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« Le 12 juillet 1937, Gilberte qui travaille dans une usine du Vigan fait une rencontre qui bouleversa sa vie. Un pasteur de l’armée du Salut lui a permis de comprendre l’Amour que le Christ avait pour elle ». Pascal Colin nous raconte sa vie à partir d’une bible qui lui appartenait et qu’il a découverte bien plus tard dans une foire cévenole. Ce texte fait partie des « éditos » que Pascal a publié pendant des années, numéro après numéro, dans le magazine Témoins. On pourra les retrouver, sur ce site, dans la mémoire qui donne accès à 41 livraisons de 1991 à 2003 (1).Ce récit a été publié en 1999 (2).
Parce que ce texte fait écho à l’expérience d’une vie, le courant passe immédiatement. Il induit une rencontre avec cette ouvrière cévenole à la lumière de ce qui a éclairé sa vie. Et, telle que Pascal nous la rapporte et la commente, cette histoire de vie nous invite à aller à l’Essentiel dans le mouvement de l’Esprit qui « souffle où il veut ». Voici un message qui traverse le temps. 

 

Dans ses éditos, Pascal nous parle de rencontres, de faits de vie, mais aussi de l’actualité de l’époque. Cependant, par delà le temps écoulé, à travers son ton direct et chaleureux, où s’exprime la conviction de l’amour de Dieu et le respect de l’autre, le regard de Pascal apporte aujourd’hui encore une vision originale. Ses propos nous touchent, nous émeuvent, nous instruisent comme cette histoire de Gilberte, « une femme modeste qui reçoit l’évangile d’un pasteur et qui paisible, en toute liberté intérieure, vit sa foi dans sa paroisse catholique ». Pascal sait manier l’interpellation comme dans la phrase qui suit, tel un trait de lumière : « Dieu a l’esprit large et dépasse souvent nos petites frontières ».

Et, si le magazine s’est appelé Témoins, cet édito s’inscrit dans cette veine du témoignage. « Gilberte est, pour moi, l’un des témoins de la véritable richesse de cette vérité spirituelle fondée sur l’essentiel, le Christ ressuscité ! »

Jean Hassenforder

 

12 juillet

Les journalistes n’en ont pas parlé. Aucune télé, aucune radio n’a jamais évoqué son nom. Gilberte, c’est son nom, m’était inconnue, il y a peu de temps encore. J’ai fait sa découverte dans une foire cévenole où l’on vendait de vieux livres usités. Un ouvrage racorni et défraîchi attira cependant mon attention. Et m’a fait découvrir son histoire.

Le 12 juillet 1937, Gilberte qui travaille comme ouvrière dans une usine du Vigan fait une rencontre qui bouleversera sa vie. Un pasteur de l’armée du Salut lui a permis de comprendre l’Amour que le Christ avait pour elle. Il lui remet alors une bible dans laquelle elle écrit le texte suivant ; « Après notre conversion, il nous faut continuer à travailler à l’usine parmi des compagnons qui ne pratiquent pas. Dieu intervient.Il vole au secours de son enfant décidé à lui plaire. A peine auras-tu pris une décision que le miracle viendra sans doute ! Sois fidèle ! Tout deviendra facile. Allons ! Courage ! Alléluia !!! »

Fidèle, Gilberte le restera malgré toutes les tempêtes de sa vie. En 1978 dans un courrier qu’elle écrit au pasteur qui lui avait remis sa première Bible, elle s’exclame : « Les bontés de l’Eternel ne sont pas épuisées… Jésus l’ayant regardée,  l’aima ». Gilberte possédait un trésor que toute sa vie elle gardera sur son cœur. En 1992, elle souligne deux passages des évangiles : « Ne crains point », puis aussi : « ainsi donc

Gilberte est pour moi l’un de ces témoins de la véritable richesse de cette vérité spirituelle fondé sur l’Essentiel, le Christ ressuscité ! quiconque d’entre vous ne renonce pas à tout ce qu’il possède ne peut pas être mon disciple… Vous êtes le sel de la terre ». Les feuilles paroissiales et avis de messes intercalées entre ces deux passages montrent clairement que sa foi fondée sur le Christ vivant dépassait les étiquettes confessionnelles. J’ai été touché par ce cheminement d’une femme modeste qui reçoit l’évangile d’un pasteur et qui paisiblement en toute liberté intérieure vit sa foi dans sa paroisse catholique. Dieu a l’Esprit large et dépasse souvent nos petites frontières.

Les journalistes n’en ont pas parlé. Gilberte, dans la paix, s’en est allée. Cette histoire, celle de sa vie, était toute racontée dans cette bible annotée que les circonstances ont fait entrer dans ma bibliothèque.

L’histoire de Gilberte montre que l’annonce de la Bonne Nouvelle ne s’arrête pas aux frontières religieuses. Par sa vie, elle rejoint le projet de Témoins qui est d’aller avec vous à l’essentiel pour vivre nos différences comme des richesses à partager.

Pascal Colin

 (1) ** Accédez à 42 livraisons du magazine sur le site de Témoins ** 

(2) Cet édito : « 12 juillet » a été publié dans le 127 de Témoins   (1er trimestre 1999).
 ** Voir ce numéro ** 

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