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Rencontre TEMOINS : « Parcours de foi aux marges des cadres institutionnels »

Le 26 novembre 2016, l’association TEMOINS a organisé une rencontre sur le thème “Parcours de foi aux marges des cadres institutionnels”.

 

 

 

Pistes bibliographiques par Jean H.

Notes sur les vidéos, par Françoise R.

 

 

 

Voici les vidéos du contenu de la journée désormais accessibles

 

 

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On pourra consulter également: “l’intégrale en vidéo » de la précédente rencontre de Témoins: « Chrétiens dans un Nouveau Monde » (11 novembre 2014)

« Chrétiens dans un nouveau monde » . L’intégrale en vidéo !

Spiritualité postmoderne et culture de l’individualisme Une transformation des mentalités

Spiritualité postmoderne et culture de l’individualisme Une transformation des mentalités,

selon Dominika Motak, par Jean Hassenforder

Dans les sociétés occidentales, on observe aujourd’hui un engagement croissant dans le champ de la spiritualité. L’image de celle-ci dans les représentations est maintenant souvent plus favorable
que celle de la religion, au point qu’on puisse se définir comme : « spirituel, mais pas religieux ». Quelles sont les caractéristiques de ce phénomène ? Et comment s’inscrit-il dans l’évolution de nos sociétés ?
Cette évolution se caractérise notamment par la montée de l’individualisation. Les sociologues des religions analysent les effets de cette transformation dans le champ religieux. Ainsi, très tôt,
Danièle Hervieu-Léger a mis en valeur le concept d’ « autonomie croyante » (1). Et dans ce début du XXI è siècle, dans différents pays, des sociologues ont mis l’accent sur ce changement de comportement.
Dans une recherche sur l’évolution de la religion dans une petite ville anglaise au cours des précédentes décennies (2), Paul Heelas et Linda Woodhead perçoivent « le tournant massif de la culture
moderne vers la subjectivisation » pour reprendre une expression du philosophe et historien Charles Taylor. Et récemment en Suisse, une recherche a porté sur l’évolution du fait religieux dans une culture « à l’ère de l’ego » (3). Dans une recherche qui embrasse la scène mondiale (4), Raphaël Liogier met en évidence trois courants en expansion : le fondamentalisme, le charismatisme et le piritualisme.
Le spiritualisme se développe tour particulièrement dans le contexte individualiste des sociétés occidentales.
Ainsi, il est bon de pouvoir faire le point sur l’expansion de la spiritualité dans ce contexte d’individualisation. Dominika Motak, sociologue de la religion en Pologne, nous apporte à cet égard une contribution éclairante sous le titre : « Postmodern spirituality and the culture of individualism » (5). A partir de cette synthèse, voici quelques notations qui balisent la réflexion.

Un changement fondamental dans la spiritualité occidentale

Dans le dernières années, on a assisté à un changement progressif de grande ampleur dans le paysage religieux. Cette transformation de grande ampleur est de plus en plus mise en évidence par les sociologues. « Beaucoup de phénomènes récents observables dans la scène religieuse sont perçus comme une resacralisation/réenchantement du monde, ou même comme une révolution spirituelle » (Heelas and Woodhead 2005). Cette évolution valide la thèse de Charles Taylor concernant : « un tournant massif de la culture moderne vers la subjectivité »… Dans ce tournant subjectif, on se détourne d’une vie vécue en terme de rôles, de devoirs et d’obligations imposés de l’extérieur, « objectifs », et on se tourne vers une vie vécue en référence à ses propres expériences aussi bien relationnelles qu’individuelles » (6). « Le nouvel univers religieux en train de prendre forme implique une unité essentielle du macrocosme et du microcosme et une présence du divin dans l’homme et dans le monde »… Le mouvement actuel dans la spiritualité occidentale ne peut pas s’expliquer par la seule influence de la culture orientale.
« La réceptivité de ces idées a été rendue possible par une réorientation de la vision du monde occidental, qui, par une évolution interne, a développé de nouveaux éléments coïncidant avec la culture orientale. Cela comprend la croyance en une unité entre l’homme et la nature, une conception holistique du rapport entre l’esprit et le corps et une conscience des limitations de la science et de la rationalité » (Hunt 2002).

Une culture caractérisée par l’individualisation et l’individualisme

Différents vocables peuvent être attribués à la culture actuelle, post-moderrne, ou plutôt modernité tardive ou modernité fluide.
L’auteure marque une préférence pour le terme « : « surmodernité » proche du terme : « ultramodernité » utilisé par des sociologues français. Cette période est caractérisée à la fois par la apidité du changement et de la montée de l’individualisation. Effectivement, le changement est accéléré et il peut être considéré aujourd’hui comme « un axiome culturel ». « L’homme moderne doit accepter la fluidité de tout ce qui était perçu auparavant comme stable ». Le changement est si rapide qu’il brouille la mémoire. « Le monde commence à apparaître comme illisible, fragmentaire, changeable et contingent ». Par ailleurs, « nous vivons maintenant dans une culture de l’individualisme… L’individualisation est devenue un postulat des sociétés occidentales ». Dominika Motak en voit les effets dans le champ religieux. « L’individualisation est devenue une clé pour comprendre la transformation de la religion occidentale ». Et elle cite une remarque éclairante de Danièle Hervieu-Léger concernant « l’individualisation de la croyance, conduisant les individus à développer des crédos personnels qui donnent sens à leur existence, selon leurs formes d’esprit, leurs expériences, leurs intérêts et aspirations » (Hervieu-Léger 2006).

L’individualisme religieux

Selon des grandes figures de la sociologie comme Max Weber et Emile Durkheim, le développement de l’individualisation prend racine dans le contexte chrétien occidental. Un lien demeure entre les institutions religieuse et ces nouvelles formes. Ainsi Danièle Hervieu-Léger écrit : « Les traditions anciennes commencent à servir de plus en plus de réservoirs symboliques de sens,
accessibles aux individus pour une utilisation et une réutilisation subjective de différentes manières ». Dominika Motak se réfère à une définition de l’individualisme religieux comme « le point de vue selon lequel le croyant individuel n’a pas besoin d’intermédiaire, qu’il a la responsabilité première de sa propre destinée spirituelle, qu’il a le droit et le devoir d’établir sa propre relation avec son Dieu selon la manière qui lui est propre » (Lukes 1973). « La religion postmoderne, « écrit Paul Healas, « est pour beaucoup dans les mains d’un libre « sujet ».

Comment définir la spiritualité ?

Dans les années récentes, l’intérêt pour la spiritualité a grandi rapidement si bien que le mouvement est devenue une tendance majeure (megatrend). Le phénomène est complexe et donc difficile à
définir. Dominika Motak reprend une définition très inclusive proposée par Paul Socha qui voit la spiritualité comme un « essai socio culturellement structuré et déterminé en vue de s’occuper de
situations humaines existentielles ». « Dans le contexte chrétien, dans la tradition anglophone, le terme : « spiritualité » a été employé depuis la fin du XIXè siècle pour décrire une attitude vis à vis de la religion mettant l’accent sur une expérience intérieure de Dieu en contraste avec une foi aveugle dans les dogmes. Puis, lorsque la notion a été employée dans d’autres contextes religieux, elle acquiert le sens d’un coeur mystique de la religion qui, contrairement aux expressions théologiques et dogmatiques, peut être expérimenté en premier, sinon exclusivement, dans des pratiques religieuses, individuelles, privées, de « chercheurs de Dieu ». Des études récentes montrent qu’aujourd’hui « la spiritualité est souvent associée avec l’interconnexion et l’unité (« oneness »), la relation à Dieu ou à un être transcendant), la relation avec la nature, avec les autres et avec soi-même, une pratique (spécialement la méditation et la prière), des expériences et capacités paranormales, et, dernier point mais pas des moindres , à l’autotranscendance ».
Dominika Motak envisage la spiritualité en trois phases et sur trois modes :
solide, liquide, en perpétuel changement.

De la religion à la spiritualité

On peut considérer la montée de la spiritualité en trois étapes.
Au début, dans une forme solide, « la religion est un ensemble d’actions sociales bien définies dans lesquelles un individu s’engage, et quelque soit le sens qu’il leur attribue, cette religion
ne s’en soucie guère. Selon Durkheim, un individu doit se soumettre aux requêtes de la religion et ne peut les modifier ou les adapter ».
Avec la Réforme protestante, une révolution se produit. C’est le rejet d’une institution professionnelle. C’est l’abandon de rites périodiques de purification et l’accent mis sur une vie religieuse et éthique régulière. Chaque individu est appelé à prendre un intérêt passionné dans la responsabilité de sa démarche personnelle. Ainsi apparaît le terrain nourricier pour une nouvelle forme de la
religion occidentale qui peut être qualifiée de « liquide ». Cette forme entraîne la notion de religiosité. La religion change d’état. Elle entre à l’intérieur de la personne. Le fondement de la religiosité est la foi personnelle. Celle-ci implique une réflexion soutenue. Croire ne signifie plus : savoir et avoir raison. Cependant, la religiosité maintient son lien avec la religion dont elle dérive. Mais Dominika Motak perçoit une évolution progressive. L’objet de la croyance devient moins défini, plus privé, plus difficile à communiquer.
Dominika Motak distingue une troisième forme, après les formes solides et liquides, une forme « gazeuse ». C’est la « nouvelle spiritualité ». Ici, la spiritualité est intimement liée avec l’individualisation dans sa forme la plus radicale. On peut parler de spiritualité individualiste lorsqu’elle est vécue par un individu pour son propre compte en réponse à ses besoins spirituels. Aujourd’hui, l’expérience passe au premier plan. Si la religion est source de religiosité, inversement la religiosité est source de religion.
Selon Simmel ( 1989), la religion répond aux aspirations personnelles et au désir de bonheur. Le tissu de la religiosité personnelle, de la spiritualité, est, avant tout, l’expérience.
L’individualité se caractérise par une ouverture à l’expérience.
L’expérience occupe aujourd’hui une place majeure. Ainsi a-t-on pu parler d’une société de l’expérience.
La nouvelle spiritualité est fondée sur l’expérience. Mais si celle-ci n’est pas communicable, alors elle ne peut déboucher sur une communication sociale qui est nécessaire pour toute visibilité
religieuse. Cette spiritualité prospère dans une culture de l’individualisme.

L’individualisme en question.

Il y a des formes contemporaines de spiritualité qui ne sont pas individualistes. Dominika Motak ajoute que, selon de grands fondateurs de la sociologie : Weber, Durkheim, Troelsch, la spiritualité
individualiste requiert un haut niveau d’instruction et correspond seulement à une minorité. Par ailleurs, en regard de l’individualisme, on prend conscience aujourd’hui de plus en plus de l’importance des évènements sociaux et de « l’effervescence collective » qui s’y manifeste pour reprendre un terme de Durkheim. On peut d’ailleurs observer aujourd’hui de nouvelles formes collectives de religiosité, par exemple dans des micro groupes, des « tribus » selon l’expression de Michel Maffesoli. Sur le plan de la réflexion philosophique, la réalité de l’individualisme est elle-même contestée par le philosophe Renè Girard à travers sa thèse du désir mimétique selon laquelle le désir se porte sur ce qui appartient au voisin.
Pour notre part, la polarisation sur l’individualisme nous semble, par ailleurs méconnaître la montée actuelle des aspirations sociales, pour une part en compensation des effets de ’individualisme lui-même et de la perte des anciennes sociabilité. Une spiritualité qui s’enferme dans l’individualisme ne va-t-elle pas à l’encontre d’une définition plus large de la spiritualité nouvelle puisque celle-ci met l’accent sur l’interconnection et l’interrelation ?

Quelles perspectives ?

Dans cette éclairante synthèse, Dominika Motak nous a permis de mieux comprendre la genèse du paysage religieux contemporain et d’en percevoir toute la variété. Dans la perspective de la recherche
engagée par Témoins au fil des années, quels enseignements pouvons-nous en retirer ?
La définition de la religion, comme un ensemble de prescriptions imposées socialement auxquelles l’individu doit se soumettre, évoque pour nous une réalité qui s’éloigne peu à peu. Dans un contexte où la bonne nouvelle proclamée au départ était opposée à cette conception de la religion, et, où, comme l’indique Dominika Motak, la Réforme protestante a ébranlé la chape religieuse d’une chrétienté marquée par l’entrée de l’Eglise dans l’empire romain, une transformation est progressivement intervenue au cours des derniers siècles. Ainsi, dans la tradition chrétienne anglophone, le terme : « spiritualité » est utilisé depuis la fin du XIXè siècle pour décrire une « attitude vis à vis de la religion qui met l’accent sur une expérience intérieure du divin par
opposition à une foi aveugle dans un dogme » . En christianisme, dans bien des aspects, il y a donc aujourd’hui une religion intériorisée qui correspond à l’image de la spiritualité.
Cependant, puisque le nombre de ceux qui se déclarent « sans religion » va croissant, c’est sans doute que les pratiques religieuses actuelles correspondent de moins en moins à l’évolution des
mentalités dans le contexte d’une évolution sociale et culturelle accélérée. Il y a sans doute aujourd’hui des conceptions du monde variées, mais la vision holistique gagne du terrain. Comme l’écrit Dominika Motak : « La nouvelle vision religieuse du monde, en train de prendre forme, implique une unité fondamentale entre le microcosme et le macrocosme et une présence du divin dans l’homme et dans le monde ». Cette vision commence à s’exprimer dans les enquêtes. Ainsi, dans l’enquête de 2008 sur les valeurs européennes, une question nouvelle a été introduite pour tester l’évolution des mentalités en ce domaine (7). Et 47% des français ont déclaré « avoir leur propre manière d’être en contact avec le divin sans avoir besoin des églises et des services religieux ». Ce nouvel état d’esprit peut déboucher sur des formes plus denses et plus affichées. Dans le livre : « Religion et spiritualité à l’ère de l’égo » (3), les auteurs distinguent ainsi un type « alternatif » à côté du type « institutionnel » et des types « distancié » et « séculier ».
Ces milieux sont eux-mêmes diversifiés dans leurs croyances et leurs attitudes. Ainsi, une des formes décrites par Dominika Motak se manifeste dans une expérience si exclusive et si individualisée qu’elle
ne peut s’exprimer dans une communication sociale. Ce comportement extrême nous paraît méconnaitre la qualification de l’homme comme un être social qui entre de plus en plus en compte dans un monde interconnecté. Et, de plus, face aux dangers engendrés par des fièvres fondamentalistes, nationalistes et racistes, nous avons besoin d’une culture de solidarité et d’une éthique sociale La montée de la spiritualité holistique aux dépens d’une religion chrétienne traditionnelle peut, pour une part être interprétée, en terme de rejet d’un héritage oppressant (culpabilité, peur, enfermement identitaire), en porte à faux avec la bonne nouvelle initiale, et aussi en terme de manque d’ouverture théologique. En effet, cette spiritualité holistique appelle en regard une théologie qui mette en valeur le rôle de l’Esprit dans son œuvre créatrice, unificatrice, manifestant la présence de Dieu en toutes choses et nous permettant de reconnaître le Dieu trinitaire, communion d’amour et puissance de vie, non seulement dans la transcendance, mais dans l’immanence et l’autotranscendance. On trouvera cet éclairage dans la pensée théologique de Jürgen Moltmann (8).
Selon Teilhard de Chardin, « tout ce qui monte converge ». La contribution, informée et éclairante de Dominika Motak peut être envisagée dans une perspective plus vaste. Et elle appelle à des remises en cause salutaires tous ceux qui veulent bien se laisser interpeller.

Jean Hassenforder

(1) Sur le site de Témoins (2001) : « L’autonomie croyante. Questions pour les églises ». http://www.temoins.com/jeanhassenforder-lautonomie-croyante-questions-pour-les-eglises/
(2) Heelas (Paul), Woodhead (Linda). The spiritual Revolution. Why Religion is giving way to spirituality. Blackwell, 2005
(3) Collectif. Religion et spiritualité à l’ère de l’ego. Profils de l’institutionnel, de l’alternatif, du distancié et du séculier. Labor et Fides, 2014
(4) Liogier (Raphaël). La guerre des civilisations n’aura pas lieu.Coexistence et violence au XXIè siécle. CNRS éditions, 2016. « Tendances de fond dans un monde globalisé » : http://www.temoins.com/tendances-de-fond-monde-globalise/
(5) Sur le site : DI Scripta Instituti Donneriani Absensis : Dominika Motajk. Postmodern spirituality and the culture of individualism : http://ojs.abo.fi/index.php/scripta/article/view/372
(6) « L’âge de l’authenticité » (A partir du livre : « L’âge séculier » de Charles Taylor) : http://www.temoins.com/lagede-lauthenticite/
(7) Bréchon (Pierre), Tchernia (Jean-François) dir. La France à travers ses valeurs, Armand Colin, 2009. Présentation sur le site de Témoins (21 mai 2009) : « L’émergence d’un nouveau paysage religieux en France. Croire sans appartenir » : http://www.temoins.com/lemergence-dun-nouveau-paysagereligieux-en-france-croire-sans-appartenir/
(8) Selon Jürgen Moltmann, l’Esprit saint est à la fois rédempteur et créateur. Par cet Esprit créateur, Dieu est présent en toutes choses et il est reconnaissable à la fois dans son immanence et dans sa transcendance. Sur la vie et la pensée de Jürgen Moltmann : « Une théologie pour notre temps » : http://www.lespritquidonnelavie.com/?p=695 sur le blog dédié à la pensée de Moltmann : « L’Esprit qui donne la vie » et sur le site de Témoins : http://www.temoins.com/une-theologiepour-notre-temps-lautobiographie-de-juergenmoltmann/
Deux livres fondamentaux parus au Cerf : Dieu dans la création ; L’Esprit qui donne la vie.
Voir aussi, sur ce site : « Le paysage religieux européen et la tendance à l’individualisation des sociétés. Questions pour les églises ». http://www.temoins.com/le-paysage-religieux-europeen-et-latendance-
a-lindividualisation-de-societes-questions-pour-les-eglises/

Journée Témoins 2016

Journée de formation Témoins

SAMEDI 26 NOVEMBRE 2016 de 9h à 17

Dans les locaux du centre de formation et d’insertion Initiatives
43, bd du Maréchal Joffre
92340 BOURG-LA-REINE
RER B station Bourg la Reine

Journée Témoins

 

Présentation

Journée d’étude 2016

Parcours de foi aux marges des cadres institutionnels

Parcours de foi…. Depuis le début des années 2000, le groupe de recherche
de l’association « Témoins » étudie le processus de distanciation qui s’est
développé entre des chrétiens, en nombre significatif, et les institutions
ecclésiales. Ce décalage peut être attribué, pour une part, à un manque de
pertinence des pratiques d’église. En regard, il appelle une reconsidération de
ces pratiques et un mouvement d’innovation. Témoins a contribué à mettre en
évidence le courant de l’Eglise émergente.
Cette situation s’inscrit dans un contexte de mutation sociale et culturelle qui s’accélère à notre époque. Le
développement de l’autonomie croyante, se manifeste par ailleurs dans une histoire de longue durée. En
proposant une journée d’étude sur le thème : « Parcours de foi aux marges des cadres institutionnels »,
Témoins poursuit ainsi une réflexion où aspirations et questionnements se rencontrent avec les apports de
la recherche. Ici, les données bibliographiques montrent que ces parcours aux marges ne sont pas un
phénomène secondaire. Ils portent du sens et, en même temps, ils appellent la mise en oeuvre de formes
nouvelles pour un vivre ensemble chrétien. Au delà des processus d’innovation qui visent à leur rénovation,
les églises sont interpellées par ce phénomène. Au total, cette situation appelle l’ouverture d’un espace
nouveau dans lequel les itinéraires de foi puissent se rencontrer, s’appuyer sur des ressources communes et
participer à de nouvelles formes de communion, d’expression et de témoignage.

 

Déroulement

Accueil : 9h 30 – 9h 35
Communion spirituelle : 9h 35 – 9h 55

Présentation de la journée : 9h 55 – 10h
Perspective de la recherche : 10h – 10h 30 (à partir des documents communiqués)
« Parcours de foi en dialogue » Expériences et pistes de recherche 10h30 – 12h – Interventions (20 mn) de :
• Valérie Bitz : Personnalité et relation Humaine (PRH Alsace)
• Cécile Entremont : psychologue, accompagnante spirituelle et théologienne (Vidéo)
• Hélène Guilloy : traductrice et présentatrice du livre « Chrysalide »
Questions et expressions : 12h – 12h45 – Repas : 12h 45 – 14h
Quelles questions pour les institutions ? 14h – 14h 45 – Intervention de :
• Pierre Lebel : Jeunesse en mission (JEM) Québec
• Andy Buckler : Secrétaire national évangélisation et formation, Eglise protestante unie de France (EPUDF)
Temps d’échange : 14h 45 – 16h 15 – Questionnements, observations, témoignages, propositions…
Pause : 16h 15 – 16h 30 – DEMAIN ? Prospective, enjeux, propositions : 16h 30 – 17h 15 – Panel en plénière
Conclusion : 17h 15 – 17h 20 – Action de grâce : 17h 20 – 17h 30 – ENVOI

 

Document de préparation à la journée

BULLETIN D’INSCRIPTION A RENVOYER AVANT LE LUNDI 21 NOVEMBRE

Afin d’assurer la bonne organisation de la journée nous vous demandons de bien vouloir confirmer votre inscription en précisant :
Nom………………………………..…        Prénom………………………………..……..
Mail : …………………………………………… N° de tel…………………………………………. Ville/région………………………………
 
Par mail : fmenigoz@free.fr
Par courrier : chez Françoise Rontard 1 allée Louis Debondt 91170 VIRY CHATILLON
Tarif : 20€ repas du midi inclus, à régler sur place
Informations, détails de la journée, intervenants sur www.temoins.com

La planète émouvante

Vidéo Planète émouvanteD’un hublot d’airbus les zones survolées peuvent paraitre merveilleuses ou désolées, telles de vastes étendues d’où surgissent, par endroits, la nuit, des îlots de lumières. C’est comme percevoir des parties de notre maison, de notre ville ou village. Mais l’émotion ressentie alors est incomparable à celle éprouvée lorsque ces lieux sont saisis dans leur totalité. Il en fut de même pour ceux qui eurent l’indicible privilège de contempler la terre d’un satellite. Leur expérience fut si particulière et si forte qu’il est apparu important, voire vital, à des personnes comme Jean-Pierre Goux, de donner à un maximum d’êtres humains la possibilité de vivre ce moment devant leurs petits écrans. La longue et persévérante bataille de Jean-Pierre Goux pour y parvenir est par ailleurs remarquable. Et cette réussite répond de plus à merveille au besoin actuel d’une prise de conscience de notre fragilité terrestre et rappelle aux croyants que nous sommes la responsabilité que le Dieu créateur a confiée aux hommes de prendre soin de Sa création.
F.R.
« Blueturn » : la terre vue du ciel

Selon Jean-Pierre Goux

Nous savons de plus en plus conscience du caractère exceptionnel de cette terre qui accueille notre humanité et qui est maintenant notre « maison commune » (1). Les photos de la terre vue du ciel participent au développement de cette vision. Dans une intervention à la rencontre FED X Vaugirard Road 2016 sur le thème : « Penser l’invisible », Jean-Pierre Goux nous présente un parcours de près de vingt ans dans lequel il a milité pour une meilleure visibilité de ces photos : « Voir la terre comme vous ne l’avez jamais vue » (2). En découvrant combien le regard sur cette planète peut être chargé d’émotion et porter un potentiel de grâce et d’amour, on suit avec passion l’aventure de Jean-Pierre Goux d’autant plus que celui-ci la retrace avec beaucoup d’humour et d’émotion.

Pour commencer, Jean-Pierre Goux nous présente une photo de la terre vue du ciel dans sa globalité. « Vous avez tous vu cette photographie au moins sur la couverture de vos livres d’histoire, et sans doute bien ailleurs, car cette photo est la plus reproduite de toute l’histoire de l’humanité. Pourquoi ? Elle est unique. C’est la seule qu’on ait de la terre toute éclairée ». Ou, du moins, c’est la seule qu’on avait jusqu’à l’année dernière. « En effet, elle a été prise en 1972 par les astronautes de la mission Apollo 17, la dernière des missions Apollo. Dans les missions précédentes, la terre n’était jamais complètement éclairée. Elle s’appelle : « Blue marble ». Donc c’est la première photo qu’on a eu, mais c’est aussi la dernière ».

C’est une photo qui a tout changé, nous dit Jean-Pierre Goux. « Pour la première fois, l’humanité voyait sa maison. Elle découvrait que la terre était ronde. On le savait. On nous l’avait dit. On en avait la preuve. Cette photo nous a aussi fait comprendre que notre planète était magnifique, mais qu’elle était aussi fragile, perdue dans une identité noire et lugubre. Elle nous adonné envie de la protéger. Cette photo a démarré un mouvement qu’on appelle la conscience planétaire. Elle est intervenue en 1972 quand les problèmes environnementaux devenaient globaux et a contribué au développement du mouvement écologiste. Malheureusement, les effets de cette photo se sont estompés avec les décennies ».

J P Goux nous raconte alors comment il en est venu à s’interroger personnellement sur cette photo. « Mon histoire avec la terre a démarré, il y a une vingtaine d’années, en 1996. Un ami d’école d’ingénieurs, qui faisait un stage à l’aérospatiale, m’offre un livre qui a changé ma vie. Je n’imaginais pas à l’époque qu’il allait m’emmener aussi loin. Ce livre, il s’appelait : « Clairs de terre ». Il a été édité par l’association des « explorateurs de l’espace » (une association des anciens astronautes). En feuilletant ce livre, j’ai vu des photos de la terre vue de l’espace, à couper le souffle. Mais ce qui m’a surtout intrigué, c’étaient les textes qui étaient à côté de ces photos. C’étaient des citations d’astronautes d’une poésie extraordinaire qui semblaient avoir été saisis par la grâce, mais surtout par un amour que je n’avais jamais autant vu pour la terre. Je me suis dit qu’il y avait là quelque chose à exploiter pour changer les choses et rendre le monde meilleur… ». Ainsi, pendant des dizaines et des dizaines de citations, on voit des hommes et des femmes de toutes nationalités manifester un amour incommensurable pour la terre. Quelque chose paraissait les avoir touché. Cet effet a été étudié  et porte le nom d’ « overview effect » (3). Il a été montré scientifiquement que l’effet combiné de l’apesanteur, de la peur, du silence, et de l’exposition au grand large de la terre tournant avec un rythme lancinant, crée toutes les conditions pour une expérience mystique, extatique, une expérience qui a marqué à vie ceux qui l’ont vécue. Ces astronautes étaient persuadés que la terre est un être vivant, interconnecté et qu’il fallait absolument le préserver… Le seul problème, c’est qu’il n’y avait que 500 personnes qui avaient vécu cette transformation !!!

A cette époque, Al Gore était vice-président des Etats-Unis, très investi dans l’écologie. En 1998, deux mois après le protocole de Kyoto, et se demandant comment sensibiliser les gens au défi du changement climatique, « Une nuit, inspiré par « Blue marble » et ce que cette photo avait changé quand il était plus jeune, il eut le rêve d’envoyer une sonde dans l’espace pour filmer la terre en temps réel et diffuser les images sur internet pour que les gens voient le visage illuminé de Gaïa ». En réponse, la Nasa s’engagea dans ce projet.

« Le problème, c’est que pour avoir ces images, c’est très compliqué parce que, si vous voulez avoir en temps réel des images de la terre complètement éclairée, il faut être sur l’axe terre-soleil, parce que c’est le seul axe où la terre est complètement éclairée. Si vous êtes trop près du soleil, la force du soleil vous attire. Si vous êtes trop près de la terre, la force de la terre vous attire. En fait, il n’y a qu’un point qui correspond entre les deux, le point de Lagrange L1 où les deux forces s’annulent. Mais il est à 1,5 million kilomètres de la terre. La Nasa a relevé le défi et construit un satellite adéquat. Cependant Al Gore ayant été défait aux élections présidentielles américaines en 2000, le projet fut interrompu par le nouveau pouvoir politique. Jean-Pierre Gout, alors chercheur mathématicien aux Etats-Unis, fut profondément déçu, car il attendait de cette initiative un renouveau de la sensibilisation à la conscience planétaire. Mais il ne perdit pas confiance et continua à suivre les évènements. En 2013, il découvre que l’administration Obama relance le projet sous une autre forme. C’est le projet « Discovery ». L’exécution est confiée à la firme « Space X ». En juin 2015, le satellite atteint sa destination.  Et, en septembre 2015, un site web commence à diffuser des photos de la terre au rythme de 10 à 20 photos par jour. Cependant cette performance n’est pas vraiment mise en valeur. « Personne n’a parlé de ces photos. Personne ne les a utilisées. Aucun « overview effect » n’a été déclenché. Un grand désarroi m’a habité. Tout ça pour ça ! ».

Et puis, à nouveau, Jean-Pierre Goux est inspiré. Il prend contact avec un ami, le même qui lui avait passé le livre : « Clairs de Terre ». Cet ami accepte de travailler avec lui, via internet « On a passé des nuits à voir ce qu’on pouvait faire avec ces images, via internet. Un soir : eurêka ! Si on disposait plusieurs images de la terre prises sous différents angles et qu’on les projetait sur une sphère en les interpolant, on devrait pouvoir créer cette fameuse vidéo à laquelle j’aspirais. On y a travaillé plusieurs nuits et, un soir, on a vu la terre tourner pour la première fois devant nos yeux. On était émerveillé ! ».

Les deux chercheurs ont décidé de tester les réactions des gens. Ils ont mis la vidéo sur internet et ils l’ont taggée : la  Nasa. « Quelques heures après, on a reçu un mail de la Nasa qui nous félicitait en nous demandant comment on avait réalisé cette vidéo : Quand on a été en contact avec le responsable de la mission « Discovery », cela a été pour nous un des moments les plus forts de notre parcours… ».

Jean Pierre-Goux a réalisé son rêve et nous le communique. « Ce rêve, c’est qu’on s’approprie tous ces images en partageant le sentiment d’un bien collectif qu’on doit protéger. On a créé un projet : « Blueturn » (le tournant bleu) et sur le site : blueturn.earth (4), on peut trouver toutes ces images, toutes ces vidéos. Avec ces images, on espère générer un nouvel enthousiasme autour de cette planète et surtout des projets artistiques, méditatifs et éducatifs inédits. On espère que ces projets pourront plonger chacun de nous dans un « overview effect » et nous amener au prochain niveau de conscience planétaire. Quand les astronautes de la mission Apollo 17 ont pris la photo « Blue marble », ils ne savaient pas ce qui allait se passer. Nous non plus. Ces images sont les vôtres. A vous de jouer ! ». Nous participons à ce mouvement.

Jean Hassenforder

 

 

 

Le film : Demain

Culture et sociétéUn monde nouveau qui est en train d’apparaître

Nous ne pouvons pas ignorer les messages de plus en plus précis et de plus en plus pressants qui annoncent un bouleversement climatique et la ruine de la biodiversité. Mais que faire ? Refuser d’y penser ou au contraire affronter le défi. Ces dernières années, la prise de conscience a grandi et elle a même débouché sur la réussite d’une grande négociation internationale, la COP 21. Mais des mesures techniques suffisent-elles ? Comme tout se tient, nous sommes également appelés à changer de genre de vie, et pour cela, nous devons modifier notre regard et adopter des comportements nouveaux. Nous avons besoin d’y voir plus clair, de découvrir de nouveaux chemins. Un film vient de sortir et répond à cette question.

    « Demain » est un film documentaire français réalisé par Cyril Dion et Mélanie Laurent. Devant un futur que les scientifiques annoncent préoccupant, leur film a la particularité de ne pas donner dans la catastrophe » (Wikipedia). En réponse à leurs questions, qui sont aussi les nôtres,  les deux jeunes réalisateurs, Cyril et Mélanie, sont partis aux quatre coins de la planète pour trouver les hommes et les femmes qui proposent des solutions à ces problèmes ». Ils ont découvert, et ils nous permettent d découvrir avec aux, qu’un mouvement est déjà en marche pour répondre à ce défi. « Partout, des hommes et des femmes racontent un autre monde qui respecte la nature et les humains, d’autres façons de faire l’agriculture et l’économie, d’autres formes d’éducation et de démocratie… Ces personnes écrivent une nouvelle histoire. Elles nous disent qu’il faut nous bouger maintenant » (1)

Nous voyons ainsi des innovations apparaître et apporter des transformations radicales dans les principaux secteurs de l’activité humaine : l’agriculture, l’énergie, l’économie, la démocratie, l’éducation. Et l’on s’aperçoit qu’un nouvel état d’esprit est en train d’émerger et, qu’en certains lieux, le changement est déjà très avancé.

            Cultiver la terre autrement, c’est aussi traduire une attitude nouvelle vis à vis de la nature.

Ainsi, en ville, ressent-on sans doute davantage un manque qui tient à son éloignement. Et la recherche d’un nouveau mode d’accession à la nourriture est  une expression de vie. Petite ville anglaise en déshérence dans une région ayant perdu son industrie, Todmorden est devenu le berceau d’une culture de légumes et de fruits au sein même d’une ville. Cette innovation s’est répandue ensuite en Grande-Bretagne et dans le monde. C’est le mouvement des « Incroyables comestibles ». Oui,  incroyable, mais vrai !

Et cette vidéo nous présente également les fermes urbaines qui ont commencé à se développer dans la ville américaine de Détroit ruinée par la perte de son industrie automobile. Mais l’apparition des fermes urbaines correspond à un besoin plus général puisque, comme il nous est rappelé, aujourd’hui le phénomène urbain devenant majoritaire, il est bon d’en rapprocher la production de nourriture. Et, en même temps, on prend conscience des dégâts suscités par une agriculture industrielle, grande consommatrice d’énergie et peu protectrice des sols. En fait, elle met à mal les équilibres naturels. Un paradigme opposé est en train de s ‘affirmer : la permaculture qui associe les espèces, régénère les sols et déploie un travail respectueux de la nature. La vidéo nous montre un exemple impressionnant et réjouissant de cette nouvelle forme de culture à la ferme du Bec Hellouin en Normandie.

On sait aujourd’hui combien la consommation des carburants fossiles dérègle le climat. Ce dérèglement climatique est une grande menace. Or, à nouveau, ce reportage nous apporte une bonne nouvelle. Partout dans le monde, les énergies renouvelables se développent rapidement. Les énergies issues de la biomasse, les dispositifs solaires et éoliens sont aujourd’hui compétitifs. A nouveau, les exemples présentés par cette vidéo de l’Ile de la Réunion à l’Islande sont éloquents. A Copenhague, c’est toute la vile qui se transforme. Car si l’énergie éolienne est une ressource particulièrement efficace au Danemark, dans la ville elle-même, un processus est mis en œuvre pour réduire la consommation  d’énergie. Le paysage urbain se modifie en favorisant le développement du vélo et de la marche à pied. La transformation de la vie urbaine apparaît également dans la manière dont la ville de San Francisco parvient à recycler 80% de ses déchets.

A travers ces exemples, on perçoit également l’apparition d’un nouveau genre de vie, plus économe et plus sobre. Et justement, Pierre Rabhi, paysan philosophe aujourd’hui bien connu, accompagnateur du mouvement Colibris, dénonce l’aberration que représente une croissance économique indéfinie au profit d’une humanité insatiable. Le reportage s’oriente alors vers les prémices d’une nouvelle économie. La vidéo nous présente une entreprise particulièrement innovante à tous égards, et notamment en matière de développement durable : Pocheco. Les réalisateurs mettent également l’accent sur des expériences de monnaie locale qui réduisent l’emprise des banques et encouragent une économie de proximité. Les exemples sont empruntés à la Suisse et à la Grande-Bretagne (Totnes et Bristol).

Mais, les difficultés rencontrées pour développer une nouvelle économie ne tiennent-elles pas, pour une part, à la distance qui s’est installée entre les gouvernants et les gouvernés ? Cette question est abordée, peut-être un peu trop sommairement. Mais, là aussi, des exemples positifs nous sont apportés. C’est l’insurrection non violente des citoyens islandais face à la gestion politique de la banqueroute des banques d’Islande. C’est la république des villages en Inde. Ce reportage nous présente l’action concrète d’un maire qui parvient à transformer la vie de sa commune, ce qui implique également un changement dans les mentalités.

Et, bien sûr, cette ®évolution requiert une nouvelle éducation. A cet égard, l’exemple de la Finlande est remarquable. L’enseignement finlandais montre qu’il est possible à la fois d’obtenir d’excellents résultats scolaires dans les classements internationaux et de développer un climat de confiance et de respect qui encourage la réussite de tous les enfants dans la reconnaissance de la diversité de leurs rythmes, de leurs aptitudes et de leurs aspirations. La Finlande met en pratique, à une vaste échelle, ce que les pionniers de l’éducation nouvelle ont expérimenté et formulé.

Le film : « Demain » est en salle depuis le 2 décembre 2015. Et, en quelques mois, il a déjà été vu en France par plus d’un million de spectateurs. C’est dire combien il répond à à un besoin de compréhension et d’action. Et, c’est vrai, face aux menaces, il nous encourage lorsqu’il se conclut sur cette parole : « Si on se rassemble, on a tous le pouvoir de changer le monde ».

Ce film rassemble les pièces d’un puzzle et nous voyons apparaître l’image d’un monde nouveau. Et, il est aussi un fil conducteur. Il nous montre un chemin. On perçoit, dans le déroulement de ce film, un souffle épique. De découverte en découverte, nous éprouvons un sentiment d’émerveillement. Et nous ressentons du bon, du bien et du beau, car ce film ne  nous parle pas seulement de découvertes techniques, fondamentalement, il nous montre également une qualité nouvelle de la relation humaine. C’est une émergence. C’est un monde nouveau qui est en train d’apparaître. Et, personnellement, nous voyons, dans cette émergence, l’œuvre de l’Esprit (2).

Le film est désormais accessible en DVD (3).  C’est un bel outil pour encourager la prise de conscience qui est aujourd’hui engagée.

Jean Hassenforder

  • Co-produit par le mouvement Colibris, le film « Demain» a reçu le César du meilleur film documentaire. Voir aussi le livre de Cyril Dion sur le même thème : Demain. Un nouveau monde en marche. Actes Sud, Domaine du possible, 2015.  Site du film « Demain ». Bande-annonce : http://www.demain-lefilm.com
  • « L’ « essence» de la création dans l’Esprit est la « collaboration », et les structures manifestent la présence de l’Esprit, dans la mesure où elles font connaître l’ « accord général ». « Au commencement était la relation » (M Buber) Jürgen Moltmann. Dieu dans la création p 25                       Un blog sur la pensée théologique de Moltmann : « L’Esprit qui donne la vie » : http://www.lespritquidonnelavie.com
  • Le DVD du film: Demain vient de sortir. Il est accessible sur le site : Colibris : http://www.colibris-lemouvement.org       On peut le commander aussi sur Amazon :        https://www.amazon.fr/Demain-Mélanie-Laurent/dp/B018ID4YIE/ref=sr_1_1?s=dvd&ie=UTF8&qid=1466349524&sr=1-1&keywords=demain