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« No et moi » : le dernier film de Zabou Breitman, sorti le 17 novembre 2010 : une adaptation du roman  de Delphine de Vigan (1) que le film nous donne envie de lire…

j’avais lu le synopsis du film sur un des sites spécialisés, mais j’ai trouvé quelque chose qui dépasse largement ce résumé.
Je ne me suis pas levée tout de suite à la fin de la projection, savourant la musique et un certain « parfum d’amour » qui flottait encore.
Avec un tout petit peu de recul, il m’a semblé que plusieurs lectures du film étaient possibles.

Celle des fractures de vie qui plongent No (Julie-Marie Parmentier,  jeune actrice  époustouflante) et beaucoup d’autres (des SDF figurants)  dans la misère de la vie des sans domicile fixe, ces SDF que l’on nomme aussi « les invisibles » ; fracture qui plonge  dans la dépression la mère de Lou qui ne se remet pas de la mort de son bébé, et devient elle aussi invisible. Son état est aussi nié par son mari (Bernard Campan).  Zabou Breitman incarne magnifiquement cette absence de consistance, cette invisibilité, pendant la première partie du film.

 

 

Fracture aussi qui pousse la toute jeune  Lou surdouée (Nina Rodriguez) à rechercher, à l’opposé de son milieu lycéen très privilégié, ce que vit sa presque semblable, une fille, de l’âge ou presque des élèves de sa classe, rejetée par le système, et qui vit dans la rue.
 

Une autre lecture possible serait de suivre les mouvements d’amour ou d’amitié, qui vont, viennent, bousculent, redonnent vie, poussent à des choix, et aussi  les défauts d’amour qui sont destructeurs.
La relation entre Lou et No est subtile, belle, compliquée, et comme un caillou jeté dans un lac, produit des effets concentriques sur l’entourage, en particulier ses parents, et un élève un peu marginal de sa classe (interprété avec talent par  Antonin Chalon, le fils de Zabou).  
 

Quant à la fin du film,  j’y ai vu une espérance. Une autre interprétation peut s’imposer à d’autres…
 

Le jeu de tous les acteurs est empreint de naturel, de finesse, de sensibilité.  La performance de Nina Rodriguez m’a particulièrement impressionnée. La musique m’a transportée.

Un film à voir…

Marie-Thérèse Plaine

(1)« No et moi » de Delphine de Vigan est édité en 2007 chez JC Lattès

** Voir éventuellement la présentation commerciale du film **