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  Il y a deux ans, l’Eglise Réformée de France engageait une expérience missionnaire en Haute-Marne par l’envoi de deux pasteurs : François Anglade et Eric Perrier. Par là, elle se montrait attentive au déclin des églises réformées dans la région Est de la France, et, dans le même temps, à l’éloignement croissant de la population vis à vis des églises. Deux ans après, la réussite d’une expérience de culte café croissants ouvert à tous, un dimanche par mois à Chaumont témoigne à la fois de l’œuvre de l’Esprit, de la réalité des aspirations spirituelles et de la pertinence d’une approche alliant conviction et respect. Une conversation avec le pasteur Eric Perrier nous permet de comprendre cette approche et d’en percevoir la pertinence.
En moins de deux ans, le culte café croissants organisé un dimanche par mois est parvenu à atteindre un nombre substantiel de participants, une bonne quarantaine, 52 au culte de mai 2011. La plupart de ces participants sont éloignés de la pratique religieuse présente à Chaumont à travers des paroisses et assemblées catholique, protestante réformée, évangélique. De fait, le culte traditionnel de l’ERF à Chaumont rassemble en moyenne de 15 à 20 personnes deux fois par mois. Il vient de s’y ajouter un culte orienté chaque mois vers le partage. C’est bien cette dimension de partage, une approche relationnelle et interactive qui caractérise le culte café croissants ouvert à tous.
Ce culte s’est développé dans un contexte où la dynamique missionnaire a voulu également susciter une plus grande visibilité de la présence protestante dans la ville à travers l’organisation chaque trimestre d’une manifestation d’ordre culturel, principalement sous forme de conférences- débats abordant des problèmes intéressant un vaste public comme la vie des adolescents ou « foi et création ». Dans cette ville de garnison, un général protestant a été invité à parler de l’Afghanistan.
La mise en œuvre d’un culte mensuel café croissants permet d’offrir aux gens un moment spirituel dans un temps de rencontre et d’apporter ainsi le témoignage de l’Evangile. On lira avec intérêt la note sur le déroulement et et la préparation, et l’organisation de ces cultes ainsi que les conseils du Pasteur Eric Perrier ** Lire la note **. Le partage d’un café et de croissants ouvre ce culte par un temps convivial. On sait combien cette convivialité est appréciée aujourd’hui comme nous le montre l’exemple des repas organisés dans le cadre des parcours alpha ** Lire sur ce site **. On notera que les thèmes suggérés pour les échanges entre participants sont particulièrement bien adaptés pour permettre une expression de chacun à partir de son expérience personnelle. Et, d’autre part, c’est à travers un témoignage de vie et non à travers un enseignement qui pourrait paraître trop « codé » que le message de l’Evangile est annoncé. Quelques points de repère et occasions de participation s’y ajoutent. En fin de culte, un temps de prière est proposé sous des formes diversifiées qui invitent à vivre une relation à Dieu. Ce culte s’adresse aux gens qui ne vont pas habituellement au culte ou à la messe. Il propose une approche qui rejoint les formes nouvelles de communication. La réponse témoigne de la puissance des aspirations spirituelles. Un effort important d’information a été entrepris (journaux, mailing) mais c’est en premier lieu par le bouche à oreille que l’assistance s’est développée. Les gens viennent de différents horizons et notamment beaucoup de catholiques éloignés de l’institution ou de personnes en recherche. Ce public est également diversifié en terme d’âge, de genre et de milieu social. On notera la présence de jeunes (jusqu’à une quinzaine) participant à cette ambiance conviviale. Les enfants et les adolescents venus en famille apprécient également ce climat. ** LIRE Le témoignage d’une famille ** Le message spirituel passe dans le respect de chacun et dans une dimension relationnelle.

Ainsi émerge un réseau, un milieu amical, un rassemblement communautaire où se manifeste l’œuvre de l’Esprit. Ce qui advient dans une petite ville de France nous paraît pouvoir également advenir en d’autres lieux. Merci à l’Eglise Réformée de France d’avoir suscité cette expérience missionnaire qui ouvre ici un horizon.

Jean Hassenforder

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