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Un événement social et pédagogique.

« Cette faculté a vocation pour favoriser l’innovation sociale et solidaire sur la base d’une innovation pédagogique adaptée : partenariale, légale sous la forme de recherches créatives et impliquées ».

La FLEPES développe son activité d’enseignement et de recherche dans trois grands champs :

° Economie solidaire et stratégies d’innovation

° Politiques et valeurs civiles : spiritualités, religions, sécularisation sociale.

° Pédagogie et innovation en formation professionnelle.

« Le champ de développement des enseignements et qualifications de la FLEPES concerne : une approche non théorique de l’économie solidaire portée par les acteurs qui y sont engagés ; le domaine politique des interfaces entre la laïcité et les autres gestions européennes de la sécularisation et les traditions religieuses et spirituelles pluralistes de la société (selon les territoires et la configuration culturelle) ».

Ces études politiques appliquées s’appuient sur plusieurs disciplines : anthropologie économique, droit, philosophie, histoire des religions, sciences sociales appliquées, psychanalyse.

La FLEPES met en place une filière qualifiante sur le registre de l’enseignement professionnel supérieur et de l’enseignement universitaire. Dès maintenant,une formation est ouverte pour la préparation et l’obtention d’un premier diplôme : « Expert en économie solidaire et gouvernance sociale ». Par ailleurs dans le domaine de la médiation socio-religieuse, des diplômes d’université ont été élaborés dans une collaboration entre la FLEPES et la Faculté de Théologie Protestante (FTP Unistra) de l’Université de Strasbourg.

Administrée par le conseil d’administration de l’association Initiatives, La FLEPES est dirigée par le responsable de cette association, Pascal Colin. Enseignant chercheur, docteur de l’Ecole Pratiques des Hautes Etudes (sciences religieuses), philosophe, Isabelle Ullern est responsable scientifique et pédagogique et doyenne de cette faculté.

La Faculté libre d’études politiques et en économie solidaire : une innovation sociale et culturelle.

 

Cette nouvelle institution universitaire est le fruit d’un processus qui nous paraît particulièrement innovant. A plusieurs égards, la Faculté libre d’études politiques et en économie solidaire peut être considéré comme une innovation sociale et culturelle.

L’Economie sociale et solidaire : un champ émergent.

 

Et tout d’abord, le champ social, auquel la FLEPES se consacre au niveau de la formation et de la recherche : l’économie sociale et solidaire, est, pour une part , en France un champ encore émergent.

Rappelons succinctement les contours de ce champ. « Le concept d’économie sociale et solidaire (ESS) désigne un ensemble d’entreprises organisées sous forme de coopératives, de mutuelles, associations ou fondations dont le fonctionnement interne et les activités sont fondées sur le principe de solidarité et d’utilité sociale. Ces entreprises adoptent des modes de gestion démocratiques et participatifs. Elles encadrent strictement l’utilisation des bénéfices qu’elles réalisent. Le profit individuel est proscrit et les résultats sont réinvestis. En 2010, l’Economie sociale et solidaire emploie en France 2, 34 millions de personnes, soit près de 10% des salariés. Les secteurs d’activité les plus concernés sont l’action sociale, les activités financières et d’assurance, l’enseignement et la santé » (4).

L’économie sociale et solidaire est souvent envisagée comme un troisième secteur de l’économie à côté du « secteur privé commercial des propriétés privées motivées par l’esprit d’entreprise individuel et/ou le profit » et le secteur public détenu par l’Etat. De fait, dans une perspective historique, l’économie sociale et solidaire apparaît comme un courant innovant porté par des acteurs de terrain animés par des valeurs de collaboration et de solidarité dans une société où le pouvoir est encore, pour une bonne part, exercé d’une façon hiérarchique, de haut en bas.

 

Dans ses différentes composantes, l’économie sociale et solidaire gagne aujourd’hui en reconnaissance. Cette évolution nous paraît en phase avec l’apparition d’une nouvelle culture et des valeurs qui l’accompagnent (5) et la transformation progressive des mentalités. Au cours de la dernière décennie, Pascal Colin, lui-même fondateur de l’association : Initiatives, a participé activement à des campagnes visant à susciter une prise de conscience de l’utilité sociale et de la valeur politique de l’Economie sociale et solidaire.  Ainsi, peut-on citer un premier appel en faveur de ce secteur en 2004 à l’occasion des élections régionales. En phase avec un Réseau national de l’économie sociale et solidaire (RENESS), lors de la dernière campagne présidentielle, un nouvel appel en faveur d’une gouvernance solidaire et sociale est lancé le 13 mars 2012.

Au sein des pouvoirs publics, on pourra suivre une évolution favorable, jalonnée à partir des années 80, par des textes, des rapports et même la désignation de responsables politiques pour le suivi de ce secteur. Ainsi, récemment, un rapport sur l’économie sociale a été élaboré en 2010 par Francis Vercamer, député du Nord. Et aujourd’hui, en 2012, le gouvernement de Jean-Marc Ayraut a reconnu l’importance de l’Economie sociale et solidaire en nommant un ministre chargé de ce secteur : Benoit Hamon.  Une loi cadre est en préparation.

La création d’une Faculté libre d’études politiques et en économie solidaire s’inscrit ainsi dans un courant innovant où le responsable de cette institution, Pascal Colin, a joué un rôle important. En apportant, dans ce contexte, des ressources nouvelles en terme de recherche et de formation, la FLEPES participe au développement de ce secteur,  en accroît la visibilité et contribue à la poursuite du processus de prise de conscience.

 

La médiation socio-religieuse : promouvoir le respect.

Cependant, la Faculté libre d’études politiques et en économie solidaire innove également dans un domaine plus spécifique : la médiation socio-religieuse : « Centrée sur les questions de la laïcité et des traditions religieuses et spirituelles pluralistes de la société, cette formation concourt au développement solidaire de la société civile qu’elle soutient et valorise et pour une valorisation régulatrice des convictions individuelles. Elle se situe par là même dans le contexte plus général de l’économie solidaire, c’est-à-dire des stratégies de développement à caractère éducatif et social destinées à mettre les entreprises au service de l’humain et le travail de gouvernance sociale qui vise le développement des territoires de façon à ce qu’ils soit assuré et conduit par leurs propres acteurs ». Ce texte inscrit la médiation socio-religieuse dans l’esprit d’un « développement solidaire de la société civile » et nous y voyons à l’arrière plan des valeurs de respect de l’autre, des autres dans la diversité qui fondent une société collaborative.

Dans une société française, qui hérite des séquelles des violents conflits idéologiques qu’elle a connu dans le passé, qui aujourd’hui encore  se trouve souvent mal à l’aise dans le grand brassage de la mondialisation (6), une voie se cherche dans une laïcité respectueuse de la pluralité. Au fait des tensions que l’on repère aujourd’hui, l’engagement de la FLEPES et de la Faculté de théologie protestante de l’Université de Strasbourg nous propose une intervention bienvenue. « Il s’agit de former des acteurs de terrain et des porteurs stratégiques de projets capables de comprendre la place du religieux en France, de saisir les enjeux religieux de certaines situations (y compris les enjeux implicite) et de faire évoluer la situation dans le sens d’une pacification sociale ».

Une innovation pédagogique.

 

Pour accomplir ces objectifs innovants, la Faculté libre d’études politiques et en économie solidaire veut expérimenter et mettre en oeuvre une pédagogie elle-même novatrice.. C’est ainsi qu’elle conçoit l’enseignement comme « une activité de recherche sur le vif et se propose d’encourager, sans forcing, l’écriture des expériences et la pensée de l’action ».

En 2012, dans une rencontre à l’occasion de l’assemblée générale de Témoins, association dont il est le co-fondateur et à laquelle il avait communiqué, comme président, un grand dynamisme, lors de la décennie 1990, Pascal Colin a présenté l’économie sociale et solidaire dans sa dynamique historique et sa signification spirituelle (7). Depuis cette date, un pas nouveau a été franchi : une conscience grandissante de la valeur de cette approche économique et des valeurs qui l’accompagnent, et aujourd’hui, la création de cette Faculté libre d’études politiques et en économie solidaire, une innovation sociale et culturelle qui ouvre un nouvel horizon.

 

Jean Hassenforder

 

NOTES

 (1) Initiatives : ** Voir le site ** 

(2) Réseau national de l’économie sociale et solidaire : ** Voir le site **

(3) Faculté libre d’études politiques et en économie solidaire : ** Voir l’article sur le site Initiative **

(4) Qu’est ce que l’économie sociale et solidaire ? sur le portail  de l économie et des finances. Centre de documentation économie-finances : ** Voir sur le portail ** 

(5) ** Voir sur ce site ** : « Emergence d’une nouvelle sensibilité spirituelle. En regard du livre de Frédéric Lenoir : La guérison du monde »
** Voir sur ce site ** « Emergence d’espaces conviviaux et aspirations contemporaines »
** Voir sur ce site ** « Emergence d’une vision du monde « évolutionnaire ». Un changement de culture au club de Budapest »  
** Voir sur le blog : Vivre et espérer **  et ** Voir sur ce site ** : « La révolution de « l’être ensemble » . La société collaborative : un nouveau mode de vie »  

(6) ** Voir sur ce site **: « Les rapports entre le politique et le religieux » (2004)

(7) ** Voir sur ce site ** l’exposé de Pascal Colin à l’assemblée générale de Témoins, le 23 mars 2012 : « L’économie sociale et solidaire. Ses valeurs et ses enjeux » :