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* Les Pères de l’Eglise.
Bernard Sesboüé nous montre par quels chemins la théologie catholique va évoluer, en fait, entrer dans une grande mutation. Et le premier chapitre sur « Les Pères de l’Eglise, témoins de la jeunesse de l’Eglise » est une remarquable introduction. Marc Leboucher met bien en scène la démarche initiale lorsqu’il déclare : « Vous avez souhaité partir des Pères de l’Eglise. J’avoue que cela m’étonne parce que le point de départ de la foi, c’est l’événement du Christ, son enseignement et l’Evangile qu’il nous a laissé » (1d). Bernard Sesboüé rappelle alors l’état de la théologie catholique au début du XXème siècle : « Le rapport à la source n’allait plus de soi ». Le changement s’est opéré à travers un double mouvement : un retour à l’Ecriture et aussi un retour aux Pères de l’Eglise et à l’histoire. « Le XXème siècle, comme le soulignera le P. Congar à propos de Vatican II, a pris une distance à l’égard du IIème millénaire, plus proche et qui le conditionnait au départ, pour se retourner vers le premier millénaire ». Les écrits des Pères de l’Eglise renvoient à la source évangélique « parce qu’ils sont d’abord et avant tout une lecture de l’Ecriture. Le terrain d’envol de la théologie chrétienne, ce sont les Ecritures dans leur totalité » (1e).B. Sesboüé nous montre comment ce mouvement a permis de contourner les barrages, les obstacles érigés par les conservateurs : « Ce retour aux Pères de l’Eglise en amont de la scolastique ( la théologie autour de Thomas d’Aquin) a été vu au départ par certains théologiens scolastiques et romains d’un fort mauvais œil… Ce dont ces théologiens ne voyaient pas l’intérêt, c’est précisément ce qui a fait l’effet d’un air frais et neuf : un langage beaucoup moins technique que le langage des scolastiques, et donc plus proche à la fois de l’Ecriture et de l’expérience humaine fondamentale, bref la sève de la foi » (1f). Ce mouvement a nourri la démarche globale du Concile Vatican II « comme un retour au premier millénaire par-delà le second » . Le renouveau patristique, la redécouverte des Pères de l’Eglise, a permis le développement d’un nouveau paradigme. « Cette démarche apparemment innocente et modeste a été le ver dans le fruit de la méthode élaborée dans les temps modernes pour traiter un dossier dogmatique », laquelle partait « d’une proposition doctrinale ». Ecriture et tradition étaient instrumentalisées. Elles avaient perdu leur force d’interpellation constante… » (1g).
















