Un dialogue vaste et diversifié.
Effectivement, cette théologie s’élabore dans le contexte d’un dialogue vaste et diversifié. Ce dialogue s’exerce dans un grand nombre de directions avec des dominantes et des variantes selon les époques.
Ainsi, dans les années 60, autour de la « théologie de l’espérance », un débat actif s’engage avec des marxistes. Cette théologie trouvera écho chez des chrétiens actifs politiquement. Elle fait sens, par exemple, dans la théologie de la libération en Amérique latine.
Ce dialogue s’exerce aussi, d’un bout à l’autre, au sein du monde des théologiens. Moltmann nous fait entrer dans les coulisses de cet univers. « Ma contribution à la théologie implique une intense « conversation » entre théologiens du passé ou du présent » (p. 286).
Jusqu’aux années 60, la théologie allemande occupe une position prééminente dans le monde chrétien. Si on ajoute l’audience internationale de Moltmann, celui-ci est en dialogue avec la plupart des théologiens les plus influents de la planète.
Moltmann est présent dans des champs très variés. Ainsi il nous fait part de sa participation active à la revue Concilium engagée dans la ligne du Concile Vatican II. Il note ses relations amicales avec des théologiens catholiques comme Hans Küng. Il participe tout naturellement aux instances du Conseil œcuménique des Eglises. On remarque aussi son investissement dans le dialogue judéo-chrétien. Cet investissement correspond par ailleurs à une forte prise en compte de l’Ancien Testament dans sa théologie. Cette conversation s’étend à bien d’autres registres, comme, par exemple, une relation avec de nombreux scientifiques, ouverture indispensable pour penser une théologie de la création.
Ce dialogue se déroule à l’échelle internationale. À cet égard, le compte des déplacements de Jürgen et Elizabeth Moltmann est impressionnant. Ainsi, a-t-il reçu aux Etats-Unis un accueil particulièrement chaleureux si bien qu’il intitule un de ses chapitres « Le rêve américain ». Il y effectue en particulier un long séjour de 1967 à1968. « Mon accent sur la puissance créatrice de l’espoir et l’eschatologie de la venue du Royaume de Dieu comme promesse et exigence a touché apparemment une corde sensible dans l’âme américaine avec son sentiment du possible et son sens de l’expérimentation » (p.142). Au total, Jürgen Moltmann s’est rendu dans de très nombreux pays. On peut noter ici de longs et fructueux séjours en Asie.
















