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La Fraternité s’est réunie le 21 avril 2003, le sujet à méditer étant «la vérité ».

La réflexion s’est établie autour de deux axes :

· La vérité au sens biblique
· La vérité relative que nous vivons plus communément dans nos relations.

Ces deux points de vue ne sont pas étrangers l’un à l’autre, ils font partis de la même réalité car dans tous les cas il y a une « recherche » de la vérité. Le point commun est ce côté dynamique de la recherche, ainsi que le but à atteindre qui est la vérité ; néanmoins le sens biblique du mot nous ramène à JESUS qui est la VERITE et là, nous sortons du relatif pour entrer dans l’infini de Dieu.

La vérité est une recherche…un chemin pour le croyant qui a décidé de suivre JESUS et dans cette dynamique loin de nous l’idée que la vérité se possède, que nous pourrions la détenir. Nous ne voulons pas rejoindre ceux trop nombreux qui au nom de cette vérité continuent d’alimenter les divisions, les guerres..

Afin de ne pas garder pour nous ce parfum de vérité, voici un bouquet composé de quelques extraits de ceux d’entre nous qui ont participé à cette réunion.

C.CALLU

ODILE HASSENFORDER

« On ne possède pas la vérité, on la découvre… »
Quand Jésus dit : Je demanderai au Père de vous donner l’Esprit de vérité … »Le Père enverra en mon nom l’Esprit Saint, celui qui doit vous aider. Il vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que je vous ai dit »(Jean 14-16 et 26).
« Quand l’Esprit de vérité sera venu : il vous conduira dans toute la vérité » ‘(Jean 16-13), il s’agit bien d’une relation d’enseignement sur le chemin de la vie : aider, enseigner, conduire à la découverte de la vérité.

Nous pouvons lire dans les Actes et les Epîtres comment le rapport à la vérité doit être concrètement vécu.
Par exemple, dans sa lettre aux Ephésiens chapitre 4, Paul écrit :
« Dites la vérité avec amour (verset 16) Revêtez-vous de la nouvelle nature à la ressemblance de Dieu qui se manifeste dans la vie juste et saine qu’inspire la vérité. C’est pourquoi, rejetez le mensonge…ne vous laissez pas dominer par la colère…ne dites que des paroles utiles…chassez toute amertume et irritation…soyez bons et pleins d’affection les uns pour les autres, pardonnez-vous…(v.24 à 32) ».

Nous pourrions aujourd’hui préciser en ces termes :
-Que chacun dans la communauté dise la vérité à son prochain sans aller le critiquer auprès des autres. Au risque de provoquer un conflit, oser exprimer son opinion avec douceur et ne pas ravaler ses frustrations.
Il est permis de se mettre en colère avec maîtrise de soi sans garder rancune ni agressivité. Rechercher la réconciliation dans un esprit de paix et de pardon, avec l’aide d’une médiation si nécessaire.
Que chacun assume sa responsabilité, tienne sa place, apporte sa part en évitant de vivre en parasite mais au contraire en étant attentif aux besoins de ceux qui l’entourent.

Nous pourrions conclure par le premier verset du chapitre 5 :
« Puisque vous êtes les enfants que Dieu aime, efforcez-vous d’agir comme Lui »

Christiane CHAPELAIN:

La Vérité se dit en hébreu EMET et s’écrit « aleph – mem – tav » .

Le aleph est la 1° lettre de l’alphabet et a pour valeur numérique 1 : elle signifie la présence de Dieu , car Dieu est Un .
Et MET signifie mort .

· Dans son écriture même , la vérité , c’est unifier tout (aleph) et ainsi vaincre la mort (MET) ; « faire la vérité » , c’est laisser l’Eternel (aleph) monter dans sa vie pour vaincre MET la mort , pour que tout ce qui est mort en nous, soit vaincu . C’est un travail messianique .

Voilà la Vérité pour un chrétien : la mort est vaincue par Dieu (c’est la Bonne Nouvelle de la Résurrection ).

· L’Eternel perce une voie dans notre vie et ce qui est mort est vaincu. C’est pour cela que Vérité et Vie sont toujours parallèles :
Jér 10,10 : L’Eternel Dieu, vérité
Lui Dieu, vie.
Jésus : Je suis la vérité et la vie.

· Sans Dieu, il ne reste de la vérité que la mort.
Ce qui est preuve de mort, ce sont les fausses identités qui parasitent la personne, les faux lieux de son moi.

· Mem a pour valeur numérique 40, qui est le symbole de l’homme accompli (il faut 40 semaines au fœtus pour naître ; il a fallu aux Hébreux 40 ans pour atteindre la maturité …). Et Tav est la dernière lettre de l’alphabet.

Alors il appartient à l’homme d’accomplir la vérité qui récapitule la totalité de la réalité (du aleph au tav, de l’alpha à l’oméga ) ; La vérité est dans l’équilibre.

Alain BOURGADE :

Il me semble que les Grecs dans le cadre de leur culture philosophique privilégiant la connaissance intellectuelle avaient une conception statique de la vérité (la vérité étant alors quelque chose de précis, de délimité, qu’on peut appréhender par une démarche cognitive) alors que pour les hébreux, la vérité était plutôt quelque chose de dynamique, se construisant progressivement tout au long d’un processus de découverte et finalement jamais achevé (tout au moins sur terre !) comme la relation entre deux personnes. En ce sens là, Jésus peut être à la fois le chemin et la vérité : on est dans la vérité dès lors qu’on chemine vers lui.

Jean HASSENFORDER:

Combien d’hommes recherchent la vérité ! Peut être apparaît-elle d’autant mieux par contraste avec ce qui la nie : le mensonge. La vérité ne plaît pas à tout le monde. Comme le dit la chanson de Guy Béart : « Il a dit la vérité, il doit être exécuté…. » A travers l’histoire, à travers le monde, les régimes totalitaires se caractérisent par le mensonge. Dans un roman « 1984 » Georges Orwell décrit cette réalité d’une manière bouleversante. Le langage lui-même est perverti. Sur un autre registre, le psychologue américain réputé Scott Peck, l’auteur du best-seller : « le chemin le moins fréquenté » a écrit un des ses livres sur «les gens du mensonge » c’est une confrontation avec la présence du mal. Pays du mensonge, gens du mensonge, des zones d’ombres et de ténèbres. Plus près de nous, dans la vie quotidienne, à une moindre échelle, nous savons bien combien le mensonge peut vicier les relations. Jésus nous prévient : « que votre oui soit oui, que votre non soit non » (Mathieu V-37)

Certainement dans un monde ou la communication prend une grande importance, nous pouvons de plus en plus nous représenter l’univers comme un espace de relation. Un espace de relation entre Dieu et les hommes et les hommes entre eux. L’harmonie initiale a été faussée, mais le projet de Dieu, manifesté en Jésus Christ est bien de la rétablir. Cette œuvre est en marche, elle est déjà réalisée dans la communion des saints. La foi s’inscrit dans une relation. Elle est acceptation et réception de la vie divine. Le pardon lève les obstacles et rétablit la circulation.

L’évangile nous offre une image de cette communication. Christ Jésus est la vigne et nous sommes les branches. Comme la sève, la vie divine circule (Jean XV). La vie naturelle est elle-même créée et entretenue par Dieu. Il fait luire son soleil et tomber sa pluie bienfaisante sur tous les hommes (Mathieu V-45) Le Saint Esprit est à l’œuvre dans les cœurs pour les conduire vers Celui qui est «le Chemin, la Vérité, la Vie » (Jean XIV -6).

La confiance repose sur une relation empreinte de vérité, de compréhension et de respect en réciprocité. C’est la condition d’une vie sociale harmonieuse. Notre participation à l’univers divin s’inscrit dans une confiance répandue par le Dieu trinitaire. L’horizon est une vie en transparence «il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu «(Luc XII –2).

Jean-Claude CALLU :

Les mathématiques ont paru à l’homme pendant longtemps un moyen de prouver sans équivoque ce qui est vrai et ce qui est faux, mais au début du siècle le mathématicien et philosophe Kurt GODEL a prouvé par son théorème d’incomplétude, qu’il était impossible de démontrer complètement la cohérence d’une théorie.

Toute théorie formerait une grande boucle cohérente sur elle-même, mais incapable de s’intégrer à l’ensemble des autres. Ainsi le schizophrène est persuadé que son monde est cohérent mais il est totalement étranger à celui vécu par le commun des mortels.

Il nous est donc impossible de concevoir entièrement la vérité, nous en percevons quelques bribes mais nous sommes incapables de les relier entre elles.

Ceci est-il le signe de notre finitude comparé à l’infini de Dieu ?

Contributions recueillies par Christiane Callu