisation. Les structures hiérarchiques en question

Le sociologue américain, Clay Shirky, met en évidence l’impact d’internet sur la vie des organisations. Internet favorise le développement de groupes nouveaux et fragilise les institutions hiérarchiques. Internet rompt les barrières érigées par les sociétés fermées. Ainsi un premier scandale pédophile à l’archevêché de Boston est étouffé en 1992, mais, dix ans après, grâce à internet, l’archevêque doit démissionner à la suite d’un nouveau scandale. « The power of organising without organisation » : un livre très actuel.

http://www.temoins.com/le-pouvoir-dorganiser-sans-organisation-les-structures-hierarchiques-en-question/

Passer du secteur social au secteur marchand


De premier abord, on pourrait penser que ces deux secteurs sont antinomiques, je voudrais ici témoigner que non !

Je suis actuellement, dirigeante d’une agence web, j’accompagne des petites entreprises, des commerçants, des associations et des églises de diverses dénominations dans leur volonté d’être plus visible sur internet, tout en respectant leur identité. Ma volonté est de présenter leur travail, tout en respectant leur image et leur particularité.

Mon parcours 

J’ai été élevée dans une famille chrétienne, mes parents étaient très engagés socialement dans la commune, auprès des personnes âgées, mais également dans leur église. J’ai toujours vu mes parents être disponibles, et je crois que cela a grandement influencé ma volonté d’être au service des autres.

J’ai été très malade durant les 10 premières années de ma vie, je passais régulièrement mes étés à l’hôpital pour suivre des traitements ou subir des opérations. Ces années furent très difficiles, mais en même temps, c’est dans ces moments que je ressentais très clairement la présence de Dieu à mes côtés.

Après ma dernière opération, je pouvais enfin vivre ! la liberté que je ressentais était incroyable, je voulais tout essayer, tout voir !…  et je me suis un peu perdue dans diverses relations,  j’ai laissé tomber ma foi, tout en disant à Dieu : « Laisse moi un peu le temps de vivre, je reviens bientôt ». Ce que je fis après mes études de peintre en lettre décoratrice.

A mes 17 ans, je me tournais définitivement vers Dieu, ce qui se concrétisa par deux années à étudier la Bible à plein temps, et quelques stages en Espagne, auprès de personnes en réinsertion sociale suite à des incarcérations plus ou moins longues.

A la suite de ces deux années, je décidais de partir une année au Canada anglophone, pour parfaire mon anglais, mais surtout pour continuer à me sentir utile : 6 mois auprès d’enfants indiens Cries dans le grand nord canadien et 6 mois près de Vancouver, en charge de 4 enfants en bas âge.

A mon retour, je désirais me former au métier d’éducatrice.  Mes premiers engagements professionnels se firent dans le secteur social, et plus particulièrement dans le secteur du handicap mental. Je rencontrai mon mari à cette période, il travaillait également dans le secteur social.

Durant huit ans, j’arrêtais de travailler pour élever nos trois enfants, c’est à cette période que je me formais de manière autodidacte aux logiciels de PAO, étant graphiste et peintre d’origine, il fallait suivre les progrès technologiques. En parallèle à mes divers postes, j’ai toujours continué à peindre et à créer flyer, logos, faire part de mariage et autres travaux de PAO, avec l’idée de me former également au Web et à la création de site internet, ce que je fis.

C’est en 2009 que je créais ma première auto-entreprise, j’étais en poste en tant qu’assistante de Direction à cette époque.

Finalement, c’est à presque 50 ans que je me lançai dans l’aventure de l’entreprenariat pur, je quittais mon emploi et créais une SAS, suite la rencontre avec mon associé.

Au début, lorsque je démarchais auprès de clients potentiels, j’avais du mal à me positionner, j’avais beaucoup d’apriori concernant la vente et le commercial, je pensais que faire du commerce était forcément synonyme de mensonge, de vol, et je ne souhaitais pas entrer dans de telles démarches !

Avec l’aide de mon associé, j’ai finalement compris que proposer un service ou un produit à la vente était normal et que le prix pouvait être juste et prendre en compte les demandes des personnes. Mes prestations pouvaient réellement répondre aux besoins de mes clients, nous pouvions les identifier ensemble.

Je sais aujourd’hui que c’est aussi servir que de conseiller honnêtement mes clients et leur apporter la meilleure réponse à leurs besoins.

J’avais également beaucoup de mal à imaginer que je pouvais gagner de l’argent, mon rapport avec la richesse étant très marqué par mon éducation, et également par l’avertissement du Seigneur vis-à-vis de l’argent qui fausse les relations et perverti l’homme : Proverbes 30, au versets 8 à 9 : « Eloigne de moi la fausseté et la parole mensongère. Ne me donne ni pauvreté, ni richesse. Accorde-moi le pain qui m’est nécessaire. De peur que, dans l’abondance, je ne te renie Et ne dise : Qui est l’Eternel ? Ou que, dans la pauvreté, je ne dérobe, et ne m’attaque au nom de mon Dieu ».

Je continue à penser que l’argent corrompt, que c’est un réel danger, mais je fais confiance à Dieu pour continuer à me préserver de cela.

Finalement je me suis aperçue que lorsque je vais au-devant des personnes pour leur proposer mes services pour la création de sites internet, chacune est en forte demande de vraies relations, il y a toujours la crainte de se « faire avoir » encore une fois par de belles promesses, mais après plusieurs contacts dans un rapport honnête et franc, la confiance s’installe.

J’ai plusieurs exemples où ces relations commerciales de prime abord se transforment rapidement en amitié, où le témoignage de ma foi peut également prendre sa place.

Nous sommes des êtres de relation et cela se retrouve dans tous les secteurs de nos vies, même commerciales !

CJ