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Une théologie pour lEglise émergente. Quest-ce qu'une "orthodoxie généreuse" - Une théologie pour l’Église émergente ?

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Index de l'article
Une théologie pour lEglise émergente. Quest-ce qu'une "orthodoxie généreuse"
Une théologie pour l’Église émergente ?
Une orthodoxie généreuse
La foi chrétienne : quels fondements ?
Un christianisme pluriel : l’apport des cultures chrétiennes
Un nouvel horizon
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Une théologie pour l’Église émergente ?

L’Eglise émergente s’inscrit dans ce contexte. Des pratiques nouvelles se développent dans le cadre des innovations. Mais ce mouvement ne se traduit pas seulement par des changements dans l’organisation. Il requiert également un nouvel état d’esprit. Comme l’écrit Michael Moynagh, l’Eglise émergente, ce n’est pas un modèle, c’est un état d’esprit (« good bye models, hello mindset ») (4). De fait, les pionniers de ces communautés nouvelles allient une conviction missionnaire, une ouverture culturelle, et un esprit de respect et d’amour qui rompt avec toute forme de manipulation. Ici, on ne parachute pas un modèle d’église sur les gens. Au contraire, on veut exprimer l’église dans la culture du groupe concerné et non selon les pratiques traditionnelles. Et l’annonce s’inscrit dans un climat de compréhension mutuelle : « Plus que tout autre chose, la mission est une manifestation d’amour et non une entreprise de conversion. Ainsi, il faut apprécier le groupe pour ce qu’il est aujourd’hui. C’est une forme d’amour inconditionnel. C’est l’amour qui dit : « Même si vous ne montrez pas le moindre intérêt pour la foi chrétienne, je suis heureux d’être avec vous. J’apprécie toutes les bonnes choses qu’il y a chez vous et j’en remercie Dieu ».

Cette approche, pour s’exercer avec fruit, et pour susciter des consensus dans le développement des communautés naissantes, requiert une réflexion théologique bien au-delà de la seule ecclésiologie. Et cette réflexion est bien présente dans les livres des pionniers de l’Eglise émergente que sont Michael Moynagh, Stuart Murray et Pete Ward.

Ainsi, dans son livre sur la sortie de la chrétienté : « Post christendom. Church and mission in a strange new world » (5), Stuart Murray nous montre comment l’entrée dans l’Empire Romain a influencé les représentations religieuses et combien, dans un contexte entièrement nouveau, les églises sont appelées à faire un tri.

Dans son livre sur une église qui s’engage dans une situation de fluidité et de mobilité : « Liquid church » (6), Pete Ward développe une approche théologique qui éclaire sa vision nouvelle de l’église et les contours de la foi commune dans laquelle elle vit et communique.

Dans les années récentes, il y a eu un renouveau d’intérêt pour la compréhension de Dieu « En particulier, il y a une conscience croissante que la vie du peuple de Dieu est intimement liée à l’Être de Dieu. Dieu comme Père, Fils et Saint Esprit en relation, Trinité dans la communion, est perçu comme le modèle qui inspire l’Eglise.» Dans l’adoration, dans le culte, « Nous rencontrons un Dieu relationnel qui est Trinité… Si Dieu est perçu comme un flux de relations, alors nous trouvons une perspective dynamique qui éclaire une genre d’église plus « fluide »… La vision de l’église comme un réseau de relations et de communications revêt une puissante signification symbolique. »

L’Eglise émergente, telle que nous la présente Michael Moynagh, s’inscrit dans une vision théologique. « Dieu s’est engagé dans un acte missionnaire lorsqu’il a créé l’univers. La création a été un mouvement de Dieu vers l’extérieur. Lorsque quelque chose est venu à l’existence, c’est à la suite d’un débordement de la vie du Dieu trinitaire. Aujourd’hui, Dieu continue cette mission en soutenant l’univers, un flux d’amour incessant envers la création. Dieu s’engage aussi dans la mission en rachetant et en libérant le monde. Cette rédemption est rendue possible à travers la mort et la résurrection de Christ. Elle continue à travers Christ dans l’Esprit. L’objectif de Dieu est de restaurer et de rendre parfaite la création dans son ensemble. En conséquence, la mission n’est pas un additif pour l’Eglise. Quand elle s’engage dans la mission, l’Eglise devient pareille à Dieu. Elle s’en sépare lorsqu’elle néglige la mission. » (4)

Le nouveau livre de Brian McLaren « Generous orthodoxy » s’inscrit dans le même courant de pensée, mais il est entièrement consacré à une réflexion sur le message chrétien dans le contexte des aspirations et des interrogations exprimées par les gens aujourd’hui. Et à ce titre, il répond à la requête de l’Eglise émergente qui appelle un nouvel état d’esprit. Brian McLaren, fondateur et pasteur d’une église innovante et non-dénominationnelle dans la région de Baltimore-Washington aux États-Unis, est aussi l’auteur de plusieurs livres ayant alimenté et suscité le débat concernant les questions que beaucoup de chrétiens se posent aujourd’hui dans un désir d’authenticité et de fidélité à l’enseignement de Jésus. Il est également engagé dans une association qui milite en faveur de l’Eglise émergente.

Avant d’en venir à l’examen de son livre, poursuivons avec lui la réflexion sur la mission déjà engagée par les pionniers de l’Eglise émergente en Grande-Bretagne.

Brian McLaren consacre un chapitre de son livre à cette question : « Why I am missional ». L’emploi du terme « missional » (en mission) plutôt que le mot « missionary » (missionnaire), traduit une volonté d’élargir le concept de la mission. « Des penseurs, tels que David Bosch en Afrique du Sud, Lesslie Newbigin en Inde et en Angleterre, et Vincent Donovan en Tanzanie et aux États-Unis ont commencé à essayer de convaincre les gens que plutôt que d’envisager la missiologie (l’étude des missions) comme branche de la théologie, on peut concevoir la théologie comme une discipline qui s’inscrit dans la mission chrétienne. La théologie est l’Eglise en mission qui s’interroge sur son message, son identité, sa signification. » Ainsi la mission a une portée majeure. Elle ne se borne pas à susciter des conversions individuelles et vise au bien du monde entier. « Jésus vient avec un amour sauveur pour le monde. Il crée l’Eglise comme une communauté en mission pour que nous puissions nous joindre à Lui dans sa mission de sauver le monde… » Cette approche change tout. Entre autres choses, elle élimine les vieilles « dichotomies » entre « évangélisation » et « action sociale ». Les deux participent à l’amour sauveur de Jésus pour le monde. Nous accueillons ceux qui désirent devenir chrétiens (que ce soit à travers notre annonce ou notre témoignage). Et, quant à ceux qui ne le deviennent pas, nous les aimons et les servons selon Dieu, en recherchant pour eux le bien, la bénédiction et la paix… » . Jésus était juif et se percevait comme descendant d’Abraham. Dieu a dit à Abraham : « Je te bénirai et je ferai de toi une bénédiction pour les autres. Je rendrai grand ton nom et ta nation et, à travers toi, toutes les nations seront bénies. » Comme l’a souligné Lesslie Newbigin, « une des plus grandes hérésies dans le monothéisme vient d’avoir retenu seulement la première partie de l’appel à Abraham (Je te bénirai. Je rendrai grand ton nom et ta nation) et d’avoir négligé ou rejeté la seconde partie (Je ferai de toi une bénédiction. Toutes les nations seront bénies à travers toi). L’Eglise émergente est un signe de bénédiction. Elle témoigne de cette « orthodoxie généreuse » que nous allons maintenant découvrir en poursuivant l’examen du livre de Brian McLaren.


Mis à jour ( Lundi, 04 Août 2008 12:42 )  
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