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Une théologie pour lEglise émergente. Quest-ce qu'une "orthodoxie généreuse" - La foi chrétienne : quels fondements ?

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Index de l'article
Une théologie pour lEglise émergente. Quest-ce qu'une "orthodoxie généreuse"
Une théologie pour l’Église émergente ?
Une orthodoxie généreuse
La foi chrétienne : quels fondements ?
Un christianisme pluriel : l’apport des cultures chrétiennes
Un nouvel horizon
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La foi chrétienne : quels fondements ?

Dire sa foi chrétienne, c’est également l’exprimer en des termes qui la distinguent de certaines images sur Dieu, la religion, le salut qui vont à l’encontre du message de Jésus et qui suscitent le rejet. Brian McLaren se déclare chrétien parce qu’il place sa confiance en Jésus-Christ. Cette relation s’enracine dans son enfance. Puis elle a évolué au cours de son itinéraire de vie. Brian McLaren nous introduit ainsi dans les sept visages de Jésus qu’il a successivement rencontrés.

Le premier visage est celui qui nous est présenté par le « protestantisme conservateur ». Ici la figure centrale est la crucifixion de Jésus. Jésus nous sauve en mourant sur la croix. Il absorbe ainsi mystérieusement la punition de tout le mal que l’homme a réalisé au cours de l’histoire. Son sacrifice efface la culpabilité. En mourant, Jésus nous ouvre la porte non seulement du ciel au-delà de la vie sur terre, mais à une vraie communion avec Dieu, durant cette vie, qui que vous soyez, et quoi que vous ayez pu faire. Brian nous dit combien cette annonce a répondu à ses besoins personnels, puis comment progressivement elle lui est apparue incomplète. Est-ce que l’Évangile est là seulement pour sauver quelques âmes individuelles, comme un canot de sauvetage dans un grand naufrage ? Ou est-ce qu’il apporte aussi une espérance pour les cultures humaines engagées dans l’histoire ? Et d’autre part, en se focalisant sur la croix, est-ce qu’on ne passe pas à côté des enseignements bienfaisants de la vie de Jésus ?

Au cours de son itinéraire spirituel, Brian a ensuite rencontré un second visage de Jésus, le Jésus pentecôtiste/charismatique. Si le précédent visage de Jésus était devenu quelque peu abstrait, le Jésus pentecôtiste était lui, proche, présent et impliqué dans la vie quotidienne. Brian a retrouvé ici les récits qui avaient gagné son cœur d’enfant. Il a commencé à s’attendre à de puissantes interventions divines. Il a réalisé que le Saint Esprit n’était pas moins que la présence réelle de Jésus. Jésus est vivant et actif. Cette rencontre a donc été une bénédiction. Cependant des questions sont également apparues. La Bonne Nouvelle apportée par Jésus, n’a-t-elle pas une portée encore plus vaste que le « Plein Évangile » ? Ne revêt-elle pas aussi une dimension sociale et historique ?

C’est à cette époque que Brian McLaren a rencontré le visage de Jésus dans l’univers du catholicisme, en particulier à travers la lecture d’écrivains et de penseurs comme Thomas Merton, Henri Nouwen, Romano Guardini et Gabriel Marcel. Là, l’accent était mis sur la manière dont Jésus sauve l’Église en ressuscitant des morts. À travers la résurrection, Dieu a vaincu la mort et tout ce qui va avec. En entrant dans le pire de l’existence : la souffrance et la mort, et en effectuant une brèche à travers cette situation, Jésus ouvre la voie au ciel, à la vie avec Dieu jusqu’au-delà de la vie terrestre.

Brian a ensuite découvert une dimension nouvelle dans le visage de Jésus telle que nous le présente l’orthodoxie orientale. « J’avais appris que les leaders de l’Église primitive décrivaient le Dieu trinitaire en terme de danse. La Trinité était la danse éternelle entre Père, le Fils et l’Esprit partageant l’amour mutuel, le respect, la joie, le bonheur. La création signifie que Dieu invite de plus en plus d’êtres à participer à cette dans danse de joie éternelle ». Le péché vient contredire cette harmonie. En Jésus, Dieu entre dans la création pour restaurer la communion.
« Si le Jésus évangélique sauve en mourant, le Jésus pentecôtiste en envoyant son Esprit, et le Jésus catholique en ressuscitant de la mort, le Jésus de l’orthodoxie orientale nous sauve simplement en naissant, en venant parmi nous ». Dieu attire la vie humaine de Jésus en sa propre vie éternelle, et en faisant ainsi, il attire également le peuple de Jésus, la race humaine et l’histoire de tout l’univers. Comme l’humanité et toute la création entre en Dieu, à travers Jésus, Dieu entre aussi dans l’humanité et la création. Et Dieu n’abandonnera jamais jusqu’à ce que toute la création soit délivrée et guérie. La vie, l’amour, la puissance de Dieu sont si grands qu’ils submergent et réduisent à néant la mort, la souffrance, le mal. À travers cette vision, nous dit Brian, « j’ai commencé à percevoir comment Jésus pouvait être le Sauveur, pas seulement de quelques êtres humains, mais du monde entier. Et quelque part j’ai commencé à voir comment mon salut personnel n’était pas séparé du salut du monde, mais en faisait partie. »

Venant d’un milieu opposé au « protestantisme libéral », Brian McLaren nourrissait à son égard beaucoup de suspicion. Mais fréquentant une église épiscopalienne au début de son mariage, par cet intermédiaire il commença à rencontrer des chrétiens de cette mouvance. Beaucoup d’entre eux cherchaient à combler des déficiences qu’ils percevaient chez les protestants conservateurs. Brian McLaren pouvait facilement les comprendre !. Il se rendit compte que, dans l’Évangile, ils mettaient l’accent sur les paroles et les actes de Jésus. Ses enseignements et ses gestes ouvraient la voie à un genre de vie capable d’apporter une bénédiction pour le monde entier, pas seulement dans les relations personnelles, mais aussi dans les structures politiques et culturelles de notre société. Si certains protestants de ce courant, mais pas tous, sont réfractaires à la dimension miraculeuse, ils recherchent la signification des récits correspondants pour la mettre en pratique.

Durant son adolescence, croyant en des aspirations pacifistes au cours de la guerre du Vietnam, Brian McLaren a commencé à apprécier les vertus du milieu anabaptiste. Pour les chrétiens anabaptistes, le cœur de l’Évangile réside dans les enseignements de Jésus et, en particulier dans l’éthique qu’Il nous apporte. Ils se concentrent ainsi sur l’application de ces principes dans la vie quotidienne, particulièrement dans la relation avec le prochain. Et, de plus, ils conçoivent l’Eglise comme la poursuite de la communauté de disciples formée par Jésus.

Brian McLaren nous parle ensuite du visage de Jésus dans la théologie de la libération. Et il aurait pu continuer cette galerie de portraits… Mais quel enseignement peut-on tirer à partir de là ? Brian McLaren nous dit combien sa vision de Jésus s’est nourrie et élargie à travers ces rencontres successives. Aujourd’hui, certaines appellations comme : post-dénominationnel, post-libéral, post-conservateur, expriment le désir de dépasser les polarisations et le sectarisme. Jusqu’à ces dernières décennies, chaque groupe trouvait son identité dans une de ses images de Jésus en critiquant souvent celles des autres. Mais aujourd’hui, une voie nouvelle est ouverte. Pourquoi ne pas voir ces différents accents comme des projections partielles qui ensemble peuvent créer un hologramme : une vision plus riche, multidimensionnelle de Jésus ? Dans une « généreuse orthodoxie », nous pouvons partager ces différents apports comme des cadeaux.


Mis à jour ( Lundi, 04 Août 2008 12:42 )  
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