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Martin Luther King 40 ans après

Il y a 40 ans, le 4 avril 1968, Martin Luther King est mort assassiné. Aujourd’hui, celui que certains qualifient de martyr et de prophète est toujours d’actualité. Alors que les grands médias risque de ne voir que le militant humaniste pour les droits civiques, l’association « Martin Luther King 40 ans après » veut compléter cette image en rappelant que le pasteur baptiste était aussi – et surtout – un croyant. Mise en place essentiellement par le magazine Croire et Vivre et Agapé France, elle met à disposition un kit d’exposition qui permet de créer un événement autour du leader noir. Différents éléments, dont des panneaux d’exposition, des prospectus, des brochures, des CD et un montage Power Point sont proposés pour être utilisés aussi bien dans une église, qu’en mairie et en salle de spectacle. Elle a un excellent site d’Internet où l’on peut passer commande et aussi se renseigner sur King : www.martinlutherking.fr . On peut notamment voir un vidéo de son célèbre discours « Je fais un rêve » à Washington en 1963. Pour mieux comprendre l’héritage de Martin Luther King, nous avons interviewé le pasteur Georges Mary, président de l’association qui veut faire vivre la mémoire d’un des plus grands héros du vingtième siècle.

Georges Mary, votre association a pour but de faire découvrir Martin Luther King. Ne cultive-t-on pas suffisamment sa mémoire ?
Il y aura des manifestations sur les Champs de Mars. SOS Racisme va l’évoquer aussi. Les grandes chaînes de télé en parleront. Ces événements s’inscrivent dans une perspective laïque. On n’entendra pas nécessairement le message et l’inspiration qui étaient à l’origine de l’action de Martin Luther King. Nous voulons offrir aux croyants la possibilité d’exprimer un autre visage de lui. Il n’intéressera pas forcément les grands médias. Pour nous, il ne s’agit pas de polémiquer, mais de mettre en évidence ce qui a conduit King : ce n’était pas seulement un engagement pour l’humanité, c’était une foi en un Dieu créateur dont l’amour était capital. On voudrait le dire aux croyants comme aux non croyants.

La plupart des évangéliques savent quand même qui il était, non ?
Disons que certains chrétiens évangéliques peuvent mettre en évidence sa théologie un peu plus libérale qui la distancie de la leur. D’autres ne se rendent tout simplement pas compte de la chance qu’ils ont. Les baptistes ont parmi eux une personnalité de stature internationale qui était au service de l’Evangile. Pourquoi ne pas le dire haut et fort sans faire de triomphalisme ?

Il n’était pas un saint, lit-on dans certains livres.
On ne sait pas. Comme tout être humain, il a le bénéfice du doute. Trop de gens voulaient sa perte. Cela dit, nous ne cherchons pas à faire de lui un saint. Moi, j’ai le plus grand respect pour ce qu’il a fait et ce qu’il a dit.

Parlez-nous des buts de votre association.
Nous proposons du matériel à géométrie variable pour pouvoir faire un événement « MLK » pour les gens là où ils se trouvent : dans un village, une grande ville, une paroisse ou église, pour une oeuvre, un mouvement, laïc aussi bien sûr. Des écoles pourraient en profiter. Cela dépend du degré d’ouverture de l’établissement en question. Bien entendu, nous ne voulons pas faire de prosélytisme. Il n’y a pas de préchi-précha dans le kit. Le matériel est suffisamment neutre pour que même les non croyants puissent se pencher sérieusement sur MLK. Il s’agit notamment de la lutte contre le racisme. Je signale aussi que le prix défie toute concurrence : 119 euros. La plupart des organisations, écoles et églises peuvent ainsi le commander.

Est-ce une manière d’évangéliser ?
Cela pourrait le devenir pour ceux qui le souhaitent, même si nous faisons de l’information pure. Mais où est la frontière ? Je vous donne un exemple. En tant que pasteur, je vais participer à une exposition dans l’Agora à Nanterre. Il y aura des conférences et des débats. Nous n’allons pas faire de l’évangélisation classique dans ce cadre-là. On mettra plutôt en avant la dimension sociale et politique de King.

Martin Luther King était baptiste. Vous aussi. Votre association s’adresse-t-il à tous les chrétiens ?
Bien entendu. Les responsables luthériens, réformés, libristes et mennonites m’ont dit qu’ils transmettent nos informations. King n’appartient pas qu’aux baptistes. Il appartient à l’humanité.

Quel message King adresse-t-il aux chrétiens aujourd’hui ?
C’est à chaque chrétien de discerner. Chacun doit être fidèle à la mission que Dieu lui a donnée. Et nous n’avons pas à critiquer les missions des uns et des autres. Sur le site nous avons reçu des commentaires du genre : « King était plus un homme politique qu’un pasteur ». Moi je dis : à chacun sa vocation. Heureusement que King ne soit pas resté pasteur au sens classique du terme ! Il a répondu à un appel de Dieu très particulier. Il faut le respecter. Dans nos milieux évangéliques, il y a certainement un peu de frilosité à s’engager là où nos amis catholiques le font assez facilement. Il n’y a pas beaucoup de Mère Teresa ou d’Abbé Pierre dans les milieux évangéliques. King devrait nous interpeller là-dessus.

En quoi King peut-il représenter un exemple ?
Ceux qui l’ont connu ont été frappés par son authenticité. Il y avait conformité entre ses paroles et ce qu’il était. Les jeunes l’entendent bien aujourd’hui. Je pense que cela nous enseigne que l’on doit être chrétien tout le temps, pas seulement dimanche matin.

King, un prophète ?
Un prophète écoute et porte la parole de Dieu. En ce sens-là, oui, je pense qu’il l’a été.

Recueilli par Henrik Lindell

N.B. La livraison du kit est prévue à partir du 15 mars 2008. Toute information : www.martinlutherking.fr