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poing1968 : « Il est interdit d’interdire », « Faites l’amour, pas la guerre ! ».

2008 : A pied, interdit de fumer (même pas du shit, du tabac), interdit de cracher, d’être SDF près des grands magasins ou des villes touristiques, interdit d’avoir un chien avec trop de dents, de lancer des pétards (ni d’en fumer bien sûr) ; en voiture, interdit de rouler à plus de 110 km/h sur autoroute (Adrien Zeller, président de la région Alsace), à plus de 30 km/h en ville, interdit de ne pas avoir de ceinture, de gilet jaune, d’avoir fumé un pétard, d’avoir un peu bu.

 

A vélo, interdit de ne pas avoir de gilet jaune, de casque, de brûler le feu orange, de rouler dans le couloir de bus, d’avoir un peu bu.

 

En train, interdit de mettre les pieds sur le siège d’en face, d’avoir un peu bu.

Interdit de faire l’amour sans capote, interdit de faucher les champs OGM.

Mais heureusement interdit d’être plus d’un par cellule.

 

Et la guerre, direz-vous ? Après une 3e guerre mondiale contre Saddam et pour le pétrole du Koweït, la France s’enlise avec Bush dans la guerre d’Afghanistan.

1968 : Georges Casalis organise une intercommunion sauvage, les étudiants en théologie sont en grève, les catholiques conciliaires sont en ébullition.

 

2008 : Des protestants évangéliques organisent une marche « contre mai 68 », des catholiques traditionalistes obtiennent de plus en plus de messes d’avant le concile Vatican 2.

Le rapprochement avec les Anglicans est en panne pour cause de pasteurs femmes ou homosexuels, le Groupe des Dombes est aux oubliettes, Taizé pâtit du soupçon de catholicité de Frère Roger, les charismatiques sont rentrés dans les rangs.

Chaque Eglise se bat dans son coin face au manque de pasteurs, de prêtres et de fidèles.

1968 : « Peace and love » : les beatniks vont aux champs en communauté.

La société de 1968, c’était 500 000 étudiants, une société culturellement bloquée mais en pleine croissance économique, et lors « du » Grenelle (le seul, le vrai), un SMIG augmenté de 35%.

C’était une Europe à 6, l’essence à 0,18 euros le litre, les bidonvilles qui devenaient HLM tout neufs avec salle de bains et ascenseur, à Nanterre, Saint-Denis ou Sartrouville.

Mais pas encore de téléphone portable cancérigène ni d’Internet sulfureux.

2008 : « Travaillez plus » pour tenter de gagner plus.

La société de 2008, c’est 2 300 000 étudiants, mais une croissance en panne, les gains de pouvoir d’achat annulés par la reprise de l’inflation, et la France qui perd au foot !

 

C’est une Europe des 27 en panne pour cause de peuples français, néerlandais ou irlandais (au fait, si on faisait un référendum en Grande-Bretagne ?!) qui votent contre un traité qu’ils n’ont pas lu et pourtant qui veulent qu’elle les protège de la mondialisation sauvage.

 

C’est une essence durablement à prix d’or, ce que bien sûr personne n’aurait pu anticiper : le pétrole est une énergie renouvelable, c’est bien connu, il suffit d’attendre quelques millénaires.

 

C’est un manque criant de logements dans la 5e puissance mondiale. Personne n’aurait pu l’anticiper : l’exemple de l’Espagne, avec 300 000 logements construits en trop (!) en 2008, montre bien que l’on ne pouvait rien faire. Et l’Abbé Pierre se trompait sans doute quand, un peu avant de mourir, il alertait à nouveau nos consciences, remake de l’hiver 1954…

Et les bidonvilles réapparaissent discrètement.

 

Ce sont les Restos du Cœur qui vont « fêter » leurs 23 ans. Ils voulaient disparaître au plus tôt, devenus heureusement inutiles, or ils s’inscrivent durablement dans le paysage caritatif où les ont précédés avec constance le Secours Populaire et le Secours Catholique.

1968 : Un étranger expulsé, un allemand, un certain Cohn-Bendit Daniel.

 

2008 : 26 000 étrangers expulsés, et on doit pouvoir faire mieux.

Aimez-vous les uns les autres, disait Ségolène un soir de campagne…

Vaste programme, mais où est le mode d’emploi ?

 

Tiens, je vais relire l’Evangile, peut-être y trouverai-je des pistes pour conjurer le Repli…

21 juin 2008 : Allez, en attendant, aujourd’hui c’est l’été, il fait beau, c’est la fête de la Musique, cigales allons chanter !

Yves DESBORDES