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Cet été, Mgr Lustiger, archevêque de Paris, a publié un texte important, presque une encyclique : « Evangéliser Paris »
Et le reste de l’Ile de France, alors ?

Ce texte arrive dans le contexte de la nouvelle évangélisation (catholique bien entendu), dans le cadre de l’initiative coordonnée entre les évêques « pensant pareil » de 4 capitales européennes.
Malgré son âge avancé, l’influent cardinal Jean-Marie Lustiger nous livre une pensée profonde, une réflexion de qualité et d’une ouverture d’esprit qui ne l’a jamais quitté, liée peut-être à son parcours atypique.
La partie la plus passionnante, le début, est un cours de sociologie des religions, étonnant de clarté… et d’ambiguïté mêlées !

Restauration ?

Mais lorsqu’on quitte l’analyse du passé pour arriver aux solutions du présent, on reste carrément sur sa faim. Les affirmations laissent la place à de nombreuses questions : celles qu’il se pose, nous pose… et celle que l’on se pose sur ses intentions profondes.
En effet, on a l’impression qu’il fait l’économie de la réflexion sur l’insertion dans la culture de ce temps, qu’il oublie de traiter des problèmes actuels de l’Eglise, qu’il s’arrête en route dans la remise en cause ou l’acceptation d’une part de responsabilité.

Ne s’agirait-il pas finalement de prôner une « restauration » mélangeant recettes charismatiques et bons vieux pèlerinages d’antan. Peut-être cela peut-il marcher dans ce terreau parisien où l’assise chrétienne est encore solide… bien que ce bon vieux Paris change lui aussi : regardez donc les bobos qui l’ont fraîchement repeint en rose et vert aux dernières élections !

Et ma banlieue ?

Mais surtout, et c’est un proche d’Argenteuil qui vous le dit, que fait-on des banlieues dans tout ça ?
Déshéritées culturellement, financièrement, socialement, elles sont carrément oubliées dans la problématique. C’est vrai que le Val d’Oise, par exemple, ne pèse pas beaucoup plus lourd qu’une grosse paroisse parisienne, en ressources financières et – bientôt, malheureusement – cléricales. Est-ce d’ailleurs un hasard si les deux derniers évêques de ce département étaient juste avant curés de paroisses parisiennes ?

Caricaturons un peu…

Donc, on se resserre les coudes au centre historique, médiatique et culturel, là où restent encore les bastions bien défendus, pour repartir à l’assaut des terres arides de la non-foi…
Et surtout, oublions tous ces ferments de révolte réels ou potentiels qui dans les plus grandes difficultés construisent en un éternel recommencement les fragiles communautés d’une église servante et pauvre.
Hors de l’archevêché, point de salut ! Et tant pis si la courageuse mais téméraire expérience lustigérienne de télévision catholique « KTO » semble montrer les limites d’une culture catholico-centriste : les instituts de sondage peinent à estimer sa microscopique audience…

Banlieues de France, pays de missions ? Oui, mais pour Lulu, il faut d’abord reconquérir le centre : Paris vaut bien une messe !