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La tente: une image de liberté.
Point de murs: on va et on vient, la nature est toute proche.
La tente: une image du mouvement.
Point d’installation: une église en marche animée par le souffle de l’Esprit.
La tente: une image d’ouverture.
Point d’enfermement: les barrières sont abolies. L’Évangile est annoncé.

Une promesse d’avenir

Depuis 1970, une Convention Charismatique Interconfessionnelle se réunit chaque année.
Créé sous l’impulsion de Thomas Roberts, une personnalité clef dans l’essor du Renouveau Charismatique en France, animé dès le départ par une équipe de chrétiens catholiques, protestants et évangéliques, réunissant chaque été de mille à quinze cents personnes, ce rassemblement annuel a eu lieu d’abord à la Porte Ouverte, près de Châlons/Sâone, puis à partir de 1990 au Centre Chrétien de Gagnières dont Henri Lefebvre est responsable depuis les années 80.
Henri est un témoin de cette histoire puisque, durant ces trois décennies, il a participé à ces différentes conventions. Ainsi peut-il nous dire quelle en a été la perspective.
“La Convention a toujours été un moment privilégié pour que des chrétiens de différents courants ecclésiaux puissent se rencontrer, se découvrir, travailler en commun, écouter ensemble le Seigneur. Bien sûr, la dimension charismatique est importante mais il y a également l’autre aspect: la rencontre entre chrétiens de différentes origines. Ce sont des moments qui permettent de mieux se découvrir, de mieux se comprendre, des moments inoubliables et qui marquent dans une vie”.
Henri Lefebvre, engagé dans une église évangélique, a découvert très tôt, dans son itinéraire personnel, des aspects de la vitalité chrétienne dans des milieux confessionnels différents. Ainsi la Convention a-t-elle répondu immédiatement à une aspiration qu’il porte en lui, le désir profond de vivre “l’Église Une” et elle l’a confirmé dans cette voie.

Comment Henri envisage-t-il l’avenir?
“Tout lieu où des chrétiens de différentes dénominations s’unissent en se rassemblant est promesse d’avenir. On peut considérer la Convention et le Centre Chrétien comme des laboratoires. On y montre qu’il est non seulement possible, mais bon de vivre ensemble.
Cette expérience va forcément répondre à un besoin dans le sens où les églises se trouvent confrontées à des problèmes d’unité, à des problèmes de rapport les unes avec les autres et de rapport ensemble avec le monde. Il ne faut jamais être en situation de divorce par rapport aux structures ecclésiales existantes. Nous les respectons et nous voulons avoir à leur égard une position de service.
Aujourd’hui, nous sommes considérés beaucoup plus sérieusement qu’autrefois comme une voie possible, une expérience dont il est bon de tenir compte”.

Entretien avec Henri Lefebvre
Gagnières (30)

Témoignages en complément

L’unité : une réalité en marche
La convention, c’est un lieu où l’unité se réalise par la base et non pas à travers des discussions théologiques, un espace où les églises se réconcilient à travers leurs membres. C’est un lieu d’amour. Dans sa multiplicité, l’Église y est Une comme Jésus le demande. Ce n’est plus seulement un souhait. C’est une réalité.
Catherine Bourgade, Marly-le-Roi (78)

Devenir une pierre vivante
Cette année, la lecture du livre d’Aggée a servi de fil conducteur à la convention: hier la reconstruction du temple, aujourd’hui le renouvellement de l’Église. Un des orateurs nous a parlé de la fécondité de Dieu, comment le monde nous avait détournés de cette fécondité, comment la retrouver. Je me suis sentie appelée à vivre une intimité avec Dieu. Si on vit cette relation, elle rejaillira forcément sur les autres membres de notre église. Je serai alors une “pierre vivante” dans la maison de Dieu.
Monique Arnaud, Nîmes (30)

Un reflet du royaume
Il y a un brassage de générations, de dénominations. Dans un climat d’entraide, de compréhension mutuelle, je ressens une ambiance de douceur. L’Esprit souffle, d’une façon très forte, non seulement dans les réunions mais aussi dans les rencontres apparemment fortuites où surgit la réponse à telle ou telle question. On sent que le Seigneur est là. Pour moi, c’est un peu le reflet du Royaume.
Alain Bourgade, Marly-le-Roi (78)

Une église en liberté
Je vais à la convention pour recharger mes batteries car, pour moi, c’est un lieu où la foi peut s’exprimer d’une façon très libre. Tout y porte: l’environnement, la grande tente ouverte aux allées et venues, l’enthousiasme qui s’inscrit dans un climat fraternel.
D’année en année, je constate une aspiration de plus en plus forte à exprimer sa foi également avec son corps. C’est une dimension nouvelle qui n’apparaît pas encore dans les églises locales. Par exemple, on voit ici les participants danser. C’est spontané. Le mot liberté fait écho pour moi à cette expression.
Il y a aussi une liberté à travers la diversité des messages. Cette année, il y avait deux orateurs: Guy Lepoutre qui est jésuite et Max Fleury qui est pasteur évangélique. Sur certains points, leurs visions étaient bien différentes. Ils s’exprimaient dans un grand respect de l’auditoire et chacun a pu dire sa manière de voir les choses en vérité avec lui-même. Voilà deux cheminements qui se sont rencontrés, qui ont dansé ensemble. Je trouve que c’est une bonne image de la liberté du Seigneur.
Yves Arnaud, Nîmes (30)

Références: Témoins, n°128, 4° trimestre 1999

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