JPAGE_CURRENT_OF_TOTAL
Bilan final après la mise en commun des ateliers :
Partages :
« La rencontre est inter confessionnelle. On partait de l’a priori que le chrétien, quelque soit son étiquette, avait ce désir d’aller vers l’extérieur et moi qui suis pasteur avec une vue réformée - car, dans l’église réformée de France, les pasteurs doivent travailler avec les personnes qui sont croyantes mais qui ne le disent qu’au pasteur et souvent pas le dimanche matin- donc pour moi c’est un choc de découvrir ici un autre type de chrétiens que ceux avec qui je travaille majoritairement. Cela provoque en moi plus de confiance et m’a encouragé. »
« En étant attentif à l’atelier sur l’essaimage je ressens que l’église ou le groupe de maison ça n’est pas la panacée. On pense que si l’église instituée soignait son leadership, son rapport avec l’autorité, son respect des différents groupes, tout irait bien. Or ce qui est en contrepoint, on l’a entendu dans l’histoire des groupes de maison qui se sont mal passés : des gourous s’y sont installés, il y a eu ceci et cela et au fond c’est vraiment la relation évangélique qui est à maintenir. Le regard des frères, des rencontres comme aujourd’hui devraient permettre à chacun de se dire : tiens, ne serais-je pas coincé quelque part, pourquoi est-ce que je n’avance pas etc. »
« Oui, moi non plus je n’imaginais pas que l’église institutionnelle et les groupes de maison étaient si impliqués l’un dans l’autre. Je réalise que l’un ne va pas sans l’autre et je pense que même si je ne suis ni ecclésiastique et ni intimement lié à une église, j’ai besoin d’elle si je veux faire un groupe car la dérive est possible. On a besoin les uns des autres. Les groupes de maison et l’institution sont les deux facettes d’une même identité. Il faut tendre des ponts entre les deux. »
« Cette complémentarité, serait-ce là un idée à creuser ? »
« Oui car dans les groupes de maison les gens ont à réaliser les valeurs et les apports possibles des institutions, et les institutions doivent comprendre que les groupes de maison ne sont pas des sectes. Il y aurait aussi des pistes de recherche à réaliser avec la notion de leader des deux côtés ».
« Depuis longtemps je me dis que les groupes de maison sont une chose importante car l’église institutionnelle a tendance à se replier, se fermer sur elle-même, non seulement dans l’organisation (sa structure) mais aussi dans le domaine de la foi elle-même. Je suis donc venu avec cet arrière fond et ce qui m’a frappé, auquel j’ai été le plus attentif, ce sont les limites des groupes de maison, en particulier la question du leadership. J’en retiens une question : qu’en est-il de la transmission des groupes de maison ? Et, au-delà, je m’interroge sur le type de formation à proposer et sur qu’est-ce qu’un leader ? »
« Ce qui est dit là me rejoint et m’encourage. Nous sommes plusieurs ici de l’église réformée et de l’église catholique et nos institution ont toutes deux un passé, une histoire, une tradition et parfois leur incapacité à évoluer désespère. Et pourtant, en tout cas dans ma communauté, pointent des signes encourageants. Je vois une dynamique. Tout n’est pas en train de changer mais, dans le domaine institutionnel, on n’est pas dans une opposition pure et dure entre ceux qui mènent une réflexion sur l’innovation et d’autres qui seraient réactionnaires. Dans nos institutions on sent une ouverture mais il faut prier pour nous car ce n’est pas évident. Et je trouve encourageant le degré de tolérance entre ce que j’entends aujourd’hui et ce que je ressens dans mon église, même si la pratique de petits groupes est peu développée chez les réformés. Il y a une ouverture et un désir de bouger. »
« Mon expérience d’évangélique est qu’il y a 20 ans cette ouverture vers l’extérieur n’existait pas. Les évangéliques étaient très contents de faire venir les gens dans leurs églises mais l’idée que les petits groupes pouvaient aussi témoigner et servir la communauté leur était assez étrange, en tout cas dans le milieu que je fréquentais Un réel changement existe. Et dites-vous que les évangéliques aussi ont leur institution, leur histoire, même si elle est plus courte, et leur tradition ! Je suis donc très heureux de l’interconfessionnalité et de l’ouverture que nous représentons ici. »
« Je suis content de voir que nous avons fondamentalement les même questions, et souvent les mêmes réponses, en étant catholique, réformé ou membre d’une église évangélique et que Jésus nous appelle, non à être catholique, réformé, ou évangélique, mais à être chrétien. C’est une source de joie pour moi. Seule réserve : les ateliers étaient trop courts. »
« Oui, j’ai ressenti cette frustration résultant de notre choix de ne pas faire de cette journée un laboratoire où l’on creuse un sujet mais un lieu où les gens se croisent et se rencontrent. Maintenant nous devrions aller vers une deuxième couche plus pointue, une demi-journée sur un seul sujet, un seul atelier traité en petits groupes suivis d’un partage en grand groupe. Je vous soumets l’idée. »
Remerciements à tous ceux qui ont travaillé dans l’ombre, à ceux qui ont apporté le fond du travail de réflexion, et à ceux qui nous ont soutenus spirituellement.
Françoise Rontard















