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Anne-Rose, depuis quelques années, outre votre vie d’église, vous vous êtes engagée au service de votre commune. Comment vivez-vous cela, et tout d’abord, par quel chemin êtes-vous entrée au conseil municipal ?
Un jour de 1995, le Directeur du Centre médical dans lequel je travaillais comme technicienne pour la tarification à l’activité (T2A) et bénéficiais d’un logement de fonction, m’a convoquée pour me faire rencontrer le maire de la commune. En effet, nous étions à la veille d’élections municipales, et le maire de ce village semi-rural d’environ 1 500 habitants, souhaitait inclure, dans sa prochaine équipe, une personne travaillant et habitant dans ce centre médical. Le Directeur m’a gentiment, mais fermement, fait comprendre que j’avais été désignée volontaire. Et c’est ainsi qu’« à l’insu de mon plein gré », j’intégrai le conseil municipal : une équipe a-politique de 19 conseillers, dont le but commun était de travailler au bon fonctionnement de la commune.

 

Agir dans ce domaine était totalement nouveau pour vous, j’imagine ?
Oui, ce fut toute une aventure ! Animer un groupes de jeunes, une meute de louveteaux, participer à une équipe de louange, faire des visites, distribuer la Cène, etc… comme je l’avais fait précédemment, n’avait pas grand chose à voir avec : délibérer sur un POS devenu PLU, réglementant le COS, le SHON et le SHOB (surtout ne me demandez pas la traduction !), ou analyser un budget hermétique aux cours de réunions tardives pendant lesquelles il s’avérait difficile de ne pas s’endormir….
Je découvris ainsi, avec un intérêt passionné : les affaires scolaires et les inévitables revendications des parents d’élèves, l’urbanisme et ses règles complexes et incontournables, l’environnement et ses espoirs écologiques, les difficultés et la richesse de la Communication (avec un grand C) dans un village, l’émotion et l’humanité des affaires sociales, la dignité de la cérémonie des Vœux du maire (avec un grand V), la bonne humeur des festivités locales lors de la veillée de Noël, de la brocante de printemps, du repas dit « des Aînés », etc… ainsi que l’étonnante compétence du maire et de ses adjoints, doublée d’une patience à toute épreuve face aux lenteurs administratives, et, plus personnellement, le grand bonheur d’une chaleureuse collaboration au sein d’une équipe  étonnamment soudée tout au long de ces trois mandats.

Mais, doit-on vous dire parfois : Pourquoi être conseillère municipale quand on est chrétien, alors qu’il y a tant à faire dans les milieux chrétiens ?
Je dirais d’abord parce que je ne l’ai pas vraiment choisie. Les « uns » sont venus me chercher. Les « autres » m’ont élue et réélue. Donc, après de longues années d’investissement en église ou dans les œuvres chrétiennes, parfois à temps plein, cet engagement communal semblait être la volonté de Dieu. Et, à l’évidence, Dieu a besoin de chrétiens partout.
Je dirais ensuite parce que, même discrètement et outre les sujets de prières, les occasions de témoignage ne manquent pas. Le sérieux et la fidélité dans l’engagement, les efforts de probité, la courtoisie ne laissent pas l’entourage indifférent. S’il n’est pas toujours possible de témoigner par la parole, il est toujours possible de le faire par notre attitude.
Il y a aussi des petites touches du genre : « Anne-Rose, cet été des Allemands sont venus en vacances sur la commune. Ils souhaitaient assister à un culte protestant, mais nous n’avons pas su où les adresser. Est-ce que par hasard tu connaîtrais une église protestante dans les environs ? ». Bien sûr, plusieurs même !  Depuis ce jour, le nom et l’adresse d’une église protestante et de son pasteur figurent sur le dépliant de la commune. Ce n’est pas grand-chose, mais le Seigneur aime aussi les petites choses…
Je dirais enfin parce que – soyons modestes – si nous, les chrétiens, avons beaucoup à apporter au « monde », le monde a aussi beaucoup à nous apprendre. Pour preuve, cette anecdote : quelques temps plus tard j’assistai à l’assemblée générale d’une église qui venait d’acheter un bâtiment, un local bien à elle mais à rénover complètement. Très vite, le pasteur et ses anciens s’avouèrent accablés par l’ampleur et la complexité du chantier : Par quoi commencer ? Comment s’y prendre ? Quel matériel acheter ? etc.
Je leur ai alors indiqué que, pour des chantiers similaires, le conseil municipal dont je faisais partie, ne s’engageait jamais seul, mais faisait appel à des spécialistes : cabinet d’études, maître d’œuvre, etc. Je leur donnai le nom d’un technicien qui accepta d’organiser et de superviser les travaux et, protestant d’origine… le fit gratuitement. Le local est maintenant fini et a belle allure.

Pensez-vous qu’en exerçant cette tâche, ce service donne à l’équipe municipale une autre image des croyants et de l’église ?  
Peut-être, mais attention !  Il convient de ne pas nous accorder plus d’importance que nous n’en avons. Ce commentaire (la citation est approximative) l’illustre bien : « Le jour des Rameaux, Jésus est entré dans Jérusalem sur un âne. Nous, nous sommes en fait souvent un peu comme cet ânon (çà nous remet tout-de-suite à notre juste place !), nous ne faisons qu’apporter Jésus avec nous. C’est Jésus qui agit. C’est à Lui que revient toute la gloire ».
Il convient également de ne pas se décourager trop vite : si parfois nous nous sentons peu ou pas utiles pour Son service, nous pouvons nous souvenir que, où que nous soyons, où que nous allions et quoi que nous fassions, nous pouvons toujours en tous cas, comme cet ânon, apporter Jésus avec nous. C’est déjà beaucoup.

Est-ce votre conclusion ?
En conclusion, je dirais volontiers que c’est cet « âne » qui, sans mauvais jeu de mots avec mon prénom…, sous-tend mon engagement au sein du conseil municipal de mon village. Et je rends grâce pour cet appel inattendu qui, s’il est prenant et chronophage, s’avère d’une grande richesse.

                       Merci Anne-Rose

Françoise Rontard

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