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* Une histoire instructive.
Pourquoi donc rappeler cette histoire en contrepoint du livre de Bernard Sesboüé qui nous a si bien exposé la mutation de la théologie catholique au XXèME siècle ? De fait, cette histoire est instructive encore pour aujourd’hui.En réponse au manque de pertinence de l’institution et de son enseignement, des hommes se sont levés et ont formé des courants qui, malgré de nombreux obstacles, sont parvenus à générer un nouvel horizon théologique. S’ils ont pu le faire, c’est aussi parce qu’ils ont été portés par un changement culturel et notamment le décloisonnement provoqué par deux guerres successives. La forteresse institutionnelle n’a pu empêcher les contacts, les questionnements, les initiatives. Et, par ailleurs, insensiblement, la culture globale a évolué. Les systèmes dogmatiques ont été remis en cause par un nouvel esprit plus inductif tel qu’il se manifeste en histoire et dans les sciences humaines.
Aujourd’hui aussi, la culture et la société sont en pleine transformation, et de plus à un rythme infiniment plus rapide qu’autrefois. L’historien Henri Mendras a pu parler de « Seconde Révolution Française » (6) en évoquant la période 1965-1984. Le décloisonnement se poursuit aujourd’hui à vive allure à travers la mondialisation. Un nouveau style de communication émerge à travers Internet. Tout cela a pour conséquence l’apparition d’un grand espace de liberté par rapport aux institutions traditionnelles.
L’autre enseignement que l’on peut retirer est la puissance conservatrice du pouvoir romain. À cet égard, Etienne Fouilloux met en évidence une capacité de blocage redoutable allant jusqu’à dire que, sans l’ouverture du Concile, la théologie nouvelle n’aurait pu se révéler. Dans notre prochain développement sur la crise de l’Eglise catholique en France, nous allons constater que cet obstacle est toujours présent.

















