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Le récent livre de Bernard Sesboüé sur « La théologie au XXème siècle et l’avenir de la foi » (1) nous paraît un livre majeur. En effet, il nous apporte un éclairage sur l’évolution de la théologie catholique durant cette période. Théologien jésuite, Bernard Sesboüé est professeur émérite à la faculté de théologie du Centre Sèvres à Paris.Pour situer la réception de son discours, on peut avancer que c’est un théologien largement reconnu non seulement parmi ses pairs, mais aussi dans les milieux dirigeants de l’Eglise catholique en France, même si ses positions sur certains points ont déplu aux esprits les plus conservateurs. Bernard Sesboüé s’exprime à ce sujet avec humour : « Je ne prétends pas avoir eu beaucoup d’idées neuves en théologie. J’essaie simplement de comprendre les choses et d’avoir aussi quelques convictions. J’ai été longtemps considéré comme très « classique », pour ne pas dire conservateur parce que j’ai un sens très grand de la tradition. En quelques circonstances, j’ai cependant fait l’expérience que le métier de théologien demandait du courage quand, en mon âme et conscience, j’étais amené à dire des choses qui ne plaisaient pas ? C’est ce qui m’est arrivé en France à propos des ministères. Mes réflexions « n’ont pas plu » et cela m’a valu d’être moins consulté qu’auparavant… Mon désir est d’être courageux dans les deux sens : Quand j’estime que quelque chose appartient à la foi, je le dis et je le soutiens. Quand la foi laisse ouverte une porte, je n’hésite pas à la franchir et à mettre au service de l’Eglise des possibilités nouvelles… » (1a).
Ce livre prend la forme d’entretiens de Bernard Sesboüé avec l’éditeur Marc Leboucher dont les questions stimulantes animent le propos. Le style très clair des réponses permet d’entrer dans la compréhension d’enjeux majeurs pour l’intelligence de la foi.
Ce livre met en évidence la profonde transformation accomplie par la théologie catholique au cœur du XXème siècle. Nous chercherons à mieux comprendre les processus qui sont intervenus dans ce changement. Puis nous nous demanderons dans quelle mesure la crise actuelle de l’Eglise catholique en France ne s’explique pas en partie par des entraves à la poursuite de ce processus.















