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La fraternité s’est réunie ce dimanche 21 septembre pour réfléchir ensemble sur le thème de « LA FUITE » :

« Face aux circonstances et aux difficultés, l’attitude de fuite est-elle une issue, une survie, une pathologie, refus d’affronter, démission… ?

Voici quelques «retours» de ceux qui y ont participé. Ces extraits n’engagent que leurs auteurs !….

La fuite comme son opposé l’agressivité sont des pulsions présentes chez toutes les personnes à des degrés divers. Ces pulsions sont très puissantes dans la mesure où elles contribuent à la sauvegarde de la personne face à une agression plus ou moins imminente. La bible nous offre de multiples situations de fuite. Dans le cas d’une fuite collective il s’agit d’un exode. Les actes de fuite peuvent provenir de la peur de faire face à l’agresseur, ils sont alors considérés comme lâches. Ils peuvent également provenir d’un désir sincère de paix pour ne pas faire de mal ou d’aggraver le conflit.

Les sages enseignent que dans toutes situations de conflit latent il faut :

1) Commencer par prier
2) Dialoguer pour essayer de trouver une solution acceptable
3) Se battre si aucun arrangement n’est possible

Pourquoi enseignent-ils qu’il vaut mieux se battre que fuir ?

La réponse à cette question n’est pas facile. On peut penser que chaque personne porte en elle une échelle de valeurs religieuses, psychologiques, éthiques etc. qui sont constitutives de sa personnalité et de son identité. Suivant les individus certaines valeurs sont plus ou moins fortes. Tel acceptera de revoir ses positions morales sur l’avortement par exemple alors qu’un autre restera inébranlable dans ses convictions. Lorsqu’une personne conteste les valeurs essentielles d’une autre personne il y aura conflit violent si la prière a été insuffisante et si le dialogue a échoué ou n’est pas possible. Cette approche est également vraie au niveau des peuples et les conflits du moyen orient en sont la triste illustration. Dans ce conflit il faudra soit vaincre, soit se soumettre et dans ces conditions il faut s’attendre à vivre en esclave ou bien accepter le martyre. Une autre possibilité est de se démettre c’est à dire de fuir dans un lieu de refuge. La dernière possibilité est la destruction mutuelle des 2 parties. Cette destruction pouvant être partielle ou totale.

Chez Jésus on trouve les 2 attitudes de fuite et d’affrontement. Au début de sa mission, aussitôt après son baptême il se retire au désert, il fuit le monde pour affronter Satan dans la solitude. Toutes ses forces sont mobilisées dans cette lutte avec le mal et c’est parce qu’il en est sorti vainqueur qu’il peut retourner dans le monde et poursuivre sa mission. Dans le conflit qui l’oppose à Pilate et aux pharisiens on le voit prier puis discuter puis enfin affronter l’issue inévitable après une nuit de prière à Gethsémani. Le paradoxe c’est que la défaite apparente et le martyre de Jésus sur la croix est le commencement d’une victoire sur le mal. La résurrection est le signe manifeste que Dieu à choisi Jésus et que ses ennemis se retrouvent vaincus.

Quelles leçons peut-on en tirer ?

Il s’agit de discerner au cas par cas ce que le Seigneur attend de nous. D’abord faire silence, ne rien rejeter, ne rien désirer, ne rien craindre seulement rester éveillé et attentif à la voix de l’Esprit en nous. Accepter enfin la mission que l’esprit nous soufflera.

Jean CHAPELAIN

Deux faces dans la fuite :
Une négative, reflet d’une lâcheté qui cherche à se dérober ou éviter une explication…
Une positive : protection, droit au rêve

Discerner l’origine des conflits peut aider à les résoudre et ainsi éviter la fuite.
Mireille POUPON

On est souvent tenté de s’écouter devant un appel (comme l’on fait Jonas, Moïse…) et de regarder à ses limites, à ses propres forces… Prier, dans ces situations, pourrait permettre de prendre conscience, avec surprise, des potentiels que nous ignorons et d’éviter la fuite pour répondre à l’appel de l’autre ou de Dieu.
Françoise AUGRIS

De la fuite à l’amour :

Lorsque l’attitude de fuite se reproduit, dans certaines circonstances, sans que l’auteur puisse la maîtriser, il est bon de rechercher l’origine d’un tel fonctionnement dans l’attitude première qui a structuré la personnalité dans l’enfance (il en est de même pour la colère ou autres réactions négatives).

En effet, toute agression provoque une réaction instinctive de fuite ou d’attaque quel qu’en soient les modalités.
L’adulte, devant toute situation qui lui rappelle inconsciemment cette agression, reproduira sa réaction passée. Si, par exemple, il a dû fuir devant l’autorité d’un parent, il projettera sur toute personne détenant une autorité, au travail, dans la famille….., la toute puissance de ce parent et inconsciemment il reproduira son attitude de fuite.

Prendre conscience de ce mécanisme est la première étape d’une transformation pour qui décide de renoncer à ses habitudes.

Avec une aide appropriée, l’adulte est en mesure de reprogrammer sa structure de personnalité. Il peut modifier l’image mentale des comportements passés en y introduisant des alternatives positives. Cette introduction suscite une reconstruction en profondeur.

Chrétiens, nous savons que l’Esprit Saint nous conduit dans la vérité. Nous pouvons recevoir ainsi, dans la prière, la grâce du changement vers plus d’amour.

Odile HASSENFORDER

Pour ceux que cela intéresserait, en 1980 ou 81, le biologiste Henri Laborit a publié “Eloge de la fuite”(éditions Gallimard). En tapant “Henri Laborit” sur “Google” j’ai eu la bonne surprise d’en retrouver quelques pages sur le web ! L’impression que je garde de ma lecture ancienne est bien sûr l’accent mis sur les bonnes raisons de fuir, physiquement ou par la pensée, le rêve etc. Et cela en effet peut s’avérer salutaire ou simplement bienfaisants face aux contraintes et pressions de la vie. La fuite à bon escient s’inscrit dans notre espace de liberté (extérieure et intérieure). Mais au lieu de “fuite”, sans doute vaudrait-il mieux parler d’évasion. Le pouvoir de s’évader, de prendre de la distance, du recul permet d’apaiser les stress, d’analyser, de souffler pour pouvoir, éventuellement, ultérieurement revenir.

Personnellement j’ai “fui” l’église pendant des années (sans perdre la foi et avec même le sentiment que Dieu me comprenait !). Il m’était devenu impossible de fréquenter plus longtemps par “devoir” des rencontres qui me desséchaient et m’apportaient plus de blessures et d’irritations que de ressourcements. Il m’aura fallu des années mais, loin de toute pratique quoique toujours en lien avec des amis chrétiens, j’ai pu un jour envisager un retour. Un retour avec une autre approche intérieure, sur des bases différentes et dans le cadre d’une église plus ouverte que celles dont j’étais saturée.

Françoise RONTARD

La bible nous rapporte des situations ou ses serviteurs ont choisi soit de fuir (David et Saül) ou bien de faire face (David et Goliath) pour ne citer que lui.

Deux possibilités extrêmes se présentent à nous, comme attitude possible devant une situation. En tant que chrétien nous avons à discerner afin de nous positionner de la manière la plus juste, la plus sage.

A l’opposé, la facilité et peut être une certaine tendance naturelle serait plutôt que de faire face, de répondre, un peu vite, soit par de l’agressivité, soit d’esquiver, d’éluder un peu le problème…

En toutes choses, notre position de chrétien nous éloigne de la facilité (Mathieu 7 –14 : « Mais étroite est la porte, difficile est le chemin qui mènent à la vie … ») et nous invite sans cesse à discerner ce qui est bien de ce qui ne l’est pas.
A l’issue de ce discernement, la décision prise nous situera de plus en plus dans un choix adulte. Accepter ses limites, assumer ses choix…. Chemin vers la maturité…
C. CALLU

La réflexion est toujours ouverte :

Merci aux «internautes» de passage de nous donner leur point de vue, faire part de leurs réflexions ou donner un témoignage … à bientôt peut-être………….

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Callu.chris@wanadoo.fr