La culture moderne occidentale et le fait spirituel.
À plusieurs reprises, David Hay émet l’hypothèse que le scepticisme hérité du XVIIIè siècle est encore actif dans la culture occidentale et, à une échelle collective, entraîne une censure socioculturelle vis à vis des phénomènes spirituels. Ainsi consacre-t-il un chapitre à ce sujet : « Pourquoi la spiritualité est-elle difficile pour les occidentaux ? ».
À cet égard, on peut analyser l’influence exercée par des philosophes comme René Descartes et Emmanuel Kant. Ainsi Emmanuel Kant affirme qu’on ne peut avoir une expérience directe de la « noumène », c’est à dire des choses comme elles sont en elles-mêmes, en opposition au monde des apparences physiques ou ce que nous pouvons percevoir par nos sens. Pour Kant, il en résulte qu’il est parfaitement correct de réfléchir à Dieu, mais qu’il n’y a aucun moyen de le rencontrer directement. « En d’autres mots, aussi bien pour les gens ordinaires que pour les philosophes, Dieu n’a aucune réalité, excepté d’être l’objet d’une réflexion théorique » (p.33).
Auteure de livres d’édification spirituelle, Leanne Payne a bien montré dans le même sens « la déchirure entre la tête et le cœur » qui est intervenue entre la pensée et l’expérience (8). « Cette déchirure, répandue chez la plupart des chrétiens, se caractérise par le fait qu’ils acceptent une connaissance conceptuelle au sujet de Dieu comme réalité tant en niant simultanément les manières élémentaires d’aimer Dieu, de le connaître et de marcher avec Lui, ces dernières étant plus étroitement liées à la connaissance intuitive sans laquelle nous perdons les bienfaits de la raison et ceux de la connaissance conceptuelle. À cause de cette déchirure entre la connaissance intuitive et la connaissance rationnelle, nous vivons à une époque, où peu de gens, même parmi les chrétiens les plus engagés, croient à la présence réelle de Christ avec et en nous » (p.142).
David Hay identifie dans la culture occidentale, plusieurs obstacles à la reconnaissance de la spiritualité. La « conscience relationnelle » se heurte notamment à un individualisme qui se manifeste sous de nombreuses formes, notamment dans la pratique économique, et aussi à l’abandon de la perspective holistique pendant une longue période
















