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Marie-Thérèse Plaine a interviewé quatre artistes.

A la genèse du projet de la Fonderie en 2001, avec Jim Beise, Pierrre Nicolas nous en parle comme d’une communauté, d’un réseau d’amis plus ou moins proches les uns des autres, d’un lieu de partage, de réflexion, et d’incubation d’idées, permettant aux artistes d’être encouragés et initiés dans leur foi.

Souvent, les artistes professionnels chrétiens se sentent en décalage par rapport à l’église et à son milieu : par exemple, ils n’osent pas dire qu’ils sont choristes de tel ou tel artiste « du monde », de peur d’être jugés.
La Fonderie est un lieu ouvert, sans jugement, favorisant les échanges de points de vue issus de sensibilités spirituelles différentes (interconfessionnelles), croisements des visions du monde et de la foi.
 
Pierre-Nicolas est musicien, et conducteur de louange ** Voir le site www.pierre-nicolas.com ** .
Il nous rappelle les trois composantes de la Fonderie :
–    une association (loi 1901) ayant pour but d’encourager les artistes et de créer des événements : un dîner une fois par mois, occasion de partage (présentation des projets…) et de réflexion,
–    une fois par mois, une soirée de louange et de prière (soirée Verticale), ouverte à tous,  permettant de se rassembler pour exprimer son adoration avec toute la créativité de son art : un lien entre une expression classique et post-moderne,
–    issu de la Fonderie, le Pavé d’Orsay ** Voir le site lepavedorsay.blogspot.com/ ** , une galerie, un lieu d’exposition d’art, ouvert, dans Paris, sans prosélytisme.

« Fait-on église » à la Fonderie ?
A cette question, Pierre-Nicolas réagit : « ne sommes nous pas appelés à être l’Eglise plutôt que de faire l’Eglise ?». La flexibilité de la structure de la Fonderie lui convient bien. Mais elle n’a pas pour objet de remplacer une église.

Agnès Collet est une artiste professionnelle, auteur compositeur interprète de chansons françaises  ** Voir le site www.myspace.com/agnescollet ** .

Elle avait elle-même éprouvé le besoin de réunir les artistes de son église, dont était issu aussi Jim Beise, et le groupe s’est tout naturellement rattaché au noyau d’origine de la Fonderie, lorsque Jim l’a créée.
La vision de départ n’était pas de faire un ghetto d’artistes chrétiens, mais plutôt une communauté d’accueil pour les artistes, chrétiens ou non.

Le Pavé d’Orsay permet cet accueil d’artistes de tous bords, dans un esprit de témoignage chrétien non prosélyte.

Pour Agnès, la Fonderie est un port d’attache, pour s’y ressourcer, et se tourner vers d’autres. Le monde du spectacle est parfois comme « un panier de crabes », et à la question « est-ce ma place ?», Agnès entend cette réponse de Dieu « Je suis toujours avec toi ».  Cette fidélité de Dieu, elle la partage. Donner ce que l’on reçoit, recevoir pour donner.

La Fonderie est un lieu de ressourcement pour les artistes professionnels chrétiens.
Il y a, en effet, une réelle confrontation entre le vécu des artistes professionnels et leur foi. Que l’on soit chanteur, danseur, peintre, réalisateur de film, l’un des enjeux qui revient le plus fréquemment est le suivant : comment arriver à vivre de son travail d’artiste, comment obtenir suffisamment de contrats, quels choix doit-on faire sur les projets artistiques, avec quelle éthique, quelles valeurs, quel temps doit-on y consacrer… D’où la richesse d’avoir un lieu et un temps pour se rencontrer,  pour partager ses expériences, ses difficultés, s’encourager, prier ensemble.
Ce que vivent les uns dans leurs choix aident les autres à approfondir leur foi, à résister à certaines peurs, que la crise économique actuelle a tendance à exacerber.

C’est autour de dîners conviviaux, d’échanges à bâtons rompus, puis de débat sur un thème, que Steve Thrall a choisi d’animer ces rencontres. Il y est, par exemple, question de l’action du Saint Esprit dans la création artistique.

A la question « en quoi fait-on ou ne fait-on pas église à la Fonderie ? » Agnès répond : « La Fonderie n’a pas vocation à être une église. Faire une église d’artistes, ce ne serait pas juste : ce serait un ghetto. En église, nous avons besoin de rester en contact avec des personnes qui justement ne nous ressemblent pas ».
Pour autant, Agnès reconnaît que la Fonderie peut être pour certains un lieu relais, un lieu d’apprentissage de l’église, comme peuvent l’être d’une autre façon les cours alpha.

Olivier Valade est réalisateur de documentaires. ** Voir sur le site www/lepavedorsay **

Pour lui qui connaît également la Fonderie depuis ses débuts (entraîné lui aussi par le fondateur Jim Beise membre de la même église) c’est un lieu de liberté, où les manifestations créatives ont toute leur place. On n’y craint pas le « décalage ». Les liens entre la foi et l’expression artistique sont forts : louange, création théâtrale…
 “Dans nos créations on aborde tous sujets. On vient à la fois porter notre regard sur des sujets séculiers ou sur des sujets liés directement à la Parole. Il n’y a pas de barrière.”

C’est aussi un lieu de partage de ses réussites et de ses échecs, et de prière, une communauté.
Cette communauté reste ouverte, pour accueillir des amis artistes non-chrétiens.

Marie Breton est chanteuse (soul, jazz), mais aussi photographe, et se lance maintenant dans la peinture.

Pour elle, la Fonderie est une source de soutien, « une famille, une communauté qui reconnaît qui je suis, qui comprend mes aspirations ». Elle souligne l’écoute sans jugement, l’accent mis sur la personne, la connexion très personnelle entre les organisateurs et les participants.

La Fonderie est aussi une source d’inspiration : rencontrer d’autres artistes qui présentent ce qu’ils font génère une émulation créative.

Inspiration, mais encore approfondissement de la foi, par la diversité des recherches, les interpellations des uns et des autres, et les thèmes abordés pendant les soirées. Par exemple, l’identité en tant qu’artiste : qui sommes-nous en public ? Différents ? Comment gérons-nous les critiques ? Finalement, qui sommes-nous ? Et que dit la Parole de Dieu à ce sujet ?

La Fonderie ne remplace pas une église, n’est pas une église dans le « sens formel du terme ». « Une rencontre une fois par mois, cela ne me suffit pas ». Mais c’est un rassemblement de personnes qui s’encouragent au nom du Christ.

 

Interviews réalisés par Marie-Thérèse Plaine