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Yori revient de loin. Au plus profond de sa détresse, une voisine l’a écoutée, est devenue son amie et lui a annoncé que Jésus pouvait la libérer. Un appel à être attentif à l’autre.

« Il m’a fait remonter de la destruction et du fond de la boue. Il m’a remis debout les pieds sur un rocher et Il a affermi mes pas. Il a mis dans ma bouche un cantique nouveau, un hymne de louanges pour chanter notre Dieu ». Ce passage du Psaume 40 résume mon histoire. Raconter ma vie me permet de ne pas oublier que si je mène une existence harmonieuse aujourd’hui, je ne le dois qu’à Dieu et au miracle de la vie nouvelle.

Un début plutôt chaotique

J’ai vécu une très grande insécurité dans mon enfance. J’ai été très jeune responsable de ma vie : petit Rat à l’Opéra, dès huit ans, je gagnais mon argent, je rentrais seule le soir après le spectacle. De plus, comme j’étais élevée dans une famille d’artistes, nous avions beaucoup de liberté, mes frères et moi, mais il nous manquait structure et direction dans notre jeunesse. Par ailleurs, j’ai eu une enfance difficile car ma mère était mariée avec un beau-père assez violent. Très déprimée, j’avais déjà, dès quatorze ans, des idées de suicide. Vers seize ans, j’ai décidé de devenir actrice. Le cours de théâtre dépendait du TNP où j’ai commencé à travailler. C’était la belle époque de Gérard Philippe et tant d’autres artistes des années cinquante. J’ai aussi joué dans un film de Louis Malle, « Ascenseur pour l’échafaud », qui est devenu un classique. Théâtre, cinéma, télévision, je gagnais assez bien ma vie mais j’étais toujours victime de mes peurs et de mon insécurité avec une assez mauvaise image de moi car je ne me sentais jamais acceptée malgré mes succès et pensais que personne ne m’aimait.
Très vite, je suis sortie avec un monsieur beaucoup plus âgé que moi, image du père que je n’avais pas eu. J’ai été enceinte et, à cette nouvelle, cet homme a disparu dans la nature. J’ai donné naissance à une petite fille. Ma vie de mère célibataire est devenue d’autant plus difficile à assumer que j’avais un métier insécurisant car le travail était irrégulier.

L’argent en premier

J’avais vingt-deux ans lorsque j’ai rencontré un acteur de vingt ans mon aîné. Nous nous sommes mariés et avons eu un fils au bout de quelques années. Notre foyer s’est désintégré et nous avons divorcé. J’ai alors pensé que ma dépression et mon insécurité avaient pour origine ma peur de manquer d’argent. Je ressentais le besoin d’une situation assise financièrement.
J’ai alors épousé un homme d’affaires. C’était un milliardaire opérant sur le plan international. Il est difficile d’imaginer une telle vie : des voyages dans le monde entier, avec des maisons en Floride, à Saint-Barthélémy, un chalet en Suisse, des appartements à Neuilly, à Juan-les-Pins… des voitures avec chauffeur… Il n’y avait pas de limites à ce que je pouvais acheter !
C’est à ce moment-là que j’ai réalisé que j’avais toujours autant de mal à vivre et que tout cet argent n’était pas la réponse à mes attentes. Alors j’ai cherché une solution dans divers domaines : méditation transcendantale, médium, guérisseurs… jusqu’à la magie. J’ai commencé à prendre des pilules, les unes pour dormir, d’autres pour calmer mes angoisses. Mon désespoir était profond. Plus je m’enfonçais dans l’occultisme, plus ma dépression se développait et plus je devenais dépendante des pilules jusqu’à faire une tentative de suicide : hospitalisations multiples, psychiatrie. J’avais honte de ma vie : une faillite totale.

Disparaître dans la nature

Recommencer à zéro quelque part où personne ne me connaisse : voilà l’idée folle qui s’imposait à moi. Mon mari n’était pas d’accord. Ma relation avec lui était devenue si mauvaise que j’ai décidé de partir avec mon fils de quatorze ans… mes fourrures et mes bijoux. Ma fille avait déjà vingt-trois ans et avait pris son indépendance. Voilà comment je suis partie aux États-Unis dans une petite ville où je connaissais quelques personnes. Bien sûr, rien ne s’est arrangé. Mon état psychique a empiré et ma situation sociale ne valait guère mieux. Un jour, une voisine est venue me souhaiter la bienvenue. Elle est devenue mon amie. J’avais la curieuse impression qu’elle m’aimait alors que je n’avais rien à lui offrir ; bien au contraire, j’étais très agitée et même mal élevée avec elle car je ne supportais personne. Mais elle… tout ce que je pouvais dire, c’est qu’elle avait l’air de m’aimer ! Elle s’occupait de moi, essayait de me trouver des amis. J’ai pu voir ce que jamais je n’avais expérimenté dans ma vie : la réussite de couples où l’un avec l’autre forment une équipe, s’aident et s’aiment. Je ne connaissais que le rapport de force, la compétition, l’amour-passion qui est haine à la fois.

Une amie à ma porte

J’ai demandé à ma voisine ce qui la rendait toujours joyeuse et paisible. Je désirais tellement tout ce que je voyais en elle. « C’est parce que Jésus est dans ma vie ». J’ai éclaté de rire : « Je ne crois pas en Dieu, aussi ton Jésus tu te le gardes ! » Elle n’a pas été fâchée. Elle a continué à être mon amie. Elle a aussi continué à me présenter des gens. Elle m’a simplement raconté un jour comment sa vie a été transformée par sa rencontre avec le Seigneur. Moi, qui croyais qu’elle était une petite américaine toute simple qui pouvait se permettre d’avoir un « joujou » qu’elle appelait Dieu ! Or, je découvrais qu’elle revenait de loin ayant été profondément alcoolique. Son histoire m’a troublée et j’ai voulu savoir comment tout cela avait pris place dans sa vie. Elle m’a alors expliqué que Jésus est venu sur terre pour que nous puissions expérimenter son pardon et la vie nouvelle. Je n’avais jamais entendu parler de cela ou du moins je n’avais pas reçu le message. « Celui qui fait confiance à Jésus et accepte qu’Il intervienne dans sa vie est pardonné de ses fautes et peut accéder à la vie éternelle ». Ces paroles ne m’intéressaient pas vraiment parce que je voulais mourir. De plus, le salut me paraissait très abstrait. En revanche, lorsque mon amie a ajouté que Jésus pouvait faire une différence dans ma vie dès maintenant, j’ai été vraiment interpellée car j’étais dans un désespoir sans issue. Jésus pouvait donc me donner ce que je cherchais. Mais au fait, qu’est-ce que je cherchais ? J’ai réfléchi : je ne veux plus vivre dans cette angoisse permanente, cet enfer. Je voudrais être heureuse, connaître la paix, la joie et puis je voudrais savoir que je vais quelque part, avoir un but. « Jésus peut te donner tout cela », m’explique Betty, ma voisine, « mais à une condition : que tu fasses confiance à Dieu ». J’ai encore pris le temps de la réflexion. J’ai essayé tellement de choses qui n’ont pas marché que je ne perds rien à essayer Jésus. Le pire qui puisse m’arriver, c’est que cela ne marche pas encore une fois. J’avais tellement soif d’en savoir davantage qu’un jour, j’ai décidé de demander à Betty de tout m’expliquer.
Elle m’a alors raconté le plan du salut en ajoutant : « est-ce que tu veux vraiment cela ? Si tu le veux vraiment, prions ensemble ». « Prier ensemble ? C’est ridicule. Je ne sais pas prier ». « Je vais prier et tu répéteras », me proposa-t-elle. « On n’est pas à l’école ! » me suis-je dit, mais j’ai tout de même répété sa prière. Et j’ai craqué, j’ai fondu en larmes. Il y a eu en moi comme des vannes qui s’ouvraient.

J’ai osé demander

Le lendemain, je suis revenue à la charge : « Tout ça, c’est bien joli, mais je n’ai pas la foi ». « Eh bien ! prie ». « Je t’ai déjà dit que je ne savais pas prier ». « Parle simplement au Seigneur. Imagine qu’il est assis sur une chaise et tu Lui dis que tu n’as pas la foi et que tu la voudrais ». « C’est ça la prière ? » « Mais oui, parles, Il est ton ami. » Alors ma première prière, ce fut : « Hum ! Jésus, tu es censé être assis dans ce fauteuil. Et moi, je suis censée te demander la foi. Alors voilà : je te demande la foi ». Rien ne s’est passé tout de suite mais huit jours après, à mon réveil un matin, j’ai senti que le poids que j’avais sur le cœur depuis des années était parti ! Très sceptique, je me suis dit que j’étais dans une période de rémission. Pourtant, j’avais un sentiment de liberté en moi. Ce même matin, j’ai remarqué qu’il faisait soleil, que les oiseaux chantaient. Je me sentais légère, pure, propre. J’étais bien vivante. Il y a un texte dans la Bible qui dit que celui qui est en Christ est une nouvelle création. C’était mon expérience : je me sentais renouvelée.
Je me sentais tellement bien que j’ai fait un pacte avec Dieu. « Si Tu es vraiment vrai, Tu me le prouves. Et moi, je vais faire ma part, c’est-à-dire lire la Bible, poser des questions et aller à l’Église ». Quand j’ai commencé à lire la parole de Dieu, ma vie a changé du tout au tout. Mes angoisses ont très vite disparu. J’ai cessé de prendre mes pilules. Dieu a guéri les blessures de mon enfance et mon insécurité. J’ai une image de moi maintenant saine car je sais ce que le Seigneur a fait pour moi et ce que je vaux à ses yeux. Je compte pour le Seigneur et ce que les gens pensent de moi ne me préoccupe plus.

J’ai enfin commencé à vivre

Le Seigneur a restauré mes rapports avec ma famille : mes enfants, ma mère, qui eux aussi ont fait confiance à Jésus-Christ. Comme mon amie Betty, j’ai reçu l’amour, la paix, la joie. Maintenant je suis sur un chemin où j’avance spirituellement en me rapprochant toujours davantage du Seigneur. Comme beaucoup de gens insécurisés, je ne pouvais rien terminer de peur d’aller vers un échec. Or, lorsque j’ai débuté dans cette nouvelle vie avec Christ, il y a maintenant onze ans, j’ai entrepris des études de décoration puis de peinture aux États-Unis. Je peux désormais travailler normalement car j’ai la liberté d’entreprendre : si ça marche c’est bien, si ça rate, ce n’est plus un problème, je ne suis pas atteinte personnellement.
Dieu a été généreux avec moi. Il m’a permis de rencontrer David mon époux, chrétien lui aussi. Guérie ainsi de toutes mes faillites conjugales, je peux expérimenter la dimension spirituelle du mariage chrétien. Notre but est de servir le Seigneur le mieux possible. Mon vœu le plus cher est d’être l’arôme de Christ, d’être le sel et la lumière, afin qu’attirées par Jésus en moi, d’autres vies soient transformées.

Yori Chassin-Taylor

Lisle (États-Unis)

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