2- Le dynamisme relationnel, communautaire : vers un nouveau paradigme.
Si on pense « chrétienté » au centre, on s’attend à ce que les autres viennent vers nous dans une dynamique d’attraction : l’église au milieu du village.
Sans peur d’être un peu caricatural, on peut schématiser le fonctionnement du modèle d’église conventionnelle (locale) ainsi : un groupe, un bâtiment, un programme, avec trois dimensions : la célébration (mouvement vertical : louange/adoration), la communion (horizontale), et la mission (rapport entre l’église et le « monde », les « gens du dehors »). L’évangélisation a pour but d’aller chercher « les gens du dehors » pour les amener dans le bâtiment, et les transformer comme « les gens du dedans ». Le programme règle les dilemmes entre célébration, communion, mission. L’église « idéale » est celle qui a le plus gros programme, pour attirer le plus de personnes, dans le plus gros bâtiment…
Or dans la post-chrétienté dans laquelle nous sommes entrés, nous sommes en marge de la culture. Le seul moyen de survivre quand on est marginal, c’est d’inverser la dynamique, sortir, aller vers… vers notre société, notre monde, qui est un entrelacement de réseaux. Chacun appartient à plusieurs réseaux (on parle de « tribus »).
Eric nous fait revisiter cette dynamique de réseaux, déjà présente dans le choix des apôtres par Jésus, à partir de Jean 1 35-51 (cousins, frères, habitants de la même ville,…).
Vers un nouveau paradigme :
Du modèle conventionnel …
- le réseau est extérieur, on procède par invitation : par exemple un sondage d’opinion nous permet de comprendre la composition sociologique de l’environnement de l’église, et faire des invitations à des personnes ciblées pour un événement particulier,
- objectif : présentation / évangélisation : on sort les gens de leur contexte pour leur parler d’évangélisation,
- Le choix se fait sous le mode le la confrontation : dire « oui » pour être sauvé,
- L’entrée dans la communauté nécessite une initiation : quelqu’un qui vient de l’extérieur dans une église locale a tellement besoin de décodage pour comprendre le langage des « gens du dedans » !
- Puis, formation / enseignement une fois qu’on fait partie « du club »… et on forme à imiter…
Et le cycle recommence…
…à l’approche alternative
- le réseau est extérieur, et on s’y intègre : choisir le(s) réseau(x) dans lequel nous sommes à l’aise, authentiques, qui correspond à nos passions. Cela prend du temps. C’est un mouvement inverse du mouvement naturel qui consiste à consacrer tout son temps de ministère à l’église.
- Communauté / authenticité : proposer au réseau de vivre une expérience de communauté chrétienne. S’affranchir de la nécessité d’apprendre la culture chrétienne avant d’appartenir à la communauté. N’est-ce pas un scandale que les gens doivent passer d’abord les murs de l’église avant de rencontrer Jésus ?
- Présentation / découverte : les disciples ont eu un chemin de découverte, mais ne comprenaient pas toujours tout. Mettre la priorité sur la relation de communauté qui permet de voir qui est Jésus.
- Le choix est issu d’un cheminement et non d’une confrontation. On abandonne l’image du pont entre les ténèbres et la lumière, et on passe à l’image du chemin. Pourtant, objectera-t-on, sans Christ tout est mal ? du point de vue du salut, certainement. Mais les non-chrétiens peuvent aimer Dieu, avoir envie de bien faire, être en recherche de sens. Ne vaut-il pas mieux regarder en chacun le chemin parcouru ? Le choix est alors une porte sur le chemin, ouvrant un « avec Jésus ».
- Formation / tribu : formation qui va toucher tout l’individu, et va se dérouler à l’intérieur du réseau, sur un mode interactif.
















