Quelles sont les grandes orientations proposées par David Hay ?
Tout d’abord, il met l’accent sur la nécessité de développer davantage une mentalité holistique contemplative (« holistic mind-set »). Aujourd’hui, plusieurs courants psychologiques remettent en valeur le rapport entre le corps et la conscience. En regard, on peut se demander si la prière dans les églises est suffisamment profonde. Cela implique davantage de prière dans la présence de Dieu : s’adresser à Dieu dans l’ici et maintenant, ne pas seulement parler de Dieu, mais parler à Dieu. Si David Hay n’y fait pas directement allusion, il y a lieu évidemment de mentionner le courant charismatique ou pentecôtiste.
La deuxième orientation concerne un usage plus averti et créatif de la métaphore. Les métaphores, images et comparaisons imagées, « sont bien plus que des procédés rhétoriques, elles modèlent la façon dont nous pensons au sujet de la réalité et dont nous agissons » (p.236). D’après les résultats de la recherche, « les figures religieuses du langage sont bien souvent ressenties comme lointaines et peu pertinentes… En fonction de tout ce qui a été dit ici de la métaphore, une recherche majeure est nécessaire pour découvrir en détail la nature de l’écart culturel qui engendre la suspicion vis-à-vis du message religieux ».
La promotion d’une conscience spirituelle a un effet positif sur la vie sociale. David Hay prône un engagement des églises dans le développement de communautés vivantes. Hay cite en exemple « l’expérience de Peckam » qui a été un essai pour réaliser une approche communautaire positive en faveur de la santé dans une vision globale et holistique, un appel à ce que le pionnier de cette
Expérience, Douglas Trotter, appelait : « être pleinement vivant ». La prière est le fondement d’une communauté où l’on s’aime. Comme notre recherche l’a montré, elle est bien plus qu’un moyen d’échapper à la solitude humaine. Elle est aussi la reconnaissance du rôle de notre physiologie dans l’ouverture à une conscience de la transcendance » (p.241).
David Hay nous invite également à développer un dialogue authentique : « La conclusion que je tire de ma recherche est que la plupart des gens sont profondément intéressés par les questions spirituelles… Ils m’ont appris quelques vérités surprenantes sur l’universalité et le sérieux de la recherche d’un sens ultime ; pour le dire dans les termes du langage chrétien, le Saint Esprit est toujours présent et en lien avec toute la création ; si nous voulons redécouvrir la vie intense de l’Esprit qui nous est offerte par la grâce divine, alors il doit suivre qu’il y a beaucoup à apprendre sur les voies de Dieu en écoutant attentivement ce que « les outsiders », tels qu’on les appelle, ont à nous dire sur leur recherche » (p.242).
David Hay recommande un mode de rencontre en terme de dialogue : reconnaître la primauté de la relation personnelle entre moi-même et la personne avec qui je suis en relation et en communication. Son expérience de la recherche a profondément marqué David Hay. « Durant ma recherche à Nottingham, j’ai souvent écouté la manière dont Dieu le Saint Esprit était déjà en train de communiquer avec les gens… Idéalement ce que nous avons découvert ensemble, c’est un mode de dialogue dans le respect mutuel à travers la séparation croissante entre le monde séculier et le monde religieux. Dans ce processus, nous nous sommes engagés nous-même dans la reconstruction d’un langage spirituel commun » (p.244).
David Hay aborde ensuite le problème de la souffrance si présente dans la vie.
















