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Défiance/confiance. Individualisme/convivialité.

Des recherches montrent comment l’affaiblissement du « lien social » engendre un ensemble de conséquences malheureuses de la violence à la maladie. Plus généralement, la tonalité des attitudes vis- à- vis d’autrui a des effets sensibles. « Défiance, confiance. Quel style de relation ? Quelle société ? »lire l’article Cette question peut être envisagée à l’échelle historique. A ce propos, le livre d’Alain Peyrefitte : « La société de confiance » (1) montre qu’à l’échelle internationale et dans la durée, certaines sociétés se sont révélées plus propices à la confiance et en ont tiré beaucoup d’avantages. Cette attitude n’est pas sans rapport avec un positionnement spirituel et religieux.

Cette question se pose aujourd’hui en France qui n’est pas la mieux placée en raison des séquelles d’un héritage défavorable à beaucoup d’égards. Certes, on peut s’interroger également sur les incidences des changements actuels sur le plan social et culturel en redoutant les progrès de l’individualisme. Mais il nous semble que nous entrons dans une situation nouvelle, où le développement de l’autonomie s’articule avec un besoin et un désir de relations, qui se manifeste sous des formes multiples.
A cet égard, la fête des voisins qui se développe aujourd’hui, s’inscrit dans une tendance de fond. La progression de cet événement en témoigne. Cette innovation sociale est d’origine française. En 2000, l’association « Paris d’amis », créée en 1990, prend le nom de « Immeubles en fête » et organise une « fête des voisins ». En quelques années, la progression est spectaculaire puisque aujourd’hui la fête des voisins mobilise plusieurs millions de français et que cette pratique se répand à l’étranger.

A l’origine de cette initiative…

Un homme est à l’origine de cette initiative : Atanase Périfan. Son parcours est particulièrement évocateur. Atanase Périfan, né de parents grec et roumain, a le sens de l’accueil depuis toujours. Ses parents ayant bénéficié à leur arrivée d’une forte solidarité, ils ont reproduit cette tradition d’accueil … en inspirant leur fils. Adolescent, il devient scout. Informaticien, il s’engage dans l’associatif en montant une entreprise au service de causes humanitaires. En 1989, conseiller municipal dans le XVIIème arrondissement, il découvre la détresse de beaucoup de gens, et, pour y faire face, il crée en 1990 une association : « Paris d’amis ». Celle-ci lance des actions pour renforcer les liens sociaux et développer un sentiment d’appartenance à un même quartier ? C’est un réseau de solidarité de 3000 foyers qui réinvente l’aide de proximité au service des personnes seules ou peu mobiles et le « parrainage » du voisin en difficulté. En sept ans, « Paris d’amis » trouve 400 emplois dans les seules entreprises du quartier et crée un réseau de halte garderies à domicile.

Une nouvelle dynamique

En l’an 2000, Atanase Périfan prend l’initiative d’instaurer la journée : « immeubles en fête » qui va se répéter ensuite chaque année dans la France entière, le dernier mardi du mois de mai. Atanase Périfan nous décrit son intention : « Plus perfide que la pauvreté, est le manque de confiance en l’avenir qui tue l’élan vital. Dans une société où personne ne veut plus prendre de risques, il faut donc proposer une chose toute simple comme un apéritif en une cour d’immeuble pour se connaître. On ne décrète pas l’enthousiasme… Il faut stimuler les gens et leur rendre l’initiative. La fête peut être un catalyseur pour rompre l’anonymat et recréer une solidarité de proximité ».
Aujourd’hui quadragénaire, Atanase continue à vivre à Paris avec sa femme et ses quatre enfants dans un quartier du XVIIème. Il vient d’écrire un livre : « Pas de quartier pour l’indifférence, pour en finir avec la France dépressive » (3).
En 2007, 5 millions de français ont fêté leurs voisins. Atanase Périfan compte aller plus loin, transformer l’ambiance d’un soir en des réflexes quotidiens de petits services et d’entraide de voisinage. Il lance pour cela le programme : « Voisins solidaires » avec « une heure citoyenne » consacrée à son voisin de palier âgé, la mère de famille seule…
Ce parcours (3) est un bel exemple de ce qu’un homme peut réaliser dans une inspiration positive. Cet itinéraire s’inscrit parmi celui d’autres innovateurs sociaux, tel que Laurent de Cherisey nous les décrit dans son livre : « recherche volontaire pour changer le monde. Les clés du succès de ceux qui l’ont fait » dont nous venons de rendre compte sur ce site : « Changer, c’est possible ! » lire l’articleComme l’écrit cet auteur, « Avec chacun de nous, le monde a de l’avenir ».

Entrons dans cette initiative !

On trouvera toute l’information et le savoir-faire sur « la fête des voisins » en allant sur le site www.immeublesenfete.com

Cette année, c’est le mardi 27 mai 2008.
« L’association fédère tous les acteurs de la ville (élus, institutions publiques, commerces de proximité, relais associatifs et habitants) autour d’un rendez-vous commun. Plus qu’une fête, elle donne l’occasion à chacun de penser sa ville, sa vie, ses rapports humains autrement. Là où elle se produit, la fête des voisins fonctionne comme un signal attendu, un déclic social, générateur d’une multitude de comportements positifs et inventifs. Au delà des gestes de convivialité, le jour J, on assiste souvent à l’expression inattendue d’une citoyenneté active et concrète, des réflexes de citoyenneté retrouvée » .

Qui est mon prochain ?

Ne peut-on voir dans cette initiative un « signe des temps » où l’on peut déchiffrer l’action de l’Esprit ?
La parole évangélique remonte en nous : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même… Fais cela et tu vivras… Mais qui donc est mon prochain ?… A ton avis, lequel des trois s’est montré le prochain de l’homme qui a été victime des brigands ? (ici de l’isolement, de l’indifférence…)… C’est celui qui a eu pitié de lui, répondit l’enseignant de la loi. Et bien, va et agis de même, lui dit Jésus » (Luc 10/25-37). Fête des voisins ! Fête du prochain…

(1) Peyrefitte (Alain). La société de confiance. Odile Jacob, 1995.
(2) Périfan (Atanase). Pas de quartier pour l’indifférence, pour en finir avec une France dépressive. Table ronde, 2006.
(3) Des informations sur ce parcours dans différents sites : Wikipedia, blogelycee, nouvellescles…
(4) Cherisey (Laurent de). Recherche volontaire pour changer le monde. Les clés du succès de ceux qui l’ont fait. Presses de la Renaissance, février 2008.