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Une interpellation pour les églises.
« La spiritualité concerne la relation. Elle consiste à être profondément en communion, corps et âme, avec la totalité de ce que en quoi nous nous trouvons « jeté »… Quand la communion s’atténue ou se brise, nous sommes abandonnés à nos stratagèmes, nous nous réduisons et nous nous appauvrissons, intéressés d’abord et avant tout par la manière de manipuler le monde pour satisfaire nos désirs » (p.209). Ainsi David Hay ne se désintéresse pas de la dimension sociale de la spiritualité. Au contraire, il met en valeur les conséquences néfastes de son recul. Heureusement, nous dit-il, « nos données suggèrent que la conscience spirituelle est enracinée dans la nature humaine ». Et, bien plus, l’énorme montée de l’intérêt pour la spiritualité qui est en train de s’effectuer dans le monde occidental, témoigne de son indestructibilité et est un signe d’espoir » (p.210). Mais il reste un problème ; C’est que « très souvent, la spiritualité est actuellement vécue d’une façon isolée, secrète ». C’est une « spiritualité privatisée », ce qui est une contradiction dans ses propres termes. Au mieux, elle survit alors comme une consolation privée de la personne. Par ailleurs, une « spiritualité privatisée » n’a pas d’impact politique et elle ne peut pas contribuer à la réduction des maux sociaux. Or, en Occident, la représentation sociale de la spiritualité s’est réalisée d’une façon massive, à travers les Eglises. « Comme croyant chrétien », nous dit David Hay, « je suis convaincu que le renouveau spirituel dépend des églises ». Alors quel genre de réponse pouvons-nous en attendre ?
Quel est l’état des lieux. En grande majorité, les britanniques se sont éloignés des églises. Dans son enquête à Nottingham auprès d’une population hors de l’orbite institutionnelle, David Hay a constaté à la fois une recherche spirituelle et une critique très profonde de la pratique religieuse. Quelques reproches sont ainsi formulés : les institutions religieuses entretiennent l’ignorance ; elles sont rigides et autoritaires ; elles sont étroites d’esprit ; elles sont hypocrites ; elles blessent les gens… Bien sûr, toutes les remarques ne sont pas aussi négatives, mais les reproches précédents sont très répandus.
On sait par ailleurs que d’autres enquêtes corroborent ce constat. C’est le cas, par exemple, de la recherche rapportée par Yvonne Richmond et Nick Spencer dans « Beyond the fringe. Researching in a spiritual age » (6). Là aussi, de la part des gens hors des églises, les réponses témoignent à la fois d’aspirations spirituelles et d’une critique sévère des pratiques religieuses.