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Novembre est le moment, pour plusieurs des huit régions que compte l’Église Réformée de France, pour se réunir en synodes régionaux et faire le point sur le présent ainsi que prendre les décisions qui dessinent son avenir. Au fait, c’est quoi un synode ? 

Pour répondre à cette question, il est nécessaire de resituer brièvement le fonctionnement de ces Églises caractérisées par un mode de gouvernement particulièrement démocratique, et qui laissent une place très importante, capitale à leurs membres laïcs.

Les Églises Réformées de France **Voir le site ** sont structurées suivant un régime presbytero – synodal. Cela signifie que les décisions concernant le fonctionnement et les orientations de ces Églises sont prises à deux niveaux : le niveau local (niveau presbytéral), et le niveau régional et  national (niveau synodal).

Ce système suppose la complémentarité des deux  niveaux et une soumission mutuelle consentie.

Le niveau local de gouvernement de l’Église est formé par le Conseil presbytéral (du grec presbuteroi, les plus anciens). Celui-ci est élu par les membres de l’Église locale ; il est directement responsable de la vie spirituelle et matérielle de la communauté. Il nomme (et révoque) le(s) pasteur(s). Il dispose d’une grande autonomie.

Le niveau régional et national est celui du gouvernement. Il est exercé dans le cadre des synodes. Ceux-ci sont composés de pasteurs, de délégués laïcs des conseils presbytéraux, eux-mêmes élus .

Dans l’Église Réformée de France, le synode national est l’instance souveraine, réunissant délégués laïcs et pasteurs à représentation égale. Il est responsable de la confession de foi et de l’organisation générale (la Discipline), de la formation, du recrutement des ministres, des relations avec les Églises étrangères… Il définit les orientations proposées à l’ensemble.

Les synodes régionaux débattent et votent les décisions proposées par le synode national. Ce sont également des lieux de proposition (vœux) qui sont ensuite étudiés, discutés et mis au vote au niveau national.

Un Conseil national gère l’Union des Églises et met en œuvre les décisions et orientations synodales entre deux sessions annuelles.

Chaque année, en novembre, se déroulent les synodes régionaux.

-De quoi discute-t-on ?

Les Églises Réformées de France, ( 250 000 membres), entament une phase très importante de leur évolution : depuis 2007, elles sont entrées dans un projet d’union avec l’autre grand courant protestant en France : l’Église Évangélique Luthérienne (22 000 membres, hors région Alsace Lorraine ,cette dernière étant dejà regroupée avec l’ERF au sein de l’Union des Eglises Protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL)  ** Voir le site ** dans cette région sous régime concordataire) avec pour ambition d’aboutir, en 2013, à une nouvelle et unique Union Nationale. C’est donc  un grand mouvement d’union et de rassemblement au sein du protestantisme français.
En Janvier 2011, le synode National réunissant les synodes réformés et luthériens a tracé le cadre d’organisation et choisi son nom « Église Protestante Unie de France – communion luthérienne et réformée », reprenant les débats et décisions votées dans les synodes régionaux de l’automne 2010.

Dans les 8 synodes régionaux, il est proposé de se prononcer sur l’ensemble des textes régissant cette Union, et de discuter du projet de Constitution de cette nouvelle Union.

Les paroisses et les conseils presbytéraux ont déjà été appelés à examiner les projets de textes constitutifs et les modalités financières de l’Union. L’objectif est de s’approprier ces textes, de les vérifier et de les améliorer. Leur délégué au synode est leur porte-parole.

Il s’agit d’une union et pas d’une fusion : ainsi, ce qui est recherché c’est de mettre en œuvre une union au niveau des institutions d’Églises en maintenant une légitime diversité. L’unicité doit veiller à maintenir la diversité des accents de chacune des traditions. Ces deux Églises ont déjà beaucoup de choses en commun (l’organisation presbytéro synodale, la formation initiale des ministres au sein de l’institut protestant de théologie, la mobilité fréquente de pasteurs d’une Église à l’autre…) mais il s’agit de garantir le respect des minorités.

Le débat est ouvert.

Au-delà des problématiques institutionnelles, une autre préoccupation est à l’œuvre au travers de cette union : Comment au coeur du monde, réaffirmer ensemble sa vocation : écouter la Parole de Dieu et la partager avec ses contemporains ? La perspective luthéro-réformée affirme que là où la Parole est écoutée, là est l’Église…

Les synodes régionaux abordent aussi d’autres domaines qui touchent de façon très pratique au fonctionnement des Églises locales : ainsi dans plusieurs régions la question est posée d’une réorganisation de leur fonctionnement. Celles-ci sont appelées à une réflexion sur le rôle et la fonction du pasteur, à l’intérieur de nouveaux espaces, les bassins de vie. Ainsi, par exemple, dans la région  Centre Alpes Rhône, le synode invite ses membres à réfléchir à de nouvelles façons de partager les engagements en église Cela devrait aboutir à une mutualisation et un redéploiement des postes pastoraux et des ministres, par exemple, dans un cadre plus large que celui de la paroisse traditionnelle. Certes, ce sont au départ, des considérations financières qui incitent à un changement des habitudes de fonctionnement. Cependant, au -delà de cette question, on peut discerner aussi une chance à saisir. Ainsi, ré-envisager ensemble une façon nouvelle de vivre l’Église, n’est-ce pas ouvrir des chemins nouveaux, voire se donner du souffle et de l’élan ! Quelle est la vocation de l’Église ? Qu’en attendons nous, aujourd’hui ? Il s’agit bien sûr de se mettre à l’écoute de Dieu…

Au travers de ces différentes perspectives, on peut légitimement penser que les protestants réformés sont aujourd’hui appelés à innover… à expérimenter une nouvelle façon de « faire Église », en quelque sorte. L’initiative et la proposition intitulée « Écoute, Dieu nous parle » invite à « mettre en valeur ou à retrouver le sel, le cœur de la vie de l’Eglise et de sa mission. Et il s’agit en plus, d’oser imaginer et vivre une expérience inédite, permettant à chaque Église locale d’écouter la parole de Dieu avec d’autres ».

À chacun des membres de s’approprier ces propositions, mais aussi d’être inventif et créatif, pour répondre aux besoins qu’expriment nos contemporains.

Geneviève Gubert