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La nouvelle Revue des Cèdres vaut la peine d’être (re)découverte !

La belle édition du site www.revuedescedres.ch précise qu’elle a fait peau neuve en 2010, en prenant le relais du “Bulletin des Cèdres” publié dès 1995, mais c’est en fait un nouveau tonique qu’il y a là dans le long drink théologique protestant. « Orientés sur la vulgarisation théologique, ses contenus touchent à des questions sociétales, éthiques, religieuses et, plus largement, à l’humain. » Avec des articles courts, des contenus variés et « une large palette de réflexions et de témoignages ». En témoigne sa dernière livraison de 167 pages en 21 articles pétillants, rédigés par les enseignants-chercheurs-acteurs les plus en pointe de la théologie pratique francophone contemporaine. Passionnante, poétique, journalistique, existentielle, théologiquement humaine… et vivifiante ! Pour vous donner envie de participer à ces nouvelles conversations, servez-vous, en voici quelques extraits sous le sommaire du numéro 46, « L’Eglise, pour y venir », millésime 2017. C’est l’happy hour à Lausanne, c’est-a-dire qu’un petit cocktail vous est offert : vous êtes invités. D.G

Se muer en Eglise, Dimitri Andronicos et Jean-Christophe Emery, p 5

« Il y a ce mot, changement, qui colle à la peau. Se réveiller un matin et se dire que peut-être nous avons changé. Ou alors, plus volontariste, qu’il faudra changer quelque chose ; au moins son alimentation, ou son mode de vie. Prononcez-le avec la lenteur nécessaire comme un mantra, dites-le à vous-même, nous verrons bien ce qui en sort : « Tu dois changer ta vie ! » Exhortation constante, répétée, parce que finalement, il y a toujours ce quelque chose qui ne joue pas, qui a besoin d’un petit pas de côté.(…) Occasion d’espérance et d’investigation, l’Eglise est appelée à faire monde, à le co-constituer, à participer à la recherche inépuisable du sens en faveur d’un vivre ensemble à réinventer et d’une existence intensifier. » (Éditorial)

 

Nos histoires et nos conversations : identités, traditions et communauté, Philippe Gonzalez , p 7

« Méditer nos histoires et entretenir une conversation sont deux activités qui caractérisent « l’Eglise émergente » (…) « s’agit-il de prendre la vie de Jésus pour modèle – au risque d’imposer à la communauté chrétienne une éthique surhumaine, l’enjoignant à se faire l’avant-garde de la révolution sociale ? Ou s’agit-il de cultiver les paradoxes de la figure du Christ (homme/Dieu, né d’une vierge, roi/crucifié, etc.) comme autant de lieux indéfiniment ouverts permettant de méditer les ombres et les lumières qui traversent nos destins tant individuels que collectifs ? » (…)

 

Biodiversité ecclésiale, Sabrina Müller, p 15

« Pendant longtemps, en Suisse, on a planté des forêts entières d’épicéa. Celui-ci pousse facilement, il ne requiert que peu de soins et fournit rapidement du bois. Aujourd’hui, on s’éloigne de ce modèle de monoculture et on retrouve des forêts où la biodiversité domine. Des espèces animales, ou des plantes locales, que la monoculture avait mises en danger ou appauvries, peuvent retrouver leur place : les guêpes forestières, les abeilles sauvages, les oiseaux et leurs chants. Les forêts offrent ainsi à nouveau un espace, une protection, pour une variété de plantes, d’animaux, d’insectes et de champignons. Monoculture et biodiversité représentent d’utiles métaphores pour décrire la situation actuelle des Églises en Europe. (…) Finalement, il faut que la diversité des engagements soit reconnue comme complémentarité et non comme concurrence. De ce changement de climat théologique et structurel peuvent pousser de nouvelles plantes et naître de nouveaux biotopes. » (…)

 

L’obsolescence de la paroisse, Jean-Marc Tétaz, p 23

« L’obsolescence des paroisses ne signe […] pas la mort de la dimension communautaire du christianisme protestant. Elle invite au contraire à inventer de nouvelles formes d’organisation, à la fois plus souples, mieux adaptées aux modes de vie contemporains et capables de mieux intégrer les formes plurielles que prend le christianisme au XXIème siècle. (…) C’est l’imbrication de la mémoire culturelle dont l’Eglise est porteuse avec les formes de mémoire collective portées par les groupes qui permet aux églises d’être des lieux dans lesquels peut ”palpite[r] quelque chose d’une vie symbolique“.» (…)

 

L’Eglise qui fait vivre, ou nous qui faisons vivre l’Eglise ? Elisabeth Parmentier, p 33

« Cet article veut montrer une ”double contraintes“ qui pèsent sur les églises issue de la Réforme : elles ont été en quête d’une réconciliation qui surmonte la concurrence – mais dès lors que de telles dynamiques se déploient, elle reprennent des distances, par souci de leur “identité”. Mais une identité définie par quoi ? Une seconde tendance majeur sera ici notée : classiquement, l’identité de l’église protestante est définie par les confessions de foi et les catéchismes, à partir des dons de Dieu. Mais aujourd’hui, de nouvelles églises se déploient qui n’ont cure d’affirmations confessionnelles et qui s’orientent à partir des besoins locaux et des projets missionnaires – deux orientations antagonistes ? » (…)

 

Stratégies ecclésiales en Allemagne, Fritz Lienhard, p 41

« À l’instar de la plupart des pays européens, l’Allemagne est confrontée à une crise du christianisme. Cela vaut pour l’appartenance aux Églises, mais aussi la fréquentation des cultes, la foi en Dieu et le fait de se désigner comme quelqu’un de religieux. (…) comment arbitrer dans ce débat ? Dans une certaine flexibilité pourrait […] se développer la biodiversité pastorale nécessaire à l’épanouissement de la vie ecclésiale dans les différents milieux, de même que la biodiversité naturelle permet à la vie biologique de se développer dans des climats fort variés. » (…)

 

La pertinence de l’Eglise aujourd’hui, Pierre Gisel, p 49

« L’église ne doit pas s’imaginer comme contre modèle-social, ni ne doit non plus se vouloir communauté idéale. Elle a à restituer, au cœur du social, des questions décalantes et hétérogènes, et à les rendre fructueuses pour le monde et l’humain. L’Eglise n’est pas appelée à apporter ”un plus“, mais à faire voir le monde autrement. L’orienter autrement, ou en proposer une autre habitation. » (…)

 

L’Eglise en appels, Michel Kocher, p 57

L’Eglise est une réponse… À quels appels ? Dans ma pratique d’homme de médias, l’ecclésiologie protestante est une construction spirituelle, théologique et institutionnelle assez claire, mais placée devant des défis nombreux et entrelacés qui rendent la discussion complexe et trop souvent peu fructueuse. Ma priorité, dans les lignes qui suivent, est de commencer un travail de démêlage. Je me propose de dégager une couche d’origine dont la clarification doit faciliter l’échange et la réflexion autour des réalités contemporaines. Cette origine théologique, c’est l’Eglise entendue comme réponse à un appel. D’où le sous-titre de cet article : pour une petite et ecclésiologie de l’appel. » (…)

 

Des Eglises en version méga, Jean-Christophe Emery, p 71

« Un succès planétaire. Une musique contemporaine entraînante, une débauche de technique, une prédication émotionnelle à substrat conservateur solidement orientée vers l’actualité, une stratégie de développement à faire pâlir Nestlé ou Apple, une palette gargantuesque de groupes de soutien et une mécanique de mise en lien finement huilée, ce portrait-robot de la Mega-Église contemporaine se décline en d’infinies variations (…) Leur succès planétaire peut être vu comme un symptôme de la globalisation du religieux, mais il peut également faire l’objet d’une prise de conscience du considérable potentiel adaptatif du christianisme. » (…)

 

Jalons pour une ecclésiologie de postchrétienté, Gabriel Monet, p 81

« Et si la décroissance de l’Eglise était une chance ? » (…)

 

Les désaffiliations religieuses dans la logique des Eglises en mutation, Caroline Gachet, p 91

« Du point de vue de la sociologie des religions, un angle d’approche intéressant pour étudier les églises dites traditionnelles est de questionner le renouvellement de leurs générations de croyants et de pratiquants. (…) Pour résumer de manière très simple, on apprend depuis tout petit à ”être évangélique“, à ”faire partie de la famille évangélique“ et à ”adhérer à la vision du monde évangélique“ (…) Pourquoi décide-t-on de partir ? » (…)

 

Bref historique de la présence des Eglises sur le web, Nicolas Friedli, p 101

« Avant 2005, nous sommes dans la période des débuts. (…) Autour de 2005, nous entrons dans la période du web 2.0 (…) En 2008, nous sommes entrés dans la période des réseaux sociaux (…) À partir de 2015-2016, nous entrons dans la période du contrôle. » « (…) voici quelques pistes à la fois floues et concrètes, qui pourraient être formulées ainsi : en tant qu’institution :

. Je reconnais que j’ai perdu la maîtrise de l’agenda sociétal. Je peux y prendre ma part – je dois y prendre ma part -, mais je ne suis pas seule à dicter le tempo » (…) . (…) « Je soutiens l’audace justement parce que je suis une institution. »

 

« Etre et faire Eglise » aujourd’hui Jean-François Habermacher, p 109

« À mes yeux, il n’y aura pas de renouveau du christianisme et des Églises sans une reprise de fond de ce qu’être chrétien veut dire aujourd’hui, en lien avec les questions de tous et les défis de société auxquels nous sommes confrontés. Les différentes manières ”d’être“ ou de ”faire église“ aujourd’hui n’échapperont pas à cette tâche exigeante qu’est le long travail de la pensée et de son attestation individuelle, communautaire et institutionnelle. » (…)

 

Eglises et sociétés liquides, Jean-Denis Kraege, p 121

« Les messy churches ou les fresh expression churches visent, nous dit-on, à répondre aux 50 à 60 % de la population qui seraient potentiellement intéressés au ”religieux“ et attachés à ce que les sociologues appellent une société ”liquide“. Seuls 20 % de nos contemporains essaieraient encore de se réfugier dans un monde ”solide“. (…) « On est en droit de toutefois poser plusieurs questions face à ces divers constats. »

 

Une Eglise entre vocation et profession, Entretien avec Nicolas Besson, p 127

« La nécessaire adaptation des Églises au changement de société bute souvent sur les complexités institutionnelles. Sans recette, ni leçon, Nicolas Besson, en charge des ressources humaines dans l’Eglise Evangélique Réformée du canton de Vaud (EERV), livre quelques éléments de son expérience. »

« (…) Le travail sur soi, en confrontant sa vie à l’Évangile, conduit à ne pas seulement prêcher un savoir religieux, mais à témoigner d’une certaine façon de voir le monde et de considérer l’humain, en toute authenticité. Cette herméneutique existentielle constitue, de mon point de vue, la compétence professionnelle fondamentale à réinvestir pleinement. » (…)

Une confiance renouvelée pour l’Eglise, Simon Weber, p 137

« Le laboratoire Khi Recherche et Développement de l’EERV cherche à faire évoluer l’église pour lui permettre de mieux faire face aux changements de la société. Il effectue un travail d’analyse, s’intéresse aux initiatives d’autres Églises et développe des outils. À sa tête, Simon Weber livre ses observations et ses pistes préférentielles. »

« (…) Je ne rêve pas d’une église idéale à mettre en œuvre à la force du poignet. J’avance pas à pas et me laisse surprendre. La prochaine étape consiste à favoriser des libérations au sein des acteurs de l’Eglise. Libérations des habitudes, des culpabilités, des contraintes que l’on se fixe. L’idée est de retrouver une fraîcheur nouvelle et une meilleure écoute face aux demandes réelles de sens et de spiritualité »

 

Les Eglises, entre pratique et théologie, Elise Cairus, p 143

L’expérience du LAB, Carolina Costa, p 149

La croissance communautaire, Nicolas Lüthi, p 157

L’Eglise de demain sera communautaire, Benjamin Corbaz, p 161

Envoi : D’Eglise et de sable, Dimitri Andronicos, p 167

 

Abonnement annuel (en Suisse seulement) Fr 20. Abonnement de soutien : Fr 30.-

Les numéros peuvent être commandés au prix de Fr 15.- pièce (plus frais de port).

http://revuedescedres.ch/a-propos/ pour la France.