Vendredi, 24 Avril 2009 14:43
Marie-Thérèse Plaine
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1 - L’implantation d’église : duplication ou innovation ?Un nouveau modèle, pourquoi, pour quoi faire ?Eric avait choisi l’une des dernières chansons de Laurent Voulzy pour nous faire toucher du doigt ce « pourquoi ? » :
« Jésus, l’entends-tu ?
Ces filles et ces garçons perdus
Ne sont-ils pas assez précieux
Pour tes yeux délicats ? »
Où est Jésus ? Pourquoi tous ces perdus ? Pourquoi cette question alors que Jésus agit à travers nous ? N’y a-t-il pas un fossé entre ce que nous voulons mettre en place pour Christ, et les gens qui continuent à se perdre ? N’est-ce pas lié au modèle d’église que nous voulons implanter, aux structures que nous perpétuons ?
Mat 14.24 nous invite à sortir du bateau. Les disciples rament, mais n’avancent pas, car le vent est contraire. Ils sont pourtant professionnels, et ne manquent pas de ressources. Pierre a dû sortir du bateau : cela n’a aucun sens !
C’est pourtant l’interpellation qu’Eric a reçue personnellement. Et c’est avec un mélange d’angoisse et de passion qu’entendant l’appel de Jésus, il se dirige vers où Il veut. Jésus est-il toujours dans la barque ?
Passant de la modernité à la post-modernité, nous nous situons dans un virage sans visibilité.
L’Homme est de plus en plus spirituel, mais de moins en moins attiré par l’église.
Très schématiquement, il dit :
« Non » à :
| « Oui » à :
|
L’église La cohérence La compréhension La Vérité L’absolu Le collectif L’institution / l’autorité
| La spiritualité L’expérience
L’émotion
Les vérités Le personnel : « moi, je crois que… » L’individuel La communauté
|
Passant également de la chrétienté à la post-chrétienté, la culture chrétienne qui était la référence, inscrite au cœur de la vie, devient marginale. Il était autrefois naturel de penser que l’église était un pôle d’attraction. Cette nouvelle marginalité, si nous l’assumions, devrait nous forcer à sortir (de nos habitudes, de notre bateau, …) pour devenir « missionnel ».
Ne devons-nous pas passer d’une ecclésiologie conventionnelle (d’églises traditionnelles ou contemporaines) à une ecclésiologie émancipée, qui questionne les conventions-mêmes : faut-il un culte ? Faut-il prêcher ? Faut-il un conseil qui ait l’autorité ? Faut-il faire de l’évangélisation ? … Inévitablement, nous devrons sortir « out of the box »…
A cela, des objections se lèvent, mais trouvent vite leurs limites. En voici deux parmi d’autres :
- l’église « biblique » : un modèle d’église biblique, n’est ce pas une utopie ? de quelle église biblique parle-t-on ? de celle d’Antioche ? de Jérusalem ? de Rome ? Déjà trois modèles différents.
- La pérennité de la forme : ne devrait-on pas parler d’idolâtrie de la forme ? la forme (d’église, du culte, …) est-elle si importante ? Un format serait-il porteur de bénédictions ?
Alors, duplication ou innovation pour implanter une église ?
Il existe deux types d’approches d’implantation :
- partir de l’objectif, définir les ressources, passer à l’action,
- partir de l’action (en ayant en amont une vision, une passion), ), l'action produit des ressources, puis on définit l’objectif.
Le premier mode est celui de l’église contemporaine, celui du type « manager », qui utilise une stratégie de duplication et d’adaptation.
Le deuxième, est celui d’une église émergente, un modèle qui ressort de notre propre culture, et permet de vivre l’église comme une rencontre entre le message de Dieu et l’histoire et la culture de l’Homme. Stratégie d’entrepreneur, qui prend des risques, qui demande humilité, questionnement (plus important que les réponses), ouverture, audace. Aucun modèle à dupliquer, mais une source d’inspiration, une attitude, des principes.
Mais, que faire quand la culture ne porte pas les valeurs de l’Evangile ? Examiner les valeurs qui doivent faire l’objet de « rédemption », et reconnaître que l’Evangile ne dépend pas de la forme, mais de la personne. Christ bâtit toujours Son Eglise.